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mercredi 14 décembre 2011

France Soir: finie la version papier

Les Français pleurent la mort d'un compagnon cher
Nostalgiques, ses "Unes" fracassantes, c'est fini !


Le quotidien fondé par Pierre Lazareff disparaît des kiosques
Des militants CGT manifestent
le 6 décembre dans la rue


La disparition du quotidien papier avait était annoncée à la mi-octobre par son propriétaire russe depuis 2009, le milliardaire Alexander Pugachev, malgré les 70 millions d'euros investis, en pure perte. Les salariés se résignent au passage au tout-numérique.

Une mort indigne
Des gros bras du syndicalisme ont déversé dans la rue
des milliers d'exemplaires du journal, en signe de protestation.
Ils sont prêts à voter écolo avec EELV,
à la présidentielle 2012...

La direction du quotidien a dû se résigner à la non-parution d'un dernier numéro qui devait clore l'histoire d'un titre mythique de la presse française, premier quotidien français à la Libération qui a connu ses heures de gloire dans les années 1950 et 1960.
" Compte tenu de l'opération d'un commando extérieur à l'entreprise le mardi 13 décembre dirigée contre les locaux des salariés de France-Soir, compte tenu des traumatismes et des craintes exprimés par nombre de journalistes, la direction de la rédaction et la rédaction en chef du titre considèrent ne pas être en mesure d'assumer dans des conditions professionnelles leurs missions ", indiquait un communiqué signé hier par la direction de la rédaction du quotidien. Face à la menace d'une nouvelle opération coup-de-poing au siège de France-Soir et à son imprimerie d'Évry, la direction du journal a demandé la mise en place d'un service d'ordre pour éviter tout débordement.

Les barbares se sont encore distingués
Les temps ont changé et les syndicalistes ne respectent rien, pas même leur outil de travail, à la différence des excités de mai 68.

Joseph Kessel y écrivait, Lucien Bodard aussi et tant d'autres encore, parmi les plus grands de la profession. Au fil d'une demi-douzaine d'éditions quotidiennes, le lecteur suivait les mésaventures de la IVe République, presque heure par heure, les grandes et les moins grandes heures du gaullisme, mais aussi le Tour, de mémorables faits divers, quelques guerres lointaines et la vie de ceux qu'on n'appelait pas encore les 'people', mais que nous contait chaque jour, en avant-dernière page, Carmen Tessier et ses "Potins de la commère"…

Avec France Soir s'éteint la presse de la grande époque
où les journalistes démontraient ce qu'ils avançaient et qui n'a pas connu les décrypteurs arrogants, les grossièretés et les insultes.

Montebourg n'a pas eu le pouvoir de le casser
Le socialiste voulait empêcher de se présenter les élus de plus de 67 ans. 67 ans après la première, c'est la dernière édition de France Soir qui est parue, le mardi 13 décembre sur cinq colonnes à la Une, en gros caractères, et des photos en noir et blanc.

Triste fin

VOIR et ENTENDRE le reportage de LCI, le 13 décembre 2011:
100.000 exemplaires de France Soir avaient été répandus au petit matin, place de la Madeleine à Paris, devant la boutique de l'épicier de luxe Hédiard, également propriété de la famille Pougachev. L'opération a été revendiquée par "Les Robins des Bois de l'Information", collectif de salariés de la presse qui confie préparer d'autres actions spectaculaires pour les jours à venir.


Un commando de 70 syndicalistes InfoCom CGT a forcé la porte du journal et occupé les locaux pour empêcher la tenue du comité d'entreprise.
L'Humanité, le journal communiste, soupçonne, titrant " Qui a intérêt à "saccager" le syndicat Info'Com-CGT et ses réprésentants syndicaux à France-Soir ?" Il ose regretter une " curée médiatique de certains médias contre Info’Com-CGT et ses représentants syndicaux à France Soir " et la juge "calomnieuse, inexacte, voire diffamatoire et mérite une clarification." Il accuse, aussi: " Depuis maintenant deux éditions la direction de France Soir justifie des non parutions au seul prétexte de l’occupation des locaux de mardi matin par la CGT. "
Le journal mythique de Pierre Lazareff, le seul quotidien français à avoir été vendu, certains jours, dans les années 1960-1970, à plus de deux millions d'exemplaires, disparaît des kiosques sans avoir pu remercier ses derniers lecteurs. Un groupe de militants syndicaux extrémistes de gauche a en effet occupé les locaux parisiens du journal, obligeant son propriétaire à arrêter, avec deux jours d'avance, l'impression du quotidien.


Un journal, même le plus attachant, est mortel
Aujourd'hui, les organes de presse sacrifient au sensationnalisme et à la rumeur.
Mais, créé au lendemain de la seconde guerre mondiale, France Soir, héritier du Paris-Soir de Prouvost et du journal résistant Défense de la France, n'appartient pas à la génération du commentaire baveux et aura été, pour plusieurs générations de lecteurs et de journalistes, un modèle: grandes plumes, reportages, scoops et photos chocs.
Mais la formule a vieilli, et France Soir n'a pas su s'adapter
C'était le journal des "trente glorieuses", un quotidien politiquement très "légitimiste", celui d'un pays que la révolte étudiante de mai 1968 va changer à jamais. Ce printemps-là justement, la radio prend le relais. Les "événements" sont couverts en direct par les reporters d'Europen 1 et de RTL. La technologie, mais aussi l'air du temps, marginalise une certaine presse écrite de qualité.

