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mardi 2 janvier 2018

L'Etat agressé via ses policiers : la police réclame une sévérité sans faille à Macron

Des syndicats demandent le rétablissement des peines planchers contre ceux qui s'attaquent aux forces de l'ordre

Les syndicats de police réclament une audience à l'Élysée
Manifestation de policiers devant le commissariat
de Champigny-sur-Marne
Plus que les violences, les images de Champigny-sur-Marne ont provoqué la révolte des serviteurs de l'Etat. 
En effet, sur les réseaux sociaux, la séquence filmée du passage à tabac de cette jeune policière, jetée au sol et frappée à terre par des barbares du Val-de-Marne, sous les cris de joie de ses bourreaux, a été largement étalée, alors qu'elle était de service pendant que les Français faisaient la fête, le soir de la Saint-Sylvestre.

Certes, il y a eu, le lendemain, le tweet du président Macron qui a fermement condamné ce double "lynchage" de la jeune femme et de son supérieur, un capitaine de police, également agressé, ce soir-là.
Sans parler de la double agression, dont ont été victimes  des policiers qui interpellaient un voleur présumé de scooter  à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), lundi.

Le ministre de l'Intérieur a renchéri mardi : "Cette société de la violence ne saurait continuer à exister", s'est-il promis, appelant à briser "une mécanique infernale" dans certains quartiers "populaires", pour ne pas dire "zones de non-droit".

Et d' ajouté: "J'étais à Champigny hier. Lorsque l'on voit ces grandes barres, on se dit qu'il y a un aspect totalement inhumain qui ne peut générer que de la violence.
Ce sont des réformes de fond qu'il faut mener, de politique de la ville, a estimé cet ex-socialiste qui a soutenu les gouvernements Hollande pendant cinq années. 
Les ministres de la Ville de Hollande, François Mamy, Najat Vallaud-Belkacem et Myriam El Khomri ne se sont toujours pas fendus d'un seul mot de compassion. Pas plus que les actuels, Ferrand et Mézard. Et ses ministres de l'Intérieur, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Bruno Le Roux et Thomas Fekl ont-ils prononcé le moindre mot de soutien à leurs hommes ?
"Ce que nous réclamons, nous? D'abord que le politique ne réagisse pas seulement quand le mal est fait mais quand l'acteur Mathieu Kassovitz, par exemple, tient des propos scandaleux contre les policiers. Il faut poursuivre systématiquement ceux qui tiennent un discours de haine anti-flics", s'indigne Jean-Marc Bailleul, numéro un du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI, ex-Snop). Comme beaucoup, il doute de la sincérité de ce "provocateur" qui a lâchement tourné casaque, en se fendant d'un indécent tweet lundi pour dénoncer l'agression de Champigny.
Selon le commandant Bailleul, secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure, "il faut punir ceux qui filment et mettent en ligne les images de policiers agressés, car cette mise en scène scandaleuse et insuffisamment sanctionnée participe de la banalisation des attaques contre les porteurs d'uniformes." Mais on s'interroge sur les motivations réelles de ce syndicaliste SCSI-CFDT monté au front, escorté d'Alternative CFDT, tous deux proches du pouvoir : respecter la souffrance des policiers ou censurer l'information. La pudeur est-elle antithétique de la vérité ? 

Jean-Marc Bailleul met aussi en cause la banalisation des violences anti-institutionnelles jusque dans les rapports officiels, "comme si l'on pouvait se satisfaire d'un millier de voitures qui brûlent en un soir et de multiples agressions, en se contentant de parler d'un léger pourcentage de hausse!"
"Promettre comme l'a dit le président de la République de retrouver les agresseurs est une bonne chose, mais ce n'est pas suffisant. Il faut des sanctions exemplaires. Nous demandons le retour aux peines planchers pour les auteurs d'agressions physiques ou verbales à l'encontre des policiers", déclare pour sa part Frédéric Lagache, numéro 2 du syndicat Alliance. Ces peines quasi automatiques infligées aux récidivistes pour de faits graves, en principe, auraient, assure-t-il, "un effet dissuasif" sur les voyous.
Son collègue Patrice Ribeiro, patron du syndicat Synergie-Officiers, le réclame, de son côté, avec force: "Nous voulons être reçus désormais par le président Macron, comme le fit François Hollande en son temps."
Comme lui, le commandant Ribeiro n'hésite pas à dire qu'"il faut que la peur change de camp et, pour cela, que la réponse pénale soit à la hauteur". Or, l'USM s'y oppose...

