Valls fait du bourrage de crâne
| Viens danser, sous le sunlight des tropiques, on va s'aimer, on a toute la nuit pour s'aimer |
Pour preuve de cette franche camaraderie socialiste, lors de son passage matinal sur RTL, mercredi 14 août, Manuel Valls répète à quatorze reprises le mot "ensemble" pour tenter de convaincre qu’il travaille en concertation avec sa collègue de la Justice, au risque de produire l'effet inverse.
VOIR et ENTENDRE un florilège du matraquage du "vivre ensemble" socialiste:
Manuel Valls : avec Taubira on travaille... par LeLab_E1
Les deux ministres n’ont de cesse de se tirer dans les pattes
Le Monde fait d'ailleurs savoir que le premier flic de France est allé jusqu’à écrire directement à François Hollande pour court-circuiter sa collègue.
Interrogé sur RTL, l'ambitieux ministre tente de calmer le jeu: "Nous travaillons ensemble, avec Christiane Taubira", assure-t-il, froidement. "Nos équipes ont travaillé ensemble. Il y a un débat, ces notes n'ont pas à être publiques, je le regrette. C'est la procédure normale", insiste-t-il, sans sourciller.
Après son dernier coup bas, Valls, a néanmoins assuré vouloir continuer à collaborer avec sa collègue de la Justice, malgré leurs désaccords sur le futur projet de réforme pénale. Il a rappelé sur RTL que "la Justice et l’Intérieur doivent travailler ensemble au service des Français, "car nous ne cessons de le marteler, pour être efficaces, il faut que les forces de l'ordre et les magistrats travaillent ensemble." Et de se féliciter de la mise en place "des zones de sécurité prioritaire qui marchent à Amiens, en Seine-Saint-Denis, à Marseille ou à Grenoble", selon lui, et de la "communication en Conseil des ministres sur un sujet qui préoccupe nos compatriotes, c'est-à-dire la récidive".
"Tant pour des raisons de méthode que de fond, l'écart entre nos analyses demeure trop important et appelle une clarification de nos orientations politiques", écrit le ministre, qui souhaite "que nous définissions collectivement les principes directeurs de cette réforme autant que les modalités de son déploiement".
A l’Elysée, on se refuse naturellement à tout commentaire... Jean-Marc Ayrault a lui, téléphoné à son ministre de l'Intérieur et va appeler sa ministre de la Justice. Dans l’entourage de Manuel Valls, on regrette que cette missive ait fuité dans la presse. "Il y a un projet de loi gouvernemental et des travaux préparatoires (…) Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que l'Intérieur exprime et ait sa ligne dans ce cadre", toujours selon l'entourage du ministre.
Hyperactif cet été, Manuel Valls critique notamment l'automaticité de certaines réductions ou aménagements de peine, et juge que le texte "repose sur un socle de légitimité fragile".
Il déplore enfin "le bref délai dans lequel est conduite la réflexion sur un projet de loi, techniquement dense et politiquement sensible", soulignant qu'il n'a été transmis à son cabinet que le 12 juillet.
Taubira avait suivi la même méthode à propos de la réforme du code civil introduisant le marigage entre personnes du même sexe.
#Taubira, c'est la nouvelle Ségolène Royal, elle est convaincue d'avoir une mission divine à accomplir.#Valls lui est aveuglé par l'ambition
— Alain Cadec (@AlainCadec) August 14, 2013
Taubira se déclare "surprise"
"Rien d’étonnant", assure l’entourage du ministre de l’Intérieur, sauf pour la garde des Sceaux. "Je ne peux que m'étonner qu'un tel document ne m'ait pas été communiqué", s'est indignée la ministre dans le Monde, "d'autant qu'il comporte des propositions de réforme du droit de la peine, domaine qui ne ressort d'aucune façon aux compétences du ministre de l'intérieur."
Christiane Taubira est "d'autant plus surprise" qu'elle a téléphoné à Manuel Valls le 29 juillet - soit quatre jours après l’envoi de la lettre - et qu'il ne lui en a pas soufflé mot.
François Hollande, actuellement en vacances, va devoir trancher à son retour.
Vacance du PS qui banalise par la voix d'un député
"Une phase comme il en existe avant chaque projet de loi"
Alors qu'Harlem Désir, le premier secrétaire du PS, continue de jouir de ses vacances, le président PS de la commission des lois de l'Assemblée nationale, Jean-Jacques Urvoas, est l'un des rares socialistes qui osent commenter la brouille ce mercredi matin. Selon lui, "nous sommes dans une phase comme il en existe avant chaque projet de loi où des ministres qui défendent des points de vue ont besoin de formaliser leur désaccord momentané". Mais "ce qui fait polémique, c'est que quelqu'un a cru bon de le donner» à la presse, regrette-t-il sur France Inter. Par ailleurs, Jean-Jacques Urvoas assure souhaiter que la réforme pénale soit adoptée avant les municipales du printemps 2014, "parce que sinon cela serait considérer que la situation que nous connaissons aujourd'hui est satisfaisante".
Les juges du Syndicat de la Magistrature prennent parti pour Taubira
Tandis que le pompier-pyromane tente bien ce mercredi matin d'éteindre l'incendie allumé mardi par ses critiques de Christiane Taubira, les juges rouges du SM politisent clairement les heurts entre les belligérants.
L'opposition
"La preuve que leur entente est un leurre", selon Michèle Alliot-Marie
L'ancienne ministre fustige également "l'inexistence du Premier ministre" face à cette querelle Valls-Taubira.
Concernant la suppression des peines planchers pour les récidivistes et la multiplication des alternatives à la prison, Michèle Alliot-Marie affirme que "l’action de Taubira s’inscrit dans un esprit de revanche qui consiste à vouloir supprimer tout ce qui a été fait auparavant, même si cela commençait à donner des résultats. [...] Je pense que la sécurité des Français implique qu’il y ait une continuité dans l’action. Je sais que les socialistes sont complètement hermétiques à ce qu’est la réalité quotidienne de la délinquance. Lionel Jospin avait fini par reconnaître qu’ils étaient naïfs. On est dans la même chose. Pour les socialistes, il n’y a pas de faute individuelle, tout est de la faute de la société", déplore-t-elle encore.
Bruno Beschizza : "Valls et Taubira sont dans l'imposture".
Le secrétaire national de l'UMP, Bruno Beschizza, a fustigé «l’imposture» que jouent selon lui les ministres de l'Intérieur et de la Justice. Au micro de RTL, le conseiller régional d’Île-de-France regrette que cette dernière aille «voir des détenus jouer au basket» quand Manuel Valls «demande aux gendarmes et aux policiers de toujours mieux s’occuper des victimes, des délinquants et des voyous», accuse-t-il. François Hollande, quant à lui, «ne va pas trancher, car il a entretenu cette imposture. [...] Depuis un an, la gauche dit du Valls et fait du Taubira» et le président de la République «a fait ce choix, en conscience, de cultiver cette ambiguïté».
Quant à François Hollande, "on le connaît le Président, il pratique la politique de l'autruche", lance-t-il au sujet d'une éventuelle réaction du chef de l'Etat.
#Valls contre #Taubira on atteint des sommets en matière de cohérence gouvernementale:pas de chef et des ministres qui s'étripent.
— Alain Cadec (@AlainCadec) August 13, 2013
Il ne se trouve bientôt plus d'élus de gauche à prétendre parler au nom des Français...

