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mardi 29 mars 2011

La gauche sacrifie la laïcité à l'islam

L'opposition instille le doute dans la majorité

Pour débattre, il faut être au moins deux

Nicolas Sarkozy a voulu favoriser le débat sur la laïcité, mais l'opposition se dérobe au dialogue et Etienne Pinte a réclamé mardi la démission du secrétaire général de l'UMP pour s'être démarqué du chef du gouvernement. Le Chef de l'Etat a décidé de maintenir ce débat et la majorité a le mérite de l'instaurer. Le débat sur la laïcité s'est ouvert à droite ? La majorité ne sait pas les arranger, façon "débat participatif' selon Sa Cynique Majesté Royal, période rose 2006-2007. Une véritable réflexion "juste" sera donc menée et a même commencé dans la majorité, sans attendre le 5 avril. Pas de dialogue arrangé, car le patron du parti majoritaire et organisateur, Jean-François Copé, n'a pas dissimulé qu'il n'est pas sur la même ligne que le premier ministre en personne. Interrogé sur Canal+ au sujet des réserves émises par François Fillon sur l'organisation de ce débat, Jean-François Copé a expliqué que «certains n'en veulent pas (...) parce qu'ils ont probablement été mal informés». «Et puis il y en a, disons les choses, qui y ont trouvé l'occasion d'une posture», a-t-il ajouté. Alors que le journaliste l'incitait à préciser en donnant le nom du premier ministre, il a répondu après une brève pause : «Peut-être après tout». «On ne peut pas jouer collectif une fois ?», s'est interrogé Jean-François Copé. À la question : François Fillon «vous a manqué sur ce sujet ?», il a répondu : «Exactement!»
VOIR et ENTENDRE

Appel au "jeu collectif" des Bleus

La sincérité de Copé a provoqué la réaction d'un proche du premier ministre

Le député UMP Etienne Pinte a réclamé mardi matin la démission du secrétaire général du parti. « S'il n'est pas d'accord avec le premier ministre, (...) il a toujours la possibilité de donner sa démission, et à mes yeux, plus tôt il le fera, mieux ça vaudra, afin de ne pas être le fossoyeur de l'UMP», a lancé le député des Yvelines. Fin février, le premier ministre avait déclaré qu'il s'opposerait à ce débat s'il «devait être centré sur l'islam» ou «d'une manière ou d'une autre», conduire à «stigmatiser les musulmans». La gauche n'a donc pas manqué de dévier le débat sur eux ! Quelques jours plus tard, devant l'Assemblée nationale, François Fillon avait encore jugé ce débat «nécessaire». Peu après ses déclarations sur la chaîne privée, le patron de l'UMP n'a confié à personne le soin du "décryptage" de ses propos, quelle que soit la bonne âme. « C'est un appel solennel à jouer collectif autour du président de la République», a-t-il précisé, souhaitant que le débat sur la laïcité soit l'occasion pour « chaque personnalité de la majorité » d'exprimer ses convictions de manière positive. Au lendemain des cantonales, « l'heure est à se rassembler et à jouer collectif ».

La laïcité, valeur républicaine menacée par les "nouveaux pacifistes"

Cette prise de position du patron de l'UMP fait suite à la clarification opérée dans la matinée par le président de la République, maintenant le débat sur la laïcité.
Il l'a annoncé au cours d'une réunion avec les responsables de l'UMP.

Une déclaration qui semble répondre à la suggestion de François Baroin
adressée à la majorité de clore le débat une bonne fois pour toutes. Invité plus tôt lundi sur France Info, le porte-parole du gouvernement a en effet déclaré qu'il fallait «s'écarter de tout ce qui peut de près ou de loin donner l'impression de stigmatiser». «Je crois qu'il faut se concentrer en matière d'emploi, en matière de (lutte contre les) déficits». La majorité doit «revenir sur des valeurs profondément républicaines», a-t-il estimé. François Baroin n'est pas le seul à s'élever contre cette nouvelle réflexion, pourtant validée par le chef de l'Etat. Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, ou encore le président du Sénat, Gérard Larcher, ont ainsi mis en garde Jean-François Copé sur les risques d'un débat insuffisamment «préparé». Patrick Devedjian ou Bernard Accoyer ont aussi fait part de leur préoccupation.
Claude Guéant a été, de son côté, le dernier en date à exprimer un avis personnel qui alimente le débat. Jeudi dernier, le ministre de l'intérieur a ainsi provoqué un tollé en expliquant que «les agents des services publics ne doivent pas porter de signes religieux, ni manifester une quelconque préférence religieuse, mais les usagers du service public ne le doivent pas non plus». Des propos qu'il a depuis maintenus, accusant la gauche de les «déformer».

La synthèse est programmée pour le 5 avril

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