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vendredi 22 février 2019

Ascoval et l'"itinérance mémorielle" ont donné naissance au mouvement des Gilets jaunes

Le Maire se fait berner, Xavier Bertrand la joue volontariste et Macron a les Gilets jaunes 

Octobre 2018 : l'offre d'Altifort jugée "solide" par Bruno Le Maire

Emmanuel lors de sa visite à Vallourec en 2015 alors qu'il était ministre de l'économie. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Macron, en visite à Vallourec en 2015,
alors qu'il était ministre de l'économie.
Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait fait confiance au groupe belge Altifort, qui proposait un "projet crédible et viable", selon lui, pour la reprise de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), même si des fragilités persistent, selon le gouvernement, qui a dit vouloir régler ces sujets d'ici "début décembre". Le maître de Bercy redonnait ainsi un nouvel espoir aux salariés, avant Noël. 

Interrogés en fin de réunion à Bercy, plusieurs responsables syndicaux avaient même fait part de leur soulagement. "On a franchi un pas aujourd'hui", avait commenté Bruno Kopzcinski, CFDT, porte-parole de l'intersyndicale d'Ascoval : "Cela va permettre de rechercher des financements. Cela va prendre plus de temps que prévu et il reste encore pas mal de choses à valider. On peut dire que c’est un nouveau sursis qui est accordé à Ascoval avec une nouvelle physionomie et des nouveaux acteurs autour de la table. Je regrette que l’on ait perdu énormément de temps et aujourd’hui nous redémarrons à zéro."

La question restait de savoir si les salariés allaient reprendre le travail ?
"Il va y avoir une assemblée générale dans l’après-midi pour prendre l'avis de tous les salariés." En effet, les sidérurgistes d'Ascoval ne travaillaient plus depuis le 23 octobre et avaient bloqué le site de production de Vallourec à Aulnoye-Aimeries (Nord) pour mettre la pression sur le groupe et le gouvernement.

Altifort avait présenté une offre de reprise de l'usine de production d'aciers de moyenne et haute gamme
Ce qui impliquait que Vallourec, principal client et désormais premier actionnaire d'Ascoval, maintiendrait pendant un an et demi son niveau de commandes. Or, spécialiste des tubes en acier sans soudures, près de Valenciennes, Vallourec avait refusé cette demande, alors que l'Etat est actionnaire à 17%. Ses comptes étaient dans le rouge, avec une perte nette de 307 millions d'euros sur le premier semestre, pour un chiffre d'affaires de 1,09 milliard.
Cette décision a obligé le gouvernement et Altifort à travailler sur une proposition alternative, sans Vallourec. 150 à 200 millions d'euros sont nécessaires pour que le projet d'Altifort tienne la route, ce qui oblige à rechercher de nouvelles sources de financement, que ce soit auprès des banques ou bien auprès d'investisseurs. Ce qui paraissait fort délicat, les financiers n'ignorant pas que la production ne trouve pas preneurs. 