La question de la légitime défense est à nouveau posée

Faut-il revoir les règles de la légitime défense, comme le demande une partie de la droite ? "Mais elles viennent déjà d'être simplifiées, en conformité avec le droit européen. Dans l'affaire de Champigny, les conditions du recours aux armes étaient réunies. Les fonctionnaires attaqués ont fait preuve d'un grand sang-froid qu'il faut saluer", souligne le patron de Synergie.

Directeur de l'Observatoire de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) 
- un département de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), établissement public administratif, placé sous tutelle du premier Ministre et dirigé par Cyrille Schott (67 ans, ex-membre du cabinet du Président de la République, François Mitterrand, qui le fit préfet) - Christophe Soullez rappelle que "le nombre de violences à dépositaire de l'autorité publique enregistrées a triplé en 30 ans (de 10.000 en 1995 à plus de 32.000 en 2016)". Selon lui, "le nombre de policiers blessés en mission est passé de 4.197 en 2008 à 5.767 en 2016. Avec une hausse notable entre 2015 et 2016 du nombre de policiers blessés par arme: 687 en 2016 contre 430 en 2015."

La question de la réponse pénale appelle quelques nuances. "Sur les années 2013-2015,
lorsque la victime était dépositaire de l'autorité publique, l'auteur (majeur d'agression) a fait l'objet à 75 % de poursuites, contre seulement 47 % des cas s'il n'y a pas cette circonstance aggravante", assure le criminologue. L'USM prétend en revanche que les peines planchers n'ont pas eu d'incidence.

Autre signe de sévérité accrue:
les infractions ayant donné lieu à condamnation pour des atteintes aux personnes dépositaires de l'autorité sont passées de 6.003 en 2005 à 10.669 en 2015. "Mais encore faut-il que les peines prononcées soient appliquées !", corrige-t-on à Synergie, où l'on rappelle que 100.000 peines au total n'ont pas été exécutées.

Dans un tel contexte, à quoi la police de sécurité du quotidien (PSQ) voulue par Beauvau peut bien servir 
?
Pour bien des professionnels, cette réforme tient du "cosmétique". Patrice Ribeiro résume: "La PSQ, c'est valable dans des quartiers pacifiés." Et nous en sommes encore bien loin, mais Collomb a justement prétendu que  les festivités "se sont bien passées" en France et "les gens ont pu jouir de la nuit de la Saint Sylvestre de manière pacifiée"... 

vendredi 21 octobre 2016

Baisse des effectifs policiers: Claude Guéant met les pendules socialistes à l'heure

Le ministre de l'Intérieur de Sarkozy rappelle le contexte des réductions d'effectifs policiers

Claude Guéant est revenu sur la baisse des effectifs de police et de gendarmerie sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Alors que la colère des policiers s'élève contre le manque de considération de leur action et les menaces mortelles auxquelles ils sont confrontés, le pouvoir socialiste et sa presse mettent en cause le précédent quinquennat, après plus de quatre années aux responsabilités.

Claude Guéant est donc allé à LCI et sur BFMTV tordre le cou aux fausses informations. 
La gauche partisane oublie qu'entre 2007 et 2012  la France n'avait pas attiré sur elle les foudres des djihadistes: Sarkozy avait refusé d'engager la France dans le conflit irakien, tandis que le "chef de guerre" Hollande est allé guerroyer au Mali, puis en Syrie et aussi en République Centrafricaine, créant quelques violentes "inimitiés"...
Et puis, les socialistes veulent ignorer la crise économique et financière qui a ébranlé le monde occidental, soutenus dans ce déni par la presse militante qui l'occulte et désinforme la population. 

L'ancien ministre de l'Intérieur se devait donc de rétablir quelques vérités

"La droite a été au pouvoir de 2002 à 2012. Je distinguerai deux périodes : la période 2002-2007. Pendant cette période, il y a eu une augmentation des effectifs de police et de gendarmerie. Je souligne d’ailleurs que cette augmentation n’a jamais été soutenue par le PS. Ni M. Hollande ni M. Valls, ni M. Cazeneuve n’ont voté cette augmentation des effectifs.
 
Mais il y a ensuite une deuxième période : la période 2007-2012. En 2008, il s’était passé quelque chose d’important que les Français ont tendance à oublier : c’est qu’il y a eu une crise mondiale qui a eu des conséquences financières et budgétaires de toute première ampleur." "Nous avons eu des difficultés financières et de ce fait la décision a été prise de réduire les effectifs, explique Claude Guéant.

