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vendredi 22 février 2019

Ascoval et l'"itinérance mémorielle" ont donné naissance au mouvement des Gilets jaunes

Le Maire se fait berner, Xavier Bertrand la joue volontariste et Macron a les Gilets jaunes 

Octobre 2018 : l'offre d'Altifort jugée "solide" par Bruno Le Maire

Emmanuel lors de sa visite à Vallourec en 2015 alors qu'il était ministre de l'économie. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Macron, en visite à Vallourec en 2015,
alors qu'il était ministre de l'économie.
Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait fait confiance au groupe belge Altifort, qui proposait un "projet crédible et viable", selon lui, pour la reprise de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), même si des fragilités persistent, selon le gouvernement, qui a dit vouloir régler ces sujets d'ici "début décembre". Le maître de Bercy redonnait ainsi un nouvel espoir aux salariés, avant Noël. 

Interrogés en fin de réunion à Bercy, plusieurs responsables syndicaux avaient même fait part de leur soulagement. "On a franchi un pas aujourd'hui", avait commenté Bruno Kopzcinski, CFDT, porte-parole de l'intersyndicale d'Ascoval : "Cela va permettre de rechercher des financements. Cela va prendre plus de temps que prévu et il reste encore pas mal de choses à valider. On peut dire que c’est un nouveau sursis qui est accordé à Ascoval avec une nouvelle physionomie et des nouveaux acteurs autour de la table. Je regrette que l’on ait perdu énormément de temps et aujourd’hui nous redémarrons à zéro."

La question restait de savoir si les salariés allaient reprendre le travail ?
"Il va y avoir une assemblée générale dans l’après-midi pour prendre l'avis de tous les salariés." En effet, les sidérurgistes d'Ascoval ne travaillaient plus depuis le 23 octobre et avaient bloqué le site de production de Vallourec à Aulnoye-Aimeries (Nord) pour mettre la pression sur le groupe et le gouvernement.

Altifort avait présenté une offre de reprise de l'usine de production d'aciers de moyenne et haute gamme
Ce qui impliquait que Vallourec, principal client et désormais premier actionnaire d'Ascoval, maintiendrait pendant un an et demi son niveau de commandes. Or, spécialiste des tubes en acier sans soudures, près de Valenciennes, Vallourec avait refusé cette demande, alors que l'Etat est actionnaire à 17%. Ses comptes étaient dans le rouge, avec une perte nette de 307 millions d'euros sur le premier semestre, pour un chiffre d'affaires de 1,09 milliard.
Cette décision a obligé le gouvernement et Altifort à travailler sur une proposition alternative, sans Vallourec. 150 à 200 millions d'euros sont nécessaires pour que le projet d'Altifort tienne la route, ce qui oblige à rechercher de nouvelles sources de financement, que ce soit auprès des banques ou bien auprès d'investisseurs. Ce qui paraissait fort délicat, les financiers n'ignorant pas que la production ne trouve pas preneurs. 