Présent à la réunion, le président LR de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand avait rappelé que la région mettrait "12 millions d'euros" dans l'opération, et Valenciennes métropole "10 millions d'euros" : "L’Etat a changé de regard et de position sur le dossier : tant mieux. Sans l’Etat, on ne pourra pas sauver l’avenir de l’industrie de l’acier. Ce n’est pas encore gagné quand même."
A propos de Vallourec, il précisait aussi que "le gouvernement dit 'laissez Vallourec en dehors', mais dans ces cas là, que Monsieur Crouzet, président du directoire de Vallourec depuis 2009, se taise. Ce qu’il a dit dans le Journal du Dimanche est scandaleux. Si tout le monde joue le jeu, l’usine pourra être sauvée."
Tout ce mépris a donné le mouvement des Gilets jaunes
Du 5 au 11 novembre, le président de la République a parcouru les lieux marquants de la Grande Guerre pour le
Centenaire de la guerre 14/18: une "itinérance mémorielle" qui se révéla une déroute dans le contexte social et politique déjà tendu de début novembre et qui conduisit au mouvement des Gilets jaunesLe parcours du combattant du quadragénaire qui n'a pas les casernes traversa la Moselle, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Marne, les Ardennes et enfin les Hauts-de-France. L'Elysée voulait "briser la vitre qui sépare traditionnellement le président du pays"...
Une erreur d'appréciation a fait que le "souverain républicain" s'est trouvé face à un peuple incontestablement remonté contre sa politique et contre sa personne même. Venu célébré la paix, il ne récoltera que trouble et agitation. Dès Pont-à-Mousson, la situation a commencé à se tendre : les premiers manifestants ont fait leur apparition sur le parcours du "président des riches", élu par défaut. A Albert, dans la Somme, une semaine avant son arrivée, nombre de citoyens ignoraient pourtant encore tout de son passage.
Mais à Verdun, il était attendu et une nouvelle difficulté fit son apparition : les interpellations directes. Par un retraité sur la hausse du carburant qui cristallisait déjà la majorité des mécontentements : "vous sentez le malaise en France qui monte?" 
A Charleville-Mézières, devant la préfecture des Ardennes, des centaines de personnes hostiles sont accoudées aux barrières de sécurité qui les tiennent à distance respectable. En visite à l'usine PSA toute proche, Emmanuel Macron finit à pied les quelques mètres, et c'est à ce moment que Josiane, cheveux courts grisonnants, aide-soignante de 57 ans, lui lâche un "Pourquoi vous nous massacrez ? Je suis jamais descendue dans la rue, jamais. Mais maintenant, avec vous, je suis obligée". Les reproches pleuvent comme obus à Verdun, par un syndicaliste à l'usine MCA de Maubeuge dans le Nord, par des retraités avant d'entrer dans un EPHAD de Rozoy-sur-Serres dans l'Aisne : "j'ai travaillé pendant 44 ans et je n'ai pas 1100 euros de retraite", explique l'un d'eux à qui Macron explique que tous doivent faire des efforts. Toutes les premières doléances étaient énoncées.
A Albert, vendredi 9 novembre,  Macron préféra ne pas entendre les manifestants : les gendarmes mobiles les avaient évacués avant son arrivée. Il n'hésitera pourtant pas à déclarer : "J'ai été élu en me faisant secouer et ça continuera jusqu'au bout", se félicitant d'avoir "senti le pays en profondeur", dans "ses attentes, ses envies, ses angoisses, ses colères"...
Dans une usine Renault près de Maubeuge, Macron trouvera même le moyen de tenir des propos controversés sur le maréchal Pétain, mais s'emportera contre la "boîte à folie" des "polémiques inutiles", assurant qu'encore une fois il n'a pas été compris.
Macron contournera Valenciennes et Vallourec, après s'être rendu sur le site de production de Toyota à Onnaing, près de Valenciennes (Nord), en janvier, en marge du sommet "Choose France" organisé au château de Versailles.
S'adressant au personnel de l'usine Renault, le chef de l'Etat a eu la surprise de se faire prendre à partie par un syndicaliste de Sud, par ailleurs hué par des camarades syndiqués à la CFDT. Un échange musclé s'en est suivi :

- Samuel Beauvois : « Vous n’êtes pas le bienvenu monsieur Macron ici.

Emmanuel Macron : Bonjour monsieur. Vous n’êtes pas apparemment majoritaire.

- Vous prenez dans la poche des ouvriers aujourd’hui monsieur Macron. Ce que monsieur Ghosn nous donne d’une main, vous allez reprendre dans notre poche.

- Je vais vous expliquer que non, mais restez là monsieur.

- Votre service d’ordre est en train de me sortir.

- Venez avec moi si vous voulez. Je vous écoute. Donc il faut que vous ayez la courtoisie de m’écouter.

- Mais on réussit sans vous, monsieur Macron. Les salariés ici, ça fait 40 ans qu’ils sont ici. Ils ont réussi sans vous. Aujourd’hui, vous êtes en train de prendre aux salariés, vous êtes en train de prendre aux retraités, aujourd’hui monsieur Macron.

- Si vous êtes venu faire un meeting politique, c’est autre chose.

- Non, je ne fais pas un meeting politique. Vous n’êtes pas le bienvenu ici. Ça fait 27 ans que je suis chez Renault, 27 ans. C’est Renault qui me nourrit aujourd’hui. Ce n’est pas monsieur Macron.