La télévision et l'institutionnalisation du JT de 20 heures lui porteront un nouveau coup
La seule relation de l'événement, même la plus talentueuse, ne suffit plus. La presse grand public est sur les ondes, elle n'est plus sur le papier, ou de moins en moins. Puis viendront les radios libres, les télévisions par câble, enfin Internet, et, avec eux, la fin d'une certaine culture généraliste. France Soir papier n'y a pas survécu ; sa société éditrice veut poursuivre l'aventure sur le Net, avec une équipe réduite.

Cette disparition est-elle un coup de semonce dans la coque de la presse écrite ? Depuis quelques années, elle est un bâteau ivre qui prend l'eau de toutes parts. Les nouveaux supports numériques de l'écrit – presse numérique (Mediapart ou Rue 89), smartphones, liseuses, etc. – ne cessent de marquer des points. L'enquête, le commentaire, l'analyse, le reportage y ont leur place. L'avenir appartient aux journaux qui savent se déployer sur le Web -payant- comme sur le papier. L'écrit est plus indispensable que jamais.

Hypothèque sur l'avenir numérique de France Soir
Alors qu'Alexander Pugachev souhaite désormais se désengager, mais, dans le même temps, qu'aucun repreneur sérieux ne s'est manifesté pour reprendre le titre, les négociations vont se poursuivre entre la direction et les salariés. Certains syndicats espèrent encore gonfler les effectifs du Web jusqu'à 40 postes au moins, si les extrémistes ne cassent pas l'entreprise.
Le prochain comité d'entreprise est programmé lundi 19 décembre.

La Tribune est le prochain organe de presse menacé
Et c'est encore la CGT qui ose stigmatiser le risque de "casse sociale" en cas de liquidation des titres. Pour Christian Lefranc, d'Info'Com CGT à la Tribune, "des centaines d'emplois induits sont menacés".

La tradition de violence du Syndicat du Livre CGT

La cache d'armes des NMPP
En 1991, la direction des NMPP découvre une cache de plus de 5 000 armes dans un de ses entrepôts de Saint-Ouen. Ces armes étaient le "trésor de guerre" détourné puis caché par des ouvriers membres du syndicat CGT du Livre lors de la faillite de Manufrance en 1980, en prévision du " grand soir ". Intimidée, la direction des NMPP ne portera pas plainte.
Selon Emmanuel Schwarzenberg, le scandale aurait été étouffé par le gouvernement socialo-communiste de l'époque, soucieux de ménager les communistes de la CGT: quatre ministres communistes (Charles Fiterman, Marcel Rigout, Jack Ralite et Anicet Le Pors) participaient au deuxième (augmentation du nombre de fonctionnaires, décentralisation, nationalisations (loi du 13 février 1982), retraite à 60 ans), puis au troisième gouvernements de Pierre Mauroy (retrait du projet de loi Savary visant à d'un "grand service public unifié et laïc de l'éducation nationale", qui faisait partie des 110 propositions pour la France de François Mitterrand), prédécesseur de la Ch'tite Brochen-Aubry à la mairie de Lille...
Nous devons à son père Jacques Delors, ministre de l'Economie et des Finances du gouvernement Mauroy 2, le " tournant de la rigueur ", à partir de 1982: il appliqua d’abord une politique de "rupture" pendant la période dite de l’"état de grâce" et procéda à la dévaluation du franc.

Autres intimidations de la CGT
En 1992, la société Les Meilleures Éditions SA, éditrice des journaux Le Meilleur et Spéciale Dernière avaient voulu changer d'imprimeur afin de diminuer ses coûts. Le syndicat du Livre empêcha d'autres imprimeries contrôlées par ses militants d'accepter les contrats sous la contrainte de grèves. Lorsque l'éditeur fit appel à une imprimerie non contrôlée par le syndicat du livre, celui-ci fut séquestré et obligé de signer un nouveau contrat sous la contrainte. Par la suite, le syndicat du Livre empêcha la publication des journaux pendant plusieurs mois par représaille.

De nombreux cas d'intimidation ont été rapportés à l'encontre de journaux choisissant de ne pas passer par le quasi-monopole des NMPP, Presstalis, aujourd'hui. Par exemple, lors de la sortie du quotidien Metro en 2002, de nombreux cas de violences physiques vis-à-vis des distributeurs de Metro par des membres du syndicat du livre ont été rapportés. Des vols ont été commis dans les imprimeries et la distribution a été fortement perturbée par des gros bras du syndicat du Livre.

Le quotidien 20 minutes a aussi été la cible du syndicat du livre qui a tenté d'empêcher sa publication le 18 mars 2002.

En février 2009, le syndicat s'en prend au gratuit Direct Matin Plus, propriété du groupe Bolloré, en envoyant un commando de 40 personnes asperger d'eau 150 000 journaux. Le groupe Bolloré Média avait dénoncé son contrat de 3,7 millions par an en juillet 2009 pour choisir une imprimerie de labeur (donc non contrôlée par le syndicat du livre) arguant de questions de qualité d'impression.

Le 17 avril 2010, 40 militants de la CGT ont mis à sac la permanence du député UMP Richard Mallié qui avait déposé une proposition de loi visant à supprimer la loi Bichet (lien Libération).



jeudi 27 mai 2010

Enième grève-rêve de maintien de l'âge légal de la retraite à 60 ans

Six syndicats contre le sens de l'Histoire !

Culture syndicale du refus du dialogue

Six syndicats (CGT, CFDT, UNSA, Solidaires, FSU et CFTC) vont sacrifier à l'habitude de la grève. La journée d'action du jeudi 27 porte sur le maintien de l'âge légal de la retraite à 60 ans. Elle aura un impact faible, malgré des appels dits « unitaires » - sans FO- à des arrêts de travail d'une durée variable, certains mouvements commençant dès mercredi soir.

