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mercredi 24 mai 2017

Le député PS Richard Ferrand (En marche!) employait son fils à l'Assemblée nationale

Ferrand, sur son fils embauché comme collaborateur: "je ne le referais pas": mais puisqu'il n'y a rien d'illégal ?

Le fils du ministre de la Cohésion des territoires a été rémunéré "au SMIC", comme collaborateur parlementaire
 
Emploi fictif aux frais du contribuable ?
de son père en 2014, selon "Le Canard enchaîné", ci-dessus

C'est l'autre révélation du Canard enchaîné sur Richard Ferrand. Outre une affaire immobilière (LIRE PaSiDupes : Moralisation: une affaire immobilière impliquant Richard Ferrand révélée par le Canard enchaîné) : Les Mutuelles de Bretagne avaient souhaité louer des locaux commerciaux (379 m², 2 rue George-Sand, loyer annuel de 42.000 €), à Brest (Finistère), pour ouvrir un centre de soins et avaient choisi entre trois offres celle d'une société immobilière qui devait appartenir à la compagne de M. Ferrand, un mois plus tard. Le député affirme par ailleurs qu'alors il n'était plus directeur général. Or, Christophe Barbier révèle que, dès l'instant où il a siégé au Palais Bourbon, Ferrand a été "chargé de mission" pour la Mutuelle qui l'employait: bénévole ou rémunéré ?
Mieux, avec les travaux de rénovation payés par les Mutuelles de Bretagne, "acteur de l'action sociale française", (184.000 €), les locaux vont prendre de la valeur. Les cent parts à 1 euro de la SCI valent aujourd'hui 3.000 € pièce, relève le Canard, qui raille également "le sens de la famille" de Richard Ferrand (compagne employée par les Mutuelles et fils aîné employé "quelques mois" en 2014 comme assistant parlementaire. A priori, rien d'illégal, selon l'hebdomadaire satirique qui place l'affaire sur un plan moral. Sur ce point, l'actuelle direction des Mutuelles de Bretagne assure qu'elle était informée que le local appartenait à la compagne de Richard Ferrand. Or, la SCI propriétaire - à la tête de laquelle se trouve l'avocate, une intime de Richard Ferrand -  n'a été constituée qu'un mois plus tard: elle "n'a pas encore d'existence légale au moment du choix," indique le Canard. La concubine confirme que l'offre de sa SCI "correspondait en tous points" à ses besoins et que, si celle-ci ne convenait pas, elle serait "libre de déménager", ajoutant que Richard Ferrand "ne dirige plus l'entreprise depuis 2012". Il n'y a plus que ses hommes: la preuve, il y a conservé une certaine activité.
Enfin, toujours selon les Mutuelles,
le loyer annuel fixé par la SCI correspond à 9,20 € HT le mètre carré, "alors que la moyenne des surfaces comparables, dans le même secteur, se situe entre 10 et 15 € HT le mètre carré". "C'est donc une bonne affaire, y compris si l'on rapporte les économies que ce regroupement nous a permis de faire", concluent les Mutuelles. Le statut de la mutuelle relève du principe de l'autogestion. Elle poursuit un but non lucratif menant dans l'intérêt de ses membres, moyennant le versement d'une cotisation, à des actions de prévoyance, de solidarité et d'entraide.
"Le parquet financier - qui dépend du moralisateur Bayrou, garde des Sceaux - a montré ["montré" ou déclaré ?] qu'il n'y avait rien d'illégal; je vous ai montré qu'il n'y avait rien d'immoral. Il n'y a pas d'affaire", a encore jugé le ministre de Philippe et Macron.

L'hebdomadaire révèle en outre, mercredi 24 mai, que
le ministre de la Cohésion des territoires a employé son fils comme collaborateur parlementaire en 2014.
Quelques semaines après l'affaire Penelope Fillon, cet emploi jette la suspicion sur le député du Finistère. Il n'y aurait cependant rien d'illégal a priori : un député peut tout à fait embaucher un proche, à condition que le travail soit bien effectif.

Le cabinet du ministre confirme que le jeune homme a travaillé pour son père du 13 janvier au 16 mai 2014, mais dément tout emploi fictif. "Richard Ferrand avait plein de boulot à faire à sa permanence, des choses qu’il n'avait pas eu le temps de faire, comme développer sa lettre de député. Il a demandé à son fils de l’aider à une période où ce dernier n'avait pas de travail", indique-t-on.
"Mais je ferai observer que quand mon fils était salarié quatre mois et rémunéré au Smic, les collaborations familiales se chiffraient à plus d'une centaine" à l'Assemblée, a-t-il déclaré pour tenter de se justifier.

Près de 6.800 euros (selon l'AFP), en quatre mois : le SMIC ?

Selon l'édition de mercredi du Canard enchaîné, M. Ferrand a versé 8.704 euros brut à son fils pour ces tâches sur l'ensemble de la période. Il va falloir que le député départage les organes de presse : un différentiel de 2.000 euros sur quatre mois nécessite des explications...

Des échanges d'e-mails avec les collaborateurs de son père, dont franceinfo se porte garant pour "avoir pu consulter", semblent attester qu'outre la rédaction de sa lettre d'information bimestrielle, Emile Ferrand s'est occupé de mettre à jour le blog du député ou son compte Facebook ou même de réserver des trains, à 23 ans à l'époque, un ensemble de compétences difficile à trouver dans la région, assure le cabinet.  "Je vous invite à aller faire un tour en Centre-Bretagne. Ce n’est pas simple de trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement, aller sur internet."
Pour autant la Bretagne est tellement arriérée qu'elle vote socialiste et que, sur Europe 1lors de son premier entretien en tant que ministre de l’Economie, Emmanuel Macron avait estimé que de nombreuses employées des abattoirs Gad seraient "illettrées". 

Ces Bretonnes de second choix travaillent aux abattoirs de porcs à Lampaul-Guimiliau, qui ont dû fermer, dans le Finistère, dans la circonscription dont Richard Ferrand est justement député... L'entreprise était en redressement judiciaire depuis février 2013l et seul reste actif le site de Josselin : 889 des 1700 postes subsistent encore.

Le jeune homme a-t-il déclaré les sommes perçues au fisc ?
Pour ces tâches, le fils de Richard Ferrand a perçu les salaires suivants : 776,03 euros net en janvier pour 27 heures par semaine, 1.266,16 euros net en février, mars, avril pour 35 heures par semaine et, tout-à-coup, 2.222 euros en mai. Ce dernier montant, plus élevé, s'explique par le solde de tout compte : congés, prime de précarité, 13e mois. Au total, Emile Ferrand a donc touché 6.796,51 euros nets, soit 1.699,13 euros par mois en moyenne. "Rien de mirobolant", estime le cabinet du ministre, lequel n'est pas le mieux placé pour porter un jugement objectif et libre. Serait-ce trop demander de préciser quelle est la qualification d'Emile qui fait que son papa pouvait préférer le recruter plutôt qu'un(e) autre ?

Savoir si le fils de... aurait gagné autant au McDo du coin...


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