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mardi 5 mai 2020

Le SNJ s'élève contre "Desinfox Coronavirus", la page de tri des sites "fiables" selon le gouvernement

La presse saisit le Conseil d'Etat contre le gouvernement et son offensive de sélection des media 

Le Syndicat national des journalistes demande que soit retirée du site du gouvernement la nouvelle rubrique 'Desinfox Coronavirus'

Macron installe la France - "pays des droits de l'Homme" -
au rang de "république bananière"
Ce site s'est en effet donné pour mission d'ostraciser certaines sources d'information, en dressant la liste verte des liens vers des articles "de media français luttant, contre la désinformation, dans le cadre de la crise sanitaire". Un nouveau pas vers le rétablissement d'un ministère de l’Information, de l'ORTF ?
Les journalistes dénoncent une "ingérence manifeste des autorités publiques dans la liberté de presse".

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a déposé lundi un recours devant le Conseil d'Etat. 
Il veut ainsi que le gouvernement supprime de son site la page "Desinfox Coronavirus" qu'il a créée pour lutter contre "la prolifération" de " fausses informations", selon lui, sur la crise sanitaire, a annoncé sur Twitter cette organisation syndicale professionnelle révolutionnaire syndiquant exclusivement les journalistes professionnels, membre fondateur de l'Union syndicale Solidaires, acronyme SUD (anciennement Groupe des Dix) et de la Fédération internationale des journalistes (FIJ).
Dans son référé-liberté (recours en urgence), le SNJ demande au juge d'enjoindre le Premier ministre à supprimer cette page et de "faire cesser immédiatement l'atteinte grave et manifestement illégale portée aux principes de pluralisme dans l'expression des opinions et de neutralité des autorités publiques".

Une nouvelle rubrique du site gouvernement.fr !
Mis en ligne fin avril, en catimini, il distingue des "mauvais", les "bons" liens vers des articles "de médias français luttant, dans le cadre de la crise sanitaire, contre la désinformation". Mais cette initiative a aussitôt suscité la polémique.
Les média qui ont l'agrément de Macron et que les démocrates boycottent depuis sont franceinfo, Libération, 20 Minutes, Le Monde et l'AFP (Agence France-Presse. 
Ils appartiennent, dans l'ordre, à France Télévisions, à Bruno Ledoux et Patrick Drahi (avec aussi BFM, ainsi que L'Expansion ou L'Etudiant du Groupe L'Express); au groupe SIPA-Ouest-France et au groupe Rossel, La Voix du Nord, le Courrier Picard et la chaîne régionale WEO; aux hommes d'affaires Xavier Niel et Matthieu Pigasse (avec aussi Télérama et Courrier international), ainsi que L'Obs, et l'agence de presse, largement financée par l'Etat, bien que n'étant pas une entreprise publique.
Selon La Voix du Nord, soutien du "centralisme démocratique", le gouvernement serait une victime:


La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a raconté ses salades.

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"Depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid-19, le gouvernement travaille à garantir à l'ensemble de nos concitoyens l'accès aux informations les plus fiables possibles, en temps réel", a affirmé la menteuse assumée, samedi. 
"Nous assistons à une prolifération, que je qualifierai d'inouïe, de fausses informations, (...) et qui peuvent entraîner des conséquences sanitaires lourdes", a-t-elle expliqué pour tenter de justifier la main mise de Macron sur la bien-pensance médiatique, ajoutant, sans garanties, que cette page scélérate a "vocation à être supprimée une fois la crise terminée".


Pour mémoire, VOIR et ENTENDRE qui sont les auteurs de de l'infox officielle, comment la doctrine officielle a changé et qui se fait porteur servile des nouveaux messages:






Levée de boucliers : l'Etat n'est pas l'arbitre de l'information"

Une trentaine de Sociétés des journalistes et Sociétés des rédacteurs a dénoncé l'opération d'une seule voix, estimant, dans un texte publié dimanche, que "l'Etat n'est pas l'arbitre de l'information" et qu'il "donne l'impression, dans un mélange des genres délétère, de labelliser la production de certains médias".