- Soit vous avez la courtoisie d’écouter, on peut y aller. Je vais essayer de vous expliquer pourquoi je suis là et pourquoi je crois à l’inverse de ce que vous dites, et pourquoi j’ai le sentiment que dans cette salle, il y a une large majorité qui croit l’inverse de ce que vous dites. »
"Je suis le premier à dire lorsqu’un site industriel n’a pas d’avenir. Je l’ai fait en un autre temps pour Whirlpool à Amiens. Et on a trouvé une solution de reprise et une autre option de développement. Là, je pense qu’il peut y avoir un avenir pour le site d’Ascoval", affirma le président de la République à la veille de son "itinérance mémorielle" dans le Grand Est et les Hauts-de-France.

Février 2019 : le repreneur d'Ascoval avoue ne pas avoir les fonds 

Des salariés de l'aciérie d'Ascoval à Saint-Saulve (Nord), le 19 décembre 2018, après la validation par le Tribunal de grande instance de Strasbourg du plan de cession de l'entreprise au groupe Altifort.
Le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, veut toujours y croire : "ça se tend mais ce n'est pas fini", assure-t-il, à propos de l'entreprise actuellement en redressement judiciaire.

Altifort a en effet admis jeudi ne pas disposer des financements nécessaires pour son projet de reprise de l'aciérie de Saint-Saulve, dans le Nord, pourtant validé en décembre.

"Altifort nous a confirmé qu'il ne pourrait verser aucun des fonds sur lesquels il s'était engagé, ni les dix millions de fonds propres, ni les 25 millions de levée de fonds", a précisé une source anonymée au cabinet du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. "Même les dix millions de fonds propres, ils ne sont pas en mesure de les donner", a ajouté cette source: "On a pris acte de cela. En l'espèce, Altifort a trompé tout le monde", avoue l'entourage de l'ancien candidat à la présidentielle. 

Résultat de recherche d'images pour "Macron ascoval""La décision que nous avons prise avec tous les salariés, c'est de travailler à une nouvelle reprise en démarchant tous les industriels qui peuvent être intéressés", a dit Bercy. "Nous referons un point en début de semaine prochaine dans le même format, avec les salariés, les députés, le président de la région Xavier Bertrand, pour voir où nous en sommes." 

Les élus de la région, bien que déçus de l'annonce d'Ascoval, continuent cependant à les mener en bateau.   Bertrand clame qu'il veut toujours y croire. "Je continue à me battre pour sauver Ascoval" en cherchant "d'autres repreneurs", "soit en plus d'Altifort, soit à la place d'Altifort", a déclaré le don Quichotte. 

"Tout doit être fait pour intégrer de nouveaux partenaires", a renchéri le communiste Fabien Roussel (PCF).  

Le patron d'Altifort, Bart Gruyaert, a, lui, assuré qu'il "ne jette pas l'éponge" et qu'il "se concentr[ait] à trouver une solution" financière d'ici à l'audience du tribunal de Strasbourg, le mercredi 27 février. 

Les 281 salariés, dont les emplois devaient être sauvés, ont laissé éclater leur colère

© Ascométal" 

Et je veux que les habitants du Valenciennois, et tout particulièrement de Saint-Saulve, le sachent : j’y veille tout particulièrement. Les choses seront faites, tout simplement parce que celles et ceux qui travaillent là le méritent", se vanta encore le chef de l’Etat, le 5 novembre.
Et de mettre en cause au passage "l’irresponsabilité collective", qui consiste selon lui à "être toujours du côté de ceux qui crient et de ne jamais essayer d’expliquer" les raisons des difficultés économiques. Macron expliqua donc encore que, concernant Ascoval, " il y a un vrai travail à faire pour consolider (les) débouchés, trouver des partenaires et des financements".
Il était intarissable, passant de la pommade à tous, en assurant qu’il "sait ce que l’on doit au maire de Valenciennes, au maire de Saint-Saulve, à l’ensemble des élus du territoire et aux salariés et à leurs organisations syndicales, à qui (il) veut rendre hommage". Repassant constamment son oral manqué du concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure (ENS) - il faut en effet commencer par réussir l'écrit, auquel il échouera à deux reprises - , il  poursuivit : "Lorsqu’on a montré qu’il y avait un avenir possible, ils ont tous voté la reprise du travail dès le lendemain. C’est le signe de leur responsabilité et de leur attachement à leur outil de travail. Donc, c’est ce qu’on leur doit ", insista le bonimenteur.

Quatre mois plus tard : "On nous l'a fait à l'envers" !

