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samedi 20 février 2016

Najat Vallaud-Belkacem reconnaît avoir laissé enseigner un prof condamné pour pédophilie

L'Education nationale savait mais a laissé enseigner un prof pédophile déjà condamné

L'Education nationale, institution laxiste

Le ministère savait qu'elle confiait des mineurs à un professeur déjà mis en examen pour agression sexuelle d'un mineur de moins de 15 ans. L'enseignant avait déjà été condamné pour de tels faits en Grande-Bretagne, mais l'institution l'a laissé continuer à enseigner, a confessé vendredi Najat Vallaud-Belkacem, pointant aussitôt" un dysfonctionnement "insupportable".

Ce professeur enseignait les maths dans un collège, pour des onze-quatorze ou quinze ans, le collège Blaise Pascal de Villemoisson-sur-Orge, dans l'Essonne, département du premier ministre Valls, présidé par Jérôme Guedj (PS) jusqu'en avril 2015 et par Michel Berson (PS), avant lui
L'homme a été mis en examen jeudi, également pour détention d'images pédopornographiques, et placé en détention provisoire.

L'Education nationale a fermé les yeux 

Mais "dès lors que nous l'avons appris, il a été suspendu", prétend maintenant Najat Vallaud-Belkacem. "A ce stade, rien ne permet de penser que ses élèves ont été victimes de ses agissements," assure la ministre de l'Education lors d'une conférence de presse convoquée en toute hâte.

Or, l'examen tardif et  a posteriori de son dossier a révélé "des faits d'une extrême gravité", a-t-elle ajouté: il "avait déjà été condamné par un tribunal britannique en 2006 pour relations sexuelles avec un enfant à partir d'une position de confiance et pour voyeurisme" à 15 mois d'emprisonnement, condamnation versée à son dossier professionnel.

Une commission paritaire académique réunie en formation disciplinaire en mars 2007 "avait conclu à l'unanimité de ses 35 membres à l'absence de sanctions ayant constaté que la 'matérialité des faits' reprochés était sujette à caution et que le doute devait lui profiter", a-t-elle précisé, qualifiant d'"insupportable" le fait qu'il ait été autorisé à continuer d'enseigner.

"L'Education nationale est responsable cette fois-ci puisqu'elle était informée. Elle n'aurait pas dû laisser ce monsieur continuer à exercer au contact d'enfants", a insisté la ministre, qui a lancé "une enquête administrative" et prendra, "le cas échéant, les sanctions qui s'imposent".

La circulaire Royal, du pipeau

En 1997, Ségolène Royal avait promis d'"éradiquer la pédophilie" dans l'EN ou, disait elle, 10% des pédophiles y seraient nichés (en réalité, 2.58%: enseignants, mais aussi magistrats, médecins, psychologues, etc, alors qu'ils sont majoritairement des proches de la famille). 
L'actuelle ministre de l'Environnement de Valls, alors ministre déléguée à l'Enseignement scolaire du gouvernement Lionel Jospin auprès du ministre de l'Éducation nationale Claude Allègre, avait mené un grand tapage médiatique sous la pression de l'affaire Dutroux.  
La position de la ministre était radicale. Elle avait signé une circulaire de lutte contre la pédophilie, dite circulaire Royal. Au SNEP (Syndicat des enseignants d'EPS) avait craint que des accusations infondées soient portées par des mineurs contre des enseignants, Claude Allègre et Ségolène Royal avaient répliqué que, "si un enfant est préservé au prix de neuf enseignants accusés à tort, l'objectif était rempli".
Le 10 juin 97, un enseignant, Bernard Hanse, est convoqué par son chef d'établissement suite à la plainte d'un élève encouragé par la circulaire Royal. Par l'entremise de ses parents, il accuse son professeur de gestes déplacés lorsqu'il était dans les vestiaires. En fait, cet élève reconnu menteur, fabulateur par ses profs, au dossier psychiatrique lourd et en retard scolaire, voulait se venger de son prof qui l'avait sorti manu militari et sans violence du vestiaire où il chahutait.
Le principal, Mr Pillet, reste pendu au téléphone de Mme Royal qui fait le point sur la pédophilie, une communication qui scelle en haut lieu le sort de l'enseignant. Après l'annonce de cette décision par Mr Pillet et l'envoi d'un fax au Procureur de la République, le professeur injustement accusé et poursuivi met fin à ces jours.
Le 8 juillet 1997, au vu des éléments d'instruction du dossier, le procureur de la République met le mineur en examen pour dénonciation mensongère: le mineur s'était rétracté de ses accusations.
Depuis l'affaire de Villefontaine (Isère), dans laquelle un directeur d'école a été mis en examen au printemps pour viols sur 11 de ses élèves, alors qu'il avait été condamné pour recel d'images pédopornographiques en 2008, mais à l'époque, l'information n'avait pas été transmise à l'Éducation nationale, en dépit de la très médiatisée circulaire Royal. L'Éducation nationale s'est à nouveau engagée à passer au peigne fin le casier judiciaire de ses agents, a indiqué Najat Vallaud-Belkacem. La justice a retenu 50 nouvelles victimes potentielles dans d'autres écoles de la région où l'enseignant avait exercé auparavant.

L'affaire de l'instituteur pédophile de Villefontaine prend de l'ampleur

Un projet de loi en cours d'examen au Parlement reste nécessaire pour garantir que toutes les affaires mettant en cause ses personnels dans des affaires de pédophilie "soient transmises en temps utile" pour que des sanctions disciplinaires puissent être prises.

"Je suis atterrée. On n'a pas été mis au courant" de la condamnation en Grande-Bretagne avant les déclarations de la ministre, a assuré Catherine Lucas, représentante de la fédération de parents d'élèves FCPE au collège de l'enseignant. "L'équipe pédagogique était déjà très choquée" après la mise en examen.

Des jeunes organisent une expédition punitive. 
Les enquêteurs sont remontés jusqu'au professeur après l'arrestation le 10 février "pour des faits distincts" d'un jeune homme à Corbeil-Essonnes, qui leur a expliqué avoir été recruté par "des jeunes" pour "organiser une expédition punitive à l'encontre d'un individu susceptible d'avoir commis des faits d'agressions sexuelles", selon un communiqué du parquet d'Évry.
Le jeune homme remet alors spontanément à la police un téléphone portable récupéré par les personnes qui avaient fait appel à lui, dans lequel les enquêteurs retrouvent "plusieurs milliers d'images et de vidéos pédopornographiques". Ils y trouvent également "un film vidéo" dans lequel un homme, qui s'avérera plus tard être l'enseignant, "était en présence d'un mineur sur lequel il commettait une agression sexuelle".
Le suspect, un homme de 55 ans rapidement identifié, est interpellé mercredi matin à son domicile de Sainte-Geneviève-des-Bois, le lieu où "l'enfant avait été filmé". Il a reconnu les faits en garde à vue, évoquant "des pulsions homosexuelles à tendances pédophiles". Il a également raconté avoir fait "plusieurs voyages dans des pays du sud-est asiatique pour y rencontrer de jeunes hommes au physique juvénile".
L'enseignant, originaire de l'Essonne, dit sur sa page "Copains d'avant" être marié et avoir quatre enfants. Il a aussi "mis en musique Rimbaud, Baudelaire, Verlaine, Apollinaire", des disques qu'il propose à l'achat sur son site internet, où il offre aussi des fiches de révision pour le brevet de mathématiques.

Une cellule psychologique a été mise en place au collège Blaise Pascal...


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