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Le SNJ dénonce une "ingérence manifeste des autorités publiques dans la liberté de presse", disant, dans son recours, ses craintes, notamment, que cette initiative introduise "dans l'esprit du lecteur de la suspicion quant aux relations entre la presse et le monde politique".

L'étranger s'émeut de cette dérive autoritaire de l'Elysée.

dimanche 8 juin 2014

Le jacobinisme du locataire "corrézien" de l'Élysée

François Hollande, président "hors sol" ? 
Le Rouennais, fils de médecin ORL proche de Jean-Louis Tixier-Vignancour et de l’OAS, 
candidat battu d'une liste d'extrême droite aux municipales de Rouen en 1959 et de Bois-Guillaume en 1965, est décrit comme "Corrézien,"
 
bien que parachuté en 1981, à l'âge de 33 ans. L'accusation de jacobinisme qui lui colle à la peau ne se justifie donc par aucun de ces éléments jusqu'à ce qu'il fasse carrière à Paris, à commencer par des études à l'ENA. Technocrate de formation, donc, il choisit l'administration comme auditeur à la Cour des Comptes et comme maître de conférences (en économie pendant dix ans !) à l'IEP de Paris, à cent lieues des réalités de la vraie vie.
 
Son cas s'aggrave encore lorsqu'il devient directeur de cabinet des deux porte-parole successifs du troisième gouvernement de Pierre Mauroy: Max Gallo et Roland Dumas, pendant seulement deux ans (1983-1984). Il y prend définitivement le goût pour la bureaucratie et la centralisation et réussit à pantoufler pendant onze années comme premier secrétaire du Parti socialiste (1997- 2008).

Jacobin, assurément, si on réalise qu'il ne parvient à être maire de Tulle qu'à 47 ans, en 2001, et président du Conseil général de Corrèze, à 54 ans, en 2008, alors que sa concubine vient déjà d'être candidate, certes battue, du PS à la présidentielle.

Depuis, la population n'en peut plus de ce parisien

Le maire de Tulle était  conseiller de François Hollande, mais il le reconnaît que  "les gens me disent qu'ils ne sont pas très contents. Ici, ils sont encore dans la confiance, ils espèrent que les choix du Président seront les bons. Ils n'en ont pas la preuve, pas l'assurance", confie Bernard Combes. La déception corrézienne se devine sur les marchés que François Hollande a arpentés pendant des années. Janine Picard connaît bien le chef de l'État. Elle a été son adjointe aux affaires sociales à la mairie. "Il a comme d'habitude un défaut, il ne sait pas taper sur la table." A 75 ans, elle  ajoute immédiatement : "On ne peut pas être satisfait de sa politique. Les impôts augmentent, le smic, lui, n'augmente pas, les retraites non plus. Le chômage ne baisse pas, les gens peinent, c'est terrible", s'inquiète celle qui était élue sous l'étiquette PC.

Son faible intérêt pour les territoires ne l'empêcha pas de prendre un engagement

Dans un entretien du 14 avril 2012 avec le JDD, François Hollande avait précisé que l'été [2012] serait notamment le temps des réformes territoriales et, le 31 juillet, Jean-Marc Ayrault avait confirmé l'abrogation du conseiller territorial dès l'automne, mais la loi n'a finalement été adopté qu'en avril 2013, un an plus tard.

La réforme territoriale lancée par le chef de l'État continue de susciter beaucoup de critiques. 
Car on peut le taxer de clientélisme ! Son découpage des régions préserve quelques grandes baronnies socialistes historiques (Nord-Pas-de-Calais, Aquitaine, Bretagne, Ile-de-France) et en favorise de nouvelles à la faveur de regroupements (Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, Bourgogne et Franche-Comté). Si il ne doit rester que quatorze régions, à en croire Valls, la socialie s'en réserve donc les deux-tiers, avec encore l'Auvergne (PS) et le Rhône-Alpes (PS), Poitou-Charentes (PS), Centre (PS) et Limousin, ou Picardie (PS) et Champagne-Ardenne (DvG).