Cette routine de la grève est d'autant plus indécente que les régimes spéciaux de retraite sont épargnés par la réforme.
La réforme a deux vitesses ne rend pas raisonnable:
- certaines grandes entreprises publiques, (SNCF, RATP),
- ou dans le secteur de l'énergie (EDF, GDF)
- certaines professions liées à la fonction publique (militaires, policiers, etc.)
mais aussi marins, clercs de notaire, salariés de l'Opéra de Paris, etc.

Les secteurs exposés

Transports
A la SNCF, bien que non concernée par le report de l'âge de la retraite, un appel à une grève de 24 heures a pourtant été lancé par les quatre syndicats représentatifs (SUD, non représentatif, la CGT, l'UNSA et la CFDT) dès mercredi, à 20 heures. Les perturbations prévues seront limitées, puisque les régimes spéciaux de retraite sont épargnés...
La direction prévoit 75 % des TER, 80 % des Transiliens et circulation quasi normale des TGV sauf sur les lignes Paris-Nice et Paris-Nantes (deux trains sur trois).

Les syndicats de la RATP, bien qu'également épargnée par la réforme, appellent néanmoins à la grève. Mais la direction prévoit un trafic normal ou quasi normal sur les réseaux métro, bus, tramway et sur sa partie du RER A, mais seul un RER B sur deux circulera. Dans le reste de la France, les réseaux de transports seront peu touchés à Bordeaux, Clermont-Ferrand, Marseille, Montpellier et Toulouse.

Dans les airs, la situation sera plus complexe. La direction générale de l'aviation civile (DGAC) a recommandé aux compagnies de réduire leur programme de vols de 30 % sur Orly et de 10% pour Roissy, sur la tranche 7 heures-13 heures, après le dépôt des préavis de grève par plusieurs organisations syndicales.

Poste, télécoms et media
Quatre syndicats de La Poste et de France-Télécom appellent à la grève et à participer aux manifestations.
La distribution des quotidiens nationaux pourrait être perturbée, en raison d'un appel à la grève du syndicat CGT du Livre: syndicat non pas 'dominant', mais unique... A France Télévisions, la CGT a appelé les salariés du groupe public à "cesser le travail pour une durée de 24 heures". Les chaînes privées bénéficieront donc d'une sorte de 'journée portes ouvertes'.
Bon réveil ce matin avec RTL, bien moins aggréssif que France Info.

Education nationale et fonction publique
Un tiers des professeurs des écoles primaires refusera froidement de faire cours aux enfants, selon le SNUipp-FSU, toujours partant et dans des proportions invariables. Le SNES, dans le secondaire, bien que FSU, sera bien moins motivé.
Le service minimum d'accueil devrait aider les familles à faire face à ces difficultés cycliques, lorsque les municipalités ne mépriseront pas leurs problèmes.
Dans l'enseignement supérieur et la recherche, une large intersyndicale a lancé un appel commun -un pack de mobilisation- "pour les salaires, l'emploi et les retraites".
Dans l'enseignement privé, le FEP-CFDT, principal syndicat du secteur, s'est joint au mouvement. Pour l'ensemble de la fonction publique, six fédérations de fonctionnaires sur huit "appellent l'ensemble des personnels à participer massivement aux grèves et manifestations".

Energie/EDF-GDF
Selon la fédération CGT, "de nombreuses baisses de production sont attendues en électricité et d'autres déjà décidées par les assemblées générales". Des perturbations sont aussi "à prévoir dans le transport, la distribution de l'électricité et du gaz".
Le secteur EDF/GDF n'est pas exposé à la réforme, mais l'économie sera néanmoins prise en otage.

Justice
Huit organisations de professions judiciaires, allant du pénitentiaire à la magistrature engagée (que l'on dit soumise pour partie au ministère) en passant par des avocats militants, appellent à se joindre au mouvement "pour défendre le service public de la justice", contre "le gel des dépenses" et pour "un vrai débat sur les retraites".

Banques, assurances et commerce
Des velléités d'arrêts de travail ont été signalées chez LCL, HSBC, Caisses d'épargne, CIC, Goupama, MMA ou encore Axa Paris. Un appel « unitaire » -sans FO-, très rare, a été trouvé entre les cinq fédérations syndicales du commerce, même si les modalités d'action restent des plus floues.

samedi 15 mai 2010

Concentration de la presse: Le Nouvel Obs et Pierre Bergé convoitent Monde

Le grand soir de l'indépendance du quotidien de gauche

Sauf transfusion, mort prochaine du journal sous perfusion ?

Le journal Le Monde se porte mal

Le groupe Le Nouvel Observateur est à nouveau en discussion avec Le Monde pour reprendre l'ensemble du groupe fortement endetté, mais d'autres investisseurs ont des vues sur le quotidien fondé à la sortie de la guerre par Hubert-Beuve Mery.

