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dimanche 15 juillet 2012

Education nationale cherche professeurs désespérément

Salaires, valorisation du métier, rien ne suscite des vocations d'enseignants




Il conviendrait de détecter
les candidats incapables d'enseigner




Le métier d'enseignant attire de moins en moins:
faibles salaires, conditions de travail détériorées, formation bouleversée, dégradation du comportement des élèves... Les motifs de crise des vocations sont nombreux et les solutions difficiles à mettre en place.
A la rentrée 2012, les postes d'enseignants de collèges et lycées ne seront pas tous pourvus par concours, faute de candidats: aux concours du CAPES externe, 706 postes sont restés vacants, soit 15% des postes à pourvoir.
C'est un peu moins qu'en 2011, mais la pénurie pénalise des disciplines fondamentales comme les mathématiques, les lettres et l'anglais.
La France n'est pas le seul pays dans ce cas
L'OCDE qui suggère d'offrir de "meilleures perspectives en termes de statut, d'autonomie professionnelle et de carrière", dans un rapport publié en mars sur les enseignants et les dirigeants de l'enseignement du XXIème siècle.
En Finlande, les enseignants bénéficient d'un statut social supérieur à celui de la plupart des professions. Singapour assure aux élèves-enseignants une rémunération mensuelle qui rivalise avec les salaires des nouveaux diplômés dans d'autres secteurs.
Il est primordial d'améliorer les rémunérations, préconise l'OCDE. Les salaires des enseignants français sont parmi les plus faibles des pays de l'organisation, et ils reculent depuis 1995.
Malgré la revalorisation des débuts de carrière par la droite, les enseignants débutants gagnent "à peine 1.500 euros nets par mois", dit Hubert Raguin, du syndicat FO. "L'image du métier d'enseignant dépend beaucoup de son niveau de rémunération et de ses conditions de travail qui sont mauvaises à cause des suppressions de postes drastiques. Or ces sujets sont dramatiquement absents de la concertation lancée par Vincent Peillon", ajoute-t-il.
"Une autre conception du métier"
Augmenter le salaire de 800.000 enseignants a une lourde incidence budgétaire. "On ne s'interdit pas d'y penser", avait déclaré V. Peillon, mais c'était pendant la campagne présidentielle à propos d'une revalorisation salariale.
La présenatation qu'a faite la gauche de la réforme de la formation des enseignants ("masterisation"), a contribué à décourager les vocations. Depuis 2010, les études durent cinq ans après le bac au lieu de trois, mais l'année de stage est supprimée. Les enseignants débutants se retrouvent sans préparation pédagogique devant une classe, mais les IUFM proposaient une formation théorique inadaptée à la demande des élèves-enseignants.
En outre, l'argument crème-à-la crème d'un financement difficile d'études longues par des jeunes d'origine modeste ne tient pas la route. D'une part, il peut s'appliquer quelque soit la filière et la charge est moindre pour une formation d'enseignant que pour celle en école d'ingénieur ou de commerce. Le métier d'enseignant était pour eux "un ascenseur social", avance Christian Chevalier (SE-UNSA), qui accueille favorablement le projet d'un pré-recrutement dès la troisième année de licence, - au niveau donc du nouveau système en vigueur -, mais assorti d'une rémunération, envisagée par le gouvernement. Ce qui ne règle toujours pas la question de la formation des enseignants.
Dans ce contexte, mettre en oeuvre la promesse du gouvernement de créer 60.000 postes sur cinq ans, d'enseignants, s'annonce d'autant plus délicate que le coup de pouce n'est pas prévu essentiellement pour des professeurs, mais plutôt pour des infirmières et des personnels d'encadrement.
Marie Duru-Bellat, sociologue, dénonce "la gestion des ressources humaines catastrophique de l'Education nationale" - en cogestion avec les syndicats (dont la FSU, classée très à gauche): "d'un simple point de vue de bon sens, les conditions de premier exercice décourageraient un régiment", prétend-elle. "Il faut voir les jeunes enseignants en région parisienne, affectés à deux établissements où ils trouvent des élèves debout sur les tables". Il faut dire en contrepartie que les conseillers principaux d'éducations se plaisent à faire davantage de psychologie, dévoreuse de temps, que d'encadrement et de surveillance: la prévention ne semble pas avoir produit les effets positifs escomptés...
"L'incapacité des différents gouvernements à maîtriser cette question de la vie scolaire et des comportements des élèves est une cause essentielle de la baisse des vocations à partir de 2000", relève Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire, un dénigreur pourtant situé en responsabilité au sommet de la hiérarchie et a fortiori de discipline, jugée aussi vulgaire qu'une bonne orthographe !
Sans craindre la caricature, Jean-Louis Auduc, ancien directeur des études de l'IUFM de Créteil, critique "le manichéisme" qui fait que l'on est affecté "soit en ZEP soit en classe 'prépa' des lycées prestigieux parisiens". Ce type de remarque démagogique est symptomatique de l'état d'esprit "lutte des classes" qui sévissait dans les instituts de (dé)formation des "maîtres" qui ne maîtrisent plus rien. Il faudrait "pouvoir faire les deux, mais cela suppose une autre conception du métier". Grotesque ! A l'inverse, ne voit-on pas aussi bien de vieux agrégés dans des collèges. Ce sont donc plutôt les mentalités des enseignants qu'il conviendrait de faire évoluer et la responsabilité des directeurs des études de l'IUFM et des inspecteurs généraux est alors pleinement engagée.

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