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samedi 25 avril 2020

Les "gens" volent à la rescousse d'Air France-KLM avec 7 milliards d'euros de prêts

Tous ne prennent pas l'avion, mais tous contribueront avec 7 milliards d'euros de prêts

Air France-KLM est le premier grand groupe de transport aérien à obtenir une aide massive d'Etat sous la forme de prêts pour un montant total de 7 milliards d'euros.


"En même temps", Air France rembourse aux Etats-Unis, mais pas en France : quand un vol est annulé pour cause de pandémie, la compagnie aérienne nationale française ne rembourse pas le passager français en numéraire mais émet un avoir. C’est le grief qu'adresse l’UFC-Que Choisir à  Air France, ainsi qu’à 56 autres transporteurs, dans sa mise en demeure dévoilée le 24 avril.
Une porte-parole du groupe Air France/KLM assume : "Effectivement, en cas de vols annulés, nous émettons un avoir, remboursable s’il est non utilisé au bout d’un an, explique-t-elle. En fait, nous ne refusons pas les remboursements, mais nous les différons.Soutenu par le gouvernement français, le principe provoque la colère des agences de voyages et de nombreux voyageurs, d’autant qu’en l’absence de caisse de garantie des compagnies aériennes, si un transporteur devait faire faillite, les avoirs émis seraient perdus pour les consommateurs… Or, le risque est grand.

Pour mémoire, l’Europe refuse toujours le principe de l’avoir, et l'UE demande pour l’instant aux compagnies de rembourser les clients des vols annulés en raison de la pandémie, en vertu du règlement (CE) 261/2004. Mais pour les compagnies, qui regardent avec envie le système des avoirs de 18 mois mis en place pour les voyages (hors transports secs) par l’ordonnance du 25 mars 2020, les remboursements représentent une trop grosse ardoise, alors même que l’activité est à l’arrêt. A titre d’exemple, Air France opère seulement 5% de son trafic normal, sa compagnie soeur KLM moins de 10%.
A noter toutefois qu'alors qu'on s'interroge si il y a un pilote dans l'avion-France, le ministère américain des Transports est intransigeant.

Les Pays-Bas, dans les prochains jours, devraient suivre avec pour 3 milliards supplémentaires de prêts. Air France-KLM, qui perd actuellement 25 millions d'euros par jour, obtient ainsi de quoi tenir pendant une crise longue.

Tourisme - Transport

Vingt-six ans après la recapitalisation de 20 milliards de francs (3 milliards d'euros), qui avait permis au groupe Air France d'échapper à la faillite et d'effectuer par la suite un spectaculaire redressement, l'Etat-actionnaire français vole de nouveau au secours de l'ex-compagnie nationale.

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a lui-même annoncé la signature de plusieurs accords de prêts bancaires garantis par l'Etat françaisSix banques promettent les 7 milliards d'euros, garantis par l'Etat pour 4 milliards d'euros et un prêt direct de l'Etat-actionnaire de 3 milliards d'une maturité de 4 ans. "Il faut sauver notre compagnie nationale", a-t-il ajouté, ce vendredi soir sur TF1, qualifiant ce plan d' "historique" (niveau supérieur à "inédit", en rhétorique officielle) et précisant qu'une nationalisation n'est toutefois "pas à l'ordre du jour" ("sur la table" étant l'expression consacrée actuelle réservée au quotidien, voire à l'"inédit"...).

"Ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paye", disait Hollande: Macron, pareil !

Contrairement au gouvernement français, qui gouverne par ordonnances et réforme à coups d'article 49.3, le gouvernement hollandais a jugé utile de demander le feu vert de son parlement. 
A ces 7 milliards d'euros pourrait en effet s'ajouter la contribution hollandaise au sauvetage de KLM, dans les prochains jours, mais toujours en "discussion", avoue Bruno Le Maire - pour un montant d'ailleurs encore imprécis, mais qui devrait avoisiner les 3 milliards d'euros. 

L'enveloppe totale, qui reste subordonnée à son approbation par la Commission Européenne, devrait donc atteindre les 10 milliards d'euros. De quoi permettre au Air France-KLM, dont l'activité a chuté de plus de 95 % et qui perd 25 millions d'euros par jour, de faire face à ses échéances financières du troisième trimestre et pouvoir accompagner une lente reprise de l'activité, qui pourrait s'étaler jusqu'en 2022. Les dernières prévisions d'Air France-KLM tablent sur un trafic toujours en recul de 80 % en juin, de 60 % en juillet et de 40 % en août… Et encore de moins 10 % fin 2021.

Prêts directs et prêts garantis?
Les gouvernements français et néerlandais ont accepté d'aller au-delà de la limite de 25 % du chiffre d'affaires fixée par la réglementation européenne, en garantissant 90 % du montant des prêts bancaires. Et comme les prêts bancaires ne suffisaient pas, le gouvernement français a également accepté de procéder à une injection supplémentaire de capital, sous forme d'un prêt directement consenti par l'Etat. Prêt qui pourrait n'être jamais remboursé : est-ce que l'Etat demande aux Etats africains de rembourser leur dette?

Par ailleurs, ces prêts garantis sont complétés par les différentes aides consenties par l'Etat français depuis le début de la crise : les reports de paiement de taxes et de charges et surtout, des mesures dites "d'activité partielle", qui ont permis à Air France de mettre temporairement au chômage 76 % de ses effectifs au frais de l'Etat. En y ajoutant les mesures équivalentes prises par l'Etat néerlandais pour préserver l'emploi chez KLM, le groupe a ainsi pu économiser quelque 1,1 milliard d'euros pour 2020.