Yves Calvi : "Et vous nous dites, on a baissé les effectifs sous la pression financière ?"
Claude Guéant : "Oui mais je me permets d’expliquer. Souvenons-nous, il y a eu en 2008 cette crise. En 2009, je me souviens très bien du chiffres : les recettes fiscales ont diminué en France de 55 milliards. Dans le même temps, nous avons mis en place des moyens pour conforter le fonctionnement de l’économie, conforter l’activité économique et pour soutenir les personnes en difficulté. Nous avons eu des difficultés financières et de ce fait la décision a été prise de réduire les effectifs."

L'ancien directeur général de la Police nationale a fustigé Bernard Cazeneuve qu'il accuse de "se défausser sur Nicolas Sarkozy" 

La grogne des policiers est bien le fruit du bilan de Bernard Cazeneuve et non pas du quinquennat Sarkozy, a souligné Frédéric Péchenard, sur BFMTV jeudi
La colère des policiers qui manifestent depuis lundi prend une tournure politique. Frédéric Péchenard, ancien directeur général de la Police nationale, directeur général de Les Républicains et proche de Nicolas Sarkozy a appuyé jeudi sur BFMTV l'ancien chef de l'Etat. Plus tôt dans la journée, "ce dernier s'en était pris à Bernard Cazeneuve", dénonçant ses "mensonges", alors que le gouvernement pointait du doigt la responsabilité des suppressions de postes de policiers sous le mandat de Nicolas Sarkozy, il y a bientôt cinq ans.

"A chaque fois qu'il se passe quelque choses depuis 4 ans et demi, Monsieur Cazeneuve vient nous dire que tout va bien et que tout est de la faute du gouvernement d'avant", a observé Frédéric Péchenard qui appelle le ministre de l'Intérieur à "assumer son bilan".  "Le ministre de l'Intérieur est ministre depuis 4 ans et demi; il est ministre de l'Intérieur depuis 2 ans, 2 mois et dix-huit jours [et avant lui, le premier ministre, Manuel Valls]; donc ce qui se passe aujourd'hui, c'est son bilan à lui", a-t-il insisté, invitant Bernard Cazeneuve à ne pas "se défausser sur Nicolas Sarkozy"


VOIR et ENTENDRE la mise au point de Frédéric Péchenard:


L'ancien président balaie les accusations de Bernard Cazeneuve 

Plusieurs fois prolongé, l'état d'urgence contribue-t-il à la saturation de la police ?
Moins d’une semaine après le meurtrier attentat terroriste de Nice, le Parlement a définitivement adopté le jeudi 21 juillet, le projet de loi prolongeant pour la quatrième fois l’état d’urgence. Il prolonge d'encore six mois l’état d’urgence, tout en l’assortissant de nouvelles mesures antiterroristes. 

Le ministre socialiste de l'Intérieur de Hollande attribue la responsabilité du ras-le-bol actuel de la police au candidat Les Républicains à la présidentielle de 2017, alors que des centaines de policiers ont manifesté pour la troisième nuit consécutive [et ils en seront à cinq, samedi]
VOIR et ENTENDRE le ministre étriqué de Hollande et Valls éluder la question de l'état des effectifs policiers après bientôt cinq années au pouvoir:

 
Nicolas Sarkozy dresse donc le bilan de l'état de la France qui justifie la grogne des forces de l'ordre. Il a apporté son soutien aux manifestants, et plaidé pour durcir la politique pénale.
"Je n'ai jamais vu notre pays dans un tel climat de perte d'autorité générale", note l'ancien Président sur Europe 1. "Si on est dans le déni de réalité, si on ne comprend pas qu'on ne peut pas continuer comme cela, alors la violence ne fera qu'augmenter." 

"Il y a une réalité, c'est la montée de la délinquance, une lutte contre le terrorisme portée par la police (...) Je veux que chaque fois qu'on touche à un policier, ce soit une peine ferme de façon automatique", insiste Nicolas Sarkozy. 

"J'ai proposé des mesures particulières comme le rétablissement des peines planchers, je propose qu'on revienne aux tribunaux correctionnels pour mineurs (...) Lorsque j'ai dit ça il y a quelques mois, on m'a dit que j'étais un prophète de malheur ! Jamais la situation de la police n'a été celle d'aujourd'hui", souligne Nicolas Sarkozy.
"S'il y avait un problème, pourquoi ne l'ont-ils pas réglé?"

