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jeudi 10 juillet 2014

Ministères discriminés: Hollande exprime ses préférences pour 2015

Les chouchous et les mal-aimés
Des baisses budgétaires en trompe-l'oeil et en attrape-couillons

Les dépenses des ministères français diminueront, nous assure le document d'orientation des finances publiques transmis mercredi par le gouvernement aux députés. Les godillots sont censés croire qu'en retirant aux uns pour donner aux autres, le gouvernement Valls réussirait à réduire la dépense publique de 1,8 milliard d'euros et les effectifs des ministères de 1.177 personnes en 2015. En supprimant un départ à la retraite sur deux ? Du déjà vu et décrié par la gauche en son temps...

Ce document détaille l'embrouille. Elle porte sur la contribution de 18 milliards d'euros de l'Etat au programme de 50 milliards d'économies sur 2015-2017 voté fin avril et le solde provenant de la Sécurité sociale (21 milliards) et des collectivités territoriales (11 milliards sous forme de baisse des dotations de l'Etat).

En revanche, cette austérité imposée par l'Etat ne diminuera pas la charge de la dette et pensions, ni les transferts aux collectivités et à l'Union européenne, de 1,8 milliard l'an prochain par rapport au niveau prévu dans la loi de finance initiale 2014 (201,9 milliards). La baisse annoncée serait de 2,1 milliards en 2016 et 2,3 milliards en 2017.

Cette baisse programmée est en outre à mettre au regard d'une hausse tendancielle de ces dépenses de l'ordre de six milliards d'euros par an en moyenne, souligne le ministère des Finances dans le document.

Les agences et opérateurs de l'Etat seront également mis à contribution sous la forme d'une baisse des plafonds des taxes affectées et de prélèvements sur leurs fonds de roulement, et ce à hauteur de 1,1 milliard d'euros en 2015.

Chacun fait des efforts, mais pour certaines c'est la diète

Frappes sur trois cibles: la Défense, l'Ecologie et Bercy 
Des abris anti-élyséens pour cinq privilégiés: l'Education nationale, la Recherche, la Justice, les Affaires sociales et l'Intérieur seront confortés conformément aux priorités affichées depuis le début du quinquennat.

"L'effort pour diminuer la dépense publique s'applique à tous les ministères", a insisté le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, mais certains seront pourtant mis à l'eau et au pain sec. "Les discussions avec le ministre du Budget ont concerné tous les ministres. Les lettres plafond sont les résultats de ces discussions et chacun fait des efforts", a-t-il assuré lors du compte rendu du conseil des ministres.

Hollande continue de créer des postes de fonctionnaires. S'agissant de 2015, 9.421 postes seront créés dans l'Education nationale, l'Enseignement supérieur et la Recherche, 600 à la Justice, 405 dans la police et la gendarmerie - les secteurs identifiés comme prioritaires. Un total de 10.426, à charge de plusieurs générations montantes...

A l'inverse, les militaires 7.500 seront supprimés dans la Défense, chiffre  à la louche conforme à la loi de programmation militaire, et plus de 2.500 (tout rond...) à Bercy (alors que les effectifs réels de ses ministères sont en fait indéterminés). Soit un gain comptable apparent de 10.000. 

Le document établit le solde global négatif à 1.177 (?) et établit un ordre de grandeur en le comparant à un effectif total de près de 2,5 millions d'employés dans la fonction publique d'Etat. Tend-il à démontrer que la réduction est donc insuffisante ou que la fonction publique reste un fardeau ? 
 
Des baisses qui daubent sur un avenir non maîtrisé 

C'est ainsi le cas d'une nouvelle baisse de courbe annoncée au ministère du Travail. Ni Montebourg, ex-redresseur productif de l'Industrie, ni Sapin, ex-ministre du Travail, n'est parvenu à redresser l'emploi et Frère François Rebsamen ne pourra faire mieux au ministère du chômage, car l'avenir reste incertain en France plus que dans aucun autre état-membre de L'Union européenne.
 
Le ministère du Travail sera également mis  à contribution (-1,6 milliard d'euros d'ici 2017) mais la baisse de ses moyens est hypothétique, puisque liée à l'amélioration espérée du marché de l'emploi pendant les années qui viennent: il faudrait qu'il permettre de diminuer les budgets alloués aux contrats aidés subventionnés.

Ce n'est qu'en apparence que la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, est parvenue à sauver son enveloppe budgétaire, car elle n'intègre pas la contribution à l'audiovisuel public.  Selon le document d'orientation, le financement des sociétés publiques de ce secteur devrait être intégralement assuré par la redevance à l'horizon 2017. En vérité, le gouvernement prévoit donc que la question de la publicité à la télévision soit à nouveau soulevée et arbitré dans le sens d'un allègement de la charge publique... Et le coût bientôt pérennisé de l'assurance-chômage des intermittents ?

Le ministère de l'Ecologie est amputé de 3% sans que bronchent Ségolène Royal ou Cécile Duflot ! Alors, comme ça, Valls peut donc toucher l'une sans faire bouger l'autre ? Il faut vraiment que l'écologie soit subalterne au PS pour que Hollande ait confié l'environnement à des femmes... 

Les godillots de l'Assemblée vont maintenant se livrer à une mascarade de débat.
Des lettres plafond ont été envoyées aux ministères sur la base du document d'orientation fixant l'évolution de leurs moyens sur la période 2015-2017, engageant donc la majorité suivante
Le faux débat sera bâclé mercredi après-midi à l'Assemblée. Mais les apparences seront sauves si les discussions durent tard dans la nuit...

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