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lundi 29 juin 2015

Un rapport de la Cour des comptes met France Télévisions face à ses responsabilités

Certains abus viendront faire écran sur les dysfonctionnements de gestion

France Télévisions fait l'objet d'un 
volumineux rapport


Pfimlin et Carolis
Les magistrats de la Cour des Comptes n'y ont pas encore mis la dernière main qu'on annonce déjà des révélations à faire trembler les principaux acteurs.
A paraître  à la fin de l'été, dans deux à trois mois, leur enquête démarrée il y a plusieurs mois, vise les mandats de Patrick de Carolis et de Rémy Pflimlin. Elle devrait être rendue public même si la décision n'a pas été encore prise, explique-t-on rue Cambon, au siège de l'organisme, où l'on marche sur des oeufs à l'évocation de la secousse attendue. On a déjà compris que ce rapport promet des règlements de comptes: il est destiné à faire mal aux équipes sortantes.

Publié alors que Delphine Ernotte viendra tout juste de prendre officiellement ses fonctions, ce document comporterait certains éléments à caractère explosif

Outre un coup de projecteur sur la réalité des comptes de l'entreprise, gravement plombés !, les magistrats en charge de cette tâche mettraient notamment en cause les pratiques et l'éthique de certains responsables d'unités de programmes et de cadres dirigeants soupçonnés de conflits d'intérêts en liaison avec des producteurs. 

Une série de dérapages relevés dans les frais de conseils serait en outre mise au jour, ce qu'avait déjà relevé un autre magistrat, Renaud Van Ruymbeke, dans le cadre de l'affaire Bygmalion.


Détail du dossier : Hollande vient de faire nommer une amie à la Cour des Comptes

Nouveau changement à la Cour des Comptes: une ancienne de la promotion Voltaire, Claude Revel, qui arrive comme conseillère   en service extraordinaire. Ses émoluments s'élèveront à 15.000 euros nets par an par mois, avec absence complète de travail à fournir et disponibilité horaire totale pour… les loisirs.
Un tel traitement inhumain fait suite à une autre violence qui fut faite à l'intéressée: sa nomination, en 2013, en qualité de déléguée interministérielle, en remplacement d'Olivier Buquen qui avait pour seul tort d'avoir été nommé par Sarkozy. Déjà, à l'époque, ce traitement réservé à une "ex" de la Voltaire avait fait jaser et avait nourri le sentiment d'une politique de placement proche du népotisme.

Une fois de plus, on retrouve ici l'habitude acquise dans la fonction publique d'intervenir "politiquement» pour soutenir des amis en dehors de tout critère de compétence. Ce biais, caractéristique des petits marquis, est particulièrement fort pour la promotion Voltaire. 
Attendez-vous à ce que les mêmes réflexes gagne désormais la promotion Seddar Senghor (2004). C'est celle de Monsieur Najat Vallaud-Belkacem, Boris Vallaud, secrétaire général adjoint de la Présidence de la République, de Gaspard Gantzer, administrateur civil, conseiller communication du président de la République, François Hollande, ou d'Emmanuel Macron, ministre de l'Économie, ancien secrétaire général-adjoint de la présidence de la République.

Voir un conflit d'intérêts de Hollande
 dans la nomination de Claude Revel 
(épouse Francis Pinot-Périgord de Villechenon, fausse noblesse) serait pure malice que les sortis de France Télévisions vont sentir passer...

dimanche 28 juin 2015

Lyon: manifestation pacifiste interdite contre les taxis violents, au prétexte de Vigipirate

Tout est bon au pouvoir PS de donner tort aux UberPOP

Parti-pris et mauvaise foi gouvernent
Alexandre a le nez et
 le sinus maxillaire fracturés
Le mot d’ordre des plaignants était une manifestation pacifiste. Mais il a suffi que les conducteurs de taxi opposés à la concurrence d'UberPOP expriment leur hostilité en marge du cortège de Lyon jeudi pour que la préfecture applique l'interdiction du ministère de l'Intérieur. 
Les véhicules UberPop seront "systématiquement saisis" en cas de flagrant délit, a clamé le ministricule, 1m65, dressé sur ses ergots. Il a pourtant moqué l'ex-président sur… son physique, selon plusieurs socialistes présents sur place, dont Marie-Pierre de la Gontrie, vice-présidente de la région Ile-de-France : "J'ai un seul point commun avec Nicolas Sarkozy : je peux lui parler droit dans les yeux," aurait-il menti. Son repère mesure 1m68.
L'arrêté d'interdiction de l'activité d'UberPOP a été pris par le préfet de police de Paris quelques heures après que, jeudi matin depuis Marseille, Bernard Cazeneuve a annoncé avoir "donné instruction au préfet de Paris de prendre ce jour un arrêté interdisant l'activité UberPOP", compte tenu des troubles graves à l'ordre public et du développement de cette activité illégale". Cet arrêté vise "notamment les personnes utilisatrices des applications UberPOP, Heetch et Djump", précise un communiqué de la préfecture de police de Paris (PP).
Jeudi soir, le flou régnait parmi la chienlit.
Pour la CFDT, "la grève est levée". La CGT "n'appelle pas à de nouveaux blocages" et FO attend de consulter. Mais selon Ibrahima Sylla, de l'organisation Taxis de France, "les taxis restent Porte Maillot". "On n'est pas satisfaits, on nous prend pour des jambons", a lancé Dany, un chauffeur de 29 ans. Jambons-beurre !...

