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jeudi 19 juillet 2012

RATP : Michel Sapin, du côté de la direction contre un syndicaliste

Le ministre du Travail licencie un syndicaliste

L'inspection du travail avait rejeté le licenciement de Mourad Ghazli, en pointe dans la dénonciation du scandale sexuel à la RATP. 
Mourad Ghazli a décidé de dénoncer ouvertement le système de "promotion canapé" de Gwenaël Eslan, syndicaliste puissant de la RATP.


C'est une lettre anonyme qui a mis le feu aux poudres : elle dénonçait le comportement d'un élu de l'UNSA-RATP qui échangeait des promotions contre des faveurs sexuelles. La missive mettait également en cause la passivité de la direction. Un an plus tard, le parquet de Paris vient de classer l'affaire, après une enquête "bâclée" selon l'avocat des plaignants. Depuis, les victimes ont saisi le doyen des juges d'instruction du pôle financier pour mener une enquête indépendante, loin du regard de l'épouse d'un ancien dirigeant de la RATP, magistrate au sein de ce même parquet.

C'est aujourd'hui un retour de bâton pour Mourad Ghazli, agent du GPSR (Groupe de protection et de sécurisation des réseaux), qui avait alors recueilli des témoignages de victimes pour les remettre à la justice. Estimant que l'agent de sécurité s'exprimait de manière "virulente" en "dénigrant" son entreprise, la direction de la RATP a saisi l'inspection du travail en décembre dernier pour demander le licenciement du syndicaliste trublion. Mais le bras de fer se durcit quand les émissions Envoyé spécial sur France 2 et Zone interdite sur M6 diffusent des reportages montrant l'envers du décor du service public des transports, avec Ghazli en témoin à visage découvert. Malgré les menaces de procès émanant de la RATP, les journalistes ne se laissent pas intimider, et Ghazli devient l'homme à abattre pour la régie.

La promotion "Voltaire" fonctionne-t-elle en mafia ? 

L'inspecteur du travail rend alors une décision motivée et accablante pour les équipes de Pierre Mongin, directeur de la RATP : "Le comportement même de l'employeur, qui refuse à l'autorité légitime (l'inspection du travail) de s'expliquer sur ces faits et n'a pas fait savoir à la collectivité des agents ni à ses représentants les actions menées dans ces matières, ne peut que nourrir une certaine suspicion et encourager les plus diverses spéculations." La direction de la RATP saisit alors le ministère du Travail, ultime recours pour licencier un salarié protégé, ici représentant syndical.

Les services du ministre Michel Sapin se sont finalement rangés du côté de la direction 
"L'autorisation de licenciement a été accordée parce qu'une enquête contradictoire a été menée. Elle a permis de constater que des propos virulents et injurieux ont été tenus sur un site internet qui ont dépassé le cadre de la liberté d'expression et ont porté atteinte à l'entreprise", ont-ils fait savoir au Point.fr. "Le cabinet du ministre n'a tenu aucun compte des griefs que j'ai soulevés. Pire, il s'est basé sur de faux documents sur lesquels une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet", s'insurge Mourad Ghazli, qui rappelle avoir dénoncé les faits de harcèlement sexuel bien avant l'ouverture de la procédure judiciaire, contrairement à ce qu'affirme le ministère du Travail.

Les services de Michel Sapin viennent donc d'être licencier le syndicaliste pour "abus de sa liberté d'expression". 

"C'est un comble, c'est la promotion Voltaire qui me fait taire", ironise, amer, Mourad Ghazli. 
Michel Sapin et Pierre Mongin sont en effet tous deux issus de l'ENA, promotion Voltaire... Tout comme François Hollande.

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