Le Nouvel Observateur
Le groupe de presse fondé et présidé par Claude Perdriel est actuellement actionnaire à hauteur de 1,75% du Monde SA, la société qui coiffe l'ensemble du groupe Le Monde. Le Monde SA détient de son côté 6% du Nouvel Observateur. Les deux groupes avaient tenté l'an dernier de déboucler ces participations croisées mais avaient finalement renoncé. Lire PaSiDupes sur la passation (partielle)de pouvoir entre Perdriel et Denis Olivennes, venu de la FNAC

Dans un bref communiqué, le Nouvel Obs est le premier à déclarer ouvertement son intérêt pour le quotidien du soir: "Devant les problèmes de financement qui se posent aujourd'hui, Le Nouvel Observateur ne peut rester indifférent et souhaite contribuer à une solution qui préserve cette indépendance". "Le Nouvel Observateur est actionnaire et administrateur du groupe Le Monde depuis le 19 juin 2002 afin de contribuer à défendre l'existence et l'indépendance de ce groupe", a encore dit le groupe de Claude Perdriel. PLUS sur leurs ententes, dans PaSiDupes
"Vu les difficultés que traverse Le Monde, notamment la question de sa recapitalisation, Le Nouvel Obs propose ainsi une reprise qui assure la poursuite de l'indépendance du quotidien", a précisé une porte-parole du Nouvel Observateur. Plus sur l'éthique professionnelle du Nouvel Obs, dans PaSiDupes
ENTENDRE Denis Olivennes, le directeur général délégué et directeur de la publication de l'hebdomadaire le Nouvel Observateur: prochainement

Le Monde confirme des pourparlers privilégiés
"Nous avons eu des discussions ces derniers jours avec Claude Perdriel qui avait manifesté son intérêt, ces discussions se poursuivront dans les prochains jours", a dit le président du directoire du Monde, Eric Fottorino.
La direction du Monde souligne également que cette offre n'est pas la seule à l'étude, mais se refuse à commenter qualitativement les différentes propositions.
Le Monde SA a comme principaux actionnaires Lagardère (17,27%), l'Espagnol Prisa 15,01% et l'Italien Stampa Europe (2,90%). La majorité est détenue par Le Monde Partenaires et Associés qui regroupe notamment les actionnaires internes du quotidien, dont les cadres et les journalistes.

Le parrain de Désirdavenir Royal se porte acquéreur

Le socialiste multi-milliardaire de luxe Pierre Ber(ci-contre) s'est allié au banquier Matthieu Pigasse (patron de Lazard France et propriétaire du magazine Les Inrockuptibles) pour se faire remettre la dépouille du journal. Ils proposent une entrée au capital du Monde, révèle Le Figaro.fr qui souligne que les deux hommes auraient créé une "structure ad-hoc" pour ce faire.

Lire aussi PaSiDupes sur les liens de Sa Cynique Majesté Royal avec Matthieu Pigasse

=> Plus sur Les Inrocks et Pigasse
En février 2004, l'hebdomadaire culturel généraliste, qui agite volontiers le monde de la culture, publia un manifeste (« Appel contre la guerre à l'intelligence », sous-titré « Face à la politique du gouvernement Raffarin, enseignants, magistrats, chercheurs, artistes, avocats, psychanalystes étudiants etc, se mobilisent ». La pétition est signée par plusieurs milliers de personnes et le journal publie ensuite de nombreux témoignages de personnalités et d'anonymes.

C'est l'ancien directeur-adjoint du cabinet de Laurent Fabius, Matthieu Pigasse (ci-dessus) qui, en 2005, vendit Libération à Édouard de Rothschild, actionnaire de la maison concurrente de Lazard.

Des outsiders déclarés ou non
Il manque au moins un groupe de presse parmi ceux qui se repassent la patate chaude. Le Monde ira-t-il à Olivennes ou à Pierre Bergé, semble interroger l'enseigne ci-contre.

Le groupe de communication espagnol Prisa a souvent été évoqué comme étant prêt à monter au capital du Monde, mais est plombé par un endettement de près de deux milliards d'euros qui l'empêcherait d'agir seul.

Le Monde, endetté à la grecque, bien avant la crise

Le Monde s'est fixé dernièrement pour objectif de finaliser le projet de recapitalisation du groupe dans les prochaines semaines pour le soumettre au vote des actionnaires d'ici fin juin.
Le groupe Le Monde est fortement endetté avec, en 2009, une perte nette (part du groupe) de 25,2 millions d'euros. Sa dette est estimée à 125 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 297 millions.
A-delà des difficultés du quotidien, c'est le groupe entier qui se porte mal, malgré quelques pépites, tel Courrier International. Parmi elles, Télérama-La Vie détient 66% du Monde interactif au coté de Lagardère.

L'urgence d'une recapitalisation du Monde est également motivée par la
nécessité pour le groupe d'un remboursement d'emprunt (25 millions d'euros) qui à l'époque avait été gagé sur Télérama. N'est-ce pas pourtant un de ces journaux d'opposition qui critiquent notre déficit public ?

Evidemment, en multipliant les journées de blocage d'imprimeries et donc des ventes, les Ouvriers du Livre CGT - lire PaSiDupes - (Syndicat général du livre et de la communication écrite – SGLCE-CGT - syndicat des ouvriers des imprimeries et de la distribution de la presse, n'ont pas appuyé sur la tête du groupe Le Monde ni cassé l'outil de travail...

Sur les méthodes du syndicat unique du secteur
,
lire PaSiDupes

mercredi 14 avril 2010

La diffusion de la presse en difficultés

La « diffusion égalitaire » des journaux était monopolistique

La proposition de loi qui a fuité vers Rue89 pourrait provoquer une révolution dans le monde de la presse écrite.
Son auteur, Richard Mallié, député UMP des Bouches-du-Rhône, entend abroger la loi Bichet de 1947, assurant entre les journaux une égalité de traitement pour leur diffusion.
Vieille de 63 ans, son principe est que la distribution de la presse est libre: un éditeur peut recourir à tous moyens (légaux) de son choix pour faire distribuer son journal. En revanche, dès que deux éditeurs au moins mettent en commun des moyens pour assurer la distribution de leurs titres, ils ne peuvent refuser à un troisième éditeur de les rejoindre (liberté d'accès au réseau).