Son favoritisme envers ses condisciples de la promotion Voltaire à l'ENA se vérifie

Le parisien François Hollande sacrifie ses amis Corréziens au profit des technocrates. Le président de la région Centre est un proche de Michel Sapin, un ami fidèle de Hollande et, comme lui, énarque de la promotion Voltaire, sorte de réseau organisé d'entraide. Alors, rayer la Corrèze d'un trait de plume en  l'intégrant au magma informe Centre-Poitou-Charentes-Limousin provoque des hauts-le-coeur au très fidèle Bernard Combes, maire de Tulle. Selon La Montagne, ce gardien local de la hollandie a laissé filtrer sa "déception, en tant qu'élu libre, sur la manière dont la Corrèze est considérée dans cette réforme". Et celui qui suit François Hollande depuis des années comme un toutou, puisqu'il lui doit tout, ne décolère pas que la Corrèze soit rattachée à cette "grande région imprécise et improbable, sans entité ni identité". Et Bernard Combes défend une inclination géographique naturelle pour un rattachement à l'Aquitaine et prêche dans le désert étatique.
 
Dans la boue des tranchées

François Hollande peut se voir d'autant moins aisément réformiste et progressiste qu'il n'est pas un homme de racines. Abandonnant volontiers leur habit présidentiel pour plonger les deux pieds dans la boue, la proximité terrienne de De Gaulle et surtout après lui Pompidou, Giscard et Chirac était profonde et convaincante. En revanche, Hollande craint toujours de crotter ses souliers vernis.
 
Avec  François Hollande, l'Élysée abrite un nouveau type d'hôte : le président "hors sol". Né dans la banlieue de Rouen, élu en Corrèze, Hollande ne fait qu'y passer, y cultivant de grandes et sincères affections, mais sans y développer d'attaches réelles. Pas même à Tulle, où il dormait dans une petite chambre au-dessus de sa permanence, en passant, et où il se rend désormais en Falcon.

Georges Pompidou doit se retourner dans sa tombe de voir son cher Cantal désormais artificiellement rattaché à la lointaine métropole lyonnaise. "Le Cantal sera-t-il à la réforme territoriale ce que le dindon est à la farce ?" s'interroge La Montagne, sachant que le territoire ne représentera plus que 2 % de la population de l'entité Rhône-Alpes-Auvergne et sera situé le plus à l'ouest de cette grande région: Aurillac est à 3 heures 45 minutes de Lyon et à 321,00 km par la route." Que pèsera un collège de 120 élèves ? poursuit le quotidien régional. Quel poids aura le Lioran face à Val-d'Isère, Tignes, Les Arcs ou les stations des Trois-Vallées à l'heure de définir des investissements jusque-là accompagnés par un conseil général du Cantal appelé à disparaître ? Que deviendront des chantiers comme celui de la RD 120 pour ouvrir le département vers Brive ? Qui portera la destination Cantal comme politique touristique ?"

L'acte III de la décentralisation décidé à Paris

Certains justifient la méthode, contestée,  de Hollande, assurant que,  pour imposer cette réforme, le président devait refuser le temps du dialogue sur un sujet aussi profondément humain et sensible, car la concertation l'aurait renvoyée à plus tard. Or, l'impuissance économique de Hollande ne pouvait souffrir un nouveau rétropédalage: après le sociétal, c'est l'humain qui pâtit donc du socialisme aux manettes à tous les niveaux du mille-feuille administratif.  
La plupart des grands barons locaux, par exemple, le président du Conseil général du Haut-Rhin, Charles Buttner, UMP,  très remonté contre cette réforme, reconnaissent que la France a besoin de se doter de régions plus peuplées et plus puissantes afin qu'elles concurrencent leurs voisines européennes dans la bataille économique. Mais pour être respectée et assimilée, toute réforme doit être acceptée de la population et Hollande lui impose d'en haut par la loi, comme a menacé Valls, et de Paris. 