En contrepartie de ces aides, Air France-KLM a néanmoins dû s'engager sur un certain nombre de points. 
Le premier, dicté par les pressions environnementales, porte sur un engagement à oeuvrer en faveur d'un "développement durable". "Il faut qu'Air France nous présente un plan de réduction des émissions de CO2", a indiqué Bruno Le maire sur TF1. 
Mais l'engagement principal concerne sa capacité à rembourser ces sommes. Pour cela, le groupe s'est engagé à amplifier les réductions de coûts et à accélérer son "plan de transformation", présenté en novembre dernier, qui visait à doubler son bénéfice d'exploitation d'ici à 2024 pour atteindre une marge opérationnelle "de 7 % à 8 %", contre 4,8 % en 2019 (et 2,1 % seulement pour le groupe Air France).
D'après les premières indications esquissées en interne et lors d'une audition par le Sénat, ce plan, initialement prévu sur 5 ans, devrait être réalisé en deux ans d'ici à fin 2021. Il pourrait se traduire par une réduction sensible de l'offre d'Air France, notamment sur son réseau domestique, avec un impact sur les effectifs : des suppression d'emplois.

"A l'issue de l'élaboration de ce plan, le conseil d'administration du groupe envisage de procéder à une opération de renforcement de ses fonds propres, qui pourrait intervenir au plus tard à l'issue de l'assemblée d'approbation des comptes de l'exercice 2020", précise Air France. "Dans ce cadre, l'Etat français a indiqué son intention d'examiner les conditions de sa participation à une telle opération de renforcement des fonds propres", ajoute-t-il.

Un effort sans précédent

Après Fnac-Darty , Air France-KLM est ainsi le deuxième grand groupe français à bénéficier d'un prêt garanti par l'Etat, mais dans des proportions quatorze fois plus importantes en l'espèce. Air France-KLM est également le premier des grands groupes de transport aérien européen à bénéficier d'une aide d'Etat. Les compagnies scandinaves SAS et Norwegian, le groupe Lufthansa en Allemagne, Virgin Atlantic au Royaume-Uni ou encore Alitalia en Italie ont également reçu le soutien de leurs gouvernements respectifs, mais, pour l'heure, aucun Etat européen n'a consenti un tel soutien financier.
Ailleurs dans le monde, Singapore Airlines et les principales compagnies américaines ont toutefois obtenu des montants supérieurs ou équivalents. 

Macron passe outre les règles européennes
A Delta Air Lines, le partenaire américain d'Air France-KLM, devrait ainsi toucher 11 milliards de dollars du gouvernement américain sous forme de prêt direct et de prêts bancaires garantis.
A l'inverse du gouvernement américain qui a conditionné l'octroi de son aide à l'obligation de préserver à la fois les effectifs et le réseau intérieur, le gouvernement français étatiste n'a, semble-t-il, pas mis de frein aux possibilités de "restructuration" d'Air France et de KLM.

Cette aide massive sera-t-elle suffisante ? 
En 1994, les 20 milliards de francs consentis par Edouard Balladur à Air France avaient permis au groupe de revenir aux bénéfices trois ans plus tard, après huit années de pertes. Et d'achever sa transformation en compagnie de "hub" internationale, ouvrant ainsi la voie à sa privatisation. Dix ans plus tard, le rachat de KLM avec l'aval de Raffarin (2004) permettait même à Air France de se hisser au premier rang européen…
Tout est remis en cause et Macron craint de se voir reprocher de n'avoir pas su veiller à la consolidation du géant aux ailes d'argile.

mercredi 9 décembre 2015

Air France-KLM subit des alertes à la bombe à répétition

Menaces sur un vol Air France San Francisco-Paris
Un avion de la compagnie Air France a été dérouté dans la nuit
de lundi à mardi vers l'aéroport de Montréal, où il s'est posé à 23h48. A son bord, les passagers du vol San Francisco-Paris. Après des menaces anonymes, mais prises au sérieux, l'équipage avait opté pour la prudence et posé l'appareil au Canada.
Plus de deux cents passagers ont été débarqués sans incident, outre les 15 membres d'équipage, le temps d'inspecter l'avion, suite à une alerte à la bombe: une "menace anonyme" venant des USA était à l'origine de ces mesures.


Les 231 passagers sont remontés à bord après une fausse alerte et un atterrissage imprévu à Montréal.
A bord de l'avion, les passagers ont gardé leur calme. Finalement, tôt ce mardi matin, ils ont été évacués en bus. Tous été fouillés, ainsi que leurs valises. Sur place, de nombreuses équipes de sécurité et de secours ont été déployées tout autour de la piste. L'avion a été entièrement passé au crible.
Les passagers ont pu rembarquer dans l'avion dans la matinée et redécoller. Ils sont arrivés mardi vers... 18 heures à Roissy Charles-de-Gaulle. 

Le 18 novembre, deux vols transatlantiques de la compagnie française avaient fait déjà l'objet d'alertes infondées

Cinq jours après les tueries islamistes de Paris, la nervosité est extrême dans le secteur aérien. 

Ces deux appareils reliant Paris aux États-Unis ont dû être déroutés après une alerte à la bombe. Les autorités avaient une heure trente pour agir après avoir reçu des menaces par téléphone.
"L'appel anonyme est tombé sur le central d'appel Delta Air Lines de Dallas. Le corbeau a assuré que l'explosion aurait lieu dans les 90 minutes; il fallait agir vite", explique  une source anonyme mais bien informée.

Des appels téléphoniques anonymes menaçaient d'une bombe à bord, a indiqué la compagnie aérienne. "Nous avons un appel de ce type par semaine actuellement, mais celui-là était précis. Vu le contexte des assassinats islamistes de masse à Paris et l'intensité des menaces de l'État islamique, qui visent plus spécifiquement la France, nous ne pouvons laisser la place au doute. Il faut garantir une sécurité maximale", dit un officiel de la compagnie nationale.