Un monopole d'un autre âge

Les tristement célèbres Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP), devenues Presstalis en décembre 2009, étaient une société commerciale de messagerie de presse n'a jamais maintenu la pluralité de la presse en France et dans plus d’une centaine de pays dans le monde. D'une part, elle jouit d'un quasi monopole théoriquement incompatible avec ce pluralisme affiché, et, d'autre part, elle est noyautée par la CGT, ce qui n'ajoute aucune garantie et contredit plutôt ses prétentions au pluralisme. Lire PaSiDupes

Sachant qu' en 2006, le déficit net des NMPP atteignait 29 millions d'euros en 2007, pour un déficit d'exploitation de 11 millions d'euros, la société de distribution n'était ni libre, ni indépendante. Aujourd'hui, Presstalis distribue 85 % de la presse en France est détenu à 51% par les éditeurs, regroupés en 5 coopératives, et à 49% par Lagardère qui a un rôle d’opérateur.
Prestaliss.

Aucune concurrence
Plus de 100 quotidiens et 3 600 magazines français et étrangers ainsi que 4 000 produits encyclopédiques et DVD, sont confiés à Presstalis. Au total, la société distribue tous les quotidiens nationaux et près de 80% des magazines et des produits multimédias par l’intermédiaire de dépositaires (distribution en France) et de filiales ou distributeurs locaux indépendants (distribution à l’export).

La réalité des faits n'est pas si rose: elle est rouge

Avant d'être confronté à la distribution des journaux gratuits mais également à Internet, la CGT ne se privait pas de contrôler l'information, puisqu'elle avait le pouvoir de bloquer la distribution.
VOIR et ENTENDRE Laurent Joffrin (Libération, 2008), favorable à la réforme des MPP, se plaint du chantage et des violences physiques par les ouvriers du Livre:


5 jours à la une: pas de journaux et trop de Sarko
envoyé par liberation


La presse était soumise au bon vouloir des ouvriers du Livre
Ce système de distribution attire les foudres de certains groupes de presse dont Metro International dont les colporteurs ont été agressés en 2002 par des membres du Syndicat général du livre et de la communication écrite CGT des NMPP .
Vestige français sur le modèle du Parti communiste de l'Union soviétique, PCUS, jusqu'en 1991, le syndicat général du livre et de la communication écrite CGT est le syndicat unique parmi les ouvriers de la presse quotidienne nationale.

En octobre 2008, LePost reproduisait la réaction de Frédéric Lefebvre
« Alors que la quasi totalité de la presse nationale a été prise en otage par une poignée d'individus qui se prétendent syndicalistes, que des violences ont été commises, des dégâts matériels occasionnés, des alimentations électriques sabotées et un policier blessé, quelle a été la réaction du parquet ?
Alors que ces actions durent depuis des mois nous attendons une réactivité de la justice envers des agissements qui n'ont pour objectif que de défendre des privilèges au mépris du pluralisme ! »
Sans autre commentaire: la presse libre muselée s'autocensurait... Lire PaSiDupes

Les ouvriers du Livre participent à la récession

Rappel du contexte social de 2008
VOIR et ENTENDRE le reportage de France 3, le 20 mai 2008:


Reportage FRANCE 3 20 mai 2008
- Conflits Port de Marseille par FORUM13

Par exemple et entre autres prises d'otages- depuis la fin du premier trimestre 2008 (trimestre dont on rappelle la croissance positive) les ports français étaient aussi aux mains du personnel CGT des ports autonomes.
Ces fonctionnaires, très bien payés, disposant de ct autre monopole démocratique du déchargement des navires dans tous les ports français visaient clairement -pour préserver ce monopole- à paralyser l’activité économique… et ils y sont parvenu à la grande satisfaction de leur meneur, le camarade Galeote. Or, bloquer le déchargement des navires dans les ports français, c'est ajouter à la récession économique qui frappe au premier chef les plus défavorisés. Logique et sincère ?

Plusieurs affaires anciennes émaillent l'histoire des NMPP et des syndicats

=> A la fin des années 1980, un trafic de bobines de papier est découvert. Chaque mois, 200 tonnes de papier étaient expédiées vers Cuba, le pays frère et en faillite, pour imprimer le journal Granma. Les imprimeries de tous les quotidiens nationaux étaient concernées, et Fidel Castro lui-même traitait avec les ouvriers du Syndicat du livre. Robert Hersant, propriétaire notamment du journal Le Figaro, a préféré subir plutôt que d'affronter une grève.

=> Fin 1991, la direction des NMPP découvre une cache d’armes de 5 000 fusils, carabines, armes de guerre avec leurs munitions dans l’un de ses hangars de Saint-Ouen.
Ces armes, détournées lors de la faillite de Manufrance et stockées là par des ouvriers CGT en 1980, ont été clandestinement stockées au sein même des NMPP, en attendant un hypothétique Grand Soir. La direction des NMPP alerte la justice pour se dédouaner, mais s’abstient de porter plainte: le scandale est encore étouffé, le gouvernement négociant la paix sociale directement avec la CGT.

=> En 2003, un trafic de journaux a été découvert
Chaque jour pendant plusieurs années, entre 500 et 2 000 exemplaires de quotidiens étaient détournés par certains ouvriers et vendus par des kiosquiers. Le préjudice fut estimé à 3 millions d'euros par an. La plupart des groupes de presse est toujours en difficulté financière, mais ne mettent pas les NMPP-Prestalis.
Pour préserver le pluralisme.

