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lundi 20 décembre 2010

Espagne: le gouvernemant socialiste va vers la retraite à 67 ans

Dans l'opposition, le PS marche à reculons vers la retraite à 60 ans

Le réalisme des socialistes aux affaires

Tout socialiste qu'il est, le ministre espagnol du Travail Valeriano Gomez a confirmé lundi que, dans sa prochaine réforme des retraites, le gouvernement Zapatero va proposer de reculer l'âge du départ de 65 à ...67 ans tout en allongeant la période de référence de 15 à 20 ans. " La meilleure façon d'allonger la durée du travail est de reculer l'âge de départ en retraite à 67 ans ", a-t-il déclaré à la radio privée Cadena Ser. Ceux qui " veulent continuer à partir à 65 ans pourront le faire, mais dans ce cas ils devront accepter une baisse de leur pension", a-t-il ajouté.

Concernant la période servant de référence pour calculer le montant de la pension, " il faut passer de 15 à 20 ans, sans abandonner ensuite la possibilité de l'augmenter peu à peu jusqu'à 25 ans ", a-t-il dit, estimant que " l'objectif est que la majeure partie de la carrière des personnes soit prise en compte au moment de calculer la pension ". Le Parti socialiste (PSOE) a conclu cette semaine un accord partiel sur cette réforme avec le principal parti d'opposition, le Parti populaire (PP, droite) , concernant justement l'allongement de cette période de référence pour calculer le montant des retraites.

Le ministre a assuré qu'il n'y aurait " pas de baisse des pensions des retraités actuels ". Le gouvernement a déjà décidé en mai, dans le cadre de son plan d'austérité, de geler la revalorisation de certaines retraites en 2011.
La réforme des retraites, réclamée par les marchés et les institutions internationales comme la Banque Centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI), doit être approuvée le 28 janvier en Conseil des ministres.

Les deux grands syndicats espagnols, UGT et CCOO, ont organisé samedi une quarantaine de manifestations contre cette réforme, dont un rassemblement de quelques dizaines de milliers de personnes à Madrid.
Si l'Espagne a la chance d'avoir une opposition de droite intelligente, que dire de ses syndicats ?

Marche arrière démagogique des socialistes de progrès dans l'opposition

Mme Brochen-Aubry, le Premier secrétaire du PS, maintient mordicus sa promesse de retour à l'âge de départ à la retraite à 60 ans, si le PS revenait aux responsabilités...

La Ch'tite Aubry avait déclaré en début d'année que l’âge de la retraite pouvait passer à 61 ans ou 62 ans, à condition que soit concédées des contreparties pour les métiers pénibles et le maintien dans l’emploi des cinquantenaires. Mais il semblerait que les décrypteurs se soient mis le doigt dans l'oeil jusqu'à la cornée: personne n'avait rien compris !

Mais avant la fin janvier 2010, l'otage d'Emmanuelli-Hamon avait rétropédalé sur sa bécane b'Twin, fabriqué par les défavorisés chinois et assemblés par les assistés français de sa région.
Après l’adoption - à l’unanimité - par le Bureau national d’un texte qui se prononce pour le maintien de l’âge légal de départ à 60 ans, Martine Aubry expliqua que cette position ne diffère pas de ce qu’elle avait dite… "Le départ à 60 ans doit rester un droit mais la réalité aujourd’hui, c’est que beaucoup de Français partent à 61 ou 62 ans", a-t-elle déclaré sur le plateau de TF1 qui l'interviewait pour essayer d'y voir clair.

En mai 2010
, pas d'ambiguïté pour Martine Aubry. Si le Parti socialiste revenait au pouvoir en 2012, il maintiendrait l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans, ou le rétablirait si la réforme du gouvernement prévoyait de le repousser. Pour la butée, un tel report de l'âge légal serait en effet «injuste». « En plus, cela ne réglerait qu'une partie des déficits du système de retraite, et pas la plus grande », a-t-elle déclaré dans un entretien au Parisien dimanche. Selon la maire de Lille, repousser cet âge reviendrait à « transformer les retraités en chômeurs ». Mais le départ à 60 ans garantirait-il un taux plein de retraite ou un taux réduit ?

En octobre 2010, elle s'enfonce: " Je crois que les Français me connaissent. [Pas encore suffisamment!] Je crois n'avoir jamais rien dit que je crois ne pas pouvoir faire. C'est pour ca que je redis que nous reviendrons aux 60 ans [avec des nuances...] pour ceux qui ont fait des travaux pénibles et qui ont commencé à travailler tôt. Je m'y engage. Et tous les socialistes sont d'accord là-dessus [?], je le dis aussi parce que les petites manipulations et la communication du gouvernement, ca va !"

Zapatero s'apprête à montrer qu'il connaît la maire de Lille mieux que les Français.
Tous les Espagnols sont d'accord là-dessus.

Le socialisme est inaudible

Les responsables socialistes espagnols n'ont pas dû bien comprendre non plus la Ch'tite Aubry. Il est vrai qu'ils ne connaissent pas la même crise internationale et ne vivent pas dans la même Europe.

“Vérite en deca des Pyrenees, fausseté au-dela”
(Montaigne)
En bref, 'droit' en-deça de la Rue de Solférino, erreur alentour...

lundi 11 octobre 2010

La retraite à 20 ans ! Et la solidarité inter-générationnelle, alors ?

Les jeunes étaient dans la rue. Mais quels jeunes ?
Causeur
a publié cet article, le 6 octobre 2010:

Une première ! Cette fois-ci, la manif contre la réforme des retraites a été convoquée un samedi. Pour les syndicats son bilan est positif : la mobilisation, disent-il s’est élargie avec succès aux familles et aux jeunes. Contents d’eux, ils estiment pouvoir s’approprier l’argument central de la réforme des retraites du gouvernement, la solidarité intergénérationnelle, pour légitimer leur contestation. Et c’est vrai, ce samedi, toutes les générations étaient représentées dans le cortège parisien. Des parents avec les poussettes jusqu’aux retraités en passant par les quinquas syndiqués, tous ont défilé dans une chaleur fusionnelle.

