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mercredi 14 avril 2010

La diffusion de la presse en difficultés

La « diffusion égalitaire » des journaux était monopolistique

La proposition de loi qui a fuité vers Rue89 pourrait provoquer une révolution dans le monde de la presse écrite.
Son auteur, Richard Mallié, député UMP des Bouches-du-Rhône, entend abroger la loi Bichet de 1947, assurant entre les journaux une égalité de traitement pour leur diffusion.
Vieille de 63 ans, son principe est que la distribution de la presse est libre: un éditeur peut recourir à tous moyens (légaux) de son choix pour faire distribuer son journal. En revanche, dès que deux éditeurs au moins mettent en commun des moyens pour assurer la distribution de leurs titres, ils ne peuvent refuser à un troisième éditeur de les rejoindre (liberté d'accès au réseau).

Un monopole d'un autre âge

Les tristement célèbres Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP), devenues Presstalis en décembre 2009, étaient une société commerciale de messagerie de presse n'a jamais maintenu la pluralité de la presse en France et dans plus d’une centaine de pays dans le monde. D'une part, elle jouit d'un quasi monopole théoriquement incompatible avec ce pluralisme affiché, et, d'autre part, elle est noyautée par la CGT, ce qui n'ajoute aucune garantie et contredit plutôt ses prétentions au pluralisme. Lire PaSiDupes

Sachant qu' en 2006, le déficit net des NMPP atteignait 29 millions d'euros en 2007, pour un déficit d'exploitation de 11 millions d'euros, la société de distribution n'était ni libre, ni indépendante. Aujourd'hui, Presstalis distribue 85 % de la presse en France est détenu à 51% par les éditeurs, regroupés en 5 coopératives, et à 49% par Lagardère qui a un rôle d’opérateur.
Prestaliss.

Aucune concurrence
Plus de 100 quotidiens et 3 600 magazines français et étrangers ainsi que 4 000 produits encyclopédiques et DVD, sont confiés à Presstalis. Au total, la société distribue tous les quotidiens nationaux et près de 80% des magazines et des produits multimédias par l’intermédiaire de dépositaires (distribution en France) et de filiales ou distributeurs locaux indépendants (distribution à l’export).

La réalité des faits n'est pas si rose: elle est rouge

Avant d'être confronté à la distribution des journaux gratuits mais également à Internet, la CGT ne se privait pas de contrôler l'information, puisqu'elle avait le pouvoir de bloquer la distribution.
VOIR et ENTENDRE Laurent Joffrin (Libération, 2008), favorable à la réforme des MPP, se plaint du chantage et des violences physiques par les ouvriers du Livre:


5 jours à la une: pas de journaux et trop de Sarko
envoyé par liberation


La presse était soumise au bon vouloir des ouvriers du Livre
Ce système de distribution attire les foudres de certains groupes de presse dont Metro International dont les colporteurs ont été agressés en 2002 par des membres du Syndicat général du livre et de la communication écrite CGT des NMPP .
Vestige français sur le modèle du Parti communiste de l'Union soviétique, PCUS, jusqu'en 1991, le syndicat général du livre et de la communication écrite CGT est le syndicat unique parmi les ouvriers de la presse quotidienne nationale.

En octobre 2008, LePost reproduisait la réaction de Frédéric Lefebvre
« Alors que la quasi totalité de la presse nationale a été prise en otage par une poignée d'individus qui se prétendent syndicalistes, que des violences ont été commises, des dégâts matériels occasionnés, des alimentations électriques sabotées et un policier blessé, quelle a été la réaction du parquet ?
Alors que ces actions durent depuis des mois nous attendons une réactivité de la justice envers des agissements qui n'ont pour objectif que de défendre des privilèges au mépris du pluralisme ! »
Sans autre commentaire: la presse libre muselée s'autocensurait... Lire PaSiDupes

Les ouvriers du Livre participent à la récession

Rappel du contexte social de 2008
VOIR et ENTENDRE le reportage de France 3, le 20 mai 2008:


Reportage FRANCE 3 20 mai 2008
- Conflits Port de Marseille par FORUM13

Par exemple et entre autres prises d'otages- depuis la fin du premier trimestre 2008 (trimestre dont on rappelle la croissance positive) les ports français étaient aussi aux mains du personnel CGT des ports autonomes.
Ces fonctionnaires, très bien payés, disposant de ct autre monopole démocratique du déchargement des navires dans tous les ports français visaient clairement -pour préserver ce monopole- à paralyser l’activité économique… et ils y sont parvenu à la grande satisfaction de leur meneur, le camarade Galeote. Or, bloquer le déchargement des navires dans les ports français, c'est ajouter à la récession économique qui frappe au premier chef les plus défavorisés. Logique et sincère ?

