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mardi 1 juillet 2014

Hollande place une ancienne de la promotion Voltaire (ENA) à la tête du cinéma français

Frédérique Bredin, compétente ou proche de la majorité ?

Frédérique Bredin remplace Éric Garandeau à la tête du Centre national de la cinématographie et de l'image animée. 


Cette nomination en conseil des ministres ce matin confirme les rumeurs qui ne cessaient de courir depuis le festival de Cannes. Il faut dire que malgré "une loyauté" reconnue, les relations entre Eric Garandeau nommé par Nicolas Sarkozy et Aurélie Filippetti n'était pas des plus chaleureuses. L'hommage de la ministre de la Culture est pour le moins sobre: "Éric Garandeau a mené à bien d'importantes réformes pour les secteurs cinématographique et de la production audiovisuelle. Il a su gérer avec engagement l'ensemble des dispositifs de soutien et de régulation correspondant à ces domaines d'activités", assure le communiqué laconique de la rue de Valois.

Le gouvernement a donc choisi tout à la fois de nommer une femme proche de la majorité [maire PS de Fécamp, issue de la promotion ...Voltaire de l'ENA, (celle de Hollande et Royal ou Jouyet et Sapin, etc) une fille de... l'ancien responsable du MRG, Jean-Denis Bredin], mais aussi un bon connaisseur des dossiers de l'audiovisuel et de la communication [puisqu'ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports en 1991-1993]. 
À ce titre, son nom avait déjà circulé, fin 2012, pour entrer en tant que sage, au Conseil supérieur de l'audiovisuel. En effet, quoique ministre de la Jeunesse et des Sports, Frédérique Bredin (1956) avait également été conseillère cinéma de François Mitterrand (1986-1988) avant de s'occuper de la culture pour le Parti socialiste dans les années 1990. Député européen entre 1994 et 1996, elle rejoint le groupe Lagardère en 2000. Elle y occupa successivement les fonctions de directeur de la stratégie et du développement du groupe Lagardère Médias, puis de directeur des nouveaux marchés de Hachette Filipacchi Médias jusqu'en 2009. Date à laquelle cette énarque aujourd'hui âgée de 57 ans a retrouvé l'inspection des Finances, son corps d'origine.

Nomination proposée à Hollande par Aurélie Filippetti

Une carte de visite non négligeable aujourd'hui dans la mesure où le CNC est régulièrement visé par les services de Bercy et une partie des députés qui contestent l'autonomie financière de l'une des directions les plus stratégiques du ministère de la Culture et de la Communication, et réclament une réforme en profondeur du système de financement du cinéma en France et plus particulièrement une révision de son budget annuel.

Dans un rapport sorti le 18 juin dernier - le rapport Queyranne - les services de Bercy préconisaient à ce titre de ramener le budget du CNC de 700 à 550 millions d'euros, c'est-à-dire le niveau de 2008. Autant dire que la nouvelle directrice générale du CNC va devoir batailler dur si elle souhaite conserver l'aisance financière de l'institution qu'elle dirigera à l'avenir.

Sa nomination proposée par Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture et de la Communication, et largement adoubée par l'Élysée intervient alors que la Commission européenne s'apprête à clore demain sa première consultation sur les aides d'État à la culture afin de juger si ces dernières sont compatibles avec le droit européen de la concurrence. À cette occasion, une lettre commune de tous les ministres de la Culture européens devrait être adressée à José Manuel Barroso, le président de la commission européenne. Une mobilisation qui en dit long sur l'état d'esprit des instances européennes en matière d'exception culturelle.

En 2011, elle renoua avec la vie politique pour soutenir Arnaud Montebourg dans sa campagne pour la primaire à l'investiture socialiste pour l’élection présidentielle.

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