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samedi 29 mars 2014

Municipales de l'alternance: après la vague rose, la vague bleue

Ne pas reculer devant un vote sanction, 
malgré les épouvantails de la gauche

La gauche prend tous les moyens pour se maintenir dans les villes dimanche
Le désaveu infligé à la majorité devrait tourner à l'avantage de l'opposition, en position de reconquête d'une grosse centaine de villes. Ce sera sans la neutralité de la presse présidentielle qui assimile l'UMP au FN brandit comme épouvantail. 

D'abord dans le déni, l'exécutif assure enfin avoir entendu "l'avertissement" des électeurs. Mais ses réseaux assurent que les 16 millions qui n'ont pas voté au premier tour appartiendraient à la majorité. Après avoir promis le changement en mai 2012, il promet à nouveau d'oeuvrer au redressement du pays: en 2014, il irait plus vite, plus fort, "avec plus de cohérence et de justice". Une terminologie vidée de son sens en 22 mois, mais qui inquiète néanmoins au regard de la détermination du gouvernement socialo-écolo, à peine arrivé au pouvoir, à frapper vite et fort les contribuables et les entreprises. 

Au moment où le chômage enregistre une nouvelle hausse en France, les mécontents répandent l'idée d'un remaniement gouvernemental pourrait redonner la confiance dans l'après-municipales, un scrutin qui a agrégé les déçus du "hollandisme".

L'UMP entend transformer le "carton jaune" du 1er tour en "carton rouge"

Les conditions sont réunies pour lancer "la reconquête" jusqu'à la présidentielle de 2017. Le  signent une victoire à même de .  selon son président Jean-François Copé, .

Un succès assurerait au premier parti d'opposition et à ses alliés centristes un nombre déterminant de grands électeurs aux sénatoriales de septembre, puisque 178 sièges sont à renouveler. La droite pourrait ainsi reprendre le pouvoir à la haute assemblée et  le socialiste Jean-Pierre Bel ne s'y trompe pas, puisqu'il a annoncé son retrait de la présidence du Sénat, avant la fin de son mandat.

L'alternance ne réjouit pas tout le monde
La droite s'est fixée pour objectif de renverser le rapport de forces dans les quelque 1.100 communes de plus de 9.000 habitants contrôlées jusqu'à présent à 54,5% par la gauche.

Elle devrait réussir son pari, voire le pulvériser. Elle a déjà pris 29 villes à la gauche, une cinquantaine lui suffirait pour compléter l'équation,  une centaine, selon les analyses, pourrait lui échoir au final, pour peu que les électeurs de droite se rendent en masse aux urnes. A Marseille, le sénateur-maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin est assuré, sauf coup de théâtre, d'un quatrième mandat après le revers de Patrick Mennucci, symbole de la débâcle socialiste, arrivé troisième derrière le candidat FN.
"Il ne faudra pas tirer d'un bon résultat la conclusion que les Français plébiscitent dès à présent le projet de l'UMP", tempère toutefois en garde  François Fillon dans Le Figaro.

A Paris, la probabilité de victoire de Nathalie Kosciusko-Morizet est encore incertaine, bien qu'elle ait devancé sa rivale socialiste Anne Hidalgo au premier tour, car la gauche reste majoritaire en voix et en mesure de conserver les arrondissements-clés. 

La gauche au pouvoir profitera-t-elle au FN ? 

L'issue du scrutin s'annonce très serrée dans plusieurs grandes villes tenues par la gauche
, comme à Strasbourg, Metz, Toulouse, Saint-Étienne, Reims, Caen ou encore Amiens.

Le PS n'est pas parvenue sans accrocs à rassembler entre les deux tours. Elle a multiplié  les appels au "ressaisissement" à l'adresse des communistes, des écologistes et même de ses troupesconsidérant qu'ils sont responsables de l'abstention massive au premier tour.

L'exemple de Florange démontre un rejet du PS au profit du FN
Ville symbole des luttes ouvrières menées par la CFDT, proche du PS, Florange a rejeté le candidat socialiste au profit de l'UMP, dès le premier tour.  
Les espoirs de conquête sont minces: Avignon, Bourges, Bayonne, notamment.

Au-delà de la mobilisation, la question du report des voix du Front national sera déterminante, d'autant que le "front républicain" est défendu sans succès par le PS et que la stratégie du "ni, ni" (ni Front national ni Front républicain) à l'UMP ne favorise pas les enfumeurs.
"Le FN est plus que jamais l'arbitre du second tour entre le PS et l'UMP", résume Frédéric Dabi, directeur adjoint de l'IFOP.

Les conséquences de la proportionnelle 
Le scrutin de liste à deux tours avec représentation proportionnelle favorise une inflation de listes au second tour et des "fronts républicains" ne peuvent rien, après premier tour, à la poussée du FN: 986 triangulaires et 207 quadrangulaires, traditionnellement favorables à la gauche, et 16 pentagulaires auront lieu dans des communes de plus 1.000 habitants.
Dans les trois villes de France les plus peuplées, Paris, Lyon, Marseille, l'élection se fait par secteur électoral, en suivant les mêmes règles que pour les communes de plus de 1.000 habitants, où l'élection des conseillers municipaux se déroule au scrutin majoritaire plurinominal à deux tours, avec panachage.

Après avoir déjà fait élire 486 conseillers municipaux au premier tour, le FN, qui se maintient dans 329 villes, devrait atteindre aisément son objectif de dépasser les 1.000 élus.
Ses scores dans certaines villes "laissent potentiellement augurer des victoires" à Béziers, Saint-Gilles, Cogolin ou Fréjus par exemple, selon l'Ifop. Le FN caresse le même espoir à Brignoles, Forbach, Hayange, Villers-Cotterêts ou Beaucaire.
"Le FN-Rassemblement Bleu Marine est devenu une force de rassemblement de tous les Français", affirme Marine Le Pen, qui parle d'un "effet boule de neige" bouleversant la scène politique française.
Lien PaSiDupes: L’alliance DvD-FN qui vise à libérer Villeneuve-Saint-Georges : les grands moyens pour chasser l'extrême gauche

Les électeurs décideront qui -du FN ou du PCF- est le pire.

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