Sarkozy n'épargne pas son agresseur, Bernard Cazeneuve.
"Ca va mieux !"
"J'ai entendu dire le ministre de l'Intérieur - enfin ce qui nous sert de ministre de l'Intérieur - qui a osé dire, honte sur lui, qu'après 4 ans et demi de pouvoir c'était moi qui était responsable de la manifestation des policiers? Sait-il que François Hollande est président de la République depuis 4 ans et demi?"

Et d'affirmer que la Cour des comptes a publié un rapport démontrant qu'en décembre 2015, "il y avait 868 policiers et gendarmes de moins que lorsque j'étais au pouvoir. S'il y avait un problème d'effectifs, pourquoi ne l'ont-ils pas réglé?". Pour Nicolas Sarkozy, la question de la sécurité "n'est pas un problème d'effectifs mais de chaîne pénale (...) Pourquoi le programme de construction de prison que j'avais mis en place a été arrêté?"

VOIR et ENTENDRE qui "Sarkozy s'en prend violemment à Cazeneuve", à en croire BFMTV:


dimanche 18 août 2013

Transparence: Valls et Taubira convoqués à l'Élysée en grand secret

Hollande peine à s'imposer à ses collaborateurs

Simagrées perverses de socialistes
L'apprenti président qui a nommé n'importe qui à n'importe quel poste a convoqué Manuel Valls et Christiane Taubira, le 2 août. 

Des frictions se renouvelaient depuis des mois, sans que Hollande n'y mette bon ordre.
Entre Valls et Taubira, le tonnerre a claqué en plein mois d'août, avec toute la violence des orages d'été. Depuis la "fuite", dans Le Monde, de leur désaccord,
le discours officiel est à l'apaisement. Tous les porte-parole affirment que "Manuel et Christiane" continueront à "travailler ensemble". 

L'affaire devrait laisser des traces. Rebsamen, le premier, a dégainé. Mélenchon n'a pas tardé à prendre parti contre Valls: son bras gauche, Delapierre, l'a en effet classé à l'extrême droite. 

D'ici à fin septembre, tant leurs divergences sur la loi pénale paraissent insurmontables, il y aura un gagnant et un perdant. "La question est simple, résume un conseiller, Taubira peut-elle claquer la porte si sa réforme pénale accouche d'une souris? Que fera Valls si une loi qu'il juge 'dangereuse' est mise en chantier?" Revivons les quatre actes de la crise.

1- La conférence de consensus

Taubira porte le projet de réforme pénale depuis qu'elle a bouclé le mariage homosexuel. "C'est sa grande réforme. Elle est en phase avec les promesses du candidat Hollande pour supprimer les peines planchers de Nicolas Sarkozy", explique-t-on maintenant Place Vendôme. Dès 2012, la ministre lance une "conférence de consensus", réunissant les experts judiciaires acquis à ses vues. Le résultat de leurs travaux tombe en février dernier. En préambule, ils remettent en cause "la prison en terme de prévention de la récidive". Ils proposent comme prévu d'abandonner les peines planchers automatiques pour les récidivistes et d'instaurer une nouvelle peine, indépendante de la prison, dite "peine de probation" inspirée du modèle scandinave. Elle consiste en une peine sans barreaux, avec un suivi, par un magistrat, d'une série de mesures obligatoires (travaux d'intérêt général, réparation aux victimes, soins). Si, sur le papier, il se trouve des spécialistes plutôt d'accord sur l'idée, mais c'est sur sa mise en œuvre que les avis divergent.

2 - L'absence de consensus

La chancellerie a planché sur l'écriture d'un projet de loi qui devait d'abord être présenté au Parlement avant l'été. "Il y a eu des discussions interministérielles, admettent les improvisateurs de la Place Beauvau. À plusieurs reprises, on a souhaité apporter des modifications…

De fait,
la plupart des syndicats de police sont réticents. Et si, côté justice, elle peut s'appuyer sur les juges du Syndicat de la magistrature (25% aux élections de juin) et promoteur sectaire du "Mur des cons", la ministre n'a pas le soutien de l'USM, majoritaire (65%). "Christiane Taubira avait été acclamée debout à notre congrès de Colmar d'octobre 2012, mais aujourd'hui la déception est grande, analyse Christophe Régnard, le président de l'USM. La chancellerie est enfermée dans son dogmatisme. Le système de probation, pour fonctionner, a besoin de moyens que l'on n'a pas. Dans les pays où ça marche, il y a un conseiller de probation pour 20 condamnés. Aujourd'hui en France, on en est à 1 pour 120 et, même en recrutant, en passant à 1 pour 60, cela ne sera pas assez." 
Régnard exprime ce que certains magistrats redoutent : "Si les magistrats en charge de la probation sont débordés, à la moindre récidive un peu spectaculaire, nous passerons encore une fois pour de dangereux laxistes. Même si cela dure deux ans, il faudrait prendre le temps d'une grande réforme du code de l'exécution et de l'application des peines", propose-t-il. 
Reçu à l'Élysée par le conseiller justice du président, Christophe Régnard a fait remonter ses craintes… "Valls exagère sur la forme, mais sur le fond, il n'a pas tort", prévient-il.