Les auteurs de violences ne sont pas ceux entravés par l'Etat-PS
Huit personnes avaient été interpellées dont trois chauffeurs. Or, de source policière, les interpellés pourraient être les agresseurs d’Alexandre, jeune homme violemment frappé au visage samedi soir dans le quartier de la Confluence. La jeune victime a eu le nez et le sinus maxillaire fracturés par des protégés de Hollande et Bernard Cazeneuve. 
"Il y a eu ce matin une altercation d’un soi-disant chauffeur UberPOP par six chauffeurs de taxi, qui en voyaient partout, explique une source policière. Ils ont secoué la voiture, craché dessus et ils ont été interpellés dans le cadre d’un contrôle d’identité. Dans le lot, trois pourraient correspondre aux enregistrements vidéo des suspects de l’agression".
Des vérifications notamment téléphoniques doivent notamment être effectuées. Les trois chauffeurs vont être auditionnés librement, avant d’être éventuellement placés en garde à vue.

Concernant les cinq autres interpellations, il s’agit de trois autres chauffeurs de taxi, conduits dans les locaux de la police, ainsi que deux conducteurs UberPOP, arrêtés pour exercice illégal de la profession de taxi, en dépit de textes flous, puisque la loi Thévenoud n'avait jamais permis jusqu'ici à un juge de condamner UberPop. Déterminé à complaire à Cazeneuve, le Préfet du Rhône a pris un arrêté jeudi dernier, interdisant ce type de transports. Ce qu'avec une belle constance, frisant l'abus de pouvoirs, le  zélé préfet avait déjà fait en février 2015 lorsqu’il était en fonction en Aquitaine. Il n'est pas nécessaire de faire tourner ce préfet de région en région pour que ses arrêtés pallient les déficiences législatives. Son arrêté n’est pas une première en France puisque des textes réglementaires similaires ont déjà été pris en Gironde, donc, dans le Bas-Rhin, le Nord, les Bouches-du-Rhône et la Loire-Atlantique. 

Le gouvernement condamne les violences des taxis agresseurs, mais sévit contre UberPop

Les taxis du groupe G7 et Les Taxis Bleus -détenus par la famille Rousselet proche du groupe Canal+ et du pouvoir PS- ont pu entamer un mouvement national illimité de protestation contre les applications de type UberPOP, le 25 juin, profitant que la CGT-Cheminot appelait elle-même à la grève ce jour-là. Or, selon Bernard Cazeneuve, 10 personnes ont dû être interpellées lors des violences entre CRS et taxis. Le ministre ajoute que 7 policiers ont été blessés et que 70 véhicules ont subi des dégradations. 

Or, le pouvoir prend le parti des chauffeurs de taxi qui ont frappé un client UberPop à Lyon

Emporté dans la spirale de leurs incohérences, Hollande, Valls et Cazeneuve refusent leur soutien aux victimes des gros bras forts en gueule. Un homme de 27 ans s'est pourtant fait agresser dans la nuit de samedi 20 au dimanche 21 juin et il souffre d'une fracture au nez (photo ci-dessus).

Bilan de la course: un nez fracturé et 21 jours d'ITT. Les brutors reprochaient à Alexandre Berlin, 27 ans, d'avoir fait appel à un conducteur UberPOP, au lieu d'un taxi. Alexandre a été agressé vers 2h30 du matin, dimanche 21 juin, dans le quartier de la Confluence, à Lyon. Un taxi aurait refusé de le conduire car il était "en grève", le jeune homme se serait alors rabattu sur un conducteur UberPOP. Selon la police lyonnaise, "il a été frappé au visage à coups de poings par des chauffeurs de taxi".
"Partagez ce post avec vos proches, pour qu'une telle violence gratuite ne se reproduise pas" (Alexandre Berlin)
"J'ai le nez et le sinus maxillaire fracturés. Je risque une paralysie de la partie gauche de mon visage", a résumé le jeune homme sur son profil Facebook. Un texte et une photo montrant ses blessures ont déjà partagés plus de 1.700 fois mardi 23 juin seulement 12 heures après la publication. Son statut dénonce cette violence.