Et puis, il y a cette catégorie approximative, les jeunes. Ils sont là, eux aussi. Ces jeunes, qui jusque là étaient restés à l’écart du mouvement social, sont propulsés au-devant de la scène par les syndicats. Plus question de rester en retrait des retraites car « La retraite, c’est une affaire de jeunes » martèlent les organisations d’étudiants. Ce qui laisse songeur… Les jeunes militent pour la fin de leur vie active alors qu’ils ne l’ont même pas encore entamée, voilà qui est encourageant. La relève est assurée… Penser à l’après-travail et non au travail lui-même. Penser au retrait du monde et non à sa transformation, vouloir le quitter, ventre à terre, avant même de tenter de le conquérir tambour battant, quelle force de caractère pour cette génération que l’on dit « sacrifiée ». [La génération montante ? L'espoir de la nation ?]

En réalité, ils assument pleinement leur rôle de martyrs. C’est leur philosophie fataliste qui domine. Il faut les voir à l’œuvre. Comme pour chaque conflit social, ils sacrifient leurs études [et leurs bourses!] pour aller s’agiter dans la rue, dans cette rue qu’ils prennent pour une fête à thème [dommage collatéral de la fête de la musique...]. Mais leurs T-shirts à l’effigie du Che dissimulent mal leurs âmes conservatrices et apeurées. Ils jouent aux protestataires mais prônent le statu quo.

Un mois à peine après la rentrée, des ados en colère commencent à bloquer leurs lycées. Les étudiants syndiqués préparent les assemblées générales et les futurs blocages des facs. Et tous se voient déjà rejouer le scénario gagnant de 2006 qui avait enterré le Contrat Première Embauche (CPE)1 du gouvernement Villepin. [Les syndicats les assurent que l'Histoire se répète] CPE qui, en passant, manque cruellement aujourd’hui.

Le CDD, idole des jeunes

A les voir défiler, on ne peut que se demander où sont passés les jeunes diplômés ?
Car au final, parmi tous les jeunes, ce sont eux qui sont les plus légitimes pour prendre la parole. Ce sont eux qu’on devrait entendre, qui devraient crier leur incompréhension face à un gouvernement, qui avait pourtant fait campagne sur la revalorisation du travail et la méritocratie. Ce sont eux, ces plus de 25 ans, qui ont effectué un parcours sans faute, suivi de bonnes études, et ne demandent qu’à être insérés dans la vie active. Ce sont eux qui ont accumulé des diplômes toujours de plus en plus spécifiques pour coller au mieux à la logique des recruteurs. Ce sont eux qui ont additionné des stages espérant à chaque fois que le dernier se transforme en un malheureux CDD, ou si ce n’est pas le cas, en priant le ciel de pouvoir les revendre comme une expérience professionnelle alors même que ces stages ne sont reconnus comme tels ni par les employeurs ni par le Pôle Emploi. Où donc est la logique dans tout ça ? Oui, les grands perdants du projet de loi, ce sont bien ces jeunes diplômés, sans emploi et invisibles car non comptabilisés dans les chiffres du chômage puisqu’ils n’ont jamais « travaillé » en tant que salariés.

Ce sont eux qui auraient dû défiler samedi pour protester non pas contre le report de l’âge légal de départ à la retraite, mais contre le report de l’âge réel d’entrée dans la vie active.
En s’attaquant bille en tête au chômage, Nicolas Sarkozy aurait été cohérent avec ses promesses électorales [si on fait abstraction de la crise économique internationale et de la dette publique accumulée]. En faisant de la retraite sa réforme-phare, il plonge le pays dans la déprime généralisée.

Mais la déprime n’a pas fait de victime samedi. La Nuit Blanche a remplacé le Grand Soir.

=> (Il faut rappeler que le CPE était un CDI, certes assorti d’une période d’essai de deux ans mais où le mérite au moins pouvait encore être reconnu. Son abandon a été le début de la fin. En donnant plus de souplesse aux entreprises, il aurait permis d’embaucher plus facilement et aurait évité que les jeunes diplômés ne se retrouvassent sans rien après leur stage de fin d’études.)

lundi 4 octobre 2010

Le PS appelle l'UNEF à la rescousse pour la manifestation du 2 octobre

L'UNEF est missionnée pour pousser les jeunes dans la rue

Spontanément, les étudiants n'avaient pas pas encore bougé.

Ils se sentent tout à coup concernés
Les responsables de l'organisation étudiante de gauche ne manqueront pas l'occasion de se distinguer et d'assurer leur carrière politique au PS.
Les étudiants ont beaucoup moins à gagner, mais le romantisme de la révolution opère à chaque fois: il suffira de les convaincre qu'ils ne sont pas plus nuls que leurs anciens combattants contre le CPE.
La FIDL et l''UNL ne devraient pas tarder à s'inviter à la fête.

VOIR et ENTENDRE Jean-Baptiste Prévost, président de l'organisation d'étudiants, lance une campagne pour mobiliser les jeunes le 2 octobre.


L'UNEF agite certaines peurs

Selon lui, la réforme "va se traduire par plus de chômage pour les jeunes en début de carrière" et pas de retraite à la fin."

L'UNEF en tait d'autres
Il a, en revanche, la consigne de ne surtout pas aborder la question du maintien du niveau des pensions et de la baisse inéluctable du pouvoir d'achat des retraités, si le PS revient au pouvoir pour ramener - comme promis - l'âge de départ à 60 ans...

mercredi 15 septembre 2010

L'opposition lance ses militants contre le Palais Bourbon

Les manifestants tentent de faire pression sur les élus de la nation
Allez, on se sert bien, pour la photo !

La gauche tente de mobiliser la rue contre les élus


La CGT et la FSU, FO et la CFDT, la CFTC CGT et la CFTC, l'UNSA et la CFE-CGC et les révolutionnaires de Solidaires/Sud ont rassemblé leurs manifestants place de la Concorde, face à l'Assemblée Nationale, entre la place de la Concorde et les quais de Seine, pour exiger un retrait pur et simple du projet de loi.