3 - L'arbitrage du 2 août

À l'Intérieur, les réticences sont du même ordre qu'à l'USM : "Sur ces questions sensibles, nous avons besoin d'un large consensus", avance un conseiller. Quand, le 12 juillet, l'avant-projet de loi préparé par la chancellerie arrive Place Beauvau, à sa lecture, les conseillers de Manuel Valls s'étranglent. Le texte, qui doit partir pour avis au Conseil d'État début août, est jugé "inacceptable en l'état"

Dans le dos de Christiane Taubira, Valls décide en urgence d'en appeler à l'arbitrage présidentiel. 
Son courrier, daté du 25 juillet, est sanglant : "J'attire votre attention sur les désaccords", commence-t-il, avant de lister les désaccords "sur la méthode" et ceux "sur le fond". "Valls ne veut pas de ce projet de réforme pénale, explique un policier. Il estime que l'automaticité des libérations aux 2/3 de la peine, notamment pour les multirécidivistes, est une mesure dangereuse. 
Valls redoute aussi de voir les syndicats de police en ébullition. Il estime que pour être efficace, comme au Canada, un service de probation digne de ce nom a besoin de moyens énormes… que l'on n'a pas aujourd'hui, faute d'une grande réforme préalable de tout l'appareil judiciaire." 

Le 2 août, une réunion est organisée à l'Élysée autour du Président et du Premier ministre avec Manuel Valls, Christiane Taubira et leurs conseillers, à 8 h 30, juste avant le dernier Conseil des ministres. L'ambiance est tendue, car la veille, à Chartres, des policiers ont accusé le Parquet d'avoir laissé en liberté trois personnes, faute de place en prison. La veille également, l'Élysée a transmis à la garde des Sceaux le courrier de Valls, ainsi que son annexe. Taubira est entrée dans une colère noire. François Hollande écoute les deux belligérants que Ayrault est déterminé à laisser s'écharper sans bouger le petit doigt. 
Or, le chef de l'Etat décide de ne rien faire jusqu'en septembre, avant la remise de l'avant-projet de loi au Conseil d'État. Le Président demande aussi à Taubira de supprimer, comme le propose Valls, l'automaticité des libérations conditionnelles aux 2/3 des peines. A la suite de Valls, il fait valoir que la probation aura "besoin de moyens", qui restent à trouver, "sur les deux ou trois ans"… et demande que l'on "réfléchisse à un dispositif de remplacement des peines planchers". Dans le crâne de Christiane Taubira, le désaveu présidentiel prend les proportions d'une atteinte raciste…

4 - La fuite et la suite

La plomberie de Hollande
de la maison socialiste est à refaire
Onze jours après cette réunion à l'Élysée, Le Monde s'en mêle et empoisonne la situation: il désinforme comme souvent, publiant la lettre du ministre de l'Intérieur du 25 juillet… mais sans son annexe ni les solutions proposées par l'Intérieur, et sans évoquer la discussion du 2 août et les arbitrages déjà rendus par François Hollande. 

Cette "fuite" malveillante provoque la colère présidentielle. 
Qui a choisi de rendre publics ces désaccords? Les destinataires de la lettre ne sont pas nombreux. 
Coup de pied de l'âne Taubira, prête à claquer la porte se sentant désavouée? Manip de Valls voulant enfoncer le clou? Coup de billard à deux bandes de Matignon pour affaiblir le ministre de l'Intérieur? Initiative isolée d'un conseiller? Tous ont juré au Président qu'ils n'y étaient pour rien. Manuel Valls et Christiane Taubira, en vacances, se sont parlé cette semaine et ont "regretté mutuellement" cette fuite. 

Le round suivant ? 
Après quinze mois de pouvoir, les services de la chancellerie ont encore besoin de quinze jours pour tenter d'élaborer un compromis… qui semble introuvable. "Un texte sera présenté en Conseil des ministres en septembre et sera discuté au Parlement après les municipales", assure-t-on Place Vendôme. Reste à savoir quel texte… et quels ministres de la Justice et de l'Intérieur le défendront devant les députés...


mercredi 14 août 2013

Loi pénale: le torchon brûle entre Valls et Taubira

Hollande appelé à faire ce qu'il ne sait pas faire: arbitrer !