Résultat de recherche d'images pour "Macron ascoval"
Devant l'usine, les salariés ont appris la nouvelle avec sidération, souvent par la presse. "J'aimerais comprendre comment un dossier appuyé par trois cabinets d'experts différents a pu valider un plan avec des fonds non présents", s'est interrogé Bruno Kopczynski, porte-parole de la coordination syndicale et élu CFDT. 

"On est dépités ! On nous avait promis monts et merveilles (...) et au final on n'aura rien (...) Altifort nous l'a fait à l'envers; en réalité il n'y a rien, rien de concret", a lâché Vincent, 51 ans, agent de maintenance. "Je ne sais pas ce qu'on va devenir maintenant." 

Le 19 décembre, la justice avait mis fin à un interminable suspense en validant la reprise par Altifort pour un montant de 152 millions d'euros, avec le sauvetage de 281 emplois à la clé. La reprise se décomposait ainsi : 47 millions d'euros de fonds publics "sous forme de prêt" (Etat, Région et Valenciennes-Métropole), 35 millions d'apport d'Altifort, 40 millions de crédit-bail pour le financement d'un futur train à fil et 30 millions d'affacturage. Selon l'avocat d'Ascoval, Guilhem Bremond, trouver une autre solution pour Altifort d'ici l'audience du 27 février relèverait du "miracle".
Le groupe Altifort avait repris l'aciérie de Saint-Saulve le 1er février 2019.

En plus d'Ascoval, le Belge 
Asco Industries opère des usines à Dunkerque (Nord), Hagondange (Moselle), Fos (Bouches-du-Rhône), Le Marais (Loire) et Custines (Meurthe-et-Moselle). 
La fermeture de l'aciérie d'Hagondange est annoncée "dans moins de deux ans", les sites du Marais et de Custines devraient rattachés au site belge Steeltec et le groupe suisse d'acier Schmolz et Bickenhbach a ajouté le site Ascométal de Fos-sur-Mer, en redressement judiciaire, à son offre de reprise.
Et les principaux clients d'Asco sont l'européen Airbus, l'Américain Boeing, le Canadien Bombardier Aéronautique et le brésilien EmbraerEt pourtant, Ascoval se meurt.
Dans le détail, Asco est, notamment, l'un des partenaires des projets Airbus A400M, Lockheed Martin F-35 et de l'Airbus A380, dont le programme est un échec commercial et dont Airbus a annoncé, le 14 février 2019, la fin de la production pour 2021.

Le volontarisme de notre élite politique, fantasme ou fumisterie ultime ?

jeudi 1 janvier 2015

Voeux 2015 de Hollande: que des mots cache-misère

La "gauche molle" adopte la posture de l'audace !

2015: froideur et austérité
Président au travail ? Bureau vide

Faible lumière indirecte dans le lointain et cheminée éteinte
Drapeaux repoussés à l'arrière-plan
d'une salle glacée, chargée de dorures
, coupée du monde réél


Pour un président qui se veut volontariste et audacieux, c'est Waterloo , morne plaine !

Ils avaient promis que l’apparence du chef de l'État serait passée au peigne fin. Et en effet, lestée de plomb, la cravate de Hollande a bien indiqué la direction de la courbe de l'emploi et  la teinture de ses cheveux a résisté à la chaleur des projecteurs. Mais la cohérence de la réalité et des éléments de langage, pesamment répandu pendant la semaine qui a précédé, s'arrête là. Son bureau a ainsi fait l'objet de toute l'attention de l'équipe pléthorique de bras cassés de la communication, mais les réseaux sociaux ont pointé ce que la presse aux ordres a occulté: l'espace était rangé, voire plus dégarni que le crâne de son locataire, selon les internautes. 

Voila pour la forme.

Selon la presse dévote, Hollande aurait été "classique dans son discours", ce qui apparaît incohérent avec le propos et surtout l'image travaillée d'un "audacieux": les journalistes ne savent visiblement plus dans quel sens lui caresser le poil. 