Mais le volet le plus spectaculaire de l'acte III de la décentralisation s'est paradoxalement décidé dans le bureau du président, au coeur de Paris, sans même un coup de fil aux présidents de régions alliés.  
Durant la campagne présidentielle, les observateurs politiques parisiens vendait leur candidat en "Corrézien" normal. Mais contre le bien-fondé des accusations de "centralisme démocratique"  léniniste   hollandien, l'Elysée va devoir solliciter la nomenklatura pour le décryptage de nouveaux clichés du président "normal"  sur le marché de Tulle: mission,  démontrer que c'est du Hollande-bashing de le taxer de jacobin !

dimanche 26 janvier 2014

Hollande a fédéré 160.000 opposants en colère, dimanche à Paris

"Jour de colère" contre les impôts, le chômage et les atteintes à la famille

"Quelques milliers" de personnes 
(120.000 à 160.000) ont crié leur révolte ce dimanche
après-midi à Paris, aux cris de "Hollande démission", à l'appel du collectif informel "Jour de colère". 

Ce collectif indépendant des partis et des syndicats dérange les militants encartés et ne convient notamment pas à la presse subventionnée et partisane. Bien qu'elle serve de relais aux syndicats, collectifs et réseaux estampillés à gauche, cette presse-là stigmatise ce groupement d'une cinquantaine d'associations qu'il est facile de qualifier d' "hétéroclite", puisqu'à la différence des autres, il n'est pas soumis au "centralisme démocratique".


Le collectif se voit accusé en outre de menaces au président, si incompétent et imprévisible qu'il soit. Les media font d'ailleurs preuve d'une inconcevable indulgence lorsque Mélenchon traite les entrepreneurs de "salopards" et réclame à Bordeaux "qu'ils dégagent tous !", mais se choquent d'entendre l'intention des autonomes du jour de "le poursuivre dans la rue, avant de le chasser dans les urnes".


Le parcours a été imposé par la préfecture cette semaine,
 ce que dénonce le collectif sur son site. 
Plus de 26.000 personnes avaient annoncé leur participation sur Facebook. Les manifestants sont partis de la place de la Bastille. Le cortège a dû passer par Port-Royal, direction Montparnasse, avant de rejoindre les Invalides. Ils ont défilé derrière une banderole proclamant "Français en colère, Hollande dégage". 

Slogans anti-mariage homosexuel et anti-européen 

"Non au mariage homo", "Europe sécession, la France est une Nation", criaient les manifestants, tandis que du défilé festif fusaient des fumigènes et des pétards. 
Des journalistes colporteurs d'éléments de langage et décrypteurs à la solde du pouvoir ont été accusés d'être des "collabos", s'est étonnée l'...AFP ! 

Des bérets rouges ou roses, des drapeaux tricolores, et quelques drapeaux bretons, avec la fleur de lys, symbole monarchiste, ont émaillé la manifestation. 

Les extrémismes ne se valent-ils pas ?

En marge du cortège des révoltés de la politique de Hollande et des siens, et faute de nervis, se sont agglutinés des contre-manifestants déterminés à perturber une journée qui a essentiellement réuni des familles.


Quelques centaines de sympathisants de Dieudonné ont fait des "quenelles" criant "liberté d'expression", en allusion à l'interdiction faite à l'humoriste controversé de jouer son spectacle 'Le Mur'.


Des militantes anarcho-révolutionnaires du groupe Femen ont fait de la provocation, scandant "allez brouter ailleurs", avant d'être arrêtées par les forces de l'ordre, alors que Nicolas Bedos répa.. 

Cohabitaient aussi dans le cortège  des partisans de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo. 

Neuf personnes, dont seuls les prénoms sont communiqués, ont porté le mouvement,  selon le site Internet de "Jour de colère". Si celui de Frédéric Pichon, avocat de plusieurs militants du Printemps Français, n'apparaît pas clairement, il a été régulièrement cité et jamais démenti. 
De crainte du harcèlement des organisateurs, le site internet a été enregistré au Panama. Encore une leçon retenue de la Manif pour tous : le numéro de téléphone portable de Frigide Barjot, massivement communiqué à l'époque, avait rapidement été saturé de messages de donneurs de leçons de tolérance et souvent peu urbains.