Valls fait du bourrage de crâne

Viens danser, sous le sunlight des tropiques,
on va s'aimer, on a toute la nuit pour s'aimer
Manuel Valls a adressé à François Hollande une lettre où il démonte la réforme pénale en préparation au ministère de la Justice et dans laquelle il demande au président de la République de désavouer Christiane Taubira. Telle est la méthode sournoise de Manuel Valls qui feint de la jouer collectif au micro de RTL. Face aux caméras, le ministre de l’Intérieur reprend la thématique de Matignon du "vivre ensemble," mais pour mieux attaquer dans la pénombre par surprise. Il insiste lourdement sur la bonne harmonie gouvernementale avec Christiane Taubira, mais sur le nécessaire et logique "débat", lorsque le courrier du faux-cul est publique.

Pour preuve de cette franche camaraderie socialiste, lors de son passage matinal sur RTL, mercredi 14 août, Manuel Valls répète à quatorze reprises le mot "ensemble" pour tenter de convaincre qu’il travaille en concertation avec sa collègue de la Justice, au risque de produire l'effet inverse.
VOIR et ENTENDRE un florilège du matraquage du "vivre ensemble" socialiste:


Manuel Valls : avec Taubira on travaille... par LeLab_E1

Les deux ministres n’ont de cesse de se tirer dans les pattes

Apprenti-sorcier, François Hollande a jeté l'huile de Valls à l’Intérieur  sur le feu de Taubira à la Justice: un homme politique d'expérience aurait pu prévoir que son homme de droite ne ferait pas bon ménage avec sa ministre la plus à l'ouest.  
Le Monde fait d'ailleurs savoir que le premier flic de France est allé jusqu’à écrire directement à François Hollande pour court-circuiter sa collègue.

Interrogé sur RTL, l'ambitieux ministre tente de calmer le jeu:
"Nous travaillons ensemble, avec Christiane Taubira", assure-t-il, froidement. "Nos équipes ont travaillé ensemble. Il y a un débat, ces notes n'ont pas à être publiques, je le regrette. C'est la procédure normale", insiste-t-il, sans sourciller.

La veille, le document révélé par Le Monde faisait état d'une demande d'arbitrage à François Hollande face à de nombreux "désaccords" avec le projet de réforme pénale défendu par la garde des Sceaux. Sans grande retenue, Manuel Valls avait taclé sa consoeure qui lui avait à son tour répondu sur le même ton.


Après son dernier coup bas,
Valls, a néanmoins assuré vouloir continuer à collaborer avec sa collègue de la Justice, malgré leurs désaccords sur le futur projet de réforme pénale. Il a rappelé sur RTL que "la Justice et l’Intérieur doivent travailler ensemble au service des Français, "car nous ne cessons de le marteler, pour être efficaces, il faut que les forces de l'ordre et les magistrats travaillent ensemble." Et de se féliciter de la mise en place "des zones de sécurité prioritaire qui marchent à Amiens, en Seine-Saint-Denis, à Marseille ou à Grenoble", selon lui, et de la "communication en Conseil des ministres sur un sujet qui préoccupe nos compatriotes, c'est-à-dire la récidive".

"L'écart entre nos analyses demeure trop important"
Le projet de loi pénale, très attendu a pris un peu de retard. Christiane Taubira entend notamment limiter le recours à la prison, entre autres par l'introduction d'une "peine de probation". Ce qui n’est pas du goût de son "camarade" de la place Beauvau, qui s’en est ému directement au chef de l’Etat. "J'attire votre attention sur les désaccords mis en lumière par le travail interministériel (...) autour du projet de réforme pénale présenté par le ministère de la justice", a écrit le ministre dans une note adressée fin juillet à la présidence, révélée par Le Monde.

"Tant pour des raisons de méthode que de fond, l'écart entre nos analyses demeure trop important et appelle une clarification de nos orientations politiques", écrit le ministre, qui souhaite "que nous définissions collectivement les principes directeurs de cette réforme autant que les modalités de son déploiement".