Le préfet de la région Rhône-Alpes Michel Delpuech a interdit le rassemblement pacifique pro-Uber 
L'opinion doivent ignorer que les usagers sont du côté d'Uber. Les media à la botte ne rapportent que le point de vue des contre-manifestants. Agnès Saal, l'ex-présidente de l'INA ne voyageait-elle pas exclusivement avec les Taxis G7 ? Noël Mamère, qui fait croire qu'il se déplace à vélo dans Paris, utilisait-il une autre entreprise ? Ces sociétés proches du pouvoir vivaient largement sur le dos des contribuables de la République. Or, la colère des taxis est présentée comme légitime, alors que, taxis  perturbés dans leurs acquis d'un autre âge, ils se font justice eux-mêmes et tombent dans la violence.

L’appel au rassemblement lancé par le collectif pro-Uber "Cousin Hub" est muselé. Le pouvoir a reculé face à la menace d’une contre-manifestation des taxis et d'affrontements pour ce dimanche après-midi place Bellecour à LyonSur instruction du gouvernement, le préfet de la région, Michel Delpuech, 62 ans, a interdit les deux manifestations par arrêté préfectoral.
Il faut savoir que ce préfet Delpuech faisait partie de la célèbre promotion Voltaire, qui a notamment vu sortir le président  Hollande.

Et ses justifications sont fumeuses: le rassemblement serait susceptible de "provoquer de vives tensions et des débordements" dans le contexte Vigipirate niveau attentat en Rhône-Alpes, un plan qui vise à rassurer la population sans aucun pouvoir de protection. Laissant croire que des terroristes frapperaient deux fois au même endroit, le préfet raconte que les forces de l’ordre sont "prioritairement mobilisées sur cet enjeu de sécurité nationale."
Au final, les uns menacent et frappent, les autres sont condamnés au silence.

Cette décision en faveur d'entreprises notoirement socialistes met en évidence l'aveuglement d'un pouvoir partisan de copains et de coquins. Elle a eu le don d’agacer les utilisateurs d’UberPOP, qui s’en sont émus sur Facebook : " Honteux. Les taxis peuvent casser des voitures et bloquer les routes mais les Uber ne peuvent pas manifester paisiblement avec leurs clients." Ils promettent de remettre leur mobilisation à plus tard, pour s’opposer à l’arrêté préfectoral qui interdit UberPop.

Des tensions de plus en plus virulentes en France dans ce milieu mafieu. 
La corporation fermée des taxis juge en effet déloyale la nouvelle concurrence des VTC (voiture de transport avec chauffeur) et du service UberPOP. Ce dernier a de nombreux litiges avec les tribunaux et a été interdit dans de nombreuses villes, mais jamais condamné, puisque la loi Thévenoud n'est pas claire. L'application est donc toujours ouverte au téléchargement et de plus en plus de clients l'utilisent. Uber a même annoncé son implantation à Strasbourg, Nantes et Marseille. 
Les usagers plébiscitent en effet ce moyen de transport accessible au plus grand nombre, à la différence des taxis traditionnels, non seulement chers, mais désagréables en situation de monopole.

vendredi 12 septembre 2014

France Info casse les ventes du bouquin de Valérie Trierweiler

voici les sept révélations utiles à connaître 
pour éviter une dépense inutile...

"Merci pour ce moment" ..et l'économie !
 

Francetv info a sélectionné sept points qui font mouche dans le livre de Valérie Trierweiler. L'ex-concubine officielle répudiée n'épargne ni le chef de l'Etat, ni quelques autres acteurs politiques. Que n'a-t-on encore lu partout ? Voici sept coups de pinceau du portrait au vitriol.

Hollande et "le permis de tuer"

Le moment. Pendant la campagne législative de juin 2012, Valérie Trierweiler envoie un tweet de soutien à Olivier Falorni alors qu'il maintient sa candidature contre Ségolène Royal, parachutée dans la 1ère circonscription de Charente-Maritime.
"Je dois essuyer les rappels à l'ordre de tous les hauts personnages de l'Etat et des ténors du PS. C'est à qui aura la petite phrase la plus dure à mon égard : Jean-Marc Ayrault, Claude Bartolone, Martine Aubry, François Rebsamen et j'en oublie. Je connais le jeu politique. J'ai été quinze ans journaliste dans ce domaine. Je sais qu'aucun d'entre eux ne se serait permis ces attaques sans l'aval de François. L'une de mes amies dira plus tard cette phrase terrible : 'C'est Hollande lui-même qui a délivré le permis de tuer'."