Les opposants à l'exercice de la démocratie ont été empêchés de s'approcher du Palais Bourbon pour préserver la sérénité du vote des députés. Ils avaient déployé une grande banderole blanche de 10 mètres sur 3, où on pouvait lire: " Messieurs et mesdames les députés, ne votez pas, cette réforme est injuste ".Une agitation inutile pour une cause perdue

Cette manifestation d'intimidation a fort peu mobilisé par rapport à celle du 7 septembre et les chiffres ne sont pas encore publiés: quelques milliers de salariés, de militants syndicaux et de retraités.

Les organisations syndicales ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation nationale le 23 septembre, souhaitant une grève générale interprofessionnelle après celle du 7 septembre.

Divisée, la gauche n'en continue pas moins d'agiter le pays

A l'heure où par 329 voix pour et 233 contre, le Parlement adoptait la loi de passage de l'âge de départ à la retraite de 60 à 62 ans,

un responsable syndical FO a expliqué que la seule solution était "un retrait inconditionnel" du texte qui prévoit le report de 60 à 62 ans de l'âge de départ en retraite. S'exprimant sur une tribune installée à l'entrée du pont menant à l'Assemblée nationale, à la différence du PCF, il n'a pas combattu le projet socialiste qui accepte les baisses inévitables du niveau des pensions.

Les anti-parlementaires ne se lassent pas

=> D'un côté le Parti socialiste, par la voix de l'ancienne candidate à la présidence, Sa Cynique Majesté Royal a solennellement promis la semaine passée à la télévision que le PS entend - malgré le risque de paupérisation qu'il fait peser sur les pensions de retraite - néanmoins maintenir le droit à la retraite à 60 ans s'il revenait aux affaires dans 2012.
=> Mais le responsable FO a également précisé qu'il ne "faisait pas confiance à ceux qui promettent le retrait de la réforme en 2012".

Seront-ils pourtant « tous ensemble ! » le 23 septembre à bloquer l'économie du pays,
comme ils ont tenté de bloquer le débat parlementaire ?

La majorité silencieuse, muselée par la plupart des organes de presse, sera AU TRAVAIL JEUDI PROCHAIN.

jeudi 9 septembre 2010

Retraites: Sarkozy en dit plus sur les concessions promises

L'opposition parle aussitôt de recul sur la pénibilité

La gauche n'obtient que ce qui lui était promis

Le pouvoir s'était dit prêt à discuter certains points de son projet de réforme.
Nicolas Sarkozy confirme que la pénibilité est ouverte à la discussion, alors que l'âge légal de la retraite passera bien de 60 à 62 ans.

Pour faciliter une sortie de crise digne et éviter les débordements des syndicats représentatifs par les extrémistes, le Chef de l'Etat a précisé jusqu'où il pouvait aller pour garantir l'avenir des régimes de retraite.

Le gouvernement avait promis des avancées bien avant la mobilisation organisée mardi 7 septembre contre la réforme des retraites. Dans un communiqué diffusé par l'Elysée, le président de la République, Nicolas Sarkozy les a précisées, se disant «attentif» aux préoccupations des manifestants. « C'est une réforme essentielle. Il est donc normal qu'elle suscite des inquiétudes et des mobilisations importantes, comme cela a été le cas hier. Les organisations syndicales sont dans leur rôle lorsqu'elles appellent à des manifestations ou à des grèves. Je suis attentif aux préoccupations qui sont ainsi exprimées », a dit le chef de l'Etat.

Pénibilité

Le texte originel prévoit que les personnes reconnues en incapacité au taux de 20% ou plus pourront continuer à partir en retraite à 60 ans. La nouvelle mouture prévoit d'accorder également ce droit aux salariés dont l'incapacité est comprise entre 10% et 20%, à condition qu'une commission constate que ces salariés restent soumis à des facteurs de pénibilité. Concrètement, « avec ce seuil, on inclut les troubles musculo-squelettiques de la caissière qui scanne des articles ou de la secrétaire qui tape à l'ordinateur toute la journée, ou le mal de dos du manutentionnaire», illustre une source élyséenne. Cette commission sera
« pluridiciplinaire », c'est-à-dire qu'elle incluera des médecins, des ergonomes mais aussi, sans doute, des partenaires sociaux - un point à préciser par décret, après une nouvelle consultation des syndicats.
COÛT: 300 millions d'euros par an, pour un nombre estimé de 20.000 bénéficiaires supplémentaires chaque année. Cette somme à la charge de la Caisse accidents du travail-maladies professionnelles. Autrement dit, des entreprises, puisque cette branche de la Sécu est exclusivement financée par des cotisations patronales - or le gouvernement n'entend pas que cette branche, grosso modo à l'équilibre financier, s'installe durablement dans le déficit.

Accord d'aménagement de fin de carrière

Les branches professionnelles et les entreprises pourront signer des accords d'aménagement de fin de carrière (temps partiel, tutorat...) pour les salariés exposés à des facteurs de pénibilité (travail de nuit, port de charges lourdes, exposition au bruit ou à des produits chimiques, tâches répétitives...). Rien d'obligatoire, mais les branches signataires bénéficieront d'une aide financière publique. « Un peu comme la loi Robien ».

Pas question toutefois que ces accords prévoient une cessation d'activité anticipée : l'exécutif ne veut pas recréer créer de nouveaux régimes spéciaux. Enfin, les agriculteurs pourront bénéficier du dispositif pénibilité.
COÛT: le «fonds public expérimental» pourrait être doté par l'Etat de quelques dizaine de millions d'euros.

Médecine du travail

La prévention de la pénibilité sera intégrée aux missions des services de santé au travail. Le gouvernement devrait aussi accepter un amendement parlementaire les dotant d'une gouvernance paritaire (patronats-syndicats), alors que jusqu'ici ils dépendent uniquement des chefs d'entreprises.

Enfin, les entreprises ne se dotant pas de plans de prévention de la pénibilité seront frappées d'une pénalité représentant 1% de leur masse salariale.