Le texte "repose sur un socle de légitimité fragile"

A l’Elysée, on se refuse naturellement à tout commentaire... 
Jean-Marc Ayrault a lui, téléphoné à son ministre de l'Intérieur et va appeler sa ministre de la Justice. Dans l’entourage de Manuel Valls, on regrette que cette missive ait fuité dans la presse. "Il y a un projet de loi gouvernemental et des travaux préparatoires (…) Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que l'Intérieur exprime et ait sa ligne dans ce cadre", toujours selon l'entourage du ministre. 
Hyperactif cet été, Manuel Valls critique notamment l'automaticité de certaines réductions ou aménagements de peine, et juge que le texte "repose sur un socle de légitimité fragile". 
Il déplore enfin "le bref délai dans lequel est conduite la réflexion sur un projet de loi, techniquement dense et politiquement sensible", soulignant qu'il n'a été transmis à son cabinet que le 12 juillet. 
Taubira avait suivi la même méthode à propos de la réforme du code civil introduisant le marigage entre personnes du même sexe.


Taubira se déclare  "surprise"

"Rien d’étonnant", assure l’entourage du ministre de l’Intérieur, sauf pour la garde des Sceaux. "Je ne peux que m'étonner qu'un tel document ne m'ait pas été communiqué", s'est indignée la ministre dans le Monde, "d'autant qu'il comporte des propositions de réforme du droit de la peine, domaine qui ne ressort d'aucune façon aux compétences du ministre de l'intérieur." 
Christiane Taubira est "d'autant plus surprise" qu'elle a téléphoné à Manuel Valls le 29 juillet - soit quatre jours après l’envoi de la lettre - et qu'il ne lui en a pas soufflé mot. 
François Hollande, actuellement en vacances, va devoir trancher à son retour.

Vacance du PS qui banalise par la voix d'un député 

"Une phase comme il en existe avant chaque projet de loi"

Alors qu'Harlem Désir, le premier secrétaire du PS, continue de jouir de ses vacances, le président PS de la commission des lois de l'Assemblée nationale, Jean-Jacques Urvoas,  est l'un des rares socialistes qui osent commenter la brouille ce mercredi matin. Selon lui, "nous sommes dans une phase comme il en existe avant chaque projet de loi où des ministres qui défendent des points de vue ont besoin de formaliser leur désaccord momentané". Mais "ce qui fait polémique, c'est que quelqu'un a cru bon de le donner» à la presse, regrette-t-il sur France Inter. Par ailleurs, Jean-Jacques Urvoas assure souhaiter que la réforme pénale soit adoptée avant les municipales du printemps 2014, "parce que sinon cela serait considérer que la situation que nous connaissons aujourd'hui est satisfaisante".

Les juges du Syndicat de la Magistrature prennent parti pour Taubira

Tandis que le pompier-pyromane 
tente bien ce mercredi matin d'éteindre l'incendie allumé mardi
 par ses critiques de Christiane Taubira, les juges rouges du SM politisent clairement les heurts entre les belligérants.
"Valls veut poursuivre la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy", lance le Syndicat de la magistrature. "Il y a eu les discussions, la conférence de consensus", défend la présidente du Syndicat de la magistrature, Françoise Martres, après les critiques du ministre de l'Intérieur sur la méthode du projet de réforme. Et "il a parfaitement été associé à tous ces débats-là", soutient-elle contre Valls, sur RTL. "Il est temps que cette loi voit le jour, s'impatiente la syndicaliste. "Car tant qu'elle n'est pas modifiée, les magistrats continuent à appliquer [mais plutôt à interpréter] les lois sécuritaires de Nicolas Sarkozy. [...] C'est vrai que ce n'est pas simple de trancher entre deux politiques, une politique sécuritaire qui consiste à dire 'y'a que la prison comme solution, construisons de nouvelles prisons' et une politique qui consiste à dire que cette politique-là est un échec, mais c'est plus compliqué à expliquer [mais surtout à remplacer] et c'est certainement moins porteur électoralement [le souci du syndicat de la justice politique]. Il faut en conclure qu'il veut poursuivre la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy", accuse-t-elle à nouveau la mono-maniaque, en juge partisane. La même cautionne le "mur des cons" (lien). 