Pas de représentants des partis politiques
La manifestation a tellement mobilisé d'opposants au gouvernement que l'absence de certains sympathisants n'a pas porté préjudice. 
Interrogé sur Radio J sur cette initiative du collectifs, Luc Chatel, vice-président de l'UMP et ancien ministre, a déclaré : "Je ne la soutiens pas mais je la comprends." Il estime en effet que "le président de la République élu ne cesse de fracturer la société française, d'opposer les Français les uns aux autres".

Modèle de "factieux" !
Cataloguée "très conservatrice" par le ("très socialisant") Parisien comme ne le serait pas un communiste, Christine Boutin, présidente d'honneur du Parti chrétien démocrate, a expliqué sur Canal+ ne pas vouloir "participer à une manifestation qui peut dégénérer" même si elle se reconnaît dans "cette agrégation de gens en colère".

Le collectif breton à l'origine du mouvement des Bonnets rouges avait aussi annoncé ces derniers jours qu'ils ne participeraient pas à la manifestation.

Ludovine de la Rochère, présidente de la Manif pour tous, ne compte pas non plus s'associer au collectif. L'Avenir pour tous, la nouvelle organisation de Frigide Barjot, s'était distinguée d'une action qui, selon elle, se plaçait sur "le terrain de l'opposition politique" et avait appelé à "ne pas manifester leur colère ce dimanche".




vendredi 22 novembre 2013

Européennes: les listes chiffonnées du PS

La Rue de Solférino a ses Bonnets rouges

Dans plusieurs régions, les listes constituées par la direction parisienne sont contestées avec virulence.

Peillon, parachuté
Samedi 16 novembre, à Paris, le Parti socialiste a arrêté la liste des huit personnalités qui auront la charge de mener la campagne des européennes. Si ces désignations n'ont pas été largement publiées auprès du grand public, elles ont déclenché une fronde sans précédent au sein des fédérations du PS, avec de gros ratés dans le vote des militants censé entériner ces listes, jeudi 21 novembre. 
A cette occasion, il est peu fréquent que la base militante conteste les décisions de Paris, mais cette fois, la consultation a mal tourné dans plusieurs fédérations, à commencer par celles de la circonscription du Grand-Ouest, la Bretagne.

Sud-Ouest : PS vs PRG.
C’est dans le Sud-Ouest que la situation est incontestablement la plus tendue. Au point que le risque était grand que le soit suspendu. 
Les fédérations du Lot-et-Garonne, du Tarn-et-Garonne, de Dordogne ou des Landes menaçaient de boycotter le scrutin. "Plusieurs fédérations de Midi-Pyrénées nous ont alertés sur la nécessité d'un rééquilibrage entre les trois régions composant la circonscription Sud-Ouest, pour ce qui concerne les premières places de la liste", expliquent Alain Fontanel, secrétaire national aux fédérations, et Christophe Borgel, secrétaire national aux élections, dans un communiqué.

Il y a une vie politique après les affaires
Les critiques visent en particulier la tête de liste, réservée à un membre du Parti radical de gauche (PRG, parti allié de la majorité), selon un accord politique conclu entre les deux formations. Bien que son nom ne soit pas encore officiel, localement, "il y des craintes de voir une ex-PS dissidente ou quelqu'un d'inconnu" rivaliser pour cette place, selon une source socialiste. Dans un communiqué, Jean-Michel Baylet (photo), président du PRG, a mis en garde que si l'accord PS-PRG "était remis en question, cela créerait une crise politique majeure qui (l)'amènerait à (s)'adresser au Président de la République lui-même". 
Il était entendu ntre initiés qu'Eric Andrieu, l'eurodéputé socialiste sortant (Aude), en soit le titulaire, mais, dans la nuit de vendredi 15 à samedi 16 novembre, les négociations à Solférino ont débouché sans prévenir sur la surprise PRG. "Nous demander de valider une liste sans connaître l'identité de sa tête de liste, c'est du jamais-vu", s’emporte de son côté Matthias Fekl, député et premier secrétaire fédéral du Lot-et-Garonne, cité par Le Monde.
Devant cette menace d'implosion, la direction du PS a fait machine arrière jeudi après-midi. Dans un courrier adressé aux premiers secrétaires fédéraux de la circonscription, les secrétaires nationaux aux élections et aux fédérations, Christophe Borgel et Alain Fontanel, indiquent que Solférino a décidé de"suspendre le vote".