"Hollande et "la solidarité de machos"



Le moment. Après son élection, en mai 2012, François Hollande constitue son premier gouvernement, dirigé par Jean-Marc Ayrault.
"Je me contente de suggérer un nom [de ministre] qui ne sera pas retenu. Il s'agit de Valérie Toranian (ci-contre avec le journaliste partisan de Hollande), directrice du magazine 'Elle' pour le ministère des Droits des femmes. Je la connais peu, mais je trouve que cela aurait eu du sens et de l'allure, une nouvelle Françoise Giroud. François me répond : 'Je ne peux pas faire ça à Giesbert.' 
Franz-Olivier Giesbert, alors directeur du 'Point', est le compagnon de Valérie Toranian. Dans l'esprit de François, qui connaît le problème pour l'avoir vécu, FOG aurait forcément vécu la promotion de sa compagne comme un camouflet personnel. Solidarité de machos."


Hollande et "le prix des choses"

Le moment. Sous le quinquennat Sarkozy, François Hollande travaille à sa candidature "dans la plus grande discrétion". 

"Je veux qu'il connaisse la réalité quotidienne qu'affronte une partie des Français, ceux qui comptent chaque euro et ne savent jamais comment finir le mois. Lui qui préfère se passer d'un repas lorsque ce n'est pas du premier choix, ne mange pas mes fraises si elles ne sont pas des 'garriguettes', ne goûte pas aux pommes de terre si elles ne proviennent pas de 'Noirmoutier' et met directement à la poubelle la viande si elle est sous vide. Il connaît si peu le prix des choses. (...) Il n'est pas flambeur pour autant. Son apparence d'ailleurs lui importe peu. Il est capable d'acheter ses chemises et ses chaussures dans les hypermarchés."


Hollande et la promotion Voltaire

Le moment. La vie à l'Elysée. "Je ne reconnais pas le François que j'ai aimé passionnément dans
l'homme qui traite désormais ses collaborateurs avec mépris, après m'avoir réservé le même traitement. Je l'ai vu se déshumaniser, jour après jour, sous le poids des responsabilités (...). Se prendre pour un seigneur. 

Comme lors de ce dîner avec sa garde rapprochée de la promotion Voltaire, cela m'avait frappée : trente ans qu'ils attendaient le pouvoir. Ils l'avaient enfin et se considéraient comme des demi-dieux, pleins d'arrogance."


Cahuzac face à Marine Le Pen

Le moment. Avant l'élection de François Hollande à l'Elysée. "J'anime alors une émission politique sur Direct8 et j'assiste stupéfaite à un numéro de Jérôme Cahuzac face à Marine Le Pen. Mon équipe et moi en sommes choqués : député socialiste, il se comporte devant elle comme un adolescent devant une star d'Hollywood, avec une déférence totale. Quelque chose ne colle pas. Et quand Médiapart révèle que son compte en Suisse avait été ouvert par un ami de sa famille, un avocat d'extrême droite proche de Marine le Pen, les pièces du puzzle s'emboîtent."


Le couple Sarkozy et "les horreurs" du net

Le moment. La passation de pouvoirs entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. "Nicolas Sarkozy explique [à François Hollande] combien cette période a été douloureuse pour Carla, qui a mal vécu la médiatisation à outrance et les médisances. Il lui confie avoir été obligé de recourir à des sociétés spécialisées pour 'faire monter' dans les algorithmes des moteurs de recherche les articles et les références honorables, pour cacher les horreurs qui circulent sur le Net, afin que sa femme ne tombe pas dessus."


Valls et Moscovici "aux abonnés absents"

Le moment. Valérie Trierweiler est hospitalisée, après la publication par Closer des photos de François Hollande au pied de l'appartement de Julie Gayet, en janvier 2014. "De l'Elysée, je ne reçois que trois messages de conseillers. Tous les autres sont aux abris. Je suis déjà traitée comme une paria. Au gouvernement, seulement quatre ministres osent m'adresser un mot d'amitié : Aurélie Filippetti (et non Montebourg), Yamina Benguigui (et non Anne Hidalgo), Benoît Hamon (et non Martine Aubry) et Pascal Canfin (et non Cécile Duflot). Ceux que je connais le mieux sont aux abonnés absents. Leur silence sera plus criant encore lorsque je lirai les messages venus de l'autre camp, de Claude Chirac, de Carla Bruni-Sarkozy, de Cécilia Attias, de Jean-Luc Mélenchon, d'Alain Delon et de tant d'autres.

