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vendredi 22 novembre 2013

Européennes: les listes chiffonnées du PS

La Rue de Solférino a ses Bonnets rouges

Dans plusieurs régions, les listes constituées par la direction parisienne sont contestées avec virulence.

Peillon, parachuté
Samedi 16 novembre, à Paris, le Parti socialiste a arrêté la liste des huit personnalités qui auront la charge de mener la campagne des européennes. Si ces désignations n'ont pas été largement publiées auprès du grand public, elles ont déclenché une fronde sans précédent au sein des fédérations du PS, avec de gros ratés dans le vote des militants censé entériner ces listes, jeudi 21 novembre. 
A cette occasion, il est peu fréquent que la base militante conteste les décisions de Paris, mais cette fois, la consultation a mal tourné dans plusieurs fédérations, à commencer par celles de la circonscription du Grand-Ouest, la Bretagne.

Sud-Ouest : PS vs PRG.
C’est dans le Sud-Ouest que la situation est incontestablement la plus tendue. Au point que le risque était grand que le soit suspendu. 
Les fédérations du Lot-et-Garonne, du Tarn-et-Garonne, de Dordogne ou des Landes menaçaient de boycotter le scrutin. "Plusieurs fédérations de Midi-Pyrénées nous ont alertés sur la nécessité d'un rééquilibrage entre les trois régions composant la circonscription Sud-Ouest, pour ce qui concerne les premières places de la liste", expliquent Alain Fontanel, secrétaire national aux fédérations, et Christophe Borgel, secrétaire national aux élections, dans un communiqué.

Il y a une vie politique après les affaires
Les critiques visent en particulier la tête de liste, réservée à un membre du Parti radical de gauche (PRG, parti allié de la majorité), selon un accord politique conclu entre les deux formations. Bien que son nom ne soit pas encore officiel, localement, "il y des craintes de voir une ex-PS dissidente ou quelqu'un d'inconnu" rivaliser pour cette place, selon une source socialiste. Dans un communiqué, Jean-Michel Baylet (photo), président du PRG, a mis en garde que si l'accord PS-PRG "était remis en question, cela créerait une crise politique majeure qui (l)'amènerait à (s)'adresser au Président de la République lui-même". 
Il était entendu ntre initiés qu'Eric Andrieu, l'eurodéputé socialiste sortant (Aude), en soit le titulaire, mais, dans la nuit de vendredi 15 à samedi 16 novembre, les négociations à Solférino ont débouché sans prévenir sur la surprise PRG. "Nous demander de valider une liste sans connaître l'identité de sa tête de liste, c'est du jamais-vu", s’emporte de son côté Matthias Fekl, député et premier secrétaire fédéral du Lot-et-Garonne, cité par Le Monde.
Devant cette menace d'implosion, la direction du PS a fait machine arrière jeudi après-midi. Dans un courrier adressé aux premiers secrétaires fédéraux de la circonscription, les secrétaires nationaux aux élections et aux fédérations, Christophe Borgel et Alain Fontanel, indiquent que Solférino a décidé de"suspendre le vote".

Grand Ouest : l’autre fronde bretonne. 

La Bretagne a décidément l’esprit frondeur. Ce sont en effet les élus de la Région qui pestent contre la cuisine parisienne et les ingrédients choisis sans concertation pour la liste dans la circonscription du Grand Ouest. Dans un communiqué, dix parlementaires socialistes du Finistère préviennent ainsi qu’ils "refuseront d'adopter la proposition de liste". Ces mécontents, parmi lesquels figure le député Jean-Jacques Urvoas, président soumis de la commission des Lois de l’Assemblée, Gwenegan Bui et Patricia Adam, et les sénateurs François Marc ou Maryvonne Blondin, dénoncent "une liste dépourvue de cohérence géographique", ciblant surtout la présence en deuxième position d’Emmanuel Maurel, actuel conseiller régional… d’Ile-de-France, un socialiste de gauche. Ce choix relève, et non pas seulement selon eux, d'une "pratique éculée et contre-productive électoralement : celle du parachutage".
Si le vote militant semble acquis dans les fédérations des Pays de la Loire et de 
Poitou-Charentes, le blocage finistérien pourrait faire s'écrouler le montage du Grand-Ouest. "On est dans l'irrationnel, les élus bretons sont dans un discours purement identitaire et régionaliste alors qu'ils ont déjà obtenu la tête de liste Isabelle Thomas, élue bretonne et députée européenne] ", se désole un membre de la direction du PS.

Sud-Est : Peillon bientôt chahuté

Enfin, Vincent Peillon, tête de liste dans le Sud-Est, n'est pas du goût des secrétaires de fédérations de la région qui ont fait savoir leur mécontentement, selon Le Monde. Car le premier régional n’apparaît actuellement qu’en 5e position, soit une place non-éligible ! Pour l’heure, les réfactaires ne se sont pas épanchés sur la place publique, mais la grogne de leurs camarades d’autres régions pourraient les pousser à laver leur linge sale en public.
Il convient de rappeler que Vincent Peillon a d'abord été député européen du Nord-Ouest où il avait été député de la Somme (1997-2002), mais qu'il a été parachuté et élu dans le Sud-Est en 2009, se classant seulement troisième avec un score de 14,49 % des voix et deux élus, derrière la liste UMP de Françoise Grossetête (29,35 % des voix, cinq élus), et également derrière celle d’Europe Écologie. Il n'a en outre jamais exercé de mandat municipal.

Une crise profonde du  centralisme socialiste contesté par des féodalités régionales

Ces troubles locaux témoignent d'un rejet du centralisme "démocratique"
La désignation d'Harlem Désir avait déjà été imposée par l'Elysée et, bon gré, mal gré, les adhérents avaient entériné cette décision venue de Paris.
"On avait déjà l'éclatement des sensibilités dans le parti, vient s'y ajouter celui des territoires", soupire un poids lourd du PS.

Ils sont aussi la dénonciation du mode de scrutin de listes
Organisé autour de seulement huit circonscriptions inter-régionales, les places sont chères, alors que l'idée du non-cumul des mandats fait sont chemin. 

Il est en outre
détourné et accaparé par les éléphants du parti sans ancrage géographique et politique réel. 
Mais les démocrates vertueux ont tout prévu. En cas de rejet d'une liste par les militants, la procédure socialiste prévoit d'ailleurs que le dernier mot soit laissé au bureau national et à la commission électorale du parti. 
Sans nouveau vote.

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