Présent à la réunion, le président LR de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand avait rappelé que la région mettrait "12 millions d'euros" dans l'opération, et Valenciennes métropole "10 millions d'euros" : "L’Etat a changé de regard et de position sur le dossier : tant mieux. Sans l’Etat, on ne pourra pas sauver l’avenir de l’industrie de l’acier. Ce n’est pas encore gagné quand même."
A propos de Vallourec, il précisait aussi que "le gouvernement dit 'laissez Vallourec en dehors', mais dans ces cas là, que Monsieur Crouzet, président du directoire de Vallourec depuis 2009, se taise. Ce qu’il a dit dans le Journal du Dimanche est scandaleux. Si tout le monde joue le jeu, l’usine pourra être sauvée."
Tout ce mépris a donné le mouvement des Gilets jaunes
Du 5 au 11 novembre, le président de la République a parcouru les lieux marquants de la Grande Guerre pour le
Centenaire de la guerre 14/18: une "itinérance mémorielle" qui se révéla une déroute dans le contexte social et politique déjà tendu de début novembre et qui conduisit au mouvement des Gilets jaunesLe parcours du combattant du quadragénaire qui n'a pas les casernes traversa la Moselle, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Marne, les Ardennes et enfin les Hauts-de-France. L'Elysée voulait "briser la vitre qui sépare traditionnellement le président du pays"...
Une erreur d'appréciation a fait que le "souverain républicain" s'est trouvé face à un peuple incontestablement remonté contre sa politique et contre sa personne même. Venu célébré la paix, il ne récoltera que trouble et agitation. Dès Pont-à-Mousson, la situation a commencé à se tendre : les premiers manifestants ont fait leur apparition sur le parcours du "président des riches", élu par défaut. A Albert, dans la Somme, une semaine avant son arrivée, nombre de citoyens ignoraient pourtant encore tout de son passage.
Mais à Verdun, il était attendu et une nouvelle difficulté fit son apparition : les interpellations directes. Par un retraité sur la hausse du carburant qui cristallisait déjà la majorité des mécontentements : "vous sentez le malaise en France qui monte?" 
A Charleville-Mézières, devant la préfecture des Ardennes, des centaines de personnes hostiles sont accoudées aux barrières de sécurité qui les tiennent à distance respectable. En visite à l'usine PSA toute proche, Emmanuel Macron finit à pied les quelques mètres, et c'est à ce moment que Josiane, cheveux courts grisonnants, aide-soignante de 57 ans, lui lâche un "Pourquoi vous nous massacrez ? Je suis jamais descendue dans la rue, jamais. Mais maintenant, avec vous, je suis obligée". Les reproches pleuvent comme obus à Verdun, par un syndicaliste à l'usine MCA de Maubeuge dans le Nord, par des retraités avant d'entrer dans un EPHAD de Rozoy-sur-Serres dans l'Aisne : "j'ai travaillé pendant 44 ans et je n'ai pas 1100 euros de retraite", explique l'un d'eux à qui Macron explique que tous doivent faire des efforts. Toutes les premières doléances étaient énoncées.
A Albert, vendredi 9 novembre,  Macron préféra ne pas entendre les manifestants : les gendarmes mobiles les avaient évacués avant son arrivée. Il n'hésitera pourtant pas à déclarer : "J'ai été élu en me faisant secouer et ça continuera jusqu'au bout", se félicitant d'avoir "senti le pays en profondeur", dans "ses attentes, ses envies, ses angoisses, ses colères"...
Dans une usine Renault près de Maubeuge, Macron trouvera même le moyen de tenir des propos controversés sur le maréchal Pétain, mais s'emportera contre la "boîte à folie" des "polémiques inutiles", assurant qu'encore une fois il n'a pas été compris.
Macron contournera Valenciennes et Vallourec, après s'être rendu sur le site de production de Toyota à Onnaing, près de Valenciennes (Nord), en janvier, en marge du sommet "Choose France" organisé au château de Versailles.
S'adressant au personnel de l'usine Renault, le chef de l'Etat a eu la surprise de se faire prendre à partie par un syndicaliste de Sud, par ailleurs hué par des camarades syndiqués à la CFDT. Un échange musclé s'en est suivi :

- Samuel Beauvois : « Vous n’êtes pas le bienvenu monsieur Macron ici.

Emmanuel Macron : Bonjour monsieur. Vous n’êtes pas apparemment majoritaire.

- Vous prenez dans la poche des ouvriers aujourd’hui monsieur Macron. Ce que monsieur Ghosn nous donne d’une main, vous allez reprendre dans notre poche.

- Je vais vous expliquer que non, mais restez là monsieur.

- Votre service d’ordre est en train de me sortir.

- Venez avec moi si vous voulez. Je vous écoute. Donc il faut que vous ayez la courtoisie de m’écouter.

- Mais on réussit sans vous, monsieur Macron. Les salariés ici, ça fait 40 ans qu’ils sont ici. Ils ont réussi sans vous. Aujourd’hui, vous êtes en train de prendre aux salariés, vous êtes en train de prendre aux retraités, aujourd’hui monsieur Macron.

- Si vous êtes venu faire un meeting politique, c’est autre chose.

- Non, je ne fais pas un meeting politique. Vous n’êtes pas le bienvenu ici. Ça fait 27 ans que je suis chez Renault, 27 ans. C’est Renault qui me nourrit aujourd’hui. Ce n’est pas monsieur Macron.

- Soit vous avez la courtoisie d’écouter, on peut y aller. Je vais essayer de vous expliquer pourquoi je suis là et pourquoi je crois à l’inverse de ce que vous dites, et pourquoi j’ai le sentiment que dans cette salle, il y a une large majorité qui croit l’inverse de ce que vous dites. »
"Je suis le premier à dire lorsqu’un site industriel n’a pas d’avenir. Je l’ai fait en un autre temps pour Whirlpool à Amiens. Et on a trouvé une solution de reprise et une autre option de développement. Là, je pense qu’il peut y avoir un avenir pour le site d’Ascoval", affirma le président de la République à la veille de son "itinérance mémorielle" dans le Grand Est et les Hauts-de-France.

Février 2019 : le repreneur d'Ascoval avoue ne pas avoir les fonds 

Des salariés de l'aciérie d'Ascoval à Saint-Saulve (Nord), le 19 décembre 2018, après la validation par le Tribunal de grande instance de Strasbourg du plan de cession de l'entreprise au groupe Altifort.
Le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, veut toujours y croire : "ça se tend mais ce n'est pas fini", assure-t-il, à propos de l'entreprise actuellement en redressement judiciaire.

Altifort a en effet admis jeudi ne pas disposer des financements nécessaires pour son projet de reprise de l'aciérie de Saint-Saulve, dans le Nord, pourtant validé en décembre.

"Altifort nous a confirmé qu'il ne pourrait verser aucun des fonds sur lesquels il s'était engagé, ni les dix millions de fonds propres, ni les 25 millions de levée de fonds", a précisé une source anonymée au cabinet du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. "Même les dix millions de fonds propres, ils ne sont pas en mesure de les donner", a ajouté cette source: "On a pris acte de cela. En l'espèce, Altifort a trompé tout le monde", avoue l'entourage de l'ancien candidat à la présidentielle. 