L'opposition

"La preuve que leur entente est un leurre", selon Michèle Alliot-Marie
Celle qui a exercé les deux fonctions de ministre de l’Intérieur et de la Justice, estime sur Europe 1 que cette dissonance est "un couac de plus dans la gestion gouvernementale! C’est la preuve que les opérations de communication qui tendaient à faire croire que l’un et l’autre s’entendaient bien ne sont qu’un leurre"
L'ancienne ministre fustige également "l'inexistence du Premier ministre" face à cette querelle Valls-Taubira

Concernant la
suppression des peines planchers pour les récidivistes et la multiplication des alternatives à la prison, Michèle Alliot-Marie affirme que "l’action de Taubira s’inscrit dans un esprit de revanche qui consiste à vouloir supprimer tout ce qui a été fait auparavant, même si cela commençait à donner des résultats. [...] Je pense que la sécurité des Français implique qu’il y ait une continuité dans l’action. Je sais que les socialistes sont complètement hermétiques à ce qu’est la réalité quotidienne de la délinquance. Lionel Jospin avait fini par reconnaître qu’ils étaient naïfs. On est dans la même chose. Pour les socialistes, il n’y a pas de faute individuelle, tout est de la faute de la société", déplore-t-elle encore.

Bruno Beschizza : "Valls et Taubira sont dans l'imposture".
 
Le secrétaire national de l'UMP, Bruno Beschizza, a fustigé «l’imposture» que jouent selon lui les ministres de l'Intérieur et de la Justice. Au micro de RTL, le conseiller régional d’Île-de-France regrette que cette dernière aille «voir des détenus jouer au basket» quand Manuel Valls «demande aux gendarmes et aux policiers de toujours mieux s’occuper des victimes, des délinquants et des voyous», accuse-t-il. François Hollande, quant à lui, «ne va pas trancher, car il a entretenu cette imposture. [...] Depuis un an, la gauche dit du Valls et fait du Taubira» et le président de la République «a fait ce choix, en conscience, de cultiver cette ambiguïté».

Christian Estrosi : "Valls est un ministre placebo" 
Invité d'i-télé, le député-maire UMP de Nice n'y est pas aller de main morte au sujet du ministre de l'Intérieur. "Il a d'abord cautionné et maintenant, face au désastre, il se dévoile", avait-il déjà accusé dans Le Figaro avant de le qualifier ce mercredi matin de "ministre placebo". 
Quant à François Hollande, "on le connaît le Président, il pratique la politique de l'autruche", lance-t-il au sujet d'une éventuelle réaction du chef de l'Etat.

Luc Chatel : "Ce nouveau couac est un résultat de la politique voulue par Hollande"
Selon l'ancien ministre ministre UMP de l'Éducation nationale, "Valls fait de la communication". Au fond, "ce nouveau couac entre Valls et Taubira est un résultat de la politique voulue par François Hollande: une répartition contradictoire des rôles", déplore-t-il sur BFMTV. "Le président de la République doit choisir son camp: ce n'est pas en relâchant les détenus qu'on obtiendra de meilleurs résultats. [...] Nous n'avons pas de politique pénale ferme mais du laxisme à tous les étages. Les chiffres de l'insécurité augmentent mois après mois", assure-t-il. Une politique qui fait le jeu de Marine Le Pen et du Front National.

VOIR et ENTENDRE Luc Chatel souligner que Valls est totalement dans la communication:

Alain Cadec ‏: "On atteint des sommets" 
Selon le député européen et conseiller général des Côtes d'Armor, "Taubira est un peu la nouvelle Ségolène. Elle est convaincu d'être investie d'une mission divine". Quant à Valls, "lui, est aveuglé par l'ambition", tweete Alain Cadec. "On atteint des sommets en matière de cohérence gouvernementale: pas de chef et des ministres qui s'étripent", insiste-t-il sur le réseau social.



SONDAGE. Trois quarts des Français estiment que la justice n'est pas assez sévère avec les mineurs

Selon un sondage Ifop pour Le Figaro, auquel une majorité de sympathisants de droite a répondu (les personnes se disant sympathisantes de l'UMP et du Front national représentent 39% des sondés), 62% des Français estiment que les peines ne sont pas assez sévères en matière de petite délinquance. Un score qui grimpe à 74% en ce qui concerne la justice des mineurs.

70% des Français estiment que la justice fonctionne mal et 72% considèrent que les moyens sont insuffisants. Les personnes interrogées semblent plutôt favorables aux alternatives à l'emprisonnement, comme le bracelet électronique (79% se déclarent pour), mais réclament également la construction de nouvelles prisons (81% plébiscitent cette mesure). 

La garde des Sceaux ne semblent pas pâtir des imperfections qui sont pourtant sous sa houlette depuis plus d'un an : 51% et 53% des sondés la jugent respectivement «compétente» et «juste».

(Sondage réalisé par l'Ifop pour Le Figaro. Etude réalisée du 8 au 13 août 2013 sur un échantillon de 1003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus).


Il ne se trouve bientôt plus d'élus de gauche à prétendre parler au nom des Français...