Grand Ouest : l’autre fronde bretonne. 

La Bretagne a décidément l’esprit frondeur. Ce sont en effet les élus de la Région qui pestent contre la cuisine parisienne et les ingrédients choisis sans concertation pour la liste dans la circonscription du Grand Ouest. Dans un communiqué, dix parlementaires socialistes du Finistère préviennent ainsi qu’ils "refuseront d'adopter la proposition de liste". Ces mécontents, parmi lesquels figure le député Jean-Jacques Urvoas, président soumis de la commission des Lois de l’Assemblée, Gwenegan Bui et Patricia Adam, et les sénateurs François Marc ou Maryvonne Blondin, dénoncent "une liste dépourvue de cohérence géographique", ciblant surtout la présence en deuxième position d’Emmanuel Maurel, actuel conseiller régional… d’Ile-de-France, un socialiste de gauche. Ce choix relève, et non pas seulement selon eux, d'une "pratique éculée et contre-productive électoralement : celle du parachutage".
Si le vote militant semble acquis dans les fédérations des Pays de la Loire et de 
Poitou-Charentes, le blocage finistérien pourrait faire s'écrouler le montage du Grand-Ouest. "On est dans l'irrationnel, les élus bretons sont dans un discours purement identitaire et régionaliste alors qu'ils ont déjà obtenu la tête de liste Isabelle Thomas, élue bretonne et députée européenne] ", se désole un membre de la direction du PS.

Sud-Est : Peillon bientôt chahuté ? 

Enfin, Vincent Peillon, tête de liste dans le Sud-Est, n'est pas du goût des secrétaires de fédérations de la région qui ont fait savoir leur mécontentement, selon Le Monde. Car le premier régional n’apparaît actuellement qu’en 5e position, soit une place non-éligible ! Pour l’heure, les réfactaires ne se sont pas épanchés sur la place publique, mais la grogne de leurs camarades d’autres régions pourraient les pousser à laver leur linge sale en public.
Il convient de rappeler que Vincent Peillon a d'abord été député européen du Nord-Ouest où il avait été député de la Somme (1997-2002), mais qu'il a été parachuté et élu dans le Sud-Est en 2009, se classant seulement troisième avec un score de 14,49 % des voix et deux élus, derrière la liste UMP de Françoise Grossetête (29,35 % des voix, cinq élus), et également derrière celle d’Europe Écologie. Il n'a en outre jamais exercé de mandat municipal.

Une crise profonde du  centralisme socialiste contesté par des féodalités régionales

Ces troubles locaux témoignent d'un rejet du centralisme "démocratique"
La désignation d'Harlem Désir avait déjà été imposée par l'Elysée et, bon gré, mal gré, les adhérents avaient entériné cette décision venue de Paris.
"On avait déjà l'éclatement des sensibilités dans le parti, vient s'y ajouter celui des territoires", soupire un poids lourd du PS.

Ils sont aussi la dénonciation du mode de scrutin de listes
Organisé autour de seulement huit circonscriptions inter-régionales, les places sont chères, alors que l'idée du non-cumul des mandats fait sont chemin. 

