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vendredi 12 février 2016

Remaniement catastrophe: le gouvernement des incompatibles

Rivalités notoires, guerre de tranchées, bataille rangée, tout peut arriver... 
L'affrontement Valls-Macron va virer au pugilat

Emmanuel Macron et Manuel Valls se cherchent des noises. Le dernier accroc date du mardi 9 février: avant même que le Premier ministre ne défende à l'Assemblée l'extension de la déchéance de la nationalité, son ministre de l'Economie - symbole du virage social-libéral du quinquennat de François Hollande - avait exprimé ses réserves sur cette mesure emblématique du projet de loi constitutionnelle, mise au vote mercredi par l'autoritaire et  répressif Valls, et seulement adoptée par les députés, en première lecture. "J'ai, à titre personnel, un inconfort philosophique [...], parce que je pense qu'on ne traite pas le mal en l'expulsant de la communauté nationale", lâche, mardi, Emmanuel Macron, à une conférence organisée par la fondation France-Israël. Des propos qu'il nuance dès le lendemain, faisant allégeance à Hollande. "Mon souhait le plus profond, c'est que cette réforme puisse se faire comme le président de la République a voulu, parce que je suis loyal", déclare le ministre sur i-télé, avant d'en repasser une couche: "Mais, en pleine sincérité avec mes convictions, (...) je pense qu'il ne faut pas donner plus de sens à ce débat qu'il ne doit en avoir."

Valls a éliminé Taubira, mais Hollande lui a jeté Cosse dans les jambes

La démission de Christiane Taubira aurait pu faire d'Emmanuel Macron le seul électron libre du gouvernement. Mais, l'arrivée de l'altermondialiste Emmanuelle Cosse (EELV) ajoutera désormais une couche épaisse de vulgarité à l'opposition interne.

En fait de
cohérence, l'écologiste radicale d'Europe Ecologie-les Verts n'aura pas à assumer la politique environnementale du pouvoir, mais celle, catastrophique, du Logement, depuis le passage au ministère de sa camarade Cécile Duflot, licenciée par Valls! 
Pour encore plus de clarté et d'efficacité, Cosse, en charge de l'Habitat durable, supportera-t-elle la muselière sur le conflit de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou la question en cours de la COP21 ? Outre que Fabius, passé au Conseil constitutionnel, ne veut pas lâcher cette mission "planétaire" de l'ONU, revendiquée par S. Royal, elle est actuellement partagée entre trois: Laurent Fabius, Ségolène Royal, en tant que chargée des relations internationales sur le climat (et  qui stagne au ministère), sa nouvelle secrétaire d'Etat, Barbara Pompili, une écologiste rose.

Ayrault garde un chien de sa chienne à Valls

Le prédécesseur de Valls à Matignon a exigé de Hollande que son périmètre d'activités aux Affaires étrangères ne soit en aucune façon accessible à son antithétique successeur. L'ancien premier ministre a rejoint le groupe des socialistes défavorables au projet de constitutionnalisation de la déchéance de nationalité pour les binationaux, et eux seuls, condamnés pour terrorisme, prenant encore frontalement le contre-pied de Valls, en décembre 2015.
Jean-Marc Ayrault rappelait en effet que la législation, validée par le Conseil constitutionnel, prévoit déjà une exception au principe d'égalité de tous devant la loi pour... les auteurs d'actes terroristes. En 2010, Jean-Marc Ayrault souhaitait que ce traitement particulier réservé aux seuls terroristes binationaux, prévu par une loi toujours appliquée en 2015, ne soit pas étendu à d'autres criminels. 
 
Sur ce sujet aussi, encore quelques couleuvres supplémentaires à avaler...

Les femmes ministres exclues des fonctions régaliennes

Michèle Alliot Marie (UMP/LR) avait "enchaîné" 3 ministères régaliens (Défense, Justice et Affaires Etrangères). Aujourd'hui, en dépit de ses appels, sans cesse réitérés, à l'égalité des sexes et aux valeurs soi-disant socialistes, ce gouvernement Valls fait régresser les femmes, les cantonnant aux fonctions moins prestigieuses. 

Cinq hommes ont eu la préférence
, Le Drian à la Défense, bien que cumulard, Ayrault aux Affaires étrangères, Urvoas à la Justice, Macron aux Finances et le petit Cazeneuve à l'Intérieur. Alors, de droite, le sexisme ?

Il n'aurait plus manqué que les communistes !

Dans sa cuisine gouvernementale en prévision de la présidentielle,
Hollande a mélangé des ingrédients qui se contredisent. Il a ainsi attiré les arrivistes radicaux, ceux du centre (PRG), et ceux de l'extrême gauche (EELV), dans ses filets. Outre que EELV et le PRG se repoussent, Cosse n'a rien en commune avec Baylet, hormis un peu de presse pour Cosse, ancienne de Têtu, mensuel des homosexuels. 
Fille de kinés parisiens tendance Mao, elle a grandi sous le regard de Che Guevara pour devenir punk (photo ci-contre) et militante de la Fidl et d'Act UpEn 1997, la militante de la communauté homosexuelle signe avec des collectifs de sans-papiers ou de chômeurs une tribune intitulée "Nous sommes la gauche" où elle se place du côté des mouvements sociaux face à la gauche institutionnelle de Jospin. Elle a aussi été la rédactrice en chef de la revue de la gauche alternative "Regards", dirigée par Clémentine Autain, une sectaire du Front de gauche. Autant de hauts faits qui, aux yeux de Hollande, la qualifie au ministère du Logement.
A l'opposé, Jean-Michel Baylet est un fils de... Patron de presse, le groupe La Dépêche, ce franc-maçon a tout reçu de son père, Jean Baylet, député radical et de sa mère, Évelyne Isaac, qui ont assuré successivement la direction du quotidien régional.

Ce qui les rapproche en revanche les disqualifie: l'un est un battu de la départementale en Tarn-et-Garonne et l'autre, qui était conseillère régionale d'Ile-de-France jusqu'en 2015, n'est l'élue de nulle part et personne, en son nom propre.

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