L'un des avions concerné par la dernière alerte a ainsi été dérouté vers Salt Lake City, dans l'Utah (ouest), après avoir décollé de Los Angeles, tandis que le second, parti de Washington, s'est posé à Halifax, au Canada. Les deux avions - le vol AF065 au départ de l'aéroport Los Angeles LAX et le vol AF055 au départ de l'aéroport de Washington-Dulles - ont atterri sans problème.

Les attaques terroristes à Paris ont induit une perte de chiffre d'affaires estimée à 50 millions d'euros pour le groupe. 


En novembre, Alexandre de Juniac, le PDG d'Air France-KLM constatait une certaine réticence à venir à Paris. Les annulations de réservations sont supérieures aux nouvelles réservations.

A la chaîne de télévision américaine CNBC, Alexandre de Juniac, le PDG d'Air France-KLM, avait déclaré qu'il constatait que les annulations de réservations étaient supérieures aux prises de réservations. "Evidemment, ce type d'événement absolument tragique a des conséquences (...) on sait qu'il y a des impacts et on sait qu'il y a des actions commerciales qui doivent être engagées, et nos commerciaux travaillent là-dessus", a par ailleurs indiqué un directeur d'Air France, précisant qu'il était "beaucoup trop tôt pour donner des indications".

Sans fournir de chiffres, la directrice générale d'Easyjet, Carolyn McCall, avait évoqué une augmentation du nombre de personnes qui ne s'étaient pas présentées aux embarquements "vers et depuis la France". 
Norwegian Air Shuttle a également fait part d'une hausse des annulations pour Paris au cours du week-end qui a suivi les alertes de novembre, mais de manière marginale.

L'impact sur Air France des menaces est aujourd'hui difficile à quantifier. 
Rejoignant Carolyn McCall qui, le mois dernier, prédisait une "reprise rapide du nombre de voyages après une période de ralentissement", le PDG d'Air France-KLM s'était lui aussi déclaré confiant sur une reprise dans les semaines suivantes.
Au moment des attentats à Paris en janvier dernier, l'activité avait fortement repris au bout de deux ou trois semaines. "Le rebond est souvent très rapide; ce fut le cas en Espagne", expliquait un expert. "A condition qu'il n'y ait pas un autre attentat", précisait-il. Mais une nouvelle alerte a été révélée en ce début de semaine et l'angoisse ne faiblit pas.
Air France-KLM espère toutelois un rétablissement progressif des réservations en ligne à partir de janvier.

jeudi 5 novembre 2015

Le patron de la CFDT, épinglé pour un voyage avion en 1ère classe...

Berger doit s'expliquer sur son refus de proximité avec le troupeau des gens 'ordinaires'

C'est pas ma faute...


Laurent Berger qualifie d'"archi-fausses" les informations du Canard enchaîné sur un voyage avion en première classe.

Laurent Berger a affirmé que s'il a voyagé en 1ère classe c'est qu'il avait été "surclassé" à la suite d'un "surbooking".

L. Berger a fait valoir qu'au retour d'un déplacement aux antipodes en Nouvelle-Calédonie, sa carte d'embarquement a "sonné rouge" lors de l'escale à Tokyo, car "il y avait eu surbooking""Au guichet, la seule option proposée pour rejoindre Paris était le surclassement", a expliqué Berger, interrogé lors d'une conférence de presse consacrée aux nouveaux services mis en place par la centrale.

Même pas eu besoin de revendiquer ?

"Il n'y a eu aucune demande de ma part, ni aucun surcoût pour la CFDT ou pour la compagnie", a-t-il assuré. Même pas un manque à gagner ? 

Et d'ajouter que la "façon dont les faits sont relatés par le Canard enchaîné est archi-fausse".
La presse serait-elle mal informée ? 

Selon l'hebdomadaire satirique paru mercredi, le patron de la CFDT aurait revendiqué de voyager en première classe ce qui lui aurait été "offert" par un gentil patron, le président du groupe Air France-KLM, Alexandre de Juniac. En personne ?
Ces allégations sont "déplorables", selon le secrétaire général de la CFDT et résultent "d'un climat ambiant de syndicat bashing", s'est-il plaint.

jeudi 1 octobre 2015

Opération survie à Air France

Air France-KLM a acté l'état de faiblesse d'Air France 

Le conseil d'administration d'Air France-KLM a validé le plan de réduction d'activité d'Air France

Réduction d'activité en 2016 puis en 2017. L'avenir d'Air France sera fixé le 5 octobre à partir des délibérations votées à l'unanimité ce mercredi par le conseil d'administration d'Air France-KLM, la maison-mère d'Air France et de KLM. Réunis à Amsterdam, les administrateurs ont accepté le plan alternatif proposé par le PDG d'Air France, après avoir constaté l'échec des négociations à Air France. "Le Conseil a pris acte de l'absence d'accord au 30 septembre 2015 dans les négociations entre la Direction d'Air France et les organisations représentatives des personnels navigants. Ceci survient malgré un dialogue ouvert depuis plusieurs mois et de nombreuses propositions formulées par la Direction d'Air France." 
"Face à l'impossibilité de signer des accords permettant au sein d'Air France la mise en œuvre de mesures de productivité conduisant à un retour à la profitabilité pérenne, les administrateurs considèrent indispensable de mettre en place un plan alternatif. Ils ont mandaté à l'unanimité la Direction d'Air France-KLM et d'Air France en ce sens". 
Un vote à l'unanimité signifie que les trois représentants socialistes de l'Etat et le représentant des pilotes d'Air France ont voté favorablement.

Le PDG 
prévoit une baisse de l'offre long-courrier de 10% d'ici à 2017 

Il s'accompagnera de suppressions massives de postes. L'objectif est de permettre de faire passer 80% des lignes long-courriers dans le vert d'ici à fin 2017, contre 50% aujourd'hui, et dégager un bénéfice d'exploitation de 740 millions d'euros.   