Résultat de recherche d'images pour "Macron ascoval""La décision que nous avons prise avec tous les salariés, c'est de travailler à une nouvelle reprise en démarchant tous les industriels qui peuvent être intéressés", a dit Bercy. "Nous referons un point en début de semaine prochaine dans le même format, avec les salariés, les députés, le président de la région Xavier Bertrand, pour voir où nous en sommes." 

Les élus de la région, bien que déçus de l'annonce d'Ascoval, continuent cependant à les mener en bateau.   Bertrand clame qu'il veut toujours y croire. "Je continue à me battre pour sauver Ascoval" en cherchant "d'autres repreneurs", "soit en plus d'Altifort, soit à la place d'Altifort", a déclaré le don Quichotte. 

"Tout doit être fait pour intégrer de nouveaux partenaires", a renchéri le communiste Fabien Roussel (PCF).  

Le patron d'Altifort, Bart Gruyaert, a, lui, assuré qu'il "ne jette pas l'éponge" et qu'il "se concentr[ait] à trouver une solution" financière d'ici à l'audience du tribunal de Strasbourg, le mercredi 27 février. 

Les 281 salariés, dont les emplois devaient être sauvés, ont laissé éclater leur colère

© Ascométal" 

Et je veux que les habitants du Valenciennois, et tout particulièrement de Saint-Saulve, le sachent : j’y veille tout particulièrement. Les choses seront faites, tout simplement parce que celles et ceux qui travaillent là le méritent", se vanta encore le chef de l’Etat, le 5 novembre.
Et de mettre en cause au passage "l’irresponsabilité collective", qui consiste selon lui à "être toujours du côté de ceux qui crient et de ne jamais essayer d’expliquer" les raisons des difficultés économiques. Macron expliqua donc encore que, concernant Ascoval, " il y a un vrai travail à faire pour consolider (les) débouchés, trouver des partenaires et des financements".
Il était intarissable, passant de la pommade à tous, en assurant qu’il "sait ce que l’on doit au maire de Valenciennes, au maire de Saint-Saulve, à l’ensemble des élus du territoire et aux salariés et à leurs organisations syndicales, à qui (il) veut rendre hommage". Repassant constamment son oral manqué du concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure (ENS) - il faut en effet commencer par réussir l'écrit, auquel il échouera à deux reprises - , il  poursuivit : "Lorsqu’on a montré qu’il y avait un avenir possible, ils ont tous voté la reprise du travail dès le lendemain. C’est le signe de leur responsabilité et de leur attachement à leur outil de travail. Donc, c’est ce qu’on leur doit ", insista le bonimenteur.

Quatre mois plus tard : "On nous l'a fait à l'envers" !

Résultat de recherche d'images pour "Macron ascoval"
Devant l'usine, les salariés ont appris la nouvelle avec sidération, souvent par la presse. "J'aimerais comprendre comment un dossier appuyé par trois cabinets d'experts différents a pu valider un plan avec des fonds non présents", s'est interrogé Bruno Kopczynski, porte-parole de la coordination syndicale et élu CFDT. 

"On est dépités ! On nous avait promis monts et merveilles (...) et au final on n'aura rien (...) Altifort nous l'a fait à l'envers; en réalité il n'y a rien, rien de concret", a lâché Vincent, 51 ans, agent de maintenance. "Je ne sais pas ce qu'on va devenir maintenant." 

Le 19 décembre, la justice avait mis fin à un interminable suspense en validant la reprise par Altifort pour un montant de 152 millions d'euros, avec le sauvetage de 281 emplois à la clé. La reprise se décomposait ainsi : 47 millions d'euros de fonds publics "sous forme de prêt" (Etat, Région et Valenciennes-Métropole), 35 millions d'apport d'Altifort, 40 millions de crédit-bail pour le financement d'un futur train à fil et 30 millions d'affacturage. Selon l'avocat d'Ascoval, Guilhem Bremond, trouver une autre solution pour Altifort d'ici l'audience du 27 février relèverait du "miracle".
Le groupe Altifort avait repris l'aciérie de Saint-Saulve le 1er février 2019.

En plus d'Ascoval, le Belge 
Asco Industries opère des usines à Dunkerque (Nord), Hagondange (Moselle), Fos (Bouches-du-Rhône), Le Marais (Loire) et Custines (Meurthe-et-Moselle). 
La fermeture de l'aciérie d'Hagondange est annoncée "dans moins de deux ans", les sites du Marais et de Custines devraient rattachés au site belge Steeltec et le groupe suisse d'acier Schmolz et Bickenhbach a ajouté le site Ascométal de Fos-sur-Mer, en redressement judiciaire, à son offre de reprise.
Et les principaux clients d'Asco sont l'européen Airbus, l'Américain Boeing, le Canadien Bombardier Aéronautique et le brésilien EmbraerEt pourtant, Ascoval se meurt.
Dans le détail, Asco est, notamment, l'un des partenaires des projets Airbus A400M, Lockheed Martin F-35 et de l'Airbus A380, dont le programme est un échec commercial et dont Airbus a annoncé, le 14 février 2019, la fin de la production pour 2021.