Carrières longues

Une exception sera faite au principe selon lequel les modifications de règles du jeu en matière de retraites s'appliquent toujours par année de naissance. Aménagement complexe mais aux conséquences très concrètes pour les personnes ayant commencé à travailler avant 18 ans et nées avant 1960. Exemple cité par la présidence de la République: un homme né en 1953 et ayant travaillé sans interruption depuis ses 16 ans peut actuellement partir en retraite à 58 ans. La réforme aurait dû repousser cette possibilité à ses 59 ans ; ce sera finalement 58 ans et quatre mois.
COÛT : 350 millions au total, d'ici 2018.

Polypensionnés

Les personnes ayant passé moins de 15 ans dans la fonction publique et le reste de leur carrière dans le privé sont jusqu'ici « transférées » dans le régime général (Cnav) pour toucher leur retraite. Avec une double conséquence: l'impossibilité de bénéficier du calcul de la pension sur les six derniers mois de salaire, et un désagréable rappel de cotisation de la Cnav. Cette question des « titulaires sans droits » sera largement atténuée en ramenant à deux ans la durée de travail dans l'administration nécessaire pour toucher une retraite de fonctionnaire.

Les autres cas de personnes ayant cotisé à plusieurs régimes au cours de leur carrière feront seulement l'objet d'un rapport, pour recenser les gagnants et les perdants d'une éventuel le harmonisation des règles.
COÛT : neutre pour les finances publiques, selon l'Elysée.

Fonctionnaires mères de trois enfants

Celles qui disposeront de 15 ans de service conserveront la possibilité de partir en retraite à tout âge, avec les mêmes conditions financières qu'actuellement, à condition d'être à moins de cinq ans de l'âge de la retraite dans leur catégorie (60 ans en général, mais 50 ou 55 ans chez les policiers et les aiguilleurs du ciel, des hyperprivilégiés ...) au moment de l'entrée en vigueur de la loi. Cette possibilité sera ensuite supprimée, comme prévu.
COÛT : 200 millions d'euros par an, pour un nombre total de 25000 bénéficiaires environ.

Parmi les laissés pour compte, les enseignants

On les aime bien les nazes, mais aucune pénibilité n'est reconnue à cette profession bien lotie en congés et qui travaille ...assise !

Tant pis s'il leur est interdit de tourner le dos à leurs têtes blondes et frisées et s'ils ont de belles notes de teinturier, en encre et en crachat, de garagistes, en carosserie et en pneumatiques, ou d'hôpital, en dépressions et en points de suture...

jeudi 17 juin 2010

Sondage: la réforme des retraites partage également les Français

Environ 50% des Français jugeraient la réforme des retraites "injuste et inefficace"
La gauche - syndicale, politique et médiatique - peine à convaincre les travailleurs

La formulation des termes du sondage est une nouvelle fois tendancieuse. En effet, écarter la notion de 'réalisme' au profit de celle de 'justice' constitue un choix politique de la part des sondeurs.
Lire PaSiDupes sur le contenu du projet présenté le 15 juin Le réalisme prévaut en effet partout en Europe, alors qu'il ne parvient pas à s'imposer nettement dans une France naturellement portée à la contestation et sous influence des organes de presse.
Lire PaSiDupes sur l'âge de la retraite dans les pays de l'Europe
En revanche, l'hypocrisie de l'opposition ne trompe guère.
Nicolas Sarkozy a fait le choix d'une réforme que l'opinion peut comprendre et accepter. Le réglement de l'héritage d'une décision non financée en 1982 ne pouvait être éternellement différé et l'Union Européenne fait pression.
Lire PaSiDupes sur les réactions convenues au projet

Des intitulés douteux ne sont pas seuls en cause

Des décalages considérables de réponses peuvent s'expliquer pour des raisons plus techniques qu'idéologiques. Si on prend l'exemple du sondage CSA/Aujourd'hui en France/Le Parisien, il a été réalisé par téléphone sur la seule journée du 16 juin sur un échantillon national représentatif de 940 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

Considérant qu'environ 50% de la population ne peut pas être sondée car soit elle a seulement un téléphone portable (surtout parmi les jeunes), soit parce qu'elle n'est pas présente chez elle aux heures où les sondeurs appellent, l'échantillon dit représentatif n'est pas suffisant.

De plus, les statisticiens sont amenés à opérer un grand nombre de corrections des données obtenues. Ces manipulations des données recueillies sont la porte ouverte à toutes les suspicions.

Enfin, la marge d'erreur est de 2 ou 3 %, selon Jérôme Sainte-Marie, directeur de BVA Opinion.
Mme Roger-Petit à son Bruno (LePost)

Le sondage du jour révèle donc un partage égal des Français sur le sujet

Le report de l'âge légal de la retraite à 62 ans est jugé "injuste et inefficace" par 52% des Français, dont 60% ne sont pas d'accord avec le recul de l'âge de la retraite à 62 ans, selon ce sondage CSA/Aujourd'hui en France publié jeudi.

Mais, le méchant jeu politique de l'opposition ne trompe guère. Egalement 52% des sondés pensent que si le Parti socialiste revenait aux responsabilités, l'âge légal de départ à la retraite ne serait pas fixé à 60 ans à nouveau.

Quel crédit accorder aux sondages ?

Des positionnements clairement politiques
Les sympathisants de droite sont plus nombreux à ne pas trouver ce projet "injuste" que ceux de gauche (23%contre 65% ), et inefficace (31% contre 65%).
Le citoyen est en droit de se demander quelle confiance il peut accorder à de telles fluctuations.

Du pipeau
Mieux, quelle valeur peut-on accorder aux commentaires que suscitent les sondages. Le tripotage idéologique à la pipette ne suffisant pas, faut-il vraiment ajouter aux approximations successives une dose de subjectivité à la louche ?

mardi 1 juin 2010

Retraites: Hollande s'accroche au dogme des 60 ans

Sur la même ligne que les réactionnaires Hamon et Fabius

Reculades et reniements des funambules socialistes

Le député socialiste de Corrèze était l’invité de France Info à la veille de la grève du 27 mai ('unitaire', sans FO !), qui aurait attiré dans la rue le million désiré (mais que Mediapart dévalue à 600.000) et avant donc qu'elle ne s'avère un nouvel échec.