Son plan, 
"Garantir un avenir durable," comportant une réduction de l'activité d'Air France en 2016, puis 2017, afin de garantir les objectifs économiques et l'avenir de la compagnie, sera présenté lundi 5 octobre au Comité Central d'Entreprise d'Air France. 
"Comme l'a indiqué le Conseil d'administration qui a exprimé son soutien unanime, nous devons avancer dès aujourd'hui pour garantir un avenir durable aux activités du Groupe lui permettant de participer à la croissance du secteur," en s'appuyant sur ses activités les plus compétitives. 

"Nous tenons à réaffirmer notre détermination à faire d'Air France-KLM un des leaders dans la consolidation du secteur au niveau mondial," a déclaré Alexandre de Juniac, président-directeur général d'Air France-KLM.

"Une période difficile va s'ouvrir", prévient le chef des pilotes

Après l'échec des négociations entre les syndicats de pilotes et la direction mercredi, Gilles Laurent, pilote, directeur général en charge des opérations aériennes, estime dans un courrier envoyé aux pilotes de la compagnie que les efforts demandés "étaient supportables", notamment en comparaison du scénario qui s’annonce aujourd’hui. L'enclenchement - par force -  du plan B marque l'aube d' "une période de grande incertitude  pour la compagnie, et pour nous pilotes".

G. Laurent souligne que "malgré une entrée en négociation très tardive des organisations professionnelles, tout était encore possible il y a 10 jours", mais "qu'au fil de l'avancée des réunions, j'ai mesuré à quel point les enjeux cruciaux de cette négociation n'étaient pas intégrés de la même façon par les organisations professionnelles". 
 
Enorme défiance entre les représentants des syndicats (SNPL et Spaf) avec la direction
Gilles Laurent "invite chacun à s'interroger, honnêtement, sur la sienne" (défiance), lui le premier. "Ma conviction est que les objectifs fixés étaient atteignables. C'était une contribution importante mais réaliste. Bien sûr, j'ai conscience en tant que pilote, que les efforts demandés étaient conséquents et avaient des répercussions d'un point de vue professionnel, personnel et même familial. C'est aussi pour cette raison que les négociations portaient sur un ensemble de leviers, mais je persiste à penser que les efforts demandés étaient supportables, notamment en comparaison du scénario qui s'annonce aujourd'hui", écrit-il.
Et d'ajouter : "désormais, une autre partition va se jouer pour nous pilotes comme pour l'ensemble des catégories de personnel. Une période difficile va s'ouvrir".

Les syndicats s'accrochent à leurs  acquis contre les intérêts de l'entreprise. "Ce que l'on nous demandait constituait à mettre en place les pires conditions de travail en Europe", assure un syndicaliste.

Le plan B implique en effet les départs contraints de plus de 300 pilotes et, probablement, sur la remise à plat d'un certain nombre d'accords, notamment celui qui définit le périmètre de l'entreprise, lequel s'achève fin mars 2016.

La mise en oeuvre du plan B expose également les hôtesses et stewards à des licenciements. Le personnel au sol des escales les moins compétitives, comme Marseille, serait aussi frappé. Le plan de départs des autres personnels au sol se feront sur la base du volontariat. Les suppressions de postes pourraient s'élever à 3.300 sur quelques 30.000, mais 8.000 personnes, selon certains syndicats. Pour d'autres, il devrait avoisiner les 5.000 personnes.

dimanche 21 septembre 2014

Les non-grévistes subissent des tentatives d'intimidation, dénonce Air France

Depuis 2012, l'agence de presse française révèle de nombreuses pressions sur les travailleurs

La presse officielle ne soutient-elle donc plus les mouvements syndicaux?
Des pilotes syndicalistes d'Air France ont dressé une liste 
de "Jaunes", leurs confrères qui ont choisi de travailler. 
Ils leur interdisent ainsi l'accès aux "jump seats", 
ces strapontins utilisés pour voyager 
gratuitement dans le cockpit.
La "jungle" de Calais reste un sérieux abcès de fixation de la misère migratoire.
Or, depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir, les associations ont cessé de harceler le gouvernement et les media détournent le regard. Il en est allé de même cet été à Avignon, de l'empathie coutumière des media pour les intermittents du spectacle qui s'est vite essoufflée. Et on peut citer encore les associations qui ne poussent plus aucun appel dans cette presse, qu'il s'agisse des défenseurs des sans papiers ou des sans abri, alors que l'immigration et le chômage n'ont jamais été aussi haut.   
La direction d'Air France trouve un écho nouveau dans la presse qui fait état de "menaces physiques et verbales" subies par des pilotes qui ne prennent pas part au mouvement actuel de grève. Voilà que des organes de presse relaient un courrier électronique de patrons qui dénoncent des pressions syndicales! Qu'est-ce qui a fait que la presse de gauche ait ainsi changé son fusil d'épaule -et fasse feu- si ce n'est qu'elle est redevenue pro-gouvernementale ?  Et même social-libérale avec Hollande, si l'on songe à son parti-pris contre les "frondeurs".
Une grève "corporatiste", selon la CGT,
favorable à la "lutte des classes" dans l'entreprise...
Le Point a estime que "le conflit qui affecte la compagnie s'éternise" et approuve, selon ses termes, que des patrons comme à Air France "passent à l'offensive"... Le groupe Air France-KLM a transmis dimanche un courrier à l'ensemble de ses pilotes afin qu'ils mettent un terme à des tentatives d'intimidation. Il aurait suffi que des pilotes non grévistes aient rapporté ces misères supposées. "Plusieurs pilotes non grévistes ont fait part à la direction de tentatives d'intimidation par d'autres salariés : menaces physiques et verbales, volonté d'établir et de publier une liste de pilotes non grévistes", indique ce courrier électronique de la direction des ressources humaines (DRH) des pilotes d'Air France, daté du 21 septembre. La direction demande "à tout pilote qui ferait l'objet d'une quelconque menace de se rapprocher de son encadrement" et indique que ces derniers pourront "compter sur le soutien de la direction d'Air France pour mettre un coup d'arrêt à ces comportements", qui, rappelle-t-elle, "sont punis par la loi". On croirait lire un communiqué de "fermeté" de Manuel Valls...
"La direction d'Air France ne tolérera aucun écart et engagera les démarches nécessaires pour punir celles ou ceux qui se livrent à de tels agissements", assure le document. Samedi Manuel Valls n'a pas seulement condamné "énergiquement" les "saccages et destructions par incendie" de deux bâtiments dont l'un, le centre des impôts de Morlaix, mais il a promis des poursuites judiciaires. La justice "indépendante" aura-t-elle cette fois les mêmes indulgences que lors du saccage de la préfecture de Compiègne en 2009? Les six ouvriers de l'usine Continental de Clairoix (Oise), dont Xavier Mathieu (leader syndical CGT, et porte-parole du conflit social Continental), condamnés en première instance à de la prison avec sursis, ont été finalement condamnés à de simples peines d'amendes par la cour d'appel d'Amiens. Pas de prison pour les Conti !
VOIR et ENTENDRE  l'empathie de l'agence de presse gouvernementale pour les usagers:


Chasse aux anti-jaunes
Un porte-parole a déclaré que la direction de la compagnie souhaite "envoyer un message ferme à ceux qui seraient tentés par ce genre d'intimidation et de soutien à ceux qui ont choisi de ne pas faire grève". 40 % des pilotes ne sont pas grévistes, à l'en croire, mais c'est néanmoins entre 50 et 60% du trafic qui est impacté (Grève à Air France : 55% des vols annulés vendredi: une légère amélioration par rapport au jeudi où 60% des vols étaient annulés). "Tout cela rend encore plus urgent le besoin de sortir rapidement de ce conflit", a poursuivi le porte-parole, abondamment repris par la presse.
Dans ce courrier électronique, Air France se flatte d'avoir fait fermer une page du site Facebook "qui avait vocation à faire connaitre les noms des pilotes non grévistes" et souligne qu'une plainte a été déposée". Des pilotes non grévistes avaient informé la direction être recensés sur ce compte baptisé "Anti-Jaunes" avec divulgation d'informations d'ordre privé.

Jean-Louis Barber, le président du SNPL, le syndicat majoritaire chez les pilotes, avait à l'époque affirmé ne pas être au courant de cette initiative, tout en la condamnant. "Nous ne sommes pas au courant de ce compte Facebook. Ce n'est en tout cas pas une initiative du SNPL", avait-il affirmé. "Nous la condamnons évidement. Mais si cela existe, cela montre que la base commence à être incontrôlable", avait-il prévenu.
Le conflit chez Air France est d'ores et déjà le plus long depuis le mouvement social de 1998, qui avait duré dix jours. Celui-ci, qui a débuté le 14, est annoncé pour durer jusqu'au 26 septembre. Ce dimanche, la compagnie prévoit d'assurer seulement 38% de ses vols.

C'est en fait l'ensemble de la société qui est recadrée

Le patron de France 24, 
un journaliste français d’origine libanaise, a fait pression sur ses camarades en leur dictant ses directives de fermeté partisane réduisant l'objectivité des reportages (terminologie, cadrages, etc) anti Etat islamique, débaptisé sur ordre de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, et rebaptisé Daesh, le terme ...arabe correspondant !

On veut croire que les consignes d'Air France, de France 24 et des membres du gouvernement sont des initiatives personnelles isolées et que ce zèle n'affectera pas l'ensemble des rapports sociaux en France. Mais il est bien évident que les syndicats, singulièrement le SNJ, ne permettraient ni la censure de la presse, ni le cadrage des rapports humains entre Français... 

samedi 13 septembre 2014

Grève massive à Air France, à compter de lundi 15

Les privilégiés se rebiffent

Les pilotes clouent les avions au sol sur u
désaccord avec la direction
Une grève importante se prépare chez Air France, annonce le PDG d'Air France, Frédéric Gagey, sur France Inter: la compagnie ne pourra assurer qu'un vol sur deux lundi, au premier jour de grève des pilotes. Les discussions entre les deux parties vont néanmoins se poursuivre pour tenter de trouver un accord.

Les passagers sont appelés à s'adapter

Les pilotes d'Air France veulent protester contre "l'absence de dialogue social sur les orientations stratégiques". Ainsi, ils refusent de donner leur accord à l'expansion de Transavia France, la filiale low-cost que la direction du groupe Air France-KLM 
veut développer ces prochaines années pour pénétrer ce marché en forte croissance dominé par l'anglaise easyJet, 4e compagnie européenne, l'irlandaise Ryanair et de l'espagnole Vueling (une compagnie aérienne à bas prix fondée en 2004 et basée près de Barcelone). Cette dernière fait partie du groupe IAG, holding née de la fusion de la britannique British Airways et l'espagnole Iberia le 8 avril 2010. 
Transavia France est elle-même une filiale de la compagnie aérienne à bas prix néerlandaise transavia.com,  créée en 2005 par Air France-KLM et basée à l'aéroport d'Amsterdam.