Le volontarisme de notre élite politique, fantasme ou fumisterie ultime ?

mercredi 6 janvier 2016

Décès d'André Turcat, pilote d'essai de légende du Concorde

André Turcat était un pionnier de l'aéronautique et un humaniste

Pilote d'essai de légende, André Turcat, décédé lundi soir 

 Géant de l’aéronautique moderne 
né à Marseille, le "Grand Turc"
était un spécialiste des records.
à l'âge de 94 ansest le premier aviateur à avoir fait voler le célèbre Concorde le 2 mars 1969. Sur la piste de Toulouse-Blagnac, il parvenait ce jour-là à décoller avec le prototype 001 de l'avion supersonique franco-anglais. Le pilote était aussi aux commandes quand le Concorde a franchi pour la première fois le mur du son, le 1er octobre 1969. Inlassable promoteur du supersonique, André Turcat avait pris sa défense après l'accident de l'appareil à Roissy en juillet 2000, qui avait fait 113 morts, allant jusqu'à témoigner à la barre en 2010. Il est mort à son domicile dans la région d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), a-t-on appris  auprès de sa famille mardi.
Ses obsèques auront lieu samedi à 14h00, à l'église Saint-Jean de Malte à Aix-en-Provence, a indiqué sa famille.
Géant au crâne chauve, au regard clair, surnommé "le Grand Turc" par ses collaborateurs (ci-contre, 1er à gauche), ce pionnier de l'aéronautique moderne s'était fait une spécialité de battre les records, en devenant par exemple en 1954 à bord de l'avion expérimental "Gerfaut I", le premier pilote européen à franchir le mur du son en palier. En 1957, sur le "Gerfaut 2", il bat plusieurs records du monde de vitesse ascensionnelle (6.000, 8.000 et 12.000 mètres) et en 1959, sur le "Griffon 2", il établit le record mondial de vitesse en circuit fermé sur 100 kilomètres
Ses essais sur les vols à Mach 2 (deux fois la vitesse du son) et ses travaux sur le stato-réacteur lui valent, en 1959, de recevoir des mains du vice-président Richard Nixon le Harmon Trophy, la plus haute récompense aéronautique américaine. Titulaire de plus de 6.000 heures de vol, il est aussi commandeur de la Légion d'honneur, grand officier de l'Ordre national du mérite et commandeur de l'Empire britannique. "Il restera pour toujours associé à l’aventure du Concorde", a estimé mardi le secrétaire d’Etat chargé des Transports, Alain Vidalies, en saluant dans un communiqué une "figure majeure de notre histoire aéronautique". - 

'Moments historiques'
Né le 23 octobre 1921 à Marseille (Bouche-du-Rhône) dans une famille de constructeurs d'automobiles, André Turcat sort de l'Ecole Polytechnique en 1942. Officier de l'Armée de l'air, breveté pilote en 1947, il se retrouve chef d'opérations en Indochine.  Nommé en 1952 directeur de l'Ecole du personnel navigant d'essai de l'Armée de l'air, il entre, l'année suivante, comme chef pilote d'essais à la SFECMAS (Société française d'étude et de construction de matériels aéronautiques spéciaux). A Sud-Aviation (devenu Aérospatiale puis EADS) de 1964 à 1976, il devient directeur des essais en vol du Concorde. A ce titre en 1973 au salon du Bourget, après une démonstration spectaculaire du Concorde, André Turcat est convié à bord du Tupolev-144, son concurrent soviétique surnommé "Concordski", mais le Français repousse l'invitation. Quelques instants plus tard, l'avion russe s'écrase après un décollage à pleine puissance, tuant les six membres d'équipage et huit personnes au sol.

Ce gaulliste convaincu avait occupé le poste de conseiller pour les affaires industrielles
Que Hollande ne lui rende surtout pas hommage !
et les technologies de pointe au RPR. Adjoint au maire de Toulouse de 1971 à 1977, il fut aussi député au Parlement européen de 1980 à 1981. Membre fondateur de l'Académie nationale de l'Air et de l'Espace à Toulouse en 1983, il devient docteur ès-lettres en histoire de l'art en 1990 et licencié de théologie catholique en 2003. 
Père de trois enfants, André Turcat avait raconté l'aventure du Concorde dans plusieurs ouvrages, dont "Concorde, essais et batailles" et ses mémoires "Pilote d'essais". A l'occasion des 30 ans du premier vol de l'appareil en 1999, il avait raconté avoir à l'époque eu "en permanence l'impression de vivre des moments historiques".