Il est en outre
détourné et accaparé par les éléphants du parti sans ancrage géographique et politique réel. 
Mais les démocrates vertueux ont tout prévu. En cas de rejet d'une liste par les militants, la procédure socialiste prévoit d'ailleurs que le dernier mot soit laissé au bureau national et à la commission électorale du parti. 
Sans nouveau vote.

mercredi 13 juin 2012

Législatives: les voies détournées du PS pour battre la candidate FN du Vaucluse

Vaucluse: le suppléant de la candidate socialiste appelle à voter UMP

Le "front républicain" se lézarde

Des socialistes soutiennent l'UMP
Alors que Catherine Arkilovitch (21,98 %), la candidate socialiste arrivée 3e dimanche, avec 21,98% dans la 3e circonscription du Vaucluse (Carpentras), a décidé de se maintenir pour nuire à Marion Maréchal-Le Pen (34,63%) au second tour, son suppléant s'est désolidarisé de sa tête de liste ce mercredi pour appeler à voter pour le candidat UMP.  

Le jacobine Martine Brochen-Aubry, premier secrétaire du PS, avait pourtant insisté depuis Paris pour que Catherine Arkilovitch " retire sa candidature", pour "faire barrage au Front national", disait-elle. Certains poids-lourds du PS vauclusien avait même exercé des pressions sur cette sorte de chauffeur de semi-remorque pour qu’elle s'arrête sur une aire d'autoroute. Arc-boutée sur son volant, elle avait d’abord refusé, persuadée qu’elle pouvait tout de même l’emporter dimanche prochain. Puis elle avait demandé un délai pour réfléchir, jusqu'au soir, quand elle confirma qu'elle irait jusqu'au péage du 17 juin, quitte à être exclue du PS...
"Nous sommes allés déposer hier (mardi) matin notre candidature tous les deux pour le deuxième tour. Ensuite, nous avons déjeuné ensemble et il ne m'a rien dit", fulminait mercredi la candidate socialiste homasse, qualifiant de "sans-couille" Roland Davau et tous les socialistes qui, à la suite de la patronne du PS, appellent à voter UMP. La "gauche molle" prolifère autour de l'amère de Lille...

Roland Davau a expliqué son retrait par le choix local du Front de gauche de Mélenchon et de ses communistes d'appeler finalement à un "front républicain" pour empêcher l'élection de Marion Maréchal-Le Pen.

L'extrême gauche est contre-productive. "Jusqu'à hier (mardi) matin, je pensais y aller mais c'est vraiment le retrait du Front de gauche qui a déclenché ma décision", a expliqué R. Davau.
Le candidat du Front de gauche, Roger Martin, a confirmé dans un communiqué le choix de son mouvement: "Le risque d'une élection de la candidate FN/Ligue du Sud était suffisamment sérieux pour avoir amené la première secrétaire du PS Martine Aubry, SOS Racisme et le maire (PS) de Carpentras à demander le retrait de la candidate socialiste".

R. Davau a expliqué que cette déclaration de SOS Racisme qualifiant Mme Arkilovitch de "candidate de la honte", accusée aux côtés des UMP Nadine Morano et Roland Chassain de faire le jeu du FN, avait "aussi beaucoup compté".
En place depuis 26 ans, le député sortant UMP, Jean-Michel Ferrand, a fait 30,03%.

Le suppléant socialiste indépendant a précisé rester de facto suppléant "à l'insu de son plein gré"
"J'ai tenté une démarche à la préfecture pour faire enregistrer ma déclaration de retrait de candidature (...) Ils vont refuser mon retrait, mais il faut distinguer l'acte administratif de l'acte politique", a-t-il fait valoir.

Un conseil national du PS devrait prononcer mardi la sanction de la forte tête Catherine Arkilovitch, a fait savoir la direction parisienne du PS.

Le centralisme démocratique du Parti socialiste

Ce mode d'organisation interne du PS impose autoritairement que les décisions des congrès, dont les délégués sont démocratiquement élus par la base, doivent être appliquées par tous. Le centralisme démocratique se caractérise donc par la liberté de débat interne et une stricte  discipline en externe. Une phrase de Lénine résume assez bien ce mode d'organisation : " liberté totale dans la discussion, unité totale dans l'action."

Comme le Parti communiste français, Lénine Aubry se reconnaît parfaitement dans le centralisme démocratique: c'est l'un des fondements des organisations léninistes. Mais, comme le dogme fumeux du "front républicain"
et réagissent vivement  aux ordres venus de Paris.