Air France va réduire la voilure sur les lignes intérieures et développer Transavia sur les lignes européennes

La flotte de Transavia doit passer de 11 à une trentaine d'avions d'ici à 5 ans. Celle d'Air France va diminuer d'une dizaine d'appareils. Ce transfert d'activité d'Air France à Transavia suppose un transfert des pilotes d'Air France vers Transavia aux conditions de Transavia (grosso modo, plus d'heures de vols pour le même salaire). L'accord avec le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) d'Air France n'a pas été trouvé pour lever l'accord actuel sur le périmètre de Transavia (14 avions). 
Certains transferts de compétence d'Air France à sa filiale low-cost semblent nécessaires pour assurer la fiabilité de l'exploitation. Pour beaucoup, en raison de la gestion difficile de plusieurs pannes d'avions, Transavia est incapable, dans sa structure actuelle, d'absorber une augmentation massive de sa flotte.

mercredi 25 janvier 2012

Les députés assurent la liberté de circulation aux Français

Confisqué par les syndicats, le droit de circuler est rendu aux Français

Les députés de la majorité votent la liberté de circulation

Les députés français ont adopté une proposition de loi UMP -contestée par la gauche- dont l'objet est de libérer les usagers pris en otages dans les aéroports en encadrant le droit de grève dans les transports aériens.

Une grève des agents de sûreté avait gravement perturbé l'activité des aéroports à compter du 20 décembre dernier, alors que le gouvernement avait inscrit ce texte à l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée.
Cette proposition de protection des Français était soutenue par Nicolas Sarkozy pour éviter "la prise en otage" des passagers par les grévistes. "Nous, nous prenons nos responsabilités et c'est par des actes que nous montrons que nous prenons en compte les attentes des usagers", a déclaré le ministre du Travail Xavier Bertrand.

Les Français refusent d'être instrumentalisés par les syndicats
"Les Français, face aux problèmes qu'ils peuvent rencontrer, attendent des réponses et le gouvernement apporte donc tout son soutien à cette proposition de loi indispensable."

Le texte n'instaure encore pas le service minimum dans l'aérien
Il prévoit la mise en place d'un dialogue social préventif à l'exercice du droit de grève et l'obligation pour chaque salarié de signer une déclaration individuelle et confidentielle de participation à une grève 48 heures à l'avance.
En fait, il ne fait qu'étendre au transport aérien un dispositif mis en place en 2007 dans les transports terrestres, à la SNCF et à la RATP, et prévoit que les passagers devront disposer d'informations fiables sur leur vol 24 heures à l'avance.


La gauche oppose le droit de grève au droit des usagers

Les dispositions du texte sont dramatisées par les syndicats des personnels des transports aériens - pilotes, hôtesses et stewards, notoirement défavorisés - et par l'opposition de gauche qui estime, comme Roland Muzeau, président du groupe Front de gauche (communistes et Mélenchon) de l'Assemblée, qu'il s'agit "d'une nouvelle attaque contre le droit de grève". Ce démocrate-là n'est visiblement pas le représentant de tous les citoyens de sa circonscription...
Lien PaSiDupes : "Des syndicats de nantis appellent au blocage des aéroports "

Une accusation rejetée par l'auteur de la proposition de loi
"L'objet de ce texte n'est en rien de mettre obstacle à l'exercice du droit de grève", affirme Eric Diard dans son rapport.
"Il n'est pas non plus de créer un 'service minimum' du transport aérien", ajoute le député UMP, mais "d'éviter la paralysie du transport aérien" grâce à la conclusion d'accords qui préviendraient les conflits, comme en Allemagne, par exemple.

L'opposition compte s'opposer aux usagers
Le Sénat, où la gauche est majoritaire, devrait voter contre cette proposition de loi examinée dans le courant du mois de février.
Le texte a été voté sans surprise par l'Assemblée, le groupe UMP, qui dispose de la majorité absolue au Palais-Bourbon, et celui du Nouveau centre (NC) y sont en effet favorables.

De plus, la Constitution prévoit que c'est la Chambre basse représentant le peuple et non les notables, qui a le dernier mot lors d'un différend avec la Chambre haute.

Le gouvernement devrait recourir à la procédure dite "accélérée", qui limite le nombre de lectures entre les deux assemblées, afin que le texte soit adopté pendant les congés scolaires de février, et avant le début du mois de mars, date de la suspension des travaux du Parlement pour cause de campagnes électorales.
Et avant les vacances de Pâques, puisque les syndicats vertueux avaient lancé leur dernier mouvement en date précisément avant celles de Noël 2011. Par bienveillance respectueuse de leurs concitoyens...

mardi 6 décembre 2011

La Cour des comptes dénonce des fraudes au CE de la RATP

La CGT, l'UNSA et SUD-Ratp dans le collimateur des juges financiers de l'Etat

Les Sages de la rue Cambon demandent l'ouverture d'une enquête pénale

Appels d'offres douteux, doubles facturations, dépenses somptuaires. Présidée par le Didier Migaud(PS),
la Cour des Comptes publie aujourd'hui mardi un rapport sur le comité d'entreprise de la RATP.

Les dernières élections professionnelles à la RATP se sont déroulées le 30 novembre 2010 et enregistrent une baisse d'influence des syndicats dominants: la CGT (près de 3 points) et de l'UNSA (plus de 4 points), mais une montée en puissance de SUD-RATP
((Solidaires Unitaires Démocratiques), membre de l'Union syndicale Solidaires (+ 7,38 points).


Les syndicats de la RATP écrivent l'une des pages les plus sombres de leur histoire.
Après le scandale de proxénétisme et de fraude dévoilé en interne à la fin de l'été, un rapport de la Cour des comptes doit être publié mardi. Il est accablant et souligne des "problèmes de surfacturations, voire de double facturations, des dépenses somptuaires, une absence de comptabilité sérieuse, des gestions opaques des centres de vacances ou de restauration collective", selon Le Parisien et TF1 qui l'ont dévoilé.