"Nous avons dû nous révolutionner, changer nos méthodes de travail et nos façons d'aborder les essais en vol", expliquait-il. "Sur une Caravelle, on enregistrait 300 paramètres différents lors des essais. Avec le Concorde, on est passé à 3.000 paramètres qui ont permis de densifier les analyses, les statistiques et de recueillir des données capitales pour la suite de l'histoire de l'industrie". 



dimanche 22 juin 2014

Alstom valide la vente de son pôle énergie: Hollande entend peser sur Bouygues

Le dépeçage du fleuron industriel français est acté; Hollande tente de sauver la face
L'industrie et l'économie françaises sont bien protégées...

L'Etat a fait le choix de devenir actionnaire principal d'Alstom

Tandis que les discussions se poursuivent pour le rachat des parts de Bouygues par l'Etat, c'est la dernière annonce du ministre de l'économie, Arnaud Montebourg, le vendredi 20 juin, alors que le conseil d'administration du groupe devait encore se prononcer sur l'offre de General Electric.

Le conseil d'administration valide l'offre de General Electric
Et Nono arrive à faire passer ?
Il a annoncé ce samedi 21 juin sa décision officielle d'entrer en négociations exclusives avec General Electric (GE). Le temps pressait car l'américain avait fixé  à lundi la date d'expiration de son offre et son patron, Jeff Immelt, avait prévenu qu'il n'entendait pas accorder de délai supplémentaire.
Le gouvernement français a donc annoncé vendredi soir préférer l'offre de l'américain General Electric à celle déposée par l'européen Siemens en tandem avec le nippon Mitsubishi, Heavy Industries, et défendue par Arnaud Montebourg lorsqu'il était ministre redresseur de l'Industrie. Devenu ministre de l'Economie,  le même a annoncé son intention d'entrer au capital d'Alstom, dans la formule qu'il combattait, à hauteur de 20 %, afin d'exercer sa " vigilance patriotique" à géométrie variable, à défaut d'être européenne.

GE confirme que l'alliance avec Alstom sera effective "en 2015"  
L'opération se traduira "dès la première année" par une forte amélioration du bénéfice par action – qui est un des indicateurs préféré des investisseurs américains –, affirme le groupe.
L'Etat va-t-il parvenir à racheter les parts de Bouygues dans Alstom ?

L'Etat veut devenir le principal actionnaire d'Alstom. 
Encore faut-il qu'il parvienne à un accord avec Bouygues, qui détient quelque 29% du capital d'Alstom. Arnaud Montebourg a fait du chantage sur Bouygues dans la presse, samedi soir: "S'il n'y a pas d'entrée de l'Etat [au capital d'Alstom] parce que M. Bouygues ne veut pas vendre ses actions, l'opération avec GE ne se fera pas".

La grande braderie de Bouygues est interrompue.
Montebourg porte à nouveau la casquette
Samedi matin, les discussions entre l'Etat et Bouygues pour le rachat des parts du groupe français étaient "bloquées", achoppant sur le prix. L'Etat veut payer 28 euros par action, soit le cours atteint vendredi à la clôture de la Bourse, alors que Bouygues en demande 35 euros. La transaction doit être négociée avant la réouverture du marché parisien, lundi à 9 heures, et la possibilité d'un accord paraissait envisageable samedi soir. 

D'un côtéBouygues cherche à vendre la totalité de sa participation (29,4 %), que ses comptes estiment à 3,07 milliards d'euros, après avoir dû passer par une dépréciation de 1,4 milliard d'euros en 2013. Le groupe a payé sa participation relativement cher, selon des analystes. Au plus fort, l'action valait 55 euros en 2010, contre 28 vendredi, à la clôture de la Bourse. Et surtout, il a besoin d'argent, notamment pour relancer Bouygues Telecom, suite à l'échec de son mariage avec SFR. Bouygues a lancé un projet de refonte de sa filiale télécoms avec notamment un nouvel objectif d'économies de 300 millions d'euros par an, à partir de 2016, et un projet de réduction de postes de 1.516 sur 9.000, soit plus de 15% des effectifs.  

De l'autre côté, l'Etat devra montrer qu'il a tout fait pour négocier au plus serré avec Bouygues. Il propose de racheter les actions au prix du marché le plus bas à l'annonce de GE et pour un montant de 1,7 milliard d'euros

Comment l'Etat  les Français vont-ils financer cette prise étatique de capital ?

L'entrée de l'Etat au capital d'Alstom "coûtera zéro euro aux contribuables ", assure Arnaud Montebourg dans un entretien au Parisien: elle sera (vaguement) financée par la vente de "certaines" participations de l'Etat dans des grands groupes français.
"Aujourd'hui, parce que nous avons vendu un peu de Safran (l'Etat a vendu 4,7% du capital de l'équipementier aéronautique, une opération qui va rapporter "environ 900 millions d'euros"), d'Airbus (1% devrait rapporter à l'Etat plus de 450 millions) et d'Aéroports de Paris (9,5% au groupe Vinci et à l'assureur Predica pour un rapport de 303 millions), nous disposons de 2,7 milliards d'euros en caisse. Une partie de cette somme nous a permis de financer le réinvestissement [à hauteur de 800 millions d'euros] dans PSA, lors de l'entrée du chinois Dongfeng. Et nous sommes confortables pour intervenir dans Alstom." Mais ce qui est censé rapporter ne rapporte encore pas les sommes annoncées, les additions et soustractions de Nono ne réussissant d'ailleurs qu'à embrouiller les uns et les autres, à commencer par les Français soumis à l'impôt. 