Vers l'abrogation de la loi

Rue89 et L. Joffrin ont reviré et diabolisent le projet a priori

Il ne fait « pas rire les rédactions qui ont des difficultés à vendre leurs productions. » Son contenu est on ne peut plus limpide:

La loi Bichet de 1947 n'a pas atteint son objectif
A la sortie de la guerre, ladite loi tentait de régir les relations entre les distributeurs et les éditeurs de presse. Elle n'a pas réussi à instaurer le double principe de liberté et d'égalité : liberté pour les éditeurs d'accéder au distributeur de leur choix et égalité de traitement entre les éditeurs d'un même distributeur.

Nécessité d'une adaptation au XXe siècle
63 ans après sa promulgation, la loi Bichet pose un problème majeur, souligné dans cette proposition de loi : alors que les ventes se « contractent » et que la rémunération des marchands de journaux est « très faible », la gestion des stocks est de plus en plus « lourde et complexe ». Résultats :
« En 19 ans, le nombre de marchands de journaux est passé de 31 859 à 29 651 soit une baisse de 6,1%. Ce rythme s'accélère depuis quelques années avec une chute de 9% en 2009.
[…] Le paradoxe est criant : sachant qu'il y a 60% d'invendus, le taux de rupture (demandes non satisfaites des clients) est actuellement de 20%. »

Les recommandations du Président
Le phénomène aggrave un peu plus encore la crise de la presse, déjà fortement plombée par la chute des revenus publicitaires. Pour y remédier, le « livre vert » résultant des Etats généraux de la presse, remis au ministre de la Culture en janvier 2009, avait incité le président de la République à demander aux éditeurs de presse de prendre deux mesures, rappelées par Richard Mallié :
1. « Instituer un système de plafonnement afin de limiter les quantités servies par parution en fonction de l'historique des ventes du titre constatées dans le point de vente. »
2. « Diminuer le taux d'occupation des linéaires, […] une réforme du “bon titre au bon endroit” qui serait une réponse pertinente au taux de rupture élevé en permettant une meilleure adaptation de l'offre à la clientèle et d'augmenter ainsi les ventes. »

Craintes pour la pluralité de la presse...
Face à chacune des propositions gouvernementales de modernisation du pays, l'opposition crée une nouvelle peur. Le double-jeu politicien est clair, si on garde en mémoire la dénonciation du système par Laurent Joffrin en 2008.
Faute d'accord entre les éditeurs, un an plus tard, le député UMP a donc décidé de passer à la vitesse supérieure et de ne proposer rien moins que de faire table rase et de repartir sur de nouvelles bases.
Le député fait des propositions: « Face à un manque de volonté de la part des acteurs, il est proposé l'abrogation de la loi Bichet qui semble aujourd'hui faire obstacle à toute évolution du réseau. »
Autrement dit, les distributeurs seront désormais en mesure de refuser de diffuser un titre au simple motif qu'il ne se vend pas. La loi de l'offre et de la demande s'appliquerait à la presse. Presstalis (ex-NMPP), leader de la distribution de la presse en France et détenu à 49% par Lagardère en charge de la distribution, reste très mal en point financièrement depuis qu'il a repris les NMPP.
Le ministère de la Culture juge prématuré de préciser s'il soutient l'initiative de Richard Mallié.

vendredi 31 octobre 2008

Le Syndicat général du livre et de la communication écrite (SGLCE-CGT)

Exemple de dictature syndicale
Syndicat unique = dictature syndicale
C'est, depuis 1934 .en démocratie française, le syndicat unique des ouvriers de la presse quotidienne nationale française, dans les imprimeries et aussi la distribution de la presse. Il est adhérent de la Fédération des travailleurs des industries du livre, du papier et de la communication et il est … CGT !
Comme chez les dockers, cette organisation assure une double fonction :
1- celle de défense des intérêts des salariés de la presse quotidienne nationale
2- et celle de bureau de placement des ouvriers du livre dans les imprimeries de presse parisienne.
La convention collective stipule : « l’embauchage s’effectue par le chef de l’entreprise, ou son représentant, en accord avec les délégués ou selon les usages qui seront précisés par chacune des annexes techniques (...) ».

La CGT, pour l’équité ?
La CGT dispose ainsi d'un monopole d'embauches dans le secteur, source de sa puissance. Le système permet aux employés de bénéficier d'un très haut niveau de salaire. Ainsi, selon un rapport sénatorial, le poids des salaires dans les coûts de l'impression de presse (quotidiens) est de 80 % contre 35 % dans l'imprimerie de labeur (autres publications)
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Le syndicat CGT du livre : une verrue bolchévique
Le syndicat du livre est accusé d'être l'une des causes du déclin de la presse écrite quotidienne en France. Est notamment mise en cause la politique de prix élevés imposée par le syndicat aux imprimeries, destinée à éviter la concurrence entre imprimeries.
Ainsi la CGT défend-elle les emplois… mais la presse se meurt et les patrons sont les seuls responsables…