(...) En moins d'une semaine, (...) je vérifie l'étendue du cynisme du petit monde des amis politiques, des conseillers et des courtisans. Manuel Valls et Pierre Moscovici, dont on me disait si proche, n'ont pas dû se souvenir de mon numéro de téléphone."


mardi 1 juillet 2014

Hollande place une ancienne de la promotion Voltaire (ENA) à la tête du cinéma français

Frédérique Bredin, compétente ou proche de la majorité ?

Frédérique Bredin remplace Éric Garandeau à la tête du Centre national de la cinématographie et de l'image animée. 


Cette nomination en conseil des ministres ce matin confirme les rumeurs qui ne cessaient de courir depuis le festival de Cannes. Il faut dire que malgré "une loyauté" reconnue, les relations entre Eric Garandeau nommé par Nicolas Sarkozy et Aurélie Filippetti n'était pas des plus chaleureuses. L'hommage de la ministre de la Culture est pour le moins sobre: "Éric Garandeau a mené à bien d'importantes réformes pour les secteurs cinématographique et de la production audiovisuelle. Il a su gérer avec engagement l'ensemble des dispositifs de soutien et de régulation correspondant à ces domaines d'activités", assure le communiqué laconique de la rue de Valois.

Le gouvernement a donc choisi tout à la fois de nommer une femme proche de la majorité [maire PS de Fécamp, issue de la promotion ...Voltaire de l'ENA, (celle de Hollande et Royal ou Jouyet et Sapin, etc) une fille de... l'ancien responsable du MRG, Jean-Denis Bredin], mais aussi un bon connaisseur des dossiers de l'audiovisuel et de la communication [puisqu'ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports en 1991-1993]. 
À ce titre, son nom avait déjà circulé, fin 2012, pour entrer en tant que sage, au Conseil supérieur de l'audiovisuel. En effet, quoique ministre de la Jeunesse et des Sports, Frédérique Bredin (1956) avait également été conseillère cinéma de François Mitterrand (1986-1988) avant de s'occuper de la culture pour le Parti socialiste dans les années 1990. Député européen entre 1994 et 1996, elle rejoint le groupe Lagardère en 2000. Elle y occupa successivement les fonctions de directeur de la stratégie et du développement du groupe Lagardère Médias, puis de directeur des nouveaux marchés de Hachette Filipacchi Médias jusqu'en 2009. Date à laquelle cette énarque aujourd'hui âgée de 57 ans a retrouvé l'inspection des Finances, son corps d'origine.

Nomination proposée à Hollande par Aurélie Filippetti

Une carte de visite non négligeable aujourd'hui dans la mesure où le CNC est régulièrement visé par les services de Bercy et une partie des députés qui contestent l'autonomie financière de l'une des directions les plus stratégiques du ministère de la Culture et de la Communication, et réclament une réforme en profondeur du système de financement du cinéma en France et plus particulièrement une révision de son budget annuel.

Dans un rapport sorti le 18 juin dernier - le rapport Queyranne - les services de Bercy préconisaient à ce titre de ramener le budget du CNC de 700 à 550 millions d'euros, c'est-à-dire le niveau de 2008. Autant dire que la nouvelle directrice générale du CNC va devoir batailler dur si elle souhaite conserver l'aisance financière de l'institution qu'elle dirigera à l'avenir.

Sa nomination proposée par Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture et de la Communication, et largement adoubée par l'Élysée intervient alors que la Commission européenne s'apprête à clore demain sa première consultation sur les aides d'État à la culture afin de juger si ces dernières sont compatibles avec le droit européen de la concurrence. À cette occasion, une lettre commune de tous les ministres de la Culture européens devrait être adressée à José Manuel Barroso, le président de la commission européenne. Une mobilisation qui en dit long sur l'état d'esprit des instances européennes en matière d'exception culturelle.

En 2011, elle renoua avec la vie politique pour soutenir Arnaud Montebourg dans sa campagne pour la primaire à l'investiture socialiste pour l’élection présidentielle.

dimanche 8 juin 2014

Le jacobinisme du locataire "corrézien" de l'Élysée

François Hollande, président "hors sol" ? 
Le Rouennais, fils de médecin ORL proche de Jean-Louis Tixier-Vignancour et de l’OAS, 
candidat battu d'une liste d'extrême droite aux municipales de Rouen en 1959 et de Bois-Guillaume en 1965, est décrit comme "Corrézien,"
 
bien que parachuté en 1981, à l'âge de 33 ans. L'accusation de jacobinisme qui lui colle à la peau ne se justifie donc par aucun de ces éléments jusqu'à ce qu'il fasse carrière à Paris, à commencer par des études à l'ENA. Technocrate de formation, donc, il choisit l'administration comme auditeur à la Cour des Comptes et comme maître de conférences (en économie pendant dix ans !) à l'IEP de Paris, à cent lieues des réalités de la vraie vie.
 