La France va-t-elle sortir gagnante de la braderie Montebourg?
"Hellfest" de Nono ce weekend
Dès vendredi, le gouvernement donnait dans l'autosatisfaction sur sa gestion du dossier. "Alstom aujourd'hui serait sans conditions dans les mains de General Electric depuis des mois si nous n'étions pas intervenus", considérait le premier ministre, Manuel Valls. "Fluidité dans la méthode et résultats, cohérence gouvernementale: l'Etat a été très professionnel. Ça a été dur, mais ça a été une très bonne négociation", assurait même vendredi soir un proche du président de la République qui préfère ne pas être identifié.

Ce dossier est supposé effacer Florange de la mémoire collective, hors Moselle... Alors ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg avait proposé que l'Etat nationalise le site d'Arcelor-Mittal à Florange, idée que le premier ministre de l'époque, Jean-Marc Ayrault, avait sèchement balayée, en souhaitant préserver le patrimoine industriel et financier de la France. Cette fois, le ministre, qui a combattu le premier projet d'alliance entre Alstom et GE, s'est soumis à Matignon et à l'Elysée, avec une la nouvelle offre qui disperse un peu plus notre richesse économique. Hors d'Europe.

lundi 9 décembre 2013

EADS restructure: crash de 5.000 à 6 000 postes et salariés européens

Mais à quoi sert donc Montebourg, le ministre redressseur de l'industrie ?

EADS a dévoilé lundi en Allemagne les détails d’une vaste restructuration de ses activités "Défense" et "Espace"
aux syndicats européens.
 
Le directeur exécutif du géant européen de l’aéronautique, Tom Enders, avait rendez-vous lundi soir à Munich (sud) avec le comité d’entreprise européen, à qui il a déjà annoncé, mais par voie de presse, des "mesures draconiennes", surtout dans les activités de défense en Allemagne.
Après avoir réussi à desserrer l’emprise des États sur EADS, "Major Tom" a entrepris de regrouper les divisions défense, (Cassidian), espace (Astrium), avec la production d’avions de transport militaire d’Airbus Military, au sein d’une seule division, Airbus Defense and Space. La restructuration est inévitable pour rendre le groupe plus efficace et performant dans les compétitions sur les marchés émergents, explique la direction d’EADS,  rebaptisé groupe Airbus en juillet dernier.

Majoritaire chez EADS, le syndicat Force Ouvrière (FO) annonce que 5.800 postes seront supprimés dans le cadre du plan de compétitivité d'Airbus Defence & Space, la nouvelle entité qui regroupera à partir du 1er janvier 2014, les activités défense (Cassidian), avions militaires (Airbus Military) et spatial (Astrium) d'EADS. 
L'Allemagne paiera le plus lourd tribut à ce "plan de compétitivité" avec 2.440 suppressions d'emplois, suivie de la France avec 1440 suppressions de postes (dont 360 contrats d'intérim arrêtés), puis de la Grande-Bretagne qui perd 660 emplois et enfin l'Espagne (560). D’après le quotidien français Le Figaro, les réductions d’emplois seraient obtenues via des plans de départs volontaires, des reclassements, le non-remplacement de salariés partant en retraite et le non-renouvellement de contrats d’intérimaires et de CDD.

Appels à des interventions des gouvernements nationaux

Le plus grand syndicat d’Allemagne, IG Metall, a organisé le mois dernier une vaste journée d’action en guise d’avertissement. 
Plusieurs syndicats français ont adressé une lettre au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, estimant qu’un "groupe industriel dont le carnet de commandes est d’environ 650 milliards d’euros (...) doit être en mesure de maintenir l’activité de ses sites". Ils demandent à l’État, qui détient 12% du capital, de "peser afin que les intérêts industriels nationaux, ainsi que les intérêts sociaux des personnels d’EADS soient préservés".

Des appels à une intervention politique vont mettre à l’épreuve la nouvelle gouvernance du groupe, que Tom Enders a voulu indépendante des trois États présents au capital, la France, l’Allemagne et l’Espagne. Depuis une réforme entrée en vigueur cette année, ils ne sont que de simples actionnaires et ne sont plus représentés au conseil d’administration. Le patron allemand recule rarement devant une épreuve de force avec les gouvernements, mais cela ne lui a pas toujours réussi. L’Allemagne a ainsi bloqué l’année dernière sa tentative de fusion avec le fabricant d’armes britannique BAE Systems.

