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dimanche 3 avril 2016

Le régime islamique iranien pose problème aux hôtesses d'Air France

Les hôtesses Air France refusent de passer le voile à l'atterrissage à Téhéran

Les hôtesses de l'air ne souhaitent pas porter le voile lors des escales sur la future ligne Paris-Téhéran.

La compagnie aérienne française baissera-t-elle le pantalon, 
Les Françaises ne veulent pas ressembler à ça
face aux exigences iraniennes, à compter du 17 avril prochain ? A cette date, Air France proposera trois vols par semaine entre Paris-Charles-de-Gaulle et l’aéroport de Téhéran-Imam Khomeiny. Cette liaison devait être le symbole de l'apaisement des relations franco-iraniennes après la signature de l'accord sur le nucléaire en juillet dernier. Mais si la réouverture de cette ligne est importante du point de vue commercial, le personnel navigant, particulièrement les hôtesses de l'air, se voient imposer des contraintes d'un autre âge, comme l'a révélé France TV Info, ce vendredi
De nombreuses salariées d'Air France se sont insurgées contre l'obligation aux personnels féminins de porter un voile dès la sortie de la cabine. 

Dans le cadre de leur dotation vestimentaire, les hôtesses de l'air peuvent d'ordinaire choisir entre un uniforme avec une jupe et un autre avec un pantalon. Dans le cas particulier du vol Paris-Téhéran, la compagnie aérienne a envoyé  aux personnels de bord un mémento précisant que les femmes seront obligées de porter un pantalon, une veste longue et de se voiler les cheveux dès la sortie de l'avion.

Respect des cultures, mais à sens unique...


Depuis plusieurs mois, les syndicats attirent l'attention d'Air France sur le malaise créé par cette injonction iranienne transmise par
 la direction, sans sourciller. "Le personnel féminin ne souhaite pas se voir imposer de contraintes vestimentaires notamment l'obligation - dès la sortie de l'avion - du port du foulard Air France recouvrant intégralement les cheveux", a averti Christophe Pillet, secrétaire général adjoint du SNPNC (Syndicat National du Personnel Navigant Commercial) qui souhaiterait "établir la possibilité d'un principe de volontariat au nom du respect des libertés individuelles", au risque de désigner les hôtesses récalcitrantes aux autorités islamiques et de les exposer à des représailles ciblées. 

Le SNPNC accepte le volontariat discrimine les hôtesses et satisfasse les exigences iraniennes. "Il ne s'agit en aucun cas de remettre en cause la loi ou les coutumes en Iran. Ce volontariat éviterait le refus de mission et toutes les conséquences que cela peut avoir pour les personnels", souligne le syndicaliste. "Il n'y a pas de débat sur le fait que les personnels féminins doivent porter un voile dans la rue à titre privé. C'est uniquement dans le cadre du port de leur uniforme de travail", argumente-t-il encore. En entrant dans le jeu iranien, les hôtesses volontaires contribueraient à l'extension de cette soumission de la femme iranienne aux personnels étrangers et laïcs.    

Depuis 1979 et la révolution islamique des ayatollahs, le port du voile est obligatoire pour toutes les femmes en Iran au risque de fortes amendes. "Le climat et le contexte international n'est pas étranger non plus à la défiance vis-à-vis de ces consignes, mais on ne fait pas d'amalgame, et les syndicats l'ont rappelé, l'aéroport de Téhéran ne représente pas de problème majeur en terme de sécurité", soutient Christophe Pillet, syndicaliste détournant l'attention de l'impact de la théocratie chiite sur les libertés.

Tolérance et respect des cultures réciproques ?