Son cas s'aggrave encore lorsqu'il devient directeur de cabinet des deux porte-parole successifs du troisième gouvernement de Pierre Mauroy: Max Gallo et Roland Dumas, pendant seulement deux ans (1983-1984). Il y prend définitivement le goût pour la bureaucratie et la centralisation et réussit à pantoufler pendant onze années comme premier secrétaire du Parti socialiste (1997- 2008).

Jacobin, assurément, si on réalise qu'il ne parvient à être maire de Tulle qu'à 47 ans, en 2001, et président du Conseil général de Corrèze, à 54 ans, en 2008, alors que sa concubine vient déjà d'être candidate, certes battue, du PS à la présidentielle.

Depuis, la population n'en peut plus de ce parisien

Le maire de Tulle était  conseiller de François Hollande, mais il le reconnaît que  "les gens me disent qu'ils ne sont pas très contents. Ici, ils sont encore dans la confiance, ils espèrent que les choix du Président seront les bons. Ils n'en ont pas la preuve, pas l'assurance", confie Bernard Combes. La déception corrézienne se devine sur les marchés que François Hollande a arpentés pendant des années. Janine Picard connaît bien le chef de l'État. Elle a été son adjointe aux affaires sociales à la mairie. "Il a comme d'habitude un défaut, il ne sait pas taper sur la table." A 75 ans, elle  ajoute immédiatement : "On ne peut pas être satisfait de sa politique. Les impôts augmentent, le smic, lui, n'augmente pas, les retraites non plus. Le chômage ne baisse pas, les gens peinent, c'est terrible", s'inquiète celle qui était élue sous l'étiquette PC.

Son faible intérêt pour les territoires ne l'empêcha pas de prendre un engagement

Dans un entretien du 14 avril 2012 avec le JDD, François Hollande avait précisé que l'été [2012] serait notamment le temps des réformes territoriales et, le 31 juillet, Jean-Marc Ayrault avait confirmé l'abrogation du conseiller territorial dès l'automne, mais la loi n'a finalement été adopté qu'en avril 2013, un an plus tard.

La réforme territoriale lancée par le chef de l'État continue de susciter beaucoup de critiques. 
Car on peut le taxer de clientélisme ! Son découpage des régions préserve quelques grandes baronnies socialistes historiques (Nord-Pas-de-Calais, Aquitaine, Bretagne, Ile-de-France) et en favorise de nouvelles à la faveur de regroupements (Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, Bourgogne et Franche-Comté). Si il ne doit rester que quatorze régions, à en croire Valls, la socialie s'en réserve donc les deux-tiers, avec encore l'Auvergne (PS) et le Rhône-Alpes (PS), Poitou-Charentes (PS), Centre (PS) et Limousin, ou Picardie (PS) et Champagne-Ardenne (DvG).

Son favoritisme envers ses condisciples de la promotion Voltaire à l'ENA se vérifie

Le parisien François Hollande sacrifie ses amis Corréziens au profit des technocrates. Le président de la région Centre est un proche de Michel Sapin, un ami fidèle de Hollande et, comme lui, énarque de la promotion Voltaire, sorte de réseau organisé d'entraide. Alors, rayer la Corrèze d'un trait de plume en  l'intégrant au magma informe Centre-Poitou-Charentes-Limousin provoque des hauts-le-coeur au très fidèle Bernard Combes, maire de Tulle. Selon La Montagne, ce gardien local de la hollandie a laissé filtrer sa "déception, en tant qu'élu libre, sur la manière dont la Corrèze est considérée dans cette réforme". Et celui qui suit François Hollande depuis des années comme un toutou, puisqu'il lui doit tout, ne décolère pas que la Corrèze soit rattachée à cette "grande région imprécise et improbable, sans entité ni identité". Et Bernard Combes défend une inclination géographique naturelle pour un rattachement à l'Aquitaine et prêche dans le désert étatique.
 
Dans la boue des tranchées

François Hollande peut se voir d'autant moins aisément réformiste et progressiste qu'il n'est pas un homme de racines. Abandonnant volontiers leur habit présidentiel pour plonger les deux pieds dans la boue, la proximité terrienne de De Gaulle et surtout après lui Pompidou, Giscard et Chirac était profonde et convaincante. En revanche, Hollande craint toujours de crotter ses souliers vernis.
 