La restructuration annoncée n’a pas encore déclenché de réactions politiques notables à Paris ni à Berlin. Il est vrai que la chancelière Angela Merkel et ses lieutenants étaient accaparés par la formation d’un nouveau gouvernement. EADS emploie quelque 50 000 personnes dans chacun des deux pays.
Reste à voir si les déclarations musclées de Tom Enders, qui ressemblent à une préparation d’artillerie avant un assaut, sont destinées à faire accepter des réductions d’emplois moins drastiques que ce que redoute le personnel. La division Airbus, aujourd’hui en plein essor et qui réalise près de 80% du chiffre d’affaires du groupe, avait dû se restructurer en 2007 et n'est plus visée. Le plan prévoyait 10.000 suppressions de postes sur quatre ans chez Airbus et ses sous-traitants, la réduction avait finalement atteint 7.900 postes.

La France a choisi la facilité, à n'importe quel prix...
Le gouvernement Ayrault doit notamment acheter deux drones de surveillance Reaper aux USA pour une livraison avant la fin 2013, a annoncé le ministre de la Défense au "Grand rendez-vous Europe1-Itélé-Le Parisien. "Il faut donc aujourd'hui que, sur notre demande, les industriels français et européens se mettent en relation pour élaborer ce que pourra être demain le drone de nouvelle génération qui ne sera pas uniquement français, puisqu'il y a la même demande du côté allemand et du côté britannique. Voilà une bonne manière de construire l'Europe de la défense" s'est réjoui Le Drian.
 
Pour faire face à la dépense, l’Etat français vend pour 1,2 milliard d’euros d’actions EADS, industrie au combien stratégique en matière de défense. 
EADS est pourtant porteur du programme Talarion, des drones de défense, auxquels la France préfère pourtant ceux des Américains, au détriment de ses salariés... Cette stratégie atlantiste est désastreuse pour le statut géostratégique de la France. "La vente des parts de l’État dans des entreprises stratégiques pour le financement des crédits militaires consiste à faire le choix du sacrifice des ambitions françaises en termes de défense souveraine pour satisfaire les exigences du ministère du Budget, explique Mélenchon. 
Les syndicales annoncent qu'ils se réuniront en comités européens par branche, demain mardi.

dimanche 19 août 2012

Hollande recourt au Grand emprunt qu'il a combattu

Après l'avoir critiqué, la gauche se sert du Grand emprunt


Manuel Valls, ministre de l'Intérieur de Hollande, fait du Sarkozy: dans la forme, il perpétue l'omniprésence et, dans le fond,  il occupe le terrain sécuritaire en poursuivant la politique de la droite sur les Rom et les émeutes urbaines (Amiens, Aigues-Mortes ou Mulhouse). Alors que Nicolas Sarkozy montait partout au front des fermetures d'usines, François Hollande se démultiplie en signature d'autographes et distributions de bisous sur les plages ensoleillées. Les Français ont aussitôt senti en quoi consiste le changement opéré par le président normal et banal. 


Président ambigu, François Hollande n’a pas remis en cause les objectifs assignés au projet de Grand emprunt, qui sera un des outils au service de la mission assignée à Arnaud Montebourg: plus de 26 milliards d’euros sur 35 ont déjà été attribués !

"Le Grand emprunt, c’est l’affaire de tous; pas une question de droite ou de gauche. Pour que les investissements d’avenir soient efficaces, il faut oublier la politique ": ainsi s’exprimait, en 2010, René Ricol, nommé commissaire général à l’investissement par le Premier ministre, François Fillon, pour gérer les 35 milliards d’euros du Grand emprunt destiné à soutenir l’innovation et les filières innovantes en France. La neutralité politique semblait de mise, d’autant que des personnalités de gauche et de droite comme Michel Rocard  et Alain Juppé  s’étaient prononcées en faveur de cette initiative de l'Elysée.


VOIR et ENTENDRE les critiques de Pierre Moscovici en novembre 2009, alors qu'il n'était pas encore ministre de l'Economie de Hollande:

Ce Grand emprunt est bien plus politique qu’on ne le dit

Lorsqu’il en était encore à l’état de projet, François Hollande en campagne en avait caricaturé jusqu'au principe: "Le grand emprunt, c’est le grand impôt", avait-il lancé, assurant que "les emprunts d’aujourd’hui, ce sont les impôts de demain".


Mais le discours de Hollande a de nouveau varié. 

Pendant la campagne, le président de Conseil général a eu l’occasion de flouter son appréciation réductrice du Grand emprunt. En février à Toulouse, au forum Futurapolis, il ne fermait plus aucune fenêtre: il avait affirmé qu'il irait de l’avant  et il accélérerait le rythme des dotations afin qu’on puisse profiter plus vite de ses retombées. Il fallait lire entre les lignes.

Hollande fera du Sarkozy
La structure mise en place par le président Sarkozy changera peut-être de nom, mais, sur le fond,  sa mission n'est nullement menacée par l’alternance… d’autant moins que l’innovation fait partie des principes moteurs affichés par François Hollande pour relancer la production industrielle en France. Un rôle dévolu à Arnaud Montebourg dans le gouvernement Ayrault, en tant que ministre du Redressement productif. 

La France à la remorque


La gauche au pouvoir saura-t-elle se déterminer ?