Alors que le voile islamique est autorisé partout en France dans les lieux publics et les universités, les hôtesses de l'air de notre compagnie nationales devraient-elles porter le foulard ? Ce signe - aussi bien politique (une femme a par exemple été contrôlée à 33 reprises) que religieux - d’appartenance à un islam radical discrimine la femme. Il est passible depuis plus de cinq ans d’une contravention de 150 euros. Pourtant, le texte promulgué par Nicolas Sarkozy est constamment bafoué. En juin 2015, sur France Inter, Henri Guaino déplora que la loi n’est "pas appliquée". Le 1er octobre, encore sur France Inter, Valérie Pécresse, future présidente Les Républicains de la région Ile-de-France, s'indignait : "Est-ce que vous tolérez que, sur le sol français, la loi française qui interdit le voile intégral ne soit pas appliquée ?"
Les associations citoyennes et féministes, relais de la loi, l'ont mise en veilleuse. Le site gouvernemental dédié, www.visage-decouvert.gouv.fr, a disparu.
L
’association Ni putes ni soumises, dont les "ambassadrices de la laïcité" qui devaient se montrer vigilantes et faire bon usage d'une convention annuelle de 80.000 euros passée avec l’Etat, et "sillonner la France pour
faire de la pédagogie sur la question du voile intégral", ne communique plus sur le sujet. Le Centre national d’information sur les droits des femmes et des familles (CNIDFF, fédération française d'associations qui, sous l'égide du ministère du Travail, a  la tutelle des Droits des Femmes) et ses 114 structures territoriales ont également été sollicités par l’Etat pour participer au travail d’"information des personnes " concernées. Résultat : "Nous avons échangé avec moins de dix femmes, relève la directrice générale, Annie Guilberteau. Nous sommes en contact avec pléthore d’associations de quartier et le sujet ne nous est pas remonté de façon flagrante."
La politique a renoncé à sa culture, au profit d'intérêts économiques


Air France ne comprend pas cette soudaine crispation sur un symbole culturel.
"La tolérance et le respect des cultures et des coutumes des pays dans lesquels elle est présente font partie des valeurs fondamentales d'Air France et de ses employés, énonce la direction. Comme tous les visiteurs étrangers, nos équipages sont tenus de respecter les lois des pays dans lesquels ils se rendent, souligne-t-elle, jusqu'ici sans rapport avec le sujet. La loi iranienne impose le port d'un voile couvrant les cheveux, dans les lieux publics, à toutes les femmes présentes sur son territoire. Cette obligation, qui ne s'applique donc pas durant le vol, est respectée par toutes les compagnies aériennes internationales desservant la République [islamique] d'Iran", a déclaré Air France. 


"Cette obligation de port d'un foulard dans certaines escales n'est pas nouvelle, insiste Air France, comme si une faiblesse passée des convictions justifiait qu'elle perdurât et s'étendît. "Elle existe depuis de nombreuses années dans d'autre pays desservis par Air France (ex : Arabie Saoudite). Elle s'applique aux hôtesses mais aussi aux autres catégories de personnel féminin (pilotes et personnel au sol). L'obligation de port de l'uniforme par les employés d'Air France est conforme aux règles en vigueur dans l'entreprise et au code du travail." Sauf que l'uniforme d'Air France n'est pas en cause, à moins, comme le halal est servi aux non-musulmans pour simplifier les services de cantines et pour enrichir les filières musulmanes qui financent les mosquées, qu'on rende le port du voile obligatoire sur le territoire français... "Celui-ci [le code du Travail] prévoit en effet (article L. 1121-1) la possibilité d'apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles ou collectives des salariés des restrictions, dès lors que celles-ci sont justifiées par la nature de la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché," précise le communiqué de la compagnie aérienne. Ainsi la direction d'Air France entend-elle appliquer une législation étrangère à ses salariés. 


Le problème du voile n'existe pas sur d'autres vols, actuellement. 
Le chambellan de l'Elysée et le roi du Maroc:
aucun ne porte une tenue traditionnelle...
En Arabie saoudite, il n'existe pas d'obligation sunnite aux invitées étrangères de se voiler le visage, contrairement aux femmes saoudiennes. L'argumentaire rencontre des trous d'air, car il n'est, en l'occurrence, nullement question d'une résistance à l'obligation de voiler les visages, mais de recouvrir les cheveux.

Lorsqu'Air France dessert Ryad, les hôtesses doivent mettre un foulard si elles souhaitent sortir de l'hôtel et circuler dans la capitale du royaume d’Arabie saoudite. A noter toutefois que le Qatari Nasser Al-Khelaïfi, propriétaire du PSG, ne porte la dishdash, ou gandourah, et le keffieh qu'en pays musulman, et un costume européen sur le sol français, respectant quant à lui le principe de laïcité de la république française.
Il y a huit ans quand Air France desservait Téhéran, cette obligation de port du foulard existait déjà, fait savoir la compagnie, prête à rendre les armes.


