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lundi 5 avril 2010

Liberté d'expression: Jean-Marie Bigard, interdit par France 2

Stéphane Guillon serait politiquement correct

De même que les aigris du Modem subissent l'hégémonie des grands partis, Marianne souffre du mépris du Nouvel Observateur ou que Paris Match jouit d'une aura que Gala ne parvient pas à égaler, Stéphane Guillon bénéficie d'une invraisemblable tolérance de la part des media dominants.

Il doit bien y avoir une raison -ou plusieurs- à cela, qui ignorent le talent. La qualité pourrait expliquer certaines haines, plaies ouvertes ou suppurantes. A défaut, le critère d'audimat et donc de popularité populisme devient le scandale. Sur ce terrain, trois humoristes se dégagent du lot. La fausse niaise, Anne Roumanoff, ne satisfait pas ce critère, mais Stéphane Guillon et Jean-Marie Bigard font très fort dans le genre et prospèrent également sur le fumier de de la vulgarité. Les propos des deux humoristes sont moches chacun à leur façon: les uns sont méchants, les autres sont grossiers, mais les deux sont scabreux. Ils ne sont pourtant pas appréciés pareillement et la gauche progressiste tombe dans ses propres pièges du manquement à l'objectivité égalitaire et juste.

La dictature de l'intelligentsia

Stéphane Guillon peut bafouer le politiquement correct

Si on écarte d'emblée l'alibi socio-culturel qui ne tente pas Bigard, reste les malencontreuses prétentions politiques de Guillon.
Ce dernier, caricaturiste au second degré revendiqué, milite visiblement et grossièrement, ce en quoi -d'une certaine façon- il rejoint Bigard. Ainsi se moque-t-il du physique: le menton 'mussolinien' de Lionel Jospin ou le profil d'Eric Besson. Lien PaSiDupes Il parodie celui-ci de la manière la plus outrageante qui soit, avec l'approbation des siens, parmi lesquels Demourant et Bedos.


Mais c'est Bigard qui est étiqueté vulgaire
Son fameux sketch "Le lâcher de salopes", certes peu élégant, est particulièrement visé par ses censeurs, au point de provoquer l'ire du CSA. A noter que les Verts ne l'ont pourtant pas poursuivi pour son sketch mettant en scène des chauves-souris. Les Chiennes de garde auraient-elles infiltré le CSA qu'elles réussissent à relancer une censure d'un autre âge, revisitée par les féministes, vigilantes et vertueuses ?
Dans ce combat éthique, si douteux soit-il, l'humour politique est protégé; l'humour basique est exposé.


Bigard est méprisé de l'intelligentsia bobo, culturellement urbaine, versatile et superficielle, tandis que Guillon est aimé de la populace aux mains rudes et aux goûts simples et près de la nature. Le premier ne revendique pas ce second degré que Stefan Guillon usurpe et qui ne le surclasserait pas s'il le maîtrisait.

L'un est de droite, l'autre de gauche
Et quiconque, par un vieux réflexe gauchissant, penserait que c'est celui de gauche qui est victime d'une chasse aux sorcières par le pouvoir de droite, aurait tout faux. Il faut faire en effet le ménage dans les idées toutes faites.

En bref, la liberté d'expression est fonction de la cible
Un humoriste qui porte à gauche peut tirer à vue sur la droite, mais, à l'inverse, celui qui ne peut exhiber un tableau de chasse chargé de personnalités adverses est suspect a priori. Il est rapidemement placé sous l'étroite surveillance des "vigilants" et son espérance de vie est limitée.

Les laïcs vertueux pratiquent la mise à l'index

Les associations républicaines se montrent plus puritaines et injustes que l'Eglise de l'Inquisition et tous les artistes ne sont pas logés à la même enseigne de l'intolérance.

La règle n'est pas la même pour tous en démocratie
La république bat la monarchie absolue, car on est plus ou moins libre selon qu'on est plus ou moins proche des réseaux, collectifs et associations.
Ainsi, suite à l'annonce faite au CSA de la venue du sulfureux Jean-Marie Bigard dans l'émission "Les années bonheur", Patrick Sébastien a reçu un courrier ubuesque lui enjoignant de ne pas diffuser le sketch pernicieux avant 22h, de peur de heurter la sensibilité des plus jeunes (officiellement), mais surtout des douairières goitreuses, des dames patronnesses pincées et des féministes hirsutes, ces dernières cumulant souvent plusieurs caractères des précédentes, sans compter qu'elles braillent et agressent plus efficacement que nos anciens adjudants de quartier, quand elles descendent de leur semi-remorque pour manifester ou dénoncer les provocateurs du méchant sexe.

Jean-Marie Bigard et son lancer de « bip-bip »

Patrick Sébastien s'est bravement porté au côté de son confrère à l'humour tout aussi gras.
Dresseur du public de son émission de cirque, il hurle les ordres « assis! » et « debout ! », mais ne s'est pas couché devant le CSA sans gronder: il cultive une image de rebelle et comprend la victime de la censure puisqu'il ne brille pas non plus par sa finesse.

Sébastien a aussi révélé, plus qu'une pression, une interdiction qui, au XXIe siècle, vaut bien une mise à l'index du XVIe siècle.
Dans l'Eglise, cette liste officielle des ouvrages interdits fut supprimée en 1966, sous Paul VI, après le concile de Vatican II. La république des associations vient de rétablir la liste noire des oeuvres immorales, selon les règles du CSA. Telle est la volonté, non pas du pape ou du roi, mais d'une association floutée, qui n'ose se nommer ...

Le pays des libertés est passé sous le joug des associations !
Du coup, et pour la première fois en France, le sketch d'un humoriste a été diffusé avec la mention "Interdit au moins de 12 ans"...
Aucune pétition, aucune polémique n'a surgi, ce qui désigne assez clairement les censeurs ou indique sans risque d'erreur depuis quel côté le coup est tiré.

VOIR et ENTENDRE l'adaptation que fait Bigard de son sketch, sous la contrainte:

Bigard interdit d'antenne avant 22h sur France 2 par le CSA
envoyé par zap-tele

«Quand on ne peut plus avoir la liberté qu'on avait sous les tyrans, on jouit au moins des tyrannies de ceux qui parlent de liberté.»
Ferdinand Bac - La flûte et le tambour

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