Le PS n'a toujours pas découvert les règles du « débat participatif » démocratique

Sans doute est-il sensible au pléonasme... Toujours est-il que la gauche ne peut comprendre que le gouvernement puisse laisser ouverte la discussion.
Puisqu'il n'impose pas, elle l'accuse de « distiller un certain nombre d'informations ou de rumeurs », selon Hollande, mais, aussi bien, de « nier que des décisions ont été actées », alors que Xavier Bertrand se voit précisément reprocher partout de ne pas fixer de chiffres et de ne pas figer le débat. L'opposition a en fait la volonté de persuader qu'il a déjà bouclé la réforme.
Ainsi se dispense-t-elle du même coup de lever le mystère sur ses prétendues innovations et sur le néant de ses propositions.
Une fois de plus, la faisant fonction de premier secrétaire du PS, la Ch'tite Aubry, cède au triumvirat socialiste Hamon-Emmanuelli-Fabius: lire PaSiDupes

Le PS concentre et gonfle les angoisses

L’ancien numéro 1 du PS est un modulateur
Il accuse le gouvernement d'avoir "la volonté de tout faire passer par le report de l’âge légal". C'est depuis des décennies sa manière de s’opposer sur tous les sujets et donc au recul de l’âge légal de la retraite, mis en débat par le gouvernement. Si, pour Martine Aubry, la retraite à 60 ans n'est pas un "dogme" (selon DSK), ce n'est pas non plus "une règle", selon Hollande ! Le porte-parole bis du PS est pourtant venu énoncer les «principes» d'un PS unanime.
Hollande explicite la pensée « unitaire » (sans Valls ni DSK)
Le report de l'âge de la retraite pénalise "ceux qui ont commencé la carrière tôt". Peu lui importe donc qu'elle pénalise en revanche ceux qui ont fait des études pour accéder aux responsabilités et font des arrêts cardiaques et des AVC avant 50 ans. Hollande ignore le stress et les 15 heures de travail par jour: il ne redoute rien tant que d'avoir les mains calleuses et les ongles cassés et noirs.

Le socialiste Dominique Strauss-Kahn s’est pourtant montré favorable à un report de l’âge légal.
A l'inverse, le PS d'Aubry n'a pas changé de millénaire
A Hollande qui dit « avoir des 'mémoires' [sic] qui ne sont pas sélectives », il faut rappeler que DSK est à l'origine de la loi des 35 heures que la Ch'tite Aubry a dû promouvoir et endosser et que le PS la défend depuis, bec et ongles.
Contradiction entre solistes socialistes ?
Au nom du dogme à l'ancienne, Hollande n'a pas dissimulé son souhait de tenir le phénomène socialiste loin de France et, geste à l'appui, de le « laisser travailler à la tête d'une organisation internationale »: "Je ne commente pas son propos" .

VOIR et ENTENDRE

L'ex-premier secréire du PS rappelle les autres leviers traditionnels de la réforme
Ainsi, affirme-t-il que, s'il faut bloquer la possibilité de départ à 60 ans et 41 annuités, les retraites doivent de surcroît être financées par "des ressources nouvelles": outre les cotisations ("allonger la durée de cotisation") , en sollicitant « les revenus du capital et les contributions du secteur bancaires", et "régler le problème de l’emploi des seniors" (à partir de 55 ans et menacés de précarité). La proposition de Hollande est fort hypocrite et démagogique, car elle veut ignorer que les bas salaires seront tentés de cotiser au-delà de l'âge légal pour améliorer leur niveau de vie de petits retraités.

Sa proposition d'un « contrat de génération »
permettrait, pour chaque jeune embauché, de garder un senior comme tuteur, avec exonération totale des cotisations sociales patronales, en échange de la transmission des savoirs.

Hollande est un funambule

Il préconise de réaliser des « recettes supplémentaires et un certain nombre d'économies », c'est-à-dire plus d'impôts et d'austérité: sans être « pour l'augmentation générale des impôts », il estime qu'« il va falloir augmenter certains prélèvements »... Il reconnaît au passage qu'il « n'en voit pas sur les régimes de retraite et d'assurance maladie »: il réclame d'ailleurs des réformes structurelles dans ces secteurs... Hollande est facteur d'anxiété: lire PaSiDupes

« Si je suis demain aux responsabilités de notre pays, tous les cinq ans, il faudra regarder ce qu'il y a à modifier dans les régimes de retraite »

Cumul des mandats
Le député socialiste est également revenu sur le non-cumul des mandats décidé par le PS.
=> C'était une proposition de Martine Aubry à La Rochelle, fin août 2009: elle insistait pour que les statuts du PS "avancent radicalement vers le non-cumul des mandats". Et déjà, le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, lui lançait un défi: "Si on ne veut pas que je me représente à Lyon, qu'on me trouve un candidat !" A Dijon, Frère Rebsamen prépare aussi sa retraite et ne veut donc lâcher aucun mandat. Le travail au noir n'est pas autorisé, sauf aux sans papiers et aux élus. Lire PaSiDupes sur le non-cumul des mandats, pierre angulaire de la rénovation du PS


Martine Aubry était ainsi accusée d'être la représentante du passé face à la bande à Royal. La Ch'tite Aubry avait donc à coeur de mener à bien cette fameuse rénovation qu'elle promet depuis son élection controversée à la tête du PS.

=> Or, le 1er octobre 2009, un référendum interne est organisé et les militants plébiscitent la mise en oeuvre du non-cumul entre deux mandats exécutifs.
Un vote qui devrait être entériné lors d'une convention nationale portant sur la rénovation, le 3 juillet prochain. Le sang des sénateurs n'a donc fait qu'un tour. Ils seraient ainsi les premiers à devoir s'appliquer la règle, en septembre 2011. Lien PaSiDupes sur ce couac de la Ch'tite Aubry

=> Et le 25 mai 2010, malgré ses convictions et toute sa détermination, Titine Aubry s’est dit prête devant les sénateurs à des dérogations "marginales".
Le funambule François Hollande la soutient : à la fois "il faut éviter les cumuls de responsabilités", mais, pour autant, "il ne faut pas s’en priver pour permettre la victoire de la gauche dans certaines régions".

