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dimanche 4 septembre 2011

Marseille: Fillon appelle tous les Français au sens du devoir

Fillon invite les Français à la lucidité et à "l'esprit citoyen"

Campus d'été de l'UMP

A huit mois de l'élection présidentielle de 2012, dans un contexte de crise internationale, le Premier ministre concluait à Marseille des universités d'été de l'UMP animées de débats et censées ouvrir la campagne du parti présidentiel, mais polluées par le retour contesté de Dominique Strauss-Kahn, dont les poursuites pour violences sexuelles par une modeste femme de ménage noire immigrée à New York ont été abandonnées, sans qu'il soit pour autant innocenté.

François Fillon a opposé ce discours "de vérité" et de raison à celui d'une gauche qui instrumentalise les inquiétudes des Français et alimente leur pessimisme pour s'attirer leurs suffrages, et de nourrir l'illusion "mensongère" d'une "existence sans défi".
"La gauche parie sur la peur et la déception. Eh bien je parie sur le sang-froid et la lucidité", a-t-il déclaré devant plusieurs milliers de jeunes militants et cadres de l'UMP et son gouvernement presque au complet.

"Fiers et lucides sur les défis et les contraintes qui pèsent sur notre propre avenir (...) exigez la vérité plutôt que les mirages, choisissez l'action plutôt que la commisération", a-t-il ajouté à l'adresse des Jeunes Populaires..

Il les a assurés qu'il comprend l'inquiétude et l'impatience des Français dans un contexte national et international marqué par la crise économique et financière, les bouleversements géopolitiques et l'ébranlement des valeurs traditionnelles.

On peut ne pas aimer ce monde-là (...) mais c'est le nôtre", a observé François Fillon, stoïc, selon qui la mondialisation et la question de la dette - "un problème de civilisation" - seront au centre du débat présidentiel.

Face au problème du désendettement, les Français doivent "plus que jamais être conscients de leurs devoirs", a-t-il ajouté. " Cette vérité n'est peut-être pas agréable à entendre, mais je préfère les paroles qui protègent plutôt que les paroles qui plaisent."

et à la responsabilité des Français pour accompagner l'action publique, évoquant l'éducation, le développement durable ou encore la sécurité pour faire barrage à la "culture de la violence".

Il en va de même du financement de la protection sociale ou de la lutte contre les déficits publics, a-t-il poursuivi : " Il est de notre devoir à tous de mesurer les limites de nos droits, de lutter contre nos excès, nos abus" et les Français ne peuvent réclamer "toujours plus d'agents publics et plus de droits".

Peu avant, le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, organisateur de ce rendez-vous de la rentrée politique, était à l'unison sur cette exhortation à la "lucidité" et à l'adaptation à un "nouveau monde en train de naître".

Les débats de la majorité

Le campus, temps fort des échanges

Les orateurs ont multiplié les appels à l'unité de la majorité derrière le président Nicolas Sarkozy, probable candidat à un second mandat.

Le débat entre le chef de l'Etat et Jean-Pierre Raffarin a eu lieu sur une proposition d'augmentation de la TVA sur les parcs à thème. Nombre d'élus locaux ont monté, soutiennent ou gèrent l'un d'entre eux. C'est le cas de l'ancien Premier ministre avec le Futuroscope de Poitiers, imaginé et réalisé au début des années 1980 par René Monory, alors président du Conseil général de la Vienne. Ce parc a renoué récemment avec les bénéfices en 2008 avec 1,61 million de visiteurs et craint pour son équilibre financier.
"L'intérêt général, comme l'efficacité électorale, nous interdit d'éparpiller nos forces et ce principe doit s'appliquer dès maintenant, pour les élections sénatoriales où l'unité doit s'imposer partout sur les ambitions personnelles", a déclaré François Fillon, à trois semaines du scrutin qui pourrait faire basculer le Sénat à gauche.

Evoquant le débat budgétaire, il a dit attendre la contribution du Parlement qui pourrait amender son plan de lutte contre les déficits.
"Rien n'est tabou et rien n'est abandonné", a-t-il assuré. "Le gouvernement est ouvert aux critiques et aux amendements, à condition qu'ils ne mettent pas en cause le volume des efforts ni leur équilibre."
Un discours offensif

Il a aussi fustigé les principaux candidats des primaires socialistes

Martine Aubry, "mélange de dogmatisme dépassé et d'ambiguïté permanente", et François Hollande, "alternance de blagues lourdes et de banalités".

Les responsables de l'UMP ont déploré l'ultra-médiatisation indécente du retour de Dominique Strauss-Kahn, longtemps favori des sondages pour la présidentielle de 2012 mais désormais disqualifié par la violence de ses moeurs sexuelles étalées en Une de la presse internationale.
"Les images de ces centaines de caméras braquées sur le visage de Dominique Strauss-Kahn de retour en France nous paraissent bien dérisoires et bien décalées", a constaté Jean-François Copé, à la tribune, avec modération.

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