L'art contemporain est souvent vécu comme l'agonie de l'art. Or, par soubresauts successifs également, le journalisme court irrésistiblement à sa fin et singulièrement Libération qui investit la campagne présidentielle 2012 comme un espace Schengen, une chance quinquennale à ne pas manquer d'abaisser les frontières de la déontologie professionnelle, de repousser les limites de la médiocrité et de profiter de la grisante liberté de circulation des rumeurs, élucubrations et partis-pris qui, de tribune libre débridée en décryptage hermétique, permet de prendre possession de l'attention du public en diffusant n'importe quoi, impunément.
Or, si les MJC placent ostensiblement L'Humanité à disposition des jeunes, on peut néanmoins ne pas y jeter un regard et garder sa dignité face au stalinisme revisité par l'équipe Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) - Pierre Laurent (PCF). Mais on est bien obligé d'aller chez le dentiste et, amolli par la musique d'ascenseur ambiante, de tuer le temps en lectures non choisies. C'est en fait l'occasion de découvrir ce que vivent les condamnés à la double peine: une souffrance physique et morale. Car le socialisme vertueux de Libération sent fort la carie négligée et sa lecture en état de faiblesse sous Ibuprofène provoque toutefois un traumatisme surajouté de la conscience politique.
Voici le jus qui, samedi dernier un peu plus, tache ce quotidien, poisseux d'avoir été crispé, avatar de son co-fondateur, Jean-Paul Sartre, si louche d'avoir tellement penché à gauche.



renouvelée des marchés financiers ?" Il tend des perches grosses comme ça: "Est-ce que vous dites qu'il n'y a pas besoin d'impôts nouveaux pour les Français ?" Il constate: "Dans ce mandat, vous avez été hyper présent, hyper actif." Et il espère: "Il n'y aura pas de pause pour les grandes et vraies réformes même si elles sont impopulaires ?" En face, autant vous dire que Sarkozy n'a pas été avare de "merci Jean-Pierre Elkabbach" , de "Ah ben bien sûr!" et de "C'est exactement ce que je dis" .
[Remercier est non pas une prodigalité, mais une courtoisie élémentaire qui échappe totalement aux "journalistes" arrogants revendiquant l'insolence comme une vertu cardinale de la profession, qui réclament aussi le respect mais ignorent tout des civilités, comme de l'art de l'écriture. Le placage de la pensée dominante non assimilée ne produit pas moins de branches mortes à Libération qu'ailleurs. Et, non-étayée, l'ironie entre les mains d'amateurs manquant de fond, façon Pulvar sans ses notes, est non seulement inopérante, mais dérisoire.]
Il nous manquera, Jean-Pierre Elkabbach.
Chronique de Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts
[On peine , en revanche, à imaginer que cette paire d'écrivaillons puisse faire un jour défaut, quand ce journal, autrefois respectable, se sera débarrassé de ses verrues suintantes.]
Des regards croisés ?
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