Avec  François Hollande, l'Élysée abrite un nouveau type d'hôte : le président "hors sol". Né dans la banlieue de Rouen, élu en Corrèze, Hollande ne fait qu'y passer, y cultivant de grandes et sincères affections, mais sans y développer d'attaches réelles. Pas même à Tulle, où il dormait dans une petite chambre au-dessus de sa permanence, en passant, et où il se rend désormais en Falcon.

Georges Pompidou doit se retourner dans sa tombe de voir son cher Cantal désormais artificiellement rattaché à la lointaine métropole lyonnaise. "Le Cantal sera-t-il à la réforme territoriale ce que le dindon est à la farce ?" s'interroge La Montagne, sachant que le territoire ne représentera plus que 2 % de la population de l'entité Rhône-Alpes-Auvergne et sera situé le plus à l'ouest de cette grande région: Aurillac est à 3 heures 45 minutes de Lyon et à 321,00 km par la route." Que pèsera un collège de 120 élèves ? poursuit le quotidien régional. Quel poids aura le Lioran face à Val-d'Isère, Tignes, Les Arcs ou les stations des Trois-Vallées à l'heure de définir des investissements jusque-là accompagnés par un conseil général du Cantal appelé à disparaître ? Que deviendront des chantiers comme celui de la RD 120 pour ouvrir le département vers Brive ? Qui portera la destination Cantal comme politique touristique ?"

L'acte III de la décentralisation décidé à Paris

Certains justifient la méthode, contestée,  de Hollande, assurant que,  pour imposer cette réforme, le président devait refuser le temps du dialogue sur un sujet aussi profondément humain et sensible, car la concertation l'aurait renvoyée à plus tard. Or, l'impuissance économique de Hollande ne pouvait souffrir un nouveau rétropédalage: après le sociétal, c'est l'humain qui pâtit donc du socialisme aux manettes à tous les niveaux du mille-feuille administratif.  
La plupart des grands barons locaux, par exemple, le président du Conseil général du Haut-Rhin, Charles Buttner, UMP,  très remonté contre cette réforme, reconnaissent que la France a besoin de se doter de régions plus peuplées et plus puissantes afin qu'elles concurrencent leurs voisines européennes dans la bataille économique. Mais pour être respectée et assimilée, toute réforme doit être acceptée de la population et Hollande lui impose d'en haut par la loi, comme a menacé Valls, et de Paris. 

Mais le volet le plus spectaculaire de l'acte III de la décentralisation s'est paradoxalement décidé dans le bureau du président, au coeur de Paris, sans même un coup de fil aux présidents de régions alliés.  
Durant la campagne présidentielle, les observateurs politiques parisiens vendait leur candidat en "Corrézien" normal. Mais contre le bien-fondé des accusations de "centralisme démocratique"  léniniste   hollandien, l'Elysée va devoir solliciter la nomenklatura pour le décryptage de nouveaux clichés du président "normal"  sur le marché de Tulle: mission,  démontrer que c'est du Hollande-bashing de le taxer de jacobin !

vendredi 23 mai 2014

Hollande place son ancien secrétaire général de l'Elysée à la tête de la Caisse des Dépôts

Le clan Hollande noyaute l'Etat

Pierre-René Lemas entre dans le jeu de chaises musicales

Il remplace Jean-Pierre Jouyet (2012-2014), devenu lui-même secrétaire général de l'Elysée...
Le gouvernement a officiellement nommé Pierre-René Lemas au poste de directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), d'après le compte-rendu du Conseil des ministres. 
Il remplace Jean-Pierre Jouyet, feu-follet de 60 ans qui ne reste jamais plus de trois ans en place. Il a servi J. Delors et L. Jospin, mais aussi N. Sarkozy, et a fait des passages éclairs à la tête de l'AMF, de la CDC et de la BPI.

Pierre-René Lemas, 63 ans, était auparavant secrétaire général de l'Elysée depuis le début du quinquennat. Il a été remplacé par... Jean-Pierre Jouyet ! Ce chassé-croisé entre deux proches du président, François Hollande a été critiqué par l'opposition et certains syndicats de la CDC. "En quoi nommer un haut fonctionnaire parfaitement compétent serait une entorse à la République exemplaire?", s'était défendu l'entourage du président.

La promotion Voltaire de l'ENA, 1980, infiltrée partout

Au gouvernement: Michel Sapin, promu ministre des Finances bien qu'incapable de maîtriser le chômage à son précédent poste de ministre du Travail et de l'Emploi, et Marie-Ségolène Royal, ex-concubine et nouvelle ministre de l’Écologie;

A l'Elysée: 
Sylvie Hubac, directrice du cabinet du président de la République française depuis le 15 mai 2012; Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Élysée (avril 2014-); Pierre-René Lemas, secrétaire général de l’Élysée (mai 2012-avril 2014).

