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dimanche 14 février 2016

Les Républicains se dispersent en "courants", façon puzzle socialiste

Sarkozy tente de rassembler sur une ligne politique commune avant la primaire à droite  

Le président des Républicains a proposé un texte d'orientation qui doit servir de base commune aux candidats

L'enjeu, ce dimanche, était d'éviter la dispersion. A neuf mois de la primaire, il était urgent de rassembler la famille et le hasard de la Saint-Valentin aurait pu faire flotter un air de fraternité, mais Fillon et Juppé ont préféré ne pas laisser leurs sentiments les envahir, d'autant qu'actuellement ils n'entretiennent pas cet esprit de famille. 
Le président élu de LR a néanmoins proposé un texte d'orientation aux membres du conseil national des Républicains, le Parlement du parti. Celui-ci devra être débattu dans les fédérations, avant d'être voté par les militants en avril. Libre aux membres du bureau politique, dont les principaux candidats à la primaire sont membres, de présenter un autre texte, s'ils l'entendent. Nicolas Sarkozy respecte ainsi à la fois chacun des joueurs du match qu'il s'apprête à jouer lui-même et son mandat de président de parti, et cela sans se donner un quelconque avantage, avant de se déclarer candidat à la primaire de la droite et du centre. 

Nicolas Sarkozy a rappelé la règle valable pour tous: "le projet collectif" doit être "adopté avant l'été", soit bien avant la primaire, prévue en novembre. Il "engagera notre mouvement et chacun de ses membres", insiste-t-il. Les candidats de la 25e heure sont prévenus que la fantaisie et l'improvisation  ne sont pas possibles, pas plus qu'aux autres candidats de s'écarter de la ligne politique arrêtée collectivement. "Les Républicains n'ont pas vocation à n'être qu'un club de supporters dans l'attente de la présidentielle", a mis en garde Nicolas Sarkozy, en chef de parti. 
Ses détracteurs et la presse missionnée pour mettre la zizanie dans LR, estiment déjà que certaines des propositions présentées dans son best seller La France pour la vie (Plon) se retrouvent au nombre des propositions contenues dans le livre, mais ni plus ni moins que certaines autres qui sont des contributions des candidats déclarés. 
Outre le rappel à de grands principes généraux (indivisibilité de la République, autorité de l'Etat...), il propose de 
- baisser simultanément et massivement les impôts et les dépenses publiques dès l'été 2017;
- contrôler les frontières intérieures de l'Union européenne tant que celles extérieures ne seront pas défendues "sans faiblesse"; 
- imposer un modèle d'assimilation et non d'intégration, aux étrangers; 
- refuser "la théorie du genre";
- conditionner l'octroi d'allocations à l'engagement "de rendre à la collectivité par son travail une partie de ce qu'elle a donné"; 
- supprimer les régimes spéciaux de retraites et de gommer les différences public-privé; 
- rétablir les peines planchers "pour les rendre plus automatiques et surtout plus sévères"; 
- revoir l'ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs
- mais aussi de refuser tout accord électoral avec le FN, comme tout Front républicain avec la gauche.
Les fédérations débattront de ces propositions démocratiquement.



Alain Juppé, Bruno Le Maire et François Fillon avaient mieux à faire que d'assister à cette présentation 

La veille, François Fillon avait déjà exprimé son avis, à l'avance. Avoir un programme du parti est "une bonne chose, sous réserve de ne pas oublier qu'une ligne politique est le résultat d'un projet pour la France, pas le fruit d'une synthèse molle entre nous". C'est pourquoi les fédérations sont appelées à plancher sur tous les sujets. "La synthèse, c'est pour les démocraties tranquilles et les pays riches. Nous n'en sommes plus là." 

Ce texte ne sert "pas à grand chose," selon Frédéric Lefebvre, présent "par devoir républicain", précise le sceptique, à l'attention des caciques absents. Même si l'ex-secrétaire d'Etat ne "reproche pas" à Nicolas Sarkozy de "se mettre au travail", ce député des Français de l'étranger estime que "le pire des services, c'est de faire tomber d'en haut un programme et de le faire adouber par le bas". En avril 2011, lors de la journée du livre politique, il avait confondu le Zadig de Voltaire avec la marque de vêtements Zadig et Voltaire. Ce type de sottise a valu d'être débarquée à Fleur Pellerin, ministre de la Culture de Valls, 'fashion victim', elle aussi, qui avait avoué n'avoir jamais lu le moindre livre de Patrick Modiano, notre dernier prix Nobel de litérature.

Soutien proclamé ce jour d'Alain Juppé,
Jean-Pierre Raffarin voit, lui, dans le texte d'orientation plutôt des "lignes directrices". "A chacun d'ajouter ses propres lignes", admet-il avoir compris, quant à lui. 

Oreille de Juppé à la Porte de Versailles, Virginie Calmels n'est pas critique du texte mis en débat par Nicolas Sarkozy. La dauphine du maire de Bordeaux retrouve "les grandes lignes de la famille", saluant ainsi la qualité du travail fourni au service de la collectivité. Elle ne rejette pas ce texte en bloc et considère que "la primaire va se faire non pas sur le projet mais sur la capacité des uns et des autres à le porter, à le délivrer aux Français. Ca va se jouer sur la personne: 'qui sera en mesure de l'emporter?'", misant davantage sur la popularité sondagière d'Alain Juppé, à 18 mois de la présidentielle, plutôt que sur l'âge de son 'poulain' septuagénaire. 


Laurent Wauquiez lui a répliqué. "Certains fins stratèges pensent que la droite doit en dire le moins possible, faire des clins d'oeil à la gauche, en pensant déjà au second tour de la présidentielle, (...). Une droite qui est une pâle copie de la gauche. Ce chemin-là n'amènera que de nouvelles trahisons. Il peut permettre de gagner la présidentielle, de caracoler dans les sondages, mais c'est un chemin d'indignité, dans lequel nous trahirons une fois encore nos valeurs et à l'arrivée, nous n'aurons pas redressé notre pays!", a développé au micro du conseil national, Laurent Wauquiez, le président de région brillamment élu à la tête d'Auvergne-Rhône-Alpes.

La Saint Valentin toute l'année reste à ajouter au programme.
Pour justifier leur absence, Bruno Le Maire a invoqué la célébration de la Saint-Valentin avec son épouse, Laurent Wauquiez était sur RTL. Quant à François Filllon et Alain Juppé qui refusent de participer à l'élaboration de la ligne politique de leur parti politique, ils ont invoqué des engagements familiaux ailleurs, mais si l'un d'entre eux émerge au final, il demandera le soutien de LR.

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