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samedi 20 mai 2017

Cote de confiance de Macron (45%), au plus bas en début d'un mandat de président

Comment l'information en continu a peu à peu ruiné l'état de grâce des présidents 

La presse de qualité a roulé au caniveau

Où est L'Express? Et Pierre Bergé ?
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les organes de presse qui font commerce de leur proximité avec les acteurs politiques complaisants,  ainsi que par le culte de l'exclusivité, du scoop et du buzz, le règne de l'image et de l'immédiateté a valorisé l'info à chaud, superficielle, voire sensationnelle, mieux, compassionnelle et vertueusedésormais, (face aux réseaux sociaux hantés par les trolls ou aux sites d'information numérique animés par les manants, anarcho-révolutionnaires sans foi ni loi qui diffusent, sans filtres ni précaution, des informations que la presse institutionnelle s'évertue à dissimuler), au détriment des faits bruts, de l'analyse de l'information et de la réflexion à froid. Tout est frelaté, jusqu'au 'fact checking', d'abord inventé pour démonter les manipulations de chiffres, puis détourné pour contredire les opposants.
Les pertes de distance physique et de recul intellectuel ont produit une proximité stérilisante due au copinage d'intérêt économique des quelques magnats de la presse (les hommes d'affaires Pierre Bergé -Le Monde et - ou Patrick Drahi, en passant par Xavier Niel, époux de Delphine Arnault, directrice générale adjointe de Louis Vuitton - malgré une mise en examen de l'entrepreneur et son placement en détention provisoire à la prison de la Santé, Paris, pendant un mois en mai 2004, pour proxénétisme aggravé et recel d'abus de biens sociaux concernant un de ses 'peep-shows', méchante affaire blanchie par un non lieu rendu par le juge d'instruction ...Renaud Van Ruymbeke - , fille de Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, lequel habille, tant bien que mal, l'épouse sexagénaire du président Macron). 

La confiance accordée à Emmanuel Macron et Edouard Philippe est exceptionnellement basse pour un début de mandat, révèlent plusieurs études d'opinion

Si l'ex-banquier bénéficiera de l'"état d'urgence", le traditionnel "état de grâce" lui est en revanche d'ores et déjà retiré. En consultant les archives des cotes de popularité et de confiance, on trouve un seul Président sous les 50% après son investiture, Valéry Giscard d'Estaing. C'est certes une constante, eu égard à la désacralisation de la fonction par la presse d'argent aussi bien publique que privée, incapable de veiller à sa propre intégrité, donc à sa respectabilité et, au final, à sa crédibilité : l'état de grâce est de plus en plus court, comme est de plus en plus faible la confiance en la presse... Les deux pouvoirs se sont entraînés dans leur perte respective.

Cet état de grâce, c'est la période du début de mandat pendant laquelle l'exécutif affiche de bons scores de popularité dans les sondages et se trouve ainsi légitimé dans son action. Or, Emmanuel Macron et son Premier ministre Edouard Philippe ne bénéficient pas d'un "état de grâce" et les commentateurs ou presque s'accordent à dire que le défi du nouvel exécutif reste entier pour légitimer son action. 
L'attelage gauche-droite Macron-Philippe fait fi de la volonté populaire. Le jeune président Macron en a décidé ainsi d'autorité, comme il a eu recours à l'article 49.3 pour imposer - à quatre reprises- sa loi Travail contestée. Dans l'histoire de la cinquième République, presque tous les débuts de mandats ont été marqués par cet état de grâce. Sauf eux. Un sondage Elabe pour Les Echos et Radio classique indiquait ce jeudi qu'Emmanuel Macron affiche une cote de confiance de 45% (46% des sondés ne lui font pas confiance, et 9% sont sans opinion). Un niveau nettement plus défavorable que celui atteint par ses prédécesseurs au lendemain de leur investiture. On imagine pourtant mal que les commanditaires de cette enquête commerciale sont le pôle média du groupe LVMH et il faut donc s'attendre à ce que les stratèges de l'Elysée passent la commande informelle  d'une prochaine étude, au détour d'une quelconque action présidentielle, même anodine, qui déclenchera ni plus ni moins que l'enthousiasme.
Edouard Philippe, tout juste nommé, bénéficie pour sa part d'une cote de confiance de seulement 36%. 
Quant à la composition du gouvernement, elle reçoit 43 % d'approbation pour 23 % de mécontents, et 34% qui ne se prononcent pas, selon un sondage OpinionWay pour Tilder-LCI publié jeudi.

Un duo exécutif sous les 50%, ça ne s'est vu qu'une fois dans l'histoire de la Cinquième 

Et la situation était assez semblable à celle d'aujourd'hui : il s'agit de Valéry Giscard d'Estaing, président centriste élu en 1974, et de son Premier ministre de droite... Jacques Chirac. Selon le baromètre IFOP de l'époque, Giscard bénéficiait en début de mandat d'une cote de popularité de 44%, et son chef de gouvernement de 34%.