Dans la haute fonction publique
D'autres hauts fonctionnaires estampillés 'Voltaire' ont suivi des parcours balisés et obtenu des postes en vue, comme Pierre-Yves Duwoye, directeur de cabinet du ministre de l'Éducation nationale Vincent Peillon, et l'ex-sarkozyste Dov Zerah, qui dirige l'Agence française de développement, où a aussi officié une autre 'Voltaire', Louise Avon.

Sa garde rapprochée

Pour la carte éléctorale:
Bruno Le Roux, chef des godillots du PS à l'Assemblée;
Un professeur d'économie en collège agricole (avec un BTS agricole) passé directement chargé de cours à l'Université de Nantes (avec un DEA d'économie offert par l'université de ...Nantes (1988), Stéphane Le Foll, directeur du cabinet de Hollande, premier secrétaire du PS (1997-2008), puis ministre de l'Agriculture (2012) et porte-parole;
Pour l'organisation des meetings, Kader Arif (Toulouse) et secrétaire d'Etat aux Anciens combattants: il a été maintenu à ce poste en dépit de son énorme bourde avec l'annonce prématurée de la libération des Français enlevés au Cameroun;
Sa petite plume, Olivier Faure;
Faouzi Lamdaoui, son homme à tout faire. 

Ses proches collaborateurs
L’homme-clé de la communication hollandaise, Robert Zarader faisait déjà la campagne du PS lors des difficiles législatives de 2002 avec Grégoire Biasini et Antoine Boulay. Cet économiste est un ami de Julien Dray, à leur période SOS Racisme. 
Gérard Le Gall a retrouvé une bonne part de ses anciennes prérogatives pour la partie enquête et sondages. Pour étoffer le tout, des journalistes ont été intégrés à la cellule com, tel Claude Sérillon, en partance. Enfin, c'est le battu bordelais, Vincent Feltesse, qui est à la manœuvre dans la bataille du Net,avec Ariane Vincent, l’ex-chargée de com de la LICRA et le fils du président, Thomas Hollande, beaucoup plus présent au côté de papa qu’il n'a bien voulu l'admettre.

Ses barons en région
Le plus précoce aura été le maire de Quimper Bernard Poignant, sanctionné aux municipales 2014 pour son intimité avec le président, comme conseiller "bénévole" à l'Élysée. 
Le plus constant est peut-être le franc-maçon François Rebsamen, un partisan du cumul des mandats réduit au silence avec un porte-feuille de ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social en avril 2014 qui lui impose de renoncer renoncer au poste de maire de Dijon.
Le président du conseil général de l’Isère, André Vallini, avec peu d'affinités pour Martine Aubry, a été récompensé en 2014 d'un secrétariat d'Etat à la Réforme territoriale pour sa démission du bureau national suite à un savon public de l'amère de Lille.
L’Aquitain Alain Rousset s'est déterminé par rejet de la maire de Lille, alors première secrétaire.
A Lyon, Gérard Collomb se fait de plus en plus critique et, à Marseille, Patrick Mennucci, a été éliminé aux dernières municipales, comme un malpropre.  

Deux chefs de file PS au Parlement
Venu de l'Assemblée, le Nantais Jean-Marc Ayrault s'est épuisé à Matignon, avec détermination et sérénité, avant de se faire écarter par Manuel Valls. 
Au SénatJean-Pierre Bel, sénateur à la suite de son beau-père, Robert Naudi, président du Conseil général de l'Ariège, a montré ses limites et annoncé son jet de l'éponge pour septembre 2014.

Les Voltaire qui n'ont pas abandonné le privé pour Hollande

Les au revoir qui sont des adieux
Frédérique Bredin a été député-maire de Fécamp et ministre des Sports de Mitterrand (1991-1993), avant de rejoindre le groupe Lagardère. 
Jean-Marie Cambacérès, ex-député PS du Gard, s'est reconverti dans le privé chez Transasia Airways. 
Proche de Laurent Fabius, Yvon Robert a pantouflé à la mairie du Grand-Quevilly. 
La conseillère d'État Marie-Françoise Bechtelfugace directrice de l'ENA passée par les cabinets de Jean-Pierre Chevènement et de Michel Vauzelle, vient d'être élue députée de l'Aisne.

Des analystes ont pointé quelques déroutes spectaculaires de la promotion Voltaire
Ainsi, celle du Crédit Lyonnais dirigé par Jean-Yves Haberer ou de Vivendi dirigée par Jean-Marie Messier
Avec l'accession de la génération Hollande au pouvoir, il est désormais permis de tirer une règle générale d’incompétence de ces hauts fonctionnaires généralistes dans la gestion d’activités non seulement privées mais aussi publiques.