La ministre des droits des 'Femmes" tarde à prendre position en faveur des femmes

L'Union des navigants de l'aviation civile (UNAC) a porté le débat au niveau gouvernemental en envoyant un courrier à Laurence Rossignol, afin qu'elle n'ignore pas le problème plus longtemps. La ministre des Droits des Femmes n'a pourtant pas su faire mieux que de prendre parti contre une mode spécifiquement islamique en France, jugeant la proposition de commerçants étrangers (l'entreprise italienne de luxe Dolce & Gabbanale Japonais Uniqlo ou le Britannique Marks & Spencer) "irresponsable"

Abdallah Zekri, président de l'Observatoire contre l'islamophobie et secrétaire général du Conseil français du culte musulman (CFCM) s'est irrité contre la ministre Rossignol.
"Est-ce qu'un ministre a le droit de s'ingérer dans la manière dont une femme souhaite s'habiller, dans la mesure où elle respecte les lois de la République et qu'elle ne cache pas son visage ?"


Alors que le socialiste Pierre Bergé (Yves-Saint-Laurent) conjurait mercredi les créateurs de "ne pas enfermer les femmes dans des voiles, comme des prisons", Orange et l'AFP réussissaient le tour de force de mentionner l'appel d'Elisabeth Badinter (PS) au boycottage de ces marques, mais sans les nommer... Ce sont aussi  Mango (espagnole), DKNY (américaine) ou Tommy Hilfiger (américaine). Quant à la chaîne suédoise de prêt-à-porter H&M, elle a introduit récemment un mannequin voilé dans sa campagne de publicité internationale.

La direction de la compagnie aérienne apportera une réponse aux salariés au début de la semaine prochaine. 
Et la ministre, quand Pierre Bergé appelle à ne pas être "complice de cette dictature" ? A la différence, jusqu'ici, de la féministe Rossignol, pour Bergé, "ces créateurs qui participent à l'asservissement de la femme, devraient se poser des questions". "D'une certaine manière, ils sont complices, tout cela pour faire du fric. Les convictions doivent passer avant l'argent", a-t-il ajouté.

lundi 31 octobre 2011

Air France: la grève devait "se renforcer" : elle "se fissure"

Deux syndicats , la CFDT et la CFTC sont sortis du mouvement au 3e jour
La pression médiatique des syndicats s'est exercée en pure perte

La grève des hôtesses et stewards d'Air France enregistre ses premières fissures.
Deux syndicats, la CFDT et la CFTC, ont annoncé leur sortie du mouvement entamé lundi.
Rivalités syndicales
Les syndicats partisans du dialogue social, la CFTC, qui a recueilli 8% des voix aux élections professionnelles de mars dernier, et la CFDT (4%), se désolidarisent des radicaux. L'un et l'autre sont à l'origine de la grève contre une réduction du personnel de cabine sur certains vols, singulièrement intérieurs: ils étaient opposés à leur réduction de quatre à trois. Ils ont pour leur part négocié une garantie de l'emploi jusqu'à fin 2012 avec la direction.

Pour la direction la décision des deux syndicats minoritaires est "une bonne nouvelle qui vient confirmer l'essoufflement du mouvement (et qui) est bien la preuve que la porte du dialogue n'a jamais été fermée avec les syndicats", a déclaré Jean-Charles Trehan, directeur des relations presse d'Air France." Sur cette sortie de conflit en particulier, la CFDT et la CFTC ont été reçues à leur demande depuis ce week end", a ajouté M. Trehan.
Les jusqu'au-boutistes de l'UNSA (22%), du SNPNC-FO (21%), de la CGT (10%) et de SUD (6%) poursuivent le blocage du trafic aérien en pleine période de migration des familles qui veulent fleurir les tombes de leurs défunts.

Abus de position dominante des majoritaires

Un intense matraquage médiatique

Une certaine presse aux mains du SNJ et de FO a mené l'offensive dans les media.

"La grève à Air France se renforce, disent les syndicats", titrait encore Reuters, le dimanche 30 octobre 2011 à 18h33. Cette dépêche a été dupliquée par Yahoo, Le Monde, Les Echos, Le Point et le Nouvel Observateur, etc.