Les magistrats de la Cour des comptes se sont notamment intéressés à la mauvaise gestion du centre de vacances de Serre-Chevalier où 7 millions d'euros ont été dépensés pour sa rénovation depuis 2006. Le centre est toujours fermé, quatre ans après la fin des travaux qui n'ont pas réussi à le mettre aux normes de sécurité. Pour réaliser ces travaux, les élus de la RATP ont fait appel à une PME de région parisienne qui n'avait jamais travaillé en montagne, dont les véhicules n'étaient pas équipés pour affronter les routes enneigées mais dont des cadres avaient des accointances avec des syndicalistes de l'entreprise publique.

«Tout se vend et tout s'achète»

Face à cette situation, les magistrats de la rue Cambon en appellent à une enquête pénale.
" Le procureur général près de la Cour des comptes a jugé bon de saisir le ministre de la Justice, estimant que certains faits étaient de nature à motiver l'ouverture d'une action pénale".

Ce rapport de la Cour des comptes est rendu public tout juste un an après un rapport interne réalisé par la direction de la RATP. Cette enquête avait alors dévoilé un «trafic» d'heures de «relèves», c'est-à-dire des heures réservées aux représentants du personnel pour leurs tâches syndicales. "En forçant le trait, on pourrait dire que tout se vend et tout s'achète sur le marché de la relève", indiquait déjà ce rapport.

S'intéressant au coût de cette gabegie,l'enquête interne détaillait alors que la seule subvention de fonctionnement du comité d'entreprise représentait 113 euros par agent. C'est moins qu'à La Poste (204 euros) mais davantage qu'à la SNCF (59 euros), Areva (101 euros) ou encore Orange (90 euros). À ce chiffre s'ajoute la subvention aux oeuvres sociales (sport, vacances, sorties) qui, la plupart du temps, multiplie par dix la manne financière mise à disposition des syndicats.

Plusieurs CE sont dans la tourmente

Le rapport de la Cour des comptes devrait relancer le débat sur la gestion des comités d'entreprise en France.
Plusieurs d'entre eux sont dans la tourmente: celui d'EDF est régulièrement déficitaire depuis le scandale qui l'a secoué en 2004. Celui d'Air France a fait l'objet en 2010 d'une enquête de la brigade financière et est actuellement géré par un mandataire du tribunal de Bobigny chargé de le faire échapper à la faillite. Enfin, le comité d'établissement du CCE de la SNCF a fait l'objet d'une enquête de la brigade financière.

Curieusement, le rapport du député Nouveau Centre Nicolas Perruchot sur les dérives et sur le financement du paritarisme en France a été retoqué mercredi à l'Assemblée nationale et ne sera pas publié.

La CGT nie tout en bloc


Sur TF1, le secrétaire CGT du CE de la RATP, Jean-Michel Hurault, a démenti ces révélations. " Il n'y a pas de surfacturations et il n'y a pas de malversations ", s'est-il affirmé mordicus.

Le CE est contrôlé par la CGT, syndicat majoritaire à la RATP
, depuis les élections professionnelles de décembre 2010 avec près de 34% des voix.

Par ailleurs, la RATP est secoué depuis l'été dernier par un "scandale sexuel" qui mettrait en cause un des anciens responsables syndicaux de l'UNSA (Union syndicale Solidaires), surnommé "le roi".
Le juge Roger Le Loire a été désigné en août dernier pour mener une enquête sur des faits de harcèlement sexuel à la RATP. Un corbeau a en effet dénoncé le comportement de cadres syndicaux qui échangeraient leur soutien au déroulement de carrière d'agents - principalement des femmes - contre des faveurs sexuelles.

Les bureaux de l'administration centrale du syndicat, situés au 19, boulevard de Sébastopol, à Paris, étaient utilisés pour ce type de rencontres ce qui n'excluait pas des passages dans des hôtels parisiens. Selon lui, "les femmes qui ont refusé de coucher vivent une vie dure, comme Mme O. H., Mme C. F. et bien d'autres..." Quant aux hommes témoins des faits, les auteurs les harcèleraient pour qu'ils ne parlent pas : "Tous subissent encore aujourd'hui des pressions, [sont] poussés à la dépression. Soit près d'une dizaine de victimes présumées.
De plus, ils sont pénalisés dans leur déroulement de carrière, parce que tout simplement ils ont désobéi à l'exigence du Roi." L'expéditeur masqué évoque encore des "soirées organisées en nuit dans les locaux du CSA (Contrôle sécurité assistance, un département de la RATP) de certaines lignes".

Double jeu de syndicalistes
Les présumées victimes, elles, se tournent vers les syndicats concurrents de l'Unsa. " Elles étaient bouleversées. Elles avaient l'impression de ne pas être écoutées. On leur a même refusé d'être accompagnées d'un salarié ou d'un délégué syndical ", s'indigne Olivier Cots de Sud-RATP, à l'origine de la saisine du TGI de Paris.

Nauséabonds les couloirs de la RATP ?


lundi 31 octobre 2011

Air France: la grève devait "se renforcer" : elle "se fissure"

Deux syndicats , la CFDT et la CFTC sont sortis du mouvement au 3e jour
La pression médiatique des syndicats s'est exercée en pure perte

La grève des hôtesses et stewards d'Air France enregistre ses premières fissures.
Deux syndicats, la CFDT et la CFTC, ont annoncé leur sortie du mouvement entamé lundi.
Rivalités syndicales
Les syndicats partisans du dialogue social, la CFTC, qui a recueilli 8% des voix aux élections professionnelles de mars dernier, et la CFDT (4%), se désolidarisent des radicaux. L'un et l'autre sont à l'origine de la grève contre une réduction du personnel de cabine sur certains vols, singulièrement intérieurs: ils étaient opposés à leur réduction de quatre à trois. Ils ont pour leur part négocié une garantie de l'emploi jusqu'à fin 2012 avec la direction.