Le Point a préféré se livrer au décryptage du filigrane.
Autant dire qu'en s'attachant à la lecture de l'illisible, l'hebdomadaire n'a pas pris le risque d'être contredit, seulement celui d'inventer du n'importe quoi. Ainsi, Hollande aurait "déjà lancé le thème de la campagne de 2017 : "Je résiste à tout" ! Puissent les Français, livrés à eux-mêmes et un brin plus exposés au "vent mauvais",  puiser en eux la même force supposée de résistance.
Avant 16h00, Emmanuel Berretta avait bénéficié de fuites officielles sur "la tonalité générale du discours." Il a pu mettre les lecteurs du site en condition: l'allocution "portera sur la capacité de notre pays à faire face collectivement à la crise et à accepter le changement dans un monde profondément bouleversé." Cette belle aptitude au décryptage prêtée aux journalistes à bac +5 s'en trouvait donc juste un peu surestimée...

Nous étions favorablement conditionnés
Si le président a péché par "excès d'optimisme (notamment face à la montée du chômage)", tandis que de moins flagorneurs y voient un manque de réalisme et clairvoyance, "François Hollande croit ressentir chez nos compatriotes cette volonté d'arrêter de peindre la vie en noir." La popularité de son ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, l'incite à croire que le pays veut que cela bouge enfin. Et Berretta ne s'était pas trompé: Hollande a en effet tenu ce langage en rapport avec le plumage présenté par Le Point, fruit d'un dur labeur d'analyse,  en milieu d'après-midi, on l'a compris. Ne restait plus que le filigrane ...

Ca vous aura échappé, mais Le Point assure que le 31 décembre, "ses communicants ont continué leur plan de re-présidentialisation" 
d'un homme qui stagne depuis plusieurs mois sous les 20 % dans les sondages. Le Point ne croit donc pas au sondage Odoxa publié par Le Parisien (qui ne sont pas suspects de malveillance), selon lequel Santa Claus aurait favorisé"un regain de popularité pour Hollande et Valls," le 14 décembre. 

L'hebdomadaire diffuse gravement les éléments de langage élyséens. 
"Le choix du bureau présidentiel, sa pompe, sa majesté, son symbole, affirme-t-il avec l'assurance de plaire à son maître, est le couronnement de cette stratégie nécessaire mais insuffisante pour redonner un peu de lustre au chef de l'ÉtatLes réseaux sociaux, dont Jérôme Béglé se désolidarise, se sont très vite enflammés sur "un détail" omniprésent (sic) qui a échappé aux communicants sélectionnés sur leur incompétence: le bureau derrière lequel François Hollande avait pris place était désespérément vide. Pas un dossier, pas un ordinateur, pas un téléphone, ni même un stylo... Un élément de décor qui suscite beaucoup de moqueries... Passons à l'essentiel, c'est-à-dire au contenu, évacue le rédacteur en chef du site Lepoint.fr... "Après l'inversion de la courbe du chômage, boulet qui pèse au pied [les deux] de François Hollande, et le pacte de responsabilité perdu dans les sables des interminables compromis syndicaux, patronaux, législatifs et administratifs, l'Élysée devait reprendre la main." Réponse en filigrane...

Une antienne pour hypnotiser son auditoire



Pourquoi pas ce terme religieux chez un dévot qui fut pourtant chroniqueur littéraire à Paris Match et auquel les "illettrés" de Gad et d'ailleurs, chers à Macron, préfèrent "anaphore", certes sévèrement connoté depuis 2012...
Les voeux ont donc consisté à adresser "un message de confiance et de volonté". Hier, réforme territoriale, pacte de responsabilité, compte pénibilité (qui sera nécessairement simplifié par les entreprises bénévoles), plan européen de relance de 315 milliards d'euros, et demain "plan numérique à l'école", "droit de mourir dans la dignité", (petite) réforme fiscale, service civique, conférence environnementale... Ouf ! Béglé ne manque pas de souffle. 


François Hollande s'est montré volontaire. En quoi? Béglé n'a manifestement rien vu dans sa boule  en filigrane, mais il répète toujours bravement les éléments de langage de l'Elysée, sans obligation de révélation de ses sources. 

"Pour ceux qui en doutaient, il confirme qu'il mènera sa mission jusqu'au bout." 
Est-il à l'écoute du pays et est-ce vraiment le voeu général ?

Il s'est posé en rassembleur d'une société menacée par les conservatismes et les populismes. Bref, du classique arrosé d'une sauce d'optimisme et de confiance. Comme le serpent Kaa dans Le Livre de la jungle, il espère que son antienne hypnotisera son auditoire, commente Béglé...

Neuf minutes pour ne pas dire grand-chose. 