Hollande exhorte donc Montebourg, grand prêtre de la rénovation à la marge, à « favoriser l'intelligence contre la bêtise »... Ce n'est pas gagné ! Nono devrait pourtant y parvenir; non pas qu'il soit intelligent, mais les militants sont des "chèvres" et, comme Jean-Marc Ayrault, il est lui-même cumulard. Lien PaSiDupes sur les contorsions de Nono

vendredi 30 avril 2010

1er mai: FO fait bande à part

Mailly dénonce les "manifs ricochets"

1er mai de la discorde
"Les manifestations à répétition ne feront pas trembler le gouvernement" ,
a estimé ce matin le secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly concernant le projet de réforme des retraites. FO, qui, à titre exceptionnel, avait manifesté le 1er mai 2009 avec l'ensemble des autres syndicats, a fait de nouveau cavalier seul cette année. FO est-il un syndicat de dialogue ? Lire PaSiDupes
Sur Europe 1, Mailly-le-Terrible qui doit prendre la parole lors d'un meeting à 11h00 à Aix-en-Provence mais sera absent du défilé parisien cet après-midi, a critiqué la stratégie des "manifs ricochets qui finissent par tomber à l'eau".

"Si on fait des manifs à répétition jusqu'à l'été, ce n'est pas ce qui va faire trembler le gouvernement par rapport à sa réforme des retraites", a-t-il jugé. Cela revient à "mettre des baskets jusqu'au mois de juin et après on enfile les tongs", a-t-il ironisé.

Jean-Claude-le-Terrible est nostalgique

"La seule fois où ça a marché, c'était en 2006, quand on s'est bagarré ensemble contre le CPE (contrat première embauche, annoncé puis retiré par le gouvernement Villepin). Ca a marché parce qu'il y avait une revendication claire et partagée par tout le monde et parce que dans la rue il y avait énormément d'étudiants et lycéens", a analysé Mailly.

Le Terrible Jean-Claude dénonce les camarades

Selon lui, sur le dossier des retraites, les centrales syndicales "n'ont pas obligatoirement la même analyse" et certains syndicats sont prêts à accepter un allongement de la durée de vie au travail, a-t-il accusé. En effet, réfractaire à l'exemple étranger, la FO refuse de se laisser influencer et de s'adapter à la conjoncture.

Seul contre tous, Mailly-le-Terrible est critique

Concernant les fonctionnaires, Mailly est convaincu que la question du mode de calcul est un faux problème car, en définitive et malgré les différences, "entre un fonctionnaire et un salarié du privé, le taux de remplacement est quasiment identique". Le syndicalisme est-il anxiogène: mène-t-il au suicide ? Lien PaSiDupes

Le syndicaliste n'en oublie pas le gouvernement pour autant

FO s'inquiète surtout de la volonté du gouvernement de créer un caisse pour "se désengager de son obligation de payer ces retraites", et faire apparaître une comptabilité publique conforme aux obligations de la France dans l'euro, et "s'il y a un problème pouvoir baisser les retraites" des fonctionnaires.

Tout le monde en a pris pour son grade.

vendredi 14 novembre 2008

Recul de l’âge de cessation d’activité : grève à Air France-KLM

Refus des pilotes français d’appliquer une décision internationale
L’exception syndicale française continue ses ravages dans le climat social et l’économie nationale au bord de la récession.

Un syndicat de pilotes d’Air France a appelé à la grève à partir de vendredi 14 et jusqu’à lundi soir pour protester contre le recul de la limite d’âge de cessation d’activité actuellement discuté par le Parlement.

Désunion syndicale

Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) est le seul à refuser de décaler la grève
prévue initialement par toutes les catégories de personnels, du 14 au 17 novembre, alors que huit autres syndicats représentant les hôtesses de l’air et les stewards ont repoussé le mouvement du 5 au 9 décembre, à la suite de l’ouverture de discussions avec les pouvoirs publics.
Le maintien de la grève qui s’ouvre aujourd’hui est motivé par une volonté de pression sur la discussion parlementaire qui est ouverte et donc d’interférence syndicale avec le travail des élus du peuple.

Le Président Directeur Général d’Air France explique pourquoi cette grève n’a pas lieu d’être.
Jean-Cyril Spinetta dément fermement les raisons invoquées par le syndicat qui entretient la confusion avec le soutien de la presse engagée. Le PDG apporte donc les informations que ni les syndicats ni la presse ne diffusent. Ainsi,
alors même que le PDG s’exprime sur France Info dans un entretien avec Olivier de Lagarde, ses journalistes à l’antenne et Grégoire Lecalot de France Info continuent de répandre dans l’opinion des approximations en soutien à un mouvement social injustifié.

  • Une manipulation
    La désinformation est basée sur l’amalgame entre recul de la limite d’âge de départ à la retraite et âge de cessation d’activité.
    > Des organismes internationaux fixent les normes de sécurité et sur la base des progrès médicaux et l’OACI, qui dépend des Nations Unies, a admis qu’il est possible de voler à 65 avec la garantie de la présence d’un co-pilote de moins de 60 ans.
    > L’actualisation de cette règle ne pose de problème qu’à Air France . Déjà appliquée dans de nombreux pays, la norme actualisée en fonction de la baisse des risques de santé chez les pilotes, comme les autres, devrait entrer en vigueur en 2009 ou 2010 dans tout l’espace européen. La France peut-elle imaginer vivre en dehors du monde et singulièrement s’agissant d’une corporation censée relier les pays et les hommes ?
  • Les garanties données sont ignorées
    > Le gouvernement a expressément apporté les garanties demandées par les syndicats. Ils sont assurés que ne sont modifiés ni l’âge, ni les conditions de départ, ni le nombre d’annuités nécessaires, ni le montant des retraites. Et pourtant, bien que le système de retraite reste inchangé, ils s’opposent et lancent la grève.
    > Le PDG d’Air France a pourtant également répété qu’un amendement parlementaire portera explicitement la garantie écrite des engagements du gouvernement.
    > Le problème en suspens est négociable
    Jean-Cyril Spinetta admet que la conséquence actuelle d’une prolongation volontaire d’activité peut créer un ralentissement du déroulement de carrière au delà de 60 ans.
    C’est pourquoi il précise qu’Air France ouvrira des négociations pour assurer des mesures d’accompagnement.
    > Quelle issue possible au conflit ?
    Les garanties existent mais le Syndicat national des pilotes de ligne les ignore, avec l’objectif inavoué d’obtenir un maximum d’avantages pudiquement appelés ‘mesures d’accompagnement’…

    Le coût de la grève
    La grève est la manifestation coûteuse du rejet syndical d’une règle internationale.