"Air France : la grève se renforce d'après les syndicats", assurait France Info, le30 octobre 2011. Elle citait SUD: " 'La grève est massive parce que le mécontentement est massif', affirme Sud-Aérien. Le syndicat prévient que le mouvement de grève entamé hier est sérieux et durable.' "
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La radio de service public faisait même plus fort dans la désinformation et la psychose de ses auditeurs confiants. Le 29 octobre 2011, son titre militait aux côté des bloqueurs: "Air France : vers un durcissement de la grève". Elle écrivait: " Les syndicats en sont sûrs, le temps joue pour eux. C’est ce qu’affirment les signataires de l’appel à la grève chez les PNC (personnels navigants commerciaux, les hôtesses et stewards) d’Air France, qui se poursuit jusqu’au 2 novembre. "
Lien


Une dialectique inquiétante
La distinction est plaisante à propos d'extrémistes favorables au scrutin proportionnel et à l'expression des minorités. Qu'ils soient des partis politiques ou des syndicats, lorsque les totalitaires sont en position dominante, ils entendent imposer leur loi et réduire les autres au silence. Le comble est une nouvelle fois atteint avec SUD qui culmine à 6%, mais prétend dicter ses volontés à la CFTC et à la CGT.
Une polémique discrimine les syndicats "pas représentatifs"

L'UNSA (autonomes) et le SNPNC-FO se sont étonnés de la décision conjointe de la CFDT et de la CFTC. "Il y a quand même un problème, la direction négocie avec deux syndicats qui ne sont pas représentatifs. Cela ne va pas", a déploré Stéphane Chausson, de l'Unsa. Selon le délégué syndical CFDT, Cyril Jouan, les deux syndicats ont "obtenu des garanties sur l'emploi jusqu'à fin 2012". Ils seront associés à la présentation de la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) sur trois ans, ce qui leur permettra de disposer d'une plus grande visibilité sur l'emploi dans l'entreprise.
Or, en vérité, le principal syndicat des quelque 15.000 hôtesses et stewards de la compagnie (28% des voix) est l'UNAC (CFE-CGC), laquelle ne s'est pas jointe au mouvement.

Le mouvement est éminemment politique et malveillant

Les efforts de la direction d'Air France sont stigmatisés
La direction s'est fixée plusieurs objectifs lundi. Outre qu'elle veille à épargner des perturbations aux usagers pris en otage, elle met en circulation 85% des vols prévus. Sur le millier de vols prévusdans la matinée, seulement quelque 70 vols ont été annulés au départ de Roissy (48 dont 4 long courriers) et d'Orly (20). Cette prouesse est rendue possible - malgré une législation sociale archaïque favorable aux bloqueurs contre les clients - par la reconduction de mesures, déjà prises par la direction d'Air France depuis le début de la grève, comme le recours aux compagnies partenaires et à ses filiales, la limitation à 100 environ du nombre de passagers par avion sur la base d'une hôtesse ou steward pour 50 passagers, et le renfort d'environ 200 cadres. Les malveillants en profitent pour dénoncer - sans explications - des vols à moitié vides !

Le gouvernement se voit reprocher de s'exprimer
La presse engagée reproche la prise de parole -dans leur domaine- de plusieurs ministres très critiques.
Lundi matin sur RMC, le ministre délégué aux transports Thierry Mariani a de nouveau qualifié cette grève d'"irresponsable" et dit ses craintes que celle-ci se traduise par de "nouvelles pertes" financières pour la compagnie confrontée à une rude concurrence.
Une tonalité déjà développée la veille par Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre du Transport et de l'Ecologie, et Xavier Bertrand, ministre du Travail, qui s'est également interrogé sur la mise en place d'un service minimum dans le transport aérien, comme il en existe en Espagne ou au Portugal, entre autre.