Depuis trente ans, les initiatives se succèdent en France sans parvenir à ramener l’effort de recherche et développement au niveau des grands pays industriels. La responsabilité de la gauche dans une opposition stérile est donc largement engagée. Or, la concurrence est aujourd’hui bien plus vive, avec des pays émergents qui ne sont plus de simples ateliers 'low cost' du monde, mais aussi des concepteurs de nouveaux produits à valeur ajoutée.

Face à la Chine, qui voit augmenter de 25% par an les budgets de recherche des entreprises, le retard s’accroît.  Il hypothèque surtout l’avenir dans les secteurs de haute technologie, à cause du non-renouvellement du tissu industriel et d’une focalisation sur des secteurs traditionnels de faible intensité en R&D.

En France, la recherche privée —celle des entreprises— est celle qui a le plus marqué le pas, bien plus que la recherche publique menée par les organismes d’Etat, souligne le Centre d’analyse stratégique.  L’OCDE  avait d’ailleurs lancé une mise en garde sur une hausse trop faible des budgets de R&D des entreprises: sur 35 pays étudiés, la France n’arriverait en fait qu’en… 33e position. "Alors que les dépenses de R&D ont triplé dans les pays de l’OCDE en 20 ans, elles n’ont progressé que de 50% en France", commente un spécialiste.

La France avait commencé à inverser la tendance en embrayant, en 2000, sur la stratégie de Lisbonne par laquelle l’Europe affichait son ambition de devenir dix ans plus tard la première économie de la connaissance dans le monde. L’échec est patent: "Le pari n’a pas été gagné", avait constaté Nathalie Kosciusko-Morizet lorsqu’elle était en charge de l’économie numérique. Quant à elle, Fleur Pellerin reste inexpressive.

Risque de saupoudrage

L'inaction -ajoutée à la crise- risque de précipiter la dégringolade. L’idée d’un Grand emprunt germa donc en 2009 et le coup de rein pour l’innovation fut donné à partir de 2010. Mais la gauche socialo-communiste mit des entraves dont on ressent aujourd'hui les effets: les cycles industriels subissent les échéances politiques. Pourtant, le Commissariat général a travaillé. Entre juin 2010 et fin avril 2012, 91 appels à projets ont été lancés et 87 sont clos, indique le cabinet de Philippe Bouyoux, commissaire adjoint qui assure la transition.

Parmi les dossiers soutenus par la droite, on trouve des projets de recherche d’instituts hospitalo-universitaires, d’autres concernant des laboratoires spécialisés dans les biotechnologies, les nanotechnologies et la bio-informatique

Dans l’industrie, des financements vont à l’aéronautique et à l’espace, mais aussi à la recapitalisation des PME et aux aides à la réindustrialisation, tandis qu'après 100 jours de gouvernement socialiste, on cherche toujours en quoi consiste l'action de Montebourg, pompeux ministre du "redressement positif". Luc Chatel, François Baroin et Christian Estrosi devront être très attentifs à ce que le Nono ne fasse pas du "démontage" de l'industrie.

Le numérique, globalement, est d'ores et déjà bien servi, qu’il s’agisse de nanoélectronique, de réseaux intelligents, d’e-santé ou de e-éducation. Fleur Pellerin saura-t-elle faire s'épanouir le secteur ? 

Et le développement durable, avec son volet énergie, n’est pas oublié, aussi bien pour favoriser des projets de transports en commun que pour pousser des énergies renouvelables marines ou des réacteurs nucléaires de quatrième génération. La petite Batho saura-t-elle valoriser le travail accompli par ses prédécesseurs ?

René Ricol, au départ, voulait éviter le piège du saupoudrage. 
Or, certains des projets se complètent et participent à la création d’écosystèmes dont le fonctionnement a un effet démultiplicateur sur les soutiens apportés. A ce titre, compte tenu de l’interactivité de certains projets, on constatait jusqu'ici moins de saupoudrage que ce que le gouvernement hétéroclite de Jean-Marc Ayrault risque de produire.

Il est encore trop tôt pour mesurer le retard opéré par l'arrivée de la gauche Le Grand emprunt était pourtant prometteur sur la relance de l’innovation. A fin avril, le Commissariat avait affecté 26 milliards d’euros à des projets identifiés, sur les 35 milliards du total de l’emprunt. 

Mais on est toujours dans l'attente que le nouveau gouvernement boucle  l’attribution des aides aux derniers projets, mette en œuvre ceux retenus par le précédent et assure le suivi de l’ensemble. Si on croyait François Hollande, le gouvernement Zayrault aurait dû déjà en accélérer le rythme...

En gros, le plus dur reste à faire, mais la méfiance qu'inspire la gauche est-elle de nature à réchauffer la frilosité des banques, stigmatisée  par François Hollande dans sa campagne électorale.

Admettons, malgré l'apathie du tandem Hollande-Ayrault, que ces banques incriminées ont besoin de travailler et que les PME finiront par obtenir l’effet de levier du Grand emprunt. 
Sans attendre 100 jours de plus ?