  • > Bien que le conflit soit donc entre les pilotes et le gouvernement qui essaie de faire passer cette règle internationale dans son droit, comme c’est son devoir, et non entre les pilotes et Air France, la compagnie aérienne française va enregistrer des pertes.
    > 1000 millions d’euros de pertes de résultats (et non pas de chiffre d’affaire) constituent un lourd handicap pour la trésorerie d’Air France qui doit veiller à préserver sa capacité d’investissement, sa compétitivité et ses emplois…

    Est-ce donc, en période économique difficile, la manière des pilotes de ligne de participer à la protection de l’avenir de leur entreprise ?

    dimanche 2 novembre 2008

    La gauche rejette la possibilité de travailler jusqu’à 70 ans

    Les Français seront-ils privés de la liberté offerte de choisir leur âge de départ à la retraite ?
    L'Assemblée a adopté un amendement au projet gouvernemental qui permettrait aux salariés de travailler jusqu'à 70 ans s'ils le souhaitent.
    La gauche conservatrice est perturbée : les syndicats se disent inquiets et l'opposition crie au «scandale».

    L’opposition en perd ses repères ...
    L’idéologie n’excuse pas tout et la démagogie aggrave leur cas
    L’idée même de travailler jusqu'à 70 ans lorsqu'on le souhaite est considérée comme impensable par nos quinquagénaires de l'opposition. Or,si leur espérance de vie a grandi, ils ont conservé en mémoire l’image de leurs pères à la maison pendant dix à quinze ans de retraite, que la réelle pénibilité des emplois permettait de qualifier de ‘bien méritée', et qui autorisait la passivité, tout au plus la partie de boules et le coin de potager. L'amendement qu'ont fait passer les députés dans la nuit de vendredi à samedi, en marge de l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2009 a donc pris de court les plus ringards ou ceux qui s’imaginent que leurs concitoyens le sont plus qu’eux encore.

    Le projet de départ du texte interdisait aux employeurs de mettre leurs salariés à la retraite d'office passés 65 ans
    La majorité parlementaire a voulu aller plus loin, estimant que cette suppression pure et simple de la procédure de "mise à la retraite" pourrait causer des "difficultés pour les entreprises". Les députés ont donc proposé un amendement qui laisse «la possibilité aux salariés qui le souhaitent de prolonger leur activité au-delà de 65 ans sous réserve d'en avoir préalablement manifesté l'intention auprès de leur employeur et dans la limite de cinq années».
    Les Français auraient pu prendre leur destin en mains.
    En pratique, l'employeur doit interroger, avant l'âge de 65 ans, son salarié sur son intention de partir ou non en retraite. Si le salarié refuse, ou s'il ne donne pas de réponse, l’employé ne pourra pas être mis en retraite d'office, et ce, jusqu'à l'âge de 70 ans. Cette mesure ne repousse donc, ni l'âge de la retraite, ni le nombre d'années de cotisations nécessaires à l'obtention d'une pension à taux plein, qui reste de 40 ans aujourd'hui, qui deviendront 41 d'ici à 2012.
    Le député UMP Denis Jacquat, auteur de l'amendement, estime qu'il «n'est plus acceptable aujourd'hui qu'un homme ou une femme âgé de 65 ans soit mis à la retraite contre son gré, du seul fait de son âge, alors même qu'il n'a pas forcément toutes ses annuités d'assurance ou qu'il souhaiterait prolonger son activité pour améliorer sa pension». Ou qu’il se plaît et donne satisfaction dans son activité, la transmission du savoir, par exemple.


    Une opposition suspicieuse

    Cet amendement a suscité de vives critiques de la gauche politique et syndicale.
    >Les partis politiques
    «L'âge de la retraite est insidieusement repoussé à 70 ans», s'est indignée en séance la Martine Billard (à gauche), Verte à plus d’un titre.

    Encore relativement jeune (1959), mais déjà au pli de l'idéologie, la socialiste Marisol Touraine (à droite) a, quant à elle, accusé le gouvernement d'utiliser «tous les moyens pour reculer l'âge des départs en retraite et amener les salariés à travailler le plus longtemps possible».

    Le PCF
    a fustigé dans un communiqué, un «scandale» et un «pseudo-volontariat», «comme si les retraités qui vivent aujourd'hui si nombreux sous le seuil de pauvreté pouvaient avoir le choix». Et s’ils souhaitent continuer quelques années, le PC les priverait de cette liberté.

    >Le syndicat CGT
    La CGT
    a-t-elle consulté sa base, qu’elle estime que ce texte susciterait «une légitime inquiétude» même s'il «ne modifie pas pour le moment les repères de 60 et 65 ans en matière de retraites» ?
    Ce syndicat glose. «Cette mesure traduit bien la réalité d'aujourd'hui : de moins en moins de salariés auront la totalité de leurs droits à 60 ans et une retraite suffisante à 65 ans. Ils devront donc chercher à poursuivre leur travail voire à cumuler emploi et retraite», estime le secrétaire confédéral Jean-Christophe Le Duigou. Applaudit-il donc qu’il soit donné la possibilité aux salariés d’obtenir la ‘totalité de leurs droits’ et une ‘retraite suffisante’ ?


    Les députés ont adopté un autre amendement

    Celui-ci repousse l'âge limite d'activité en vol des personnels navigants de l'aviation civile : il est actuellement de 55 ans pour les hôtesses et stewards, et de 60 ans pour les pilotes. Les personnels des deux catégories pourraient choisir de continuer, éventuellement au sol, mais les syndicats d'Air France ont décidé à leur place.
    Pour protester contre cette mesure, ils lancent un appel à la grève, qui pourrait avoir lieu en décembre, mais qui pourrait ne pas être suivie comme ils le voudraient, par des personnels qui ne souhaiteront pas que les syndicats régissent leurs vies et leur confisquent la possibilité d’opter pour une prolongation volontaire d’activité.