Pour la direction la décision des deux syndicats minoritaires est "une bonne nouvelle qui vient confirmer l'essoufflement du mouvement (et qui) est bien la preuve que la porte du dialogue n'a jamais été fermée avec les syndicats", a déclaré Jean-Charles Trehan, directeur des relations presse d'Air France." Sur cette sortie de conflit en particulier, la CFDT et la CFTC ont été reçues à leur demande depuis ce week end", a ajouté M. Trehan.
Les jusqu'au-boutistes de l'UNSA (22%), du SNPNC-FO (21%), de la CGT (10%) et de SUD (6%) poursuivent le blocage du trafic aérien en pleine période de migration des familles qui veulent fleurir les tombes de leurs défunts.

Abus de position dominante des majoritaires

Un intense matraquage médiatique

Une certaine presse aux mains du SNJ et de FO a mené l'offensive dans les media.

"La grève à Air France se renforce, disent les syndicats", titrait encore Reuters, le dimanche 30 octobre 2011 à 18h33. Cette dépêche a été dupliquée par Yahoo, Le Monde, Les Echos, Le Point et le Nouvel Observateur, etc.

"Air France : la grève se renforce d'après les syndicats", assurait France Info, le30 octobre 2011. Elle citait SUD: " 'La grève est massive parce que le mécontentement est massif', affirme Sud-Aérien. Le syndicat prévient que le mouvement de grève entamé hier est sérieux et durable.' "
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La radio de service public faisait même plus fort dans la désinformation et la psychose de ses auditeurs confiants. Le 29 octobre 2011, son titre militait aux côté des bloqueurs: "Air France : vers un durcissement de la grève". Elle écrivait: " Les syndicats en sont sûrs, le temps joue pour eux. C’est ce qu’affirment les signataires de l’appel à la grève chez les PNC (personnels navigants commerciaux, les hôtesses et stewards) d’Air France, qui se poursuit jusqu’au 2 novembre. "
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Une dialectique inquiétante
La distinction est plaisante à propos d'extrémistes favorables au scrutin proportionnel et à l'expression des minorités. Qu'ils soient des partis politiques ou des syndicats, lorsque les totalitaires sont en position dominante, ils entendent imposer leur loi et réduire les autres au silence. Le comble est une nouvelle fois atteint avec SUD qui culmine à 6%, mais prétend dicter ses volontés à la CFTC et à la CGT.
Une polémique discrimine les syndicats "pas représentatifs"

L'UNSA (autonomes) et le SNPNC-FO se sont étonnés de la décision conjointe de la CFDT et de la CFTC. "Il y a quand même un problème, la direction négocie avec deux syndicats qui ne sont pas représentatifs. Cela ne va pas", a déploré Stéphane Chausson, de l'Unsa. Selon le délégué syndical CFDT, Cyril Jouan, les deux syndicats ont "obtenu des garanties sur l'emploi jusqu'à fin 2012". Ils seront associés à la présentation de la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) sur trois ans, ce qui leur permettra de disposer d'une plus grande visibilité sur l'emploi dans l'entreprise.
Or, en vérité, le principal syndicat des quelque 15.000 hôtesses et stewards de la compagnie (28% des voix) est l'UNAC (CFE-CGC), laquelle ne s'est pas jointe au mouvement.

Le mouvement est éminemment politique et malveillant

Les efforts de la direction d'Air France sont stigmatisés
La direction s'est fixée plusieurs objectifs lundi. Outre qu'elle veille à épargner des perturbations aux usagers pris en otage, elle met en circulation 85% des vols prévus. Sur le millier de vols prévusdans la matinée, seulement quelque 70 vols ont été annulés au départ de Roissy (48 dont 4 long courriers) et d'Orly (20). Cette prouesse est rendue possible - malgré une législation sociale archaïque favorable aux bloqueurs contre les clients - par la reconduction de mesures, déjà prises par la direction d'Air France depuis le début de la grève, comme le recours aux compagnies partenaires et à ses filiales, la limitation à 100 environ du nombre de passagers par avion sur la base d'une hôtesse ou steward pour 50 passagers, et le renfort d'environ 200 cadres. Les malveillants en profitent pour dénoncer - sans explications - des vols à moitié vides !

Le gouvernement se voit reprocher de s'exprimer
La presse engagée reproche la prise de parole -dans leur domaine- de plusieurs ministres très critiques.
Lundi matin sur RMC, le ministre délégué aux transports Thierry Mariani a de nouveau qualifié cette grève d'"irresponsable" et dit ses craintes que celle-ci se traduise par de "nouvelles pertes" financières pour la compagnie confrontée à une rude concurrence.
Une tonalité déjà développée la veille par Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre du Transport et de l'Ecologie, et Xavier Bertrand, ministre du Travail, qui s'est également interrogé sur la mise en place d'un service minimum dans le transport aérien, comme il en existe en Espagne ou au Portugal, entre autre.

L'Etat français détient 16% du capital d'Air France
Les contribuables ont le droit de s'exprimer par la voix de leurs élus.
Le compte-rendu des interventions du PS est en revanche nettement plus favorable

A l'aise, le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac, a regretté, dixit cette presse, qu' " il n'y ait pas de dialogue social pour prévenir ce type d'incident qui revient à prendre en otage certains de nos concitoyens souhaitant profiter de ce long week-end " de Toussaint. Le socialiste est vraiment impayable ! Que le démagogue n'adresse-t-il donc pas sa polémique politicienne aux preneurs d'otages de la Toussaint, comme aux 6% de nuisibles du syndicat trotskiste, SUD ?
Pour Philippe Poutou, candidat trotskiste du NPA à la présidentielle, "il y a une légitimité complète des salariés d'Air France, c'est les conditions de travail qui se dégradent, des questions de sécurité, et derrière, ce sont des emplois menacés."