Plusieurs affaires anciennes émaillent l'histoire des NMPP et des syndicats

=> A la fin des années 1980, un trafic de bobines de papier est découvert. Chaque mois, 200 tonnes de papier étaient expédiées vers Cuba, le pays frère et en faillite, pour imprimer le journal Granma. Les imprimeries de tous les quotidiens nationaux étaient concernées, et Fidel Castro lui-même traitait avec les ouvriers du Syndicat du livre. Robert Hersant, propriétaire notamment du journal Le Figaro, a préféré subir plutôt que d'affronter une grève.

=> Fin 1991, la direction des NMPP découvre une cache d’armes de 5 000 fusils, carabines, armes de guerre avec leurs munitions dans l’un de ses hangars de Saint-Ouen.
Ces armes, détournées lors de la faillite de Manufrance et stockées là par des ouvriers CGT en 1980, ont été clandestinement stockées au sein même des NMPP, en attendant un hypothétique Grand Soir. La direction des NMPP alerte la justice pour se dédouaner, mais s’abstient de porter plainte: le scandale est encore étouffé, le gouvernement négociant la paix sociale directement avec la CGT.

=> En 2003, un trafic de journaux a été découvert
Chaque jour pendant plusieurs années, entre 500 et 2 000 exemplaires de quotidiens étaient détournés par certains ouvriers et vendus par des kiosquiers. Le préjudice fut estimé à 3 millions d'euros par an. La plupart des groupes de presse est toujours en difficulté financière, mais ne mettent pas les NMPP-Prestalis.
Pour préserver le pluralisme.

Vers l'abrogation de la loi

Rue89 et L. Joffrin ont reviré et diabolisent le projet a priori

Il ne fait « pas rire les rédactions qui ont des difficultés à vendre leurs productions. » Son contenu est on ne peut plus limpide:

La loi Bichet de 1947 n'a pas atteint son objectif
A la sortie de la guerre, ladite loi tentait de régir les relations entre les distributeurs et les éditeurs de presse. Elle n'a pas réussi à instaurer le double principe de liberté et d'égalité : liberté pour les éditeurs d'accéder au distributeur de leur choix et égalité de traitement entre les éditeurs d'un même distributeur.

Nécessité d'une adaptation au XXe siècle
63 ans après sa promulgation, la loi Bichet pose un problème majeur, souligné dans cette proposition de loi : alors que les ventes se « contractent » et que la rémunération des marchands de journaux est « très faible », la gestion des stocks est de plus en plus « lourde et complexe ». Résultats :
« En 19 ans, le nombre de marchands de journaux est passé de 31 859 à 29 651 soit une baisse de 6,1%. Ce rythme s'accélère depuis quelques années avec une chute de 9% en 2009.
[…] Le paradoxe est criant : sachant qu'il y a 60% d'invendus, le taux de rupture (demandes non satisfaites des clients) est actuellement de 20%. »

Les recommandations du Président
Le phénomène aggrave un peu plus encore la crise de la presse, déjà fortement plombée par la chute des revenus publicitaires. Pour y remédier, le « livre vert » résultant des Etats généraux de la presse, remis au ministre de la Culture en janvier 2009, avait incité le président de la République à demander aux éditeurs de presse de prendre deux mesures, rappelées par Richard Mallié :
1. « Instituer un système de plafonnement afin de limiter les quantités servies par parution en fonction de l'historique des ventes du titre constatées dans le point de vente. »
2. « Diminuer le taux d'occupation des linéaires, […] une réforme du “bon titre au bon endroit” qui serait une réponse pertinente au taux de rupture élevé en permettant une meilleure adaptation de l'offre à la clientèle et d'augmenter ainsi les ventes. »

Craintes pour la pluralité de la presse...
Face à chacune des propositions gouvernementales de modernisation du pays, l'opposition crée une nouvelle peur. Le double-jeu politicien est clair, si on garde en mémoire la dénonciation du système par Laurent Joffrin en 2008.
Faute d'accord entre les éditeurs, un an plus tard, le député UMP a donc décidé de passer à la vitesse supérieure et de ne proposer rien moins que de faire table rase et de repartir sur de nouvelles bases.
Le député fait des propositions: « Face à un manque de volonté de la part des acteurs, il est proposé l'abrogation de la loi Bichet qui semble aujourd'hui faire obstacle à toute évolution du réseau. »
Autrement dit, les distributeurs seront désormais en mesure de refuser de diffuser un titre au simple motif qu'il ne se vend pas. La loi de l'offre et de la demande s'appliquerait à la presse. Presstalis (ex-NMPP), leader de la distribution de la presse en France et détenu à 49% par Lagardère en charge de la distribution, reste très mal en point financièrement depuis qu'il a repris les NMPP.
Le ministère de la Culture juge prématuré de préciser s'il soutient l'initiative de Richard Mallié.

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