    «Je ne veux voir qu’une seule tête !»
    Les personnels d’Air France, et d’ailleurs, prennent peu à peu conscience de ce que ni les partis ni les syndicats de gauche ne prennent en compte le désir éventuel des salariés, qu’ils soient syndiqués, ou qu’ils ne le soient pas, mais sont pareillement contraints: la gauche entend décider pour tous de ce qui est mieux pour eux, tous autant qu’ils sont, hommes et femmes, valides et invalides, grosses et petites retraites, indistinctement.

    Les salariés supporteront-ils que
    les partis et les syndicats leur confisquent
    la liberté de décision?

    samedi 1 novembre 2008

    Mot d'ordre de grève à Air France : ça peut attendre décembre !

    Menace sur les vols de fin d’année
    La grève des personnels navigants était prévue pour la période du 4 au 8 novembre. Le chantage est maintenu, mais la grève est désormais censée se dérouler du 5 au 9 décembre, si les syndicats n'obtiennent pas satisfaction d'ici là.
    "Les syndicats considèrent que les négociations entamées avec le gouvernement doivent se prolonger, afin d'obtenir le déblocage des points qui demeurent inacceptables", estiment dans un communiqué commun les huit organisations syndicales (la CFDT-PNC, la CFTC, FO, le SNPNC, SUD aérien, l'UGICT-CGT, l'UNAC et l'UNSA).

    La liberté de travailler jusqu’à 65 ans ne séduit pas les hôtesses et stewards
    Les navigants refusent plus de liberté
    Même sur la base du volontariat, ils protestent contre la possibilité de poursuivre une activité jusqu’à 65 ans et souhaitent obtenir le maintien complet du droit de départ en retraite à 55 ans. Le ministre leur a pourtant promis que ce serait "sous reserve d'en avoir préalablement manifesté l'intention et dans la limite de 5 années".

    Discussion parlementaire
  • Les députés
    Les élus de la Chambre basse ont voté en première lecture cette disposition permettant un maintien dans l'emploi des navigants jusqu'à 65 ans, sur la base du volontariat et à condition d'un reclassement au sol dans les dernières années. Entre 55 et 60 ans, la prolongation d'activité des hôtesses et stewards serait possible, si la compagnie peut proposer le reclassement au sol. Dans de nombreuses professions les salariés auraient bien accueilli cette possibilité.
    Si la disposition est votée par les deux Chambres, la limite d'âge pour exercer une activité de pilote ou de copilote pourra passer à 65 ans en 2010, à la condition qu'un seul des pilotes d'un avion de ligne soit âgé de plus de 60 ans. Ce départ plus tardif ne se ferait que pour ceux qui exprimeraient le désir de travailler après 60 ans, qui reste l'âge légal de départ en retraite.
  • Les Sénateurs
    Ils voteront mi-novembre. En cas de désaccord avec le texte voté à l'Assemblée, une commission mixte paritaire réunissant les parlementaires des deux assemblées devrait trancher ensuite, fin novembre ou début décembre.
    Il était donc raisonnable de laisser les élus de la nation débattre.

    Le SNPL-France Alpa, principal syndicat des pilotes de ligne en France, devrait maintenir son préavis de grève du 14 au 17 novembre, au moment du débat au Sénat, pour également faire pression sur les élus contre la possibilité laissée aux navigants de poursuivre une activité.
  • mercredi 24 octobre 2007

    Comparez votre régime de retraite avec les régimes spéciaux?

    Bénéficiaires de régimes spéciaux
    Il est permis de penser que nous vivons dans une France à plusieurs vitesses...
    Quels sont les régimes spéciaux en 2007?
    • Militaires : âge moyen de départ en retraite, 45,7 ans, 75% du salaire des 6 derniers mois si le militaire atteint ses 40 annuités sinon il y a un système de décote(après 25 ans de service pour les officiers et après 15 ans pour les sous officiers); Il existe un minimum garanti.( exemple pour un Adjudant échelon 4 après 15 ans de service environ 500 euros nets par mois, chiffre 2003)
    • EDF et GDF: âge moyen de départ en retraite 55,4 ans;
    • RATP : âge moyen de départs en retraite 54,8 ans ;
    • SNCF: âge moyen de départ en retraite, 52,5 ans.
    • La Banque de France a aligné ses règles sur celles des fonctionnaires mais a conservé une caisse autonome.
    • les marins : âge moyen de départ en retraite, 57,6 ans,
    • Comédie-Française
    • Opéra de Paris (1 693 cotisants pour 1 272 retraités)
    • les retraités des mines (14 489 actifs pour 150 464 retraités et plus de 200 000 ayants droit)
    • les élus de l'Assemblée nationale et du Sénat
    • les clercs de notaire (45 052 actifs pour 24 915 retraités)
    • Police Nationale

    En 2007 :

    RégimeRégime général privéRégime général publicRégime spécial SNCF (rail)Régime spécial RATP (parisien)Régime spécial EDF/GDF (énergie)
    Base de calcul du montant de la retraite25 ans en 20086 moisdernier traitement (validé 6 mois) + prime6 moisdernier traitement
    Durée de cotisation39,5 ans en 2007, 40 ans en 2008, 41 ans en 201239,5 ans en 2007, 40 ans en 2008, 41 ans en 201237,5 ans 40 ans en 2012 (projet de réforme)37,5 ans 40 ans en 2012 (projet de réforme)37,5 ans 40 ans en 2012 (projet de réforme)
    taux de cotisation employéentre 10 et 11%7,85%7,85%7,85%12%
    âge de départ théorique60 ans60 ans50 à 55 ans50 à 60 ans50 à 60 ans
    âge effectif61 ans57 ans50 à 55 ans55 ans55 ans
    décote par année manquante10% puis 5% en 20130,6% puis 5% en 20130%0%0%
    revalorisationinflationinflationsalaire de l'entreprisesalaire de l'entreprisesalaire de l'entreprise

    Les avantages sociaux sont-ils partagés équitablement?