L'Etat français détient 16% du capital d'Air France
Les contribuables ont le droit de s'exprimer par la voix de leurs élus.
Le compte-rendu des interventions du PS est en revanche nettement plus favorable

A l'aise, le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac, a regretté, dixit cette presse, qu' " il n'y ait pas de dialogue social pour prévenir ce type d'incident qui revient à prendre en otage certains de nos concitoyens souhaitant profiter de ce long week-end " de Toussaint. Le socialiste est vraiment impayable ! Que le démagogue n'adresse-t-il donc pas sa polémique politicienne aux preneurs d'otages de la Toussaint, comme aux 6% de nuisibles du syndicat trotskiste, SUD ?
Pour Philippe Poutou, candidat trotskiste du NPA à la présidentielle, "il y a une légitimité complète des salariés d'Air France, c'est les conditions de travail qui se dégradent, des questions de sécurité, et derrière, ce sont des emplois menacés."

mercredi 3 novembre 2010

Des syndicats de nantis appellent au blocage des aéroports

Des privilègiés « en lutte » pour la défense de leurs avantages en nature
Les syndicats ne connaissent pas la Nuit du 4 août 1789

La nuit du 4 août fut une réponse à l'insurrection appelée la Grande Peur
Consécutive à la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, une vague de révoltes se développa en France, notamment dans les campagnes, où des paysans s'en prirent aux seigneurs, à leurs biens et à leurs archives. Pour calmer les insurgés et ramener le calme dans les provinces, l'Assemblée constituante vota donc l'abolition des droits seigneuriaux. Les droits féodaux furent toutefois déclarés rachetables (déjà !), ce qui, en pratique, conduisit à leur maintien jusqu'au 17 juillet 1793, quand la Convention vota leur abolition complète, sans indemnité, et la destruction des titres féodaux.

Aujourd'hui, les syndicats contribuent à la pérénisation des privilèges des seigneurs de la république
La constitution de la Ve République ne confèrent pas les pouvoirs de la Convention. Après les dockers et les pétroliers qui ont plongé les régions dans plusieurs semaines de Grande Peur faite de huit manifestations ou grèves et blocages, les syndicats de pilotes s'apprêtaient à prendre le relais.
=> Un pilote peut débuter à 3 000 € bruts par mois dans une grande compagnie comme Air France et évoluer jusqu’à 13 720 € en fin de carrière.

Les syndicats défendent les privilèges et les privilégiés

Les prises d'otages tiennent à bien peu de chose

Pour protester contre la fiscalisation de certains avantages acquis, trois syndicats de pilotes de ligne, d'hôtesses et de stewards ont lancé un préavis de grève de quatre jours, du vendredi 5 au lundi 8 novembre.
Le SNPL France Alpha, premier syndicat des pilotes de ligne français, et le SNPNC, premier syndicat des hôtesses et stewards français (25% du personnel navigant commercial d'Air France) s'honoraient samedi 30 octobre d'un appel à ce mouvement. Ils ont été rejoints lundi par l'UNAC.
Ces trois syndicats de nantis s'élèvent contre le vote par l'Assemblée nationale d'un amendement à l'article 16 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2011, prévoyant que "toute somme ou avantage alloué à un salarié, à raison de son activité professionnelle, par une personne qui n'est pas son employeur, est considéré comme une rémunération". Il s'agit donc de préserver le déjà faible pouvoir d'achat des pilotes, hôtesses et de stewards.

Quels sont ces avantages acquis en question ?

=> Ils concernent par exemple les ...chèques cadeaux (ou autres cadeaux) attribués par un entreprise à un salarié d’une autre, c’est à dire au final les « incentives » de ventes ! Ainsi, un(e) vendeur(euse) en parfumerie (Sephora, Marionnaud…) peut toucher des « cadeaux » de l’Oréal (ou autre) si il/elle pousse bien à la vente de produits de la marque. Or, L’Oréal n’est pas son employeur et c’est pour les URSSAF une rémunération déguisée, donc fiscalisable. Ce type de moralisation est interdite au gouvernement et peut provoquer la prise en otage de l'économie française.

=> Ce sont aussi et surtout les billets GP (pour « gratuité partielle »), principal avantage à bosser pour une compagnie aérienne, valabless en métropole, dans les DOM, à l’étranger et notamment en famille.
Et le Billet Partenaire, c'est quoi, encore ? C'est un 'acquis' dont se prévaut la CFDT. En effet, le billet Compagnon a été accordé aux ...célibataires dans les années 90, puis étendu en 2005 sous l’appellation « Partenaire », à tous les personnels, mariés ou non, et à leurs proches, à la suite d'une action 'sociale'... Or, le Code de Sécurité Sociale ne reconnaît que l’ouvrant droit et ses bénéficiaires directs (conjoint et enfants). Historiquement, Air France étend toutefois ces droits aux retraités (malgré la coupure du contrat de travail au départ en retraite, de plus en plus tard !) et aussi aux ayants droit non à charge (avec des critères précis et une limitation du nombre de billets annuels).

