POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

mercredi 10 février 2016

Macron hostile à la déchéance de nationalité: juste avant le vote, le ministre tacle Valls


Une majorité de députés se dégage en faveur du texte, en attendant son remaniement au Sénat

Macron se démarque du gouvernement : suivra-t-il Taubira?

Le timing de la dernière prise de position du ministre de l'Économie ne pouvait pas être plus mal venu pour l'exécutif.  Selon ses propos rapportés par Le Figaro sur la déchéance de nationalité, Emmanuel Macron désapprouve l'inscription du projet dans la Constitution, dont l'article 1er a été adopté de nuit.
"On ne traite pas le mal en l'expulsant de la communauté nationale", a commenté le patron de Bercy lors d'une conférence à la fondation France-Israël mardi soir à Paris. "Il faut prévenir et punir implacablement dans la communauté nationale", a-t-il ajouté, contredisant mot pour mot le projet porté par Manuel Valls. Et le sniper d'asséner, de peur d'être mal interprété: "On parle de terroristes et donc d'une situation extrême (...) Il faut prendre le problème comme tel. Ni plus ni moins. Pas comme un débat sur la binationalité, ni comme un débat sur la nationalité française".

Hollande et Valls créent  un "inconfort philosophique"

Cette prise de position sonne comme un affront à l'exécutif alors qu'il peine à faire adopter cette mesure symbolique qui ulcère une partie importante de la gauche et divise également du côté des Républicains, soulevant donc des problèmes dont le pays pouvait faire l'économie. "J'ai, à titre personnel, un inconfort philosophique avec la place que ce débat a pris", a ainsi confié Emmanuel Macron. "De quoi parle-t-on? De déchoir de la nationalité des femmes et des hommes qui sont dans des projets terroristes, c'est-à-dire de destruction. Donc, il faut le prendre comme une situation extrême", a-t-il fait valoir.
Mardi soir, les députés ont pourtant voté à main levée pour l'inscription de la déchéance de nationalité dans la Constitution mais avec une très faible majorité (14 voix d'écart), laquelle pourrait encore s'effriter lors du vote des articles suivants au Palais Bourbon.

Si les sénateurs ne participaient pas ultérieurement au vote, cet écart pourrait être suffisant quand viendra le vote final des députés sur l'adoption globale de la révision constitutionnelle programmé ce mercredi. Mais le Sénat doit en débattre à son tour et pourrait modifier le texte voté par l'Assemblée, laquelle devrait à nouveau se prononcer sur le texte amendé. La mouture définitive pourrait ne pas satisfaire l'ensemble des parlementaires réunis en Congrès à Versailles où la majorité des 3/5e est exigée. L'inscription dans la Constitution n'est donc pas acquise et devrait prendre encore des semaines.

Le positionnement d'Emmanuel Macron contre ce projet devrait donc ajouter au profond malaise dans lequel Hollande s'est plongé. Reste à savoir si les propos du ministre de l'Économie sont un chant du cygne avant un possible départ du gouvernement à quelques heures d'un remaniement laborieux déjà annoncé et confirmé par la nomination prochaine du ministre des Affaires étrangères au Conseil constitutionnel.

Aurélie Filippetti en profite pour faire un gag 
Le camp des "frondeurs" que le gouvernement Valls se délite comme un tampon. Interrogée sur i-télé, l'écologiste radicale Cécile Duflot s'est réjouie de cette cacophonie (dans l'intérêt des Français?), estimant que le ministre a "tout à fait raison" dans son analyse. 
"Je suis heureux qu'il ait pris cette position", a renchéri Benoît Hamon sur BFM TV et RMC, rejoignant le point de vue du député sectaire, le frondeur Yann Galut qui a salué sur Twitter la "prise de position" d'Emmanuel Macron.
Hollande est dès à présent le grand perdant de ce chaos politique
Son projet de réforme n'a pour l'heure réussi qu'à rassembler la gauche contre lui et à renforcer l'idée d'une primaire dont il ne pourrait s'exclure tant il est contesté, dans la majorité présidentielle comme dans l'opinion, puisque trois Français sur quatre ne veulent plus entendre parler de lui.

Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire

Vous pouvez ENTRER un COMMENTAIRE (il sera modéré):