Liberté d’expression, vue par la CGT
  • Le dessinateur Plantu a dénoncé la censure effectuée par le syndicat du livre. Avec preuve à l’appui : une caricature dessinée pour le magazine La Vie du Rail (au moment des 25 ans du TGV), n'a pas été publié par la direction par crainte de la réaction syndicale de la CGT qui aurait pu entraîner le blocage de l'impression du magazine.
  • En 1991, la direction des NMPP découvre une cache, un dépôt clandestin, de plus de 5 000 armes dans un de ses entrepôts de Saint-Ouen. Ces armes avaient été détournées en 1980, puis cachées par des ouvriers membres du syndicat du livre CGT, lors de la faillite de Manufrance qui les fabriquait en prévision du « grand soir ». La direction des NMPP ne portera pas plainte. Or, selon Emmanuel Schwarzenberg (PRG), le scandale aurait été étouffé par le gouvernement socialiste complice de l'époque, soucieux de ménager la CGT.
  • De nombreux cas d'intimidation ont été rapportés vis-à-vis de journaux choisissant de ne pas passer par le quasi-monopole des NMPP. Par exemple,
  • en 2002, lors de la sortie du quotidien gratuit Metro, de nombreux cas de violences physiques vis-à-vis des distributeurs de Metro par des membres du syndicat du livre ont été rapportés ;
  • en 2007, le journal La Croix essaie de se libérer (Lire PaSiDupes)
  • en 1992, pareillement, la société Les Meilleures Éditions SA, éditrice des journaux Le Meilleur et Spéciale Dernière avaient voulu changer d'imprimeur afin de diminuer ses coûts. Le syndicat du livre a empêché d'autres imprimeries contrôlées par le syndicat du livre d'accepter les contrats dans la contrainte de grèves. Lorsque l'éditeur a fait appel à une imprimerie non contrôlée par le syndicat du livre (imprimerie de labeur), celui-ci a été séquestré et obligé de signer un nouveau contrat sous la contrainte. Par la suite, le syndicat du livre a empêché la publication des journaux pendant plusieurs mois par représailles.
    Sans commentaires...
  • mercredi 1 octobre 2008

    Crise de la presse : des assises sur fond de suspicion

    Intrigues et petits meurtres entre amis
    Le Président Sarkozy doit lancer les états généraux de la presse avec un discours devant 200 à 300 représentants du monde de la presse demain jeudi.
    Ces assises sont destinées à trouver des solutions aux difficultés économiques de la presse écrite, chantier qui suscite des attentes multiples et parfois divergentes des professionnels.

    Des propositions doivent être apportées aux problèmes économiques du secteur.
    Dans le climat actuel de méfiance instauré par les syndicats et sur fond de crise des quotidiens concurrencés par la presse gratuite et l'internet, il s'agit de "mettre à plat les difficultés de la presse écrite et voir quelles solutions apporter", explique-t-on à l'Elysée dans l'entourage du président.

    La presse, cette coquette capricieuse

    Pour Dominique Pradalier, secrétaire nationale du Syndicat national des journalistes (SNJ), syndicat dominant de la profession, "ce sera utile SI quelque chose en sort qui permette [subjonctif d'incertitude] à la presse de remplir sa mission d'information dans le pluralisme et d'améliorer la qualité de l'information". Or, certains patrons de presse défendent l’idée de supprimer les seuils légaux limitant les possibilités de concentration des médias dans les mêmes mains.

    De bien exigeantes danseuses

    "Si cela amène une baisse de qualité et de pluralisme sous des prétextes économiques et des objectifs de rentabilité, nous n'en voulons pas", a-t-elle anticipé, s’entêtant à ignorer que les organes de presse sont des entreprises et non des associations sans cesse renflouées par l’Etat. Or, la presse française, plus que ses consoeurs européennes, est mauvaise gestionnaire et se jette régulièrement éplorée dans les bras secourables des financiers, tout en exigeant son indépendance. Le journal Le Monde, malgré l'origine de ses finances, a-t-il perdu de son impertinence ?

    La coquette est inconsciente du monde

    Bien qu’elle observe la vie du monde comme il va, en dissèque les plaies et en commente les mutations, les journalistes se tiennent à l’écart, aussi frileux et hautains que de froids entomologistes épinglant des insectes sur leur planche, avant d’en décrire les malheurs et soubresauts. Ils n’ont pas noté que le monde a muté et que leurs privilèges personnels (ex. fiscaux) ne les mettent pas à l'abri si leur cadre de vie professionnelle, si protégé soit-il, n’est pas sain. Or, la tempête sur le système financier et l'économie mondiale vient s’ajouter au virus interne longtemps assoupi et négligé et pourrait donc affaiblir encore davantage la presse française, frappée par l'essor de l'Internet, de la presse gratuite et la baisse des recettes publicitaires et emporter le malade, si un docteur fou de la Bourse ne lui administre une injection improbable en cette période de pandémie financière.

    Après les appels au secours, les cris d’orfraie !
    Tous les grands quotidiens nationaux ont dû se résoudre à des saignées dans leurs effectifs ces dernières années et ont appelé à la rescousse de grands groupes privés pour les renflouer, ce qui aurait reposé le problème de leur indépendance, puisqu'ils ne sont pas responsables de leur hygiène de vie.
    Le tirage des grands quotidiens français est traditionnellement faible et les lecteurs ont désormais tendance à aller vers l'Internet (dont PaSiDupes ! ), les structures de distribution sont problématiques avec une faible densité de points de vente, des taux d'abonnement et de portage souvent encore réduits et la pression de la CGT.

    Organisation de ces assises
    Les assises de la presse sont organisées comme une sorte de forum de réflexion en quatre ateliers constitués autour de personnalités reconnues du secteur:
    - place des journalistes, qui devrait être dirigé par Bruno Frappat, président du directoire du groupe Bayard Presse ;
    - presse et société, concentration, qui devrait être dirigé par François Dufour, fondateur du groupe Play Bac Presse et d'un groupe de quotidiens pour enfants;
    - aspects économiques et industriels, qui devrait être dirigé par Arnaud de Puyfontaine, ancien président d' Emap France et de Mondadori France ;
    - et (probablement) le service public, qui devrait être dirigé par Bruno Patino, directeur général de France Culture et ancien vice-président … du journal Le Monde .
    Un point d'étape mi-novembre est attendu à l'issue de ces deux mois.