Parlez-nous donc des déficits d'Air France et de la Sécurité Sociale
, dont les syndicats schizophrènes empêchent la résorption, tout en critiquant les efforts du gouvernement pour moraliser les avantages acquis pourtant inégalitaires.
Les syndicats appellent néanmoins à la grève pour lutter contre l'égalité entre les citoyens.
En 2003, SUD Aérien a réclamé la possibilité d’obtenir le remboursement des billets GP périmés.

=> Ce sont encore les billets ZED qui n’entreraient pas non plus dans le cadre de l'amendement à la loi incriminée, car hors cadre d’une activité commerciale. Les billets ZED (zone employee discount) sont pourtant des billets à tarifs préférentiels sur d'autres compagnies.

Ils veulent continuer à faire crasher cracher leurs passagers

Les sommes ou avantages, comme par exemple un billet d'avion à tarif réduit - attribué par une autre compagnie aérienne que son employeur à un pilote ou à un mécanicien sol seront soumis à charges sociales et fiscales pour les salariés comme pour les entreprises, s'est plaint Yves Deshayes, membre du bureau exécutif du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL France Alpa).
Pour l'UNAC (Union des navigants de l'aviation civile, "un amendement de cet article est indispensable".
Ces tarifs réduits sont des facilités de transports, avec un impact direct sur les tarifs préférentiels accordés aux salariés et à ses retraités ou à un membre de la famille. Ces « droits acquis » seraient restreints aux vols de leur compagnie d’appartenance. Rendez-vous compte !
Pour les aristos des compagnies aériennes, il n'est pas question de se déplacer par le chemin de fer et de se mélanger au peuple. A la CFE-CGC, on revendique: « Nous sommes des salariés, pas des clients ! » (Décembre 2009)
Outre la promiscuité, il y va des fins de mois difficiles des pilotes, hôtesses et de stewards et de tout leur entourage.

Le rôle des syndicats: pressurer les citoyens ?

Et faire pression sur les élus du peuple
Le Syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNC/FO) ne craint pas d'assurer de son côté qu'une telle mesure adoptée sur un amendement du député (UMP) Yves Bur, aurait de "graves conséquences financières et sociales pour les personnels sol et vol".

Leur situation est précaire entre toutes
"Beaucoup d'hôtesses et de stewards vivent en province et travaillent à Paris. C'est le cas de 30 à 40 % des personnels d'Air France par exemple. Ils utilisent donc trois à quatre billets par mois à tarif réduit pour rentrer chez eux. S'ils doivent intégrer dans leurs revenus ces avantages cela diminuera fortement leur pouvoir d'achat", a indiqué Fatiha Aggoune-Schneider, présidente du SNPNC: FO est aussi partisane de la grève reconductible.
M. Bur a déclaré qu'il "n'est plus possible que ce texte soit amendé avant son adoption par le Sénat", laissant ainsi entendre que la Haute Assemblée pourrait apporter des modifications, comme elle en a le droit. Pour lui les syndicats font "une interprétation excessive du texte, qui s'applique au-delà d'un seuil de 200 euros et qui ne vise pas les usages entre compagnies aériennes", un seuil que ne mentionne pas les syndicats.

La Grande Peur républicaine

Le mercredi 3 novembre, la CGT Air France a assumé d'annoncer que les pilotes des compagnies françaises ont levé leur préavis de grève du 5 au 8 novembre .
Celui-ci courait du vendredi 5 au lundi 8 novembre en réaction à un projet Premier syndicat de pilotes, le SNPL estime avoir obtenu satisfaction - à travers un amendement du Sénat - contre l'assujettissement aux cotisations sociales de certains avantages acquis. En revanche, les syndicats des stewards et hôtesses attendent l'assurance que l'amendement sera bel et bien voté par le Sénat.

