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mercredi 10 mai 2017

Assemblée: Macron ne veut voir qu'une seule tête

La République En Marche! ne veut pas élever de frondeurs en son sein

Le mouvement En Marche! qui mute en parti politique, La République En Marche, met le cap sur les législatives de juin prochain. 

Emmanuel Macron s'est enflammé à la fin de son meeting samedi à Paris.
La révolution menée par Anormal 1er sera-t-elle libérale et totalitaire?
Le vent en poupe depuis l'effet tectonique des plaques politiques de sa candidature, le mouvement d'Emmanuel Macron craint les écueils et il rappelle les conditions strictes pour être investi comme candidat. Mais il les relâche déjà quelque peu. De la gauche à la droite du paysage politique, tout le monde est le bienvenu dans le mouvement En Marche! pour participer aux élections législatives. Le mouvement ne possède encore aucune assise territoriale et c'est pourquoi le MoDem de Bayrou jouit de faveurs sans égales.

Les conditions d'investiture devaient été drastiques et égalitaires

Mais Bayrou a aussitôt bénéficié d'un régime spécial qui ouvre la porte à toutes les exceptions, toutes les combinaisons du passé. Prenez Manuel Valls, son rival, qui débranche le PS et le déclare mort en rendant hommage à Jaurès, avant de s'auto-investir candidat REM et de choisir lui-même sa circonscription, dans le dos du président de la commission d'investiture d'En Marche!. Mais ses méthodes du forcing et du fait accompli devant lequel il croyait placer les instances du PS font un flop et Jean-Paul Delevoye a "déféré" l'ancien premier ministre devant la commission d'investiture, pour "analyse" du cas. Si son dossier était resté bloqué au bas de la pile ce mercredi, il devrait toutefois resurgir demain au sommet... Rabattre le caquet du Catalan, mais ne pas l'humilier: Macron est en déficit de talents !

Macron renonce à chasser des têtes nouvelles
En peine de découverte de talents nouveaux, Jean-Paul Delevoye va chasser sur les terres de l'opposition de droite, résigné à recycler des bonnes volontés, écartant toutefois la possibilité de double étiquette avec un autre parti politique pour les candidats investis par le mouvement aux élections législatives. 
Valls n'a ni rendu sa carte du PS , ni adressé de CV à Delevoye. "Notre position n'a pas varié : si vous souhaitez soutenir le projet présidentiel, vous vous inscrivez au mouvement En Marche!, sur le site En Marche!, vous allez à la préfecture sous l'étiquette En Marche!", a martelé le grand maître des investitures. 

Si En Marche! permet la double appartenance politique à ses adhérents et militants, il est impérativement demandé aux futurs députés qui voudront gouverner avec Emmanuel Macron de se rallier à son panache mauve. 
Concrètement, chaque postulant à la députation sélectionné par En Marche! parmi des milliers d'impétrants décidés à prendre le train en marche dans le sillage de Valls, rallie de la 25e heure, devra se rendre en préfecture entre le 15 et le 19 mai et effectuer une déclaration de rattachement au parti, qui devrait prendre le nom de "La République en marche" quand il sera constitué à partir de ces élections. 

Si le rattachement administratif est incontournable, pour le reste, "il ne sera pas fait de contrôle policier sur la double appartenance", tempère un conseiller d'Emmanuel Macron. Rien n'empêche donc les élus Pacsés de conserver leur carte d'adhérent au PS ou à LR, par exemple. Des candidats à voile et à vapeur, du jamais vu...

Les "frondeurs" indésirables

Mais
la porte d'En Marche! n'est pas grande ouverte à tout le monde. Sur BFMTV-RMC (comme par hasard), le petit maire de Forcalquier (quelque part dans les Basses Alpes ou Alpes de Haute Provence) Christophe Castaner, porte-parole d'Emmanuel Macron durant sa campagne, a ainsi affirmé vouloir éviter la présence de tout frondeur dans la future majorité présidentielle qu'il appelle de ses vœux. "Une des choses dont on a souffert dans le mandat [de Hollande et Valls ou Cazeneuve] qui vient de se terminer", c'est que "ce n'est pas sa ligne qui a été validée et très vite les frondeurs ont empêché le président de la République" de gouverner, a-t-il accusé, comme si chacun n'avait pas gardé le souvenir d'un président sans expérience, ni ossature, un "bras cassés" qualifié de 'Flanby'. 

Et, pour ne voir qu'une seule tête, celle de d'Anormal 1er, Christophe Castaner précise que Macron est prêt à creuser plus large et profond le fossé : "Ce que nous souhaitons, c'est ne pas avoir nos propres frondeurs", mais "avoir des femmes et des hommes qui s'engagent sur les grands projets, les engagements pris par Emmanuel Macron devant les Français." 

Cette soumission corps et âme des candidats, ajoutée à la volonté du futur président de gouverner par ordonnance, puisque Valls s'est carbonisé en recourant quatre fois à l'article 49.3 en deux projets, permet de voir se profiler un régime autoritaire. Si les électeurs n'y prennent pas garde et renvoient à l'Assemblée une majorité de députés sans expérience, ni envergure, lui accordant un blanc-seing, le président Macron aurai les coudées franches : avec le retour du balancier, le fléau va s'abattre sur les Français.

Avis de non-reconnaissance des dettes de Macron au PS

Tandis qu'En marche! se tourne vers la droite de gouvernement, le Parti socialiste s'orientera clairement à gaucheau-delà de ses limites actuelles, jusqu'à 'La France insoumise', d'autant plus résolument que Montebourg céderait au grand brame de Mélenchon. Le PS écartelé entre un Benoît Hamon qui se verrait bien dans l'opposition à une éventuelle majorité présidentielle et un Stéphane Le Foll, qui appelle à travailler avec Emmanuel Macron, est arrivé au démembrement. 

Quoi qu'il en soit, comme l'a déclaré le candidat Macron le 5 mai dernier, un candidat se présentant sous les couleurs du PS trouverait systématiquement un adversaire d'En Marche! en face de lui. Ainsi Valls a-t-il déjà une rivale "En marche!" sur son chemin et que Delevoye va devoir re-orienter. 

De quoi déboussoler encore un peu les socialistes tentés de ménager la chèvre et le chou en tentant de se rapprocher d'En Marche! tout en gardant un pied au PS. 
La gauche avance à marche forcée, mais à vue.

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