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mardi 6 septembre 2011

«J'aurais été choisi face à DSK», c'est François Hollande qui le dit

Flamby 1er , produit socialiste phare des sondages

Avant le premier tour des primaires socialistes, 20minutes.fr interroge les six candidats. Et cette semaine, François Hollande, c'est le favori des sondages.


20 M : Dans une récente biographie*, il est écrit que vous envisagiez d’être président dès le lycée. D’où vient cette ambition?
F.-H.: A l’époque, c’étaient des proclamations de cour de récréation. Mais dès que je me suis engagé en politique, dès que j’ai été candidat à une élection, à 26 ans, j’ai su que je n’étais pas seulement là pour occuper un poste mais pour y consacrer ma vie. A condition d’avoir un message, et que l’engagement amène à rencontrer des circonstances. En 2007, je n’étais pas le mieux placé. Aujourd’hui je le suis.

N'avez-vous pas aussi bénéficié de ce qu'il s'est passé dans une chambre d’hôtel de New York…
J’étais candidat avant que cet événement ne se produise et je pensais déjà que j’aurais été choisi face à Dominique Strauss-Kahn. Une fois que je me suis lancé, rien ne m’a favorisé, rien ne m’a empêché. J’avais pris cette décision depuis de longs mois. J’avais déjà noué une relation avec les Français. Elle n’a fait que se renforcer.

Justement, seriez-vous prêt à donner un rôle à DSK dans votre campagne?
C’est à lui de s’exprimer
, de dire comment il conçoit sa place dans les mois à venir. Dominique Strauss-Kahn a des compétences qui ne sont discutées par personne. Mais aujourd’hui, je ne compose pas un gouvernement, je suis candidat aux primaires.

Comment plus intéresser les Français aux primaires?
Si je me plains, ce n’est pas du climat entre candidats – qui est bon – c’est de la timidité avec laquelle nous engageons cette campagne comme si c’était une compétition entre nous. Nous devons réussir à faire se déplacer plus d’un million d’électeurs pour choisir le candidat et lui conférer toute la légitimité nécessaire. En cas contraire, ce serait une déception. Une présidentielle est une rencontre avec les Français.

Avec un projet commun, le choix ne se fera que sur la personnalité…
Et alors? Ce n’est pas illégitime. Les 200 000 militants socialistes ont voté le projet mais ils ne sont pas tous pareils. On ne va pas organiser une tombola pour désigner le candidat. Et au-delà du jugement sur les personnes, les électeurs choisiront les orientations des candidats. Moi j’ai la jeunesse comme priorité, la justice fiscale comme exigence et la démocratie comme méthode.

Changer la vie, c’est définitivement du passé, comme l’a dit Manuel Valls?
Si nous ne voulons rien changer, autant ne pas se présenter et laisser aux autres le soin d’annoncer les mauvaises nouvelles et faire les mauvais choix. Non, nous ne pouvons pas laisser le pays dans la désespérance actuelle, laisser le marché dicter ses règles, laisser les injustices se creuser. Il faut donner un élan, un espoir. Je ne suis pas là pour dire aux Français: «Vous allez travailler plus pour gagner moins»!

Vos adversaires estiment que vous êtes un candidat chouchouté par les media?
Je connais aussi la réversibilité de cet engouement médiatique.
J’ai connu toutes les périodes: celles où j’étais l’homme de l’année, celles où je n’étais plus rien. Je n’oublie pas non plus la faveur médiatique dont bénéficiait Strauss-Kahn avant le 15 mai. Je suis vacciné. Je ne me grise pas de la présence médiatique et je ne me plains pas de leur absence.

Croyez-vous dans les sondages qui vous placent en tête?
Un sondage n’a jamais élu personne.
Il vaut mieux en avoir de bons que de mauvais. Tout dépend en fait du nombre d’électeurs qui vont venir voter et de trois questions. Qui est le plus crédible? Qui a le plus de chance de gagner face à Sarkozy? Et qui a le plus de chance d’être un bon président ? C’est sur ces critères-là que je mène campagne, pour convaincre les Français, pas les instituts de sondage.

« Balladur de gauche », mou, sans caractère… Comment réagissez-vous aux critiques de la majorité ?
Ce n’est pas gentil pour Balladur (sourires). Je connais le jeu. Quand j’étais challenger de DSK et que la droite le craignait, elle me tressait des lauriers ; maintenant, ce sont des couronnes d’épines, car je suis considéré comme le plus dangereux. Je n’attends d’eux ni des compliments, ni des satisfecits de leur part. La campagne sera très dure. Le candidat socialiste aura à subir les assauts et les malveillances.

A-t-il encore assez de graisse protectrice ?
D'autant qu'il n'a pas fait apparaître la tablette de chocolat !

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