La CGT défend les privilèges
Le syndicat explique froidement que "le gouvernement a demandé au rapporteur du projet de loi de financement de la sécurité sociale au Sénat de déposer aujourd'hui un amendement" qui "préservera nos GP et autres tarifs préférentiels". Rappelons que dans le cadre de la réforme du financement de la sécurité sociale les syndicats avaient rejeté en bloc l'idée "de taxer comme du salaire tout avantage alloué aux salariés".

Le chantage continue
L'UGICT-CGT-PNC appelle toutefois les PNC (Personnel Navigant Commercial) à rester mobilisés pour les retraites, le 4 novembre (manifestation à 10h au terminal F) et le 6 novembre (grève, et manifestation dans les grandes villes de province.

Aux honorables professions, les honorables méthodes syndicales
En février dernier, des syndicats minoritaires, dont l'UNPL, avaient choisi les vacances de février pour faire entendre leur complainte. La grande précarité de leur situation l'exigeait. La très respectable SNPL, syndicat majoritaire, avait alors préféré faire chanter le gouvernement. Il ne s'était pas joint au mouvement, estimant qu'il était « prématuré »... Les élus n'ont pas tardé pour attendre.

Une grève peut en cacher une autre

La journée pourrait être difficile demain jeudi dans les aéroports français en raison d'une ...journée d'action contre la réforme des retraites lancée par quatre fédérations des transports (CGT, CFDT, FO, CFTC). Si Air France estime pouvoir assurer tous ses vols, des retards risquent d'être enregistrés.

Le ciel de la démocratie ne s'est pas éclairci
Il ne manquerait plus que les contrôleurs du ciel, ces damnés de la terre ?

samedi 1 novembre 2008

Mot d'ordre de grève à Air France : ça peut attendre décembre !

Menace sur les vols de fin d’année
La grève des personnels navigants était prévue pour la période du 4 au 8 novembre. Le chantage est maintenu, mais la grève est désormais censée se dérouler du 5 au 9 décembre, si les syndicats n'obtiennent pas satisfaction d'ici là.
"Les syndicats considèrent que les négociations entamées avec le gouvernement doivent se prolonger, afin d'obtenir le déblocage des points qui demeurent inacceptables", estiment dans un communiqué commun les huit organisations syndicales (la CFDT-PNC, la CFTC, FO, le SNPNC, SUD aérien, l'UGICT-CGT, l'UNAC et l'UNSA).

La liberté de travailler jusqu’à 65 ans ne séduit pas les hôtesses et stewards
Les navigants refusent plus de liberté
Même sur la base du volontariat, ils protestent contre la possibilité de poursuivre une activité jusqu’à 65 ans et souhaitent obtenir le maintien complet du droit de départ en retraite à 55 ans. Le ministre leur a pourtant promis que ce serait "sous reserve d'en avoir préalablement manifesté l'intention et dans la limite de 5 années".

Discussion parlementaire
  • Les députés
    Les élus de la Chambre basse ont voté en première lecture cette disposition permettant un maintien dans l'emploi des navigants jusqu'à 65 ans, sur la base du volontariat et à condition d'un reclassement au sol dans les dernières années. Entre 55 et 60 ans, la prolongation d'activité des hôtesses et stewards serait possible, si la compagnie peut proposer le reclassement au sol. Dans de nombreuses professions les salariés auraient bien accueilli cette possibilité.
    Si la disposition est votée par les deux Chambres, la limite d'âge pour exercer une activité de pilote ou de copilote pourra passer à 65 ans en 2010, à la condition qu'un seul des pilotes d'un avion de ligne soit âgé de plus de 60 ans. Ce départ plus tardif ne se ferait que pour ceux qui exprimeraient le désir de travailler après 60 ans, qui reste l'âge légal de départ en retraite.
  • Les Sénateurs
    Ils voteront mi-novembre. En cas de désaccord avec le texte voté à l'Assemblée, une commission mixte paritaire réunissant les parlementaires des deux assemblées devrait trancher ensuite, fin novembre ou début décembre.
    Il était donc raisonnable de laisser les élus de la nation débattre.

    Le SNPL-France Alpa, principal syndicat des pilotes de ligne en France, devrait maintenir son préavis de grève du 14 au 17 novembre, au moment du débat au Sénat, pour également faire pression sur les élus contre la possibilité laissée aux navigants de poursuivre une activité.