    Les oppositions
    Comme le SNJ, et malgré des réticences communes, le journal d'opposition Libération a accepté de participer à ces travaux, mais son directeur, Laurent Joffrin, a demandé dans son journal mercredi que les lecteurs et le public participent aux débats. Or, il ne s’agit que de surenchère, car les débats sont déjà prévus pour se dérouler sur un mode participatif. Certaines réunions pourraient être portes ouvertes et non pas toutes. Le vœu d’une sorte d’assemblée Générale (AG à la façon de Mai 68 à la Sorbonne) du brouillon Joffrin à l’élocution confuse a peu de chances de se réaliser : plus on est de fous, moins on rit, à l’arrivée ! "Pas d'Etats généraux sans le Tiers-Etat. Le mot d'ordre s'impose dans la république de l'information", écrit-il, plein de mots et slogans, à défaut de réflexion. Pour la démagogie, Libération n’a rien à apprendre, mais la presse a mieux à espérer.
    Emmanuelle Mignon, conseillère auprès de Nicolas Sarkozy en charge du dossier a récemment souligné : "Dans mon idéal à moi, dans chaque pôle il y aura des parties prenantes qui rendront une copie" en s'étant mis "d'accord sur cinq propositions".

    La base de départ
    Nicolas Sarkozy ne lance pas ces « états généraux » comme une chanson au Zénith : en les annonçant en juin, le président a déjà ouvert quelques pistes de réflexion.
    Il avait relevé un "gigantesque problème de distribution", estimant qu'il fallait développer le portage à domicile et multiplier les points de vente des journaux. "Est-ce qu'il ne faut pas créer des groupes multimédias alors qu'aujourd'hui tout est fait pour les éviter ?", s'était-il aussi interrogé.

    Chez les professionnels, ces états généraux suscitent des attentes multiples et divergentes.
    Du côté des éditeurs, la distribution apparaît comme une question centrale, alors que les tarifs postaux pour l'acheminement des abonnements vont bientôt augmenter et que le nombre de points de vente est largement inférieur à ce qu'on observe en Allemagne ou en Grande-Bretagne.
    Alain Weill, propriétaire de La Tribune, estime que le développement du portage des journaux à domicile devra être un "sujet fondamental", tandis que le président de Lagardère Active, Didier Quillot, veut, entre autres, faciliter la vente dans les hypermarchés.

    Terrain miné
    Parce que les ouvriers du Livre sont régulièrement responsables de l'importance des coûts d'impression, Alain Minc a souhaité que les états généraux "aident à mettre à bas le monopole du syndicat du Livre", qu'il a qualifié de "verrue". La grève démange donc la CGT, mais ce serait faire la démonstration que, sans elle, les coûts pourraient baisser…
    Les éditeurs devraient également mettre sur la table la question du droit d'auteur des journalistes, mais ces derniers craignent que cela porte atteinte à leur droit moral sur leurs oeuvres. Or, la question, elle aussi ‘morale’, du régime fiscal très spécial des journalistes pourrait être amené sur le tapis des discussions…
    Pour les syndicats de journalistes, la question de la qualité de l'information doit être placée au centre des débats. Un aveu d’échec, mais sont-ils les mieux placés pour la redresser, puisqu’ils sont responsables de son abaissement : allons-nous vers des auto-mutilations ?
    "La première chose à faire si on veut améliorer la santé économique des entreprises, c'est de faire en sorte qu'elle retrouve la confiance du public", estime, sans sourire, le secrétaire général du SNJ, Alain Girard. Or, les lecteurs se détournent de la presse parce qu’ils se savent intoxiqués. Pourquoi payer la désinformation, si, sans débourser un sou, on peut être manipulé par la presse gratuite.
    Syndicats et sociétés de journalistes, ce qui est largement la même chose, souhaitent également que les débats permettent d'octroyer une reconnaissance juridique aux rédactions, afin de protéger leur indépendance. Indépendance militante ou journalistique ? Au moment où s’engage la réflexion, la confusion reste entière…

    Le projet
    Un rapport remis à Nicolas Sarkozy mi-septembre et rédigé par Danièle Giazzi, secrétaire nationale de l'UMP, envisage une action des pouvoirs publics pour favoriser la création de groupes de presse plus concentrés.
    Le rapport, envisage de changer le statut de l' A*P en société anonyme et d'ouvrir éventuellement son capital.
    Il est aussi question de créer un fonds d'investissement pour la presse, un "observatoire du pluralisme" placé auprès du Premier ministre et de donner au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) la tâche de vérification du respect du pluralisme.
    Il est question enfin de l'inscription des chartes de déontologie dans les conventions collectives et de déréglementer le secteur de la distribution.

    Petits meurtres entre amis
    Le suspicieux SNJ envisage déjà que le président de la République pourrait être tenté d'étendre la mainmise de grands patrons de presse dont il est proche, comme Arnaud Lagardère (Europe 1, le JDD), Bernard Arnault (Les Echos) ou Martin Bouygues (TF1). Dominique Pradalier dit soupçonner un "calcul politique" de l'Elysée.
    Curieusement, le SNJ, modèle d’objectivité, ne pointe ni Rothschild qui a pourtant renfloué Libération, ni les capitalistes du Nouvel Observateur. Des assises qui commencent sur une criante injustice : ce syndicat envoie certains à la guillotine mais sauve la tête de ses amis…

    Peut-être que l’avenir des sites Internet de journalistes dissidents, ou non, mais plus radicaux (Rue 89, Le Post ou Bakchich), retiendra toute son affectueuse attention, dans le secret des entre-deux portes de ces assises.