C'est le moment où parle ce filigrane filigrane: "sauf qu'une musique est en train d'émerger depuis quelques semaines, celle d'un président courageux, qui résiste à tout et à tous."
Une progression dramatique en gros sabots par un pro de la presse pharisienne. Béglé tente une conclusion imparable, citant cette phrase : "J'ai tenu bon malgré les difficultés."
Mieux que lui, avec un mérite autrement plus grand, ce sont les Français qui tiennent bon malgré les difficultés, n'en déplaise à son auguste égocentrisme. Au final et en 9 minutes, Hollande s'est souhaité une année meilleure, mais il n'a rien à faire du sort que ses réformes sur le papier voient véritablement le jour dans les faits.  
VOIR et ENTENDRE  (sans obligation) 9 minutes de verbiage:


dimanche 7 décembre 2008

61 % des Français approuvent le plan de relance de Sarkozy

Le sondage souligne le déphasage nuisible de la gauche
Les Français sont confiants dans les efforts du gouvernement pour éviter que l'économie ne se fige complètement: le pari de Nicolas Sarkozy de redonner confiance aux Français est donc bien engagé. Quelque 2 Français sur 3 estiment en effet que le plan de relance annoncé jeudi par le chef de l'État va permettre d'amortir les effets de la crise économique en France.
L’opinion estime largement que le plan de 26 milliards d'euros va permettre d'amortir le choc économique à venir, tout en sachant qu’elle va devoir patienter quelques mois avant de mesurer concrètement l'efficacité du plan de relance.

Ainsi, 61 % des personnes interrogées pensent que les mesures annoncées jeudi à Douai «sont de nature à limiter les effets de la crise en France», annonce le sondage OpinionWay pour Le Figaro et LCI.
Parmi eux, 7 % se disent «tout à fait» convaincus et 54 % «plutôt» convaincus. À l'inverse, seulement 38 % pensent que la relance n'aura «pas» ou «plutôt pas» d'effets sur la crise en France.

L’opposition n’est donc pas en phase avec l’opinion
D’emblée, le plan de relance a été vivement critiqué par l'opposition et les syndicats.
  • Au PS, la nouvelle première secrétaire du PS, Martine Aubry, a considéré jeudi que c'est «un plan pour rien»
  • Comme de bien entendu, Sa Cynique Majesté Royal a dénoncé «des mesurettes qui ne sont pas à la hauteur du problème». Pourtant, l'électorat de Désirdavenir Royal pense à 44 % (près d'un sondé sur deux) que la relance aura un effet amortisseur.
  • Pour le centre gauche, François Bayrou s'est déclaré «pas très optimiste sur l'issue de ce plan». 66 % des électeurs du MoDem estiment pourtant que les mesures vont permettre de limiter les effets de la crise en France.

    Les jugements positifs portés sur le plan de relance dépassent donc très largement les rangs de l'électorat de l'UMP. Force est de constater que les critiques de la gauche n'ont pas eu la portée escomptée : à force de critiquer systématiquement, l’opposition se déconsidère.

    La gauche est jugée défaitiste et démobilisatrice
    Prises individuellement, les mesures sont largement approuvées.
    Elles recueillent
    entre 94 % et 61 % d'opinions favorables.
    - 94 % d'opinions favorables à la revalorisation du minimum vieillesse ;
    - 87 % sont favorables àla création de 70 000 logements supplémentaires ;
    - 84% sont encore favorables aux 4 milliards d'investissements dans les infrastructures et le doublement du prêt à taux zéro.

    Les avis sont plus nuancés sur la prime à la casse de 1 000 euros (66 % d'avis favorables) ;
    - le fonds d'aide à la restructuration de la filière automobile de 300 millions (61 %) ;
    et surtout la prime de 200 euros qui sera versée en avril aux bénéficiaires du RSA (61 %). "Beaucoup de sondés assimilent cette prime à de l'assistanat", relève Bruno Jeanbart, le directeur des études politiques d'OpinionWay. Le gouvernement va devoir encore communiquer pour faire comprendre à l'opinion publique la philosophie du RSA.»

    Le second enseignement principal de ce sondage
    L’opposition, qui croit qu’en critiquant à tour de bras elle parviendra à déstabiliser le gouvernement, se trompe lourdement. Les Français ne supportent pas les dénigrements de la gauche. Ils ont besoin d’espérer et apprécient à la fois le volontarisme du Président et la détermination du gouvernement.