Ironie du sort, Valéry Giscard d'Estaing, avant Emmanuel Macron, "est le premier à avoir introduit ce concept des 100 jours et l'idée qu'il fallait aller vite, sur le modèle américain de Roosevelt et Kennedy. VGE estimait que le temps de l'audace est court et nécessite une urgence avant que les conservatismes n'empêchent l'action", justifient dans Les Échos (groupe Vuitton-LVMH) Vincent Martigny, professeur de science politique à l'Ecole polytechnique.
En 2002, Jacques Chirac affiche un taux de confiance de 53% après sa victoire contre Jean-Marie Le Pen et Lionel Jospin.

Les analystes ne manquent pas aujourd'hui pour dire avoir prévu l'absence d'état de grâce d'Emmanuel Macron

Faire l'amour au peuple est
devenu communication pure
Ils justifient la réserve du peuple par son score relativement modeste face à Marine Le Pen au deuxième tour. Avec 66,10 (vs Le Pen 33,90), Macron n'a pas fait le plein, enregistrant une défiance qui ne faiblit pas aujourd'hui. Egalement face au FN (Jean-Marie Le Pen, 17,79 %), en 2002, Jacques Chirac avait rassemblé 82,21 % .
Preuve que le projet du banquier Macron n'a pas su mobiliser autant que le prétendent les puissances d'argent (finance et presse mercantile en partenariat), le taux d'abstention atteint un record : 25,44% (plus de 12 millions de personnes), auquel il convient d'ajouter les taux de votes blancs, 8,51 %, et de votes nuls, 2,96%.

Ces analystes oublient juste qu'Emmanuel Macron n'a obtenu que 24,01 au premier tour de la présidentielle 2017, contre 21,30 à Marine Le Pen. 
Si on se réfère à l'élection de 2002, qui avait vu Jacques Chirac battre Jean-Marie Le Pen avec plus de 82% des voix (piqûre de rappel destinée aux journalistes militants) et environ 20% d'abstention, le taux de confiance du président Chirac au début de son deuxième mandat était de 53%, soit encore 9 points de plus qu'Emmanuel Macron.

Un état de grâce de plus en plus court est en rapport du rejet grandissant de la politique et de la presse

Le taux de confiance en début de mandat est mesuré depuis plus de 50 ans par l'Ifop, et c'est Charles De Gaulle qui détient le record, avec 67% de confiance en 1959. Il est suivi de Nicolas Sarkozy (65% en 2007, à la suite de J. Chirac), François Hollande (61% en 2012), Jacques Chirac (59% en 1995), François Mitterrand (51,76 % au second tour en 1981) et Georges Pompidou (54% de confiance en 1981 et en 1969 respectivement et VGE" (44% en 1974). Emmanuel Macron ferme donc la Marche...

Les cotes de popularité mesurées depuis 1978 par TNS Sofres lui inspirent une une autre leçon.
La réduction de la période d'état de grâce irait dans 'le sens de l'Histoire'... Ainsi, pendant le mandat de VGE, la courbe d'impopularité dépassa de la courbe de popularité en janvier 1981, en fin de mandat, alors que chez Mitterrand, les deux courbes se croisent en mai 1983, moins de 2 ans après son élection. Elles se croiseront dès octobre 1995 pour Jacques Chirac, dès décembre 2007 pour Nicolas Sarkozy, et dès septembre 2012 pour François Hollande, soit un "état de grâce" de quelques mois seulement. TNS Sofres évacue les causes,et ne distingue pas les causes personnelles, liées à l'incompétence et au dilettantisme de François Hollande, des raisons objectives telle que la crise financière mondiale qui s'est profilée à la fin 2007 - la crise des subprimes avait frappé le secteur des prêts hypothécaires à risque aux États-Unis, dès juillet 2007 - pour s'étendre à l'Europe en 2008. 

A sa décharge,
Macron n'est pas aidé par le bilan et la cote de son prédécesseur, l'indécrottable François Hollande, lequel n'a pas l'excuse de la crise financière et économique internationale affrontée par Nicolas Sarkozy en 2008 et qu'a évoquée le nouveau président dans son discours d'investiture :
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Hollande n'avait pas eu à faire face à la crise financière et économique internationale qu'a affrontée Nicolas Sarkozy en 2008 et qu'a évoquée le nouveau président dans son discours d'investiture.

VOIR et ENTENDRE le président Macron établir sa filiation en rendant hommage à ses prédécesseurs, lors de son discours d'investiture:
video


Au moins, Emmanuel Macron avait mis en garde. La veille de son élection, il prévenait déjà qu'il n'y aurait "pas d'état de grâce" et qu'à "la minute d'après, rien ne sera acquis". Et pas seulement parce que c'est le "sens de l'Histoire" et que c'est comme ça ! Les chiffres lui donnent raison, puisque, selon la presse, il a toujours raison, quels que soient les indices et l'absence d'explication : ni crise formée, ni inconscience avérée. 

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