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lundi 14 avril 2008

Afghanistan : le PS divisé sur le procès en ‘atlantisme’ contre Sarkozy

Fabius l’emporte sur Hollande
Le Parti Socialiste se consacre à la critique de l’action gouvernementale, pour n’avoir pas à se déchirer. Mais les tensions sont si vives au PS que la politique gouvernementale ouvre des brèches en forme de tranchées entre les courants socialistes. Dans le conflit interne au PS qui a dénoncé mardi 8 ce qu’il appelle la «rupture atlantiste» de Sarkozy, la position de Fabius l'a emporté sur celle de Hollande.
La double offensive du PS n'aura pas lieu. Avant d'annoncer le dépôt d'une motion de censure contre l'envoi de troupes françaises en Afghanistan, la Voix de Son Maître, le président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, Jean-Marc Ayrault, et une partie des socialistes, ne cachaient pas leur intention de profiter de l'occasion pour interpeller le gouvernement sur sa politique économique et sociale. Mais au terme d'une rude bataille interne, François Hollande a dû finalement limiter son propos sur l'Afghanistan et la politique étrangère, même s'il doit commencer son discours par «tous les sujets qui auraient pu être, eux aussi, évoqués : suppressions de crédits, gonflement de la dette, etc.».
Cette marche arrière obligée de Hollande résulte d'une opération de pressions menée, tout au long de la journée de lundi, par Laurent Fabius, Henri Emmanuelli, Jean Glavany et leurs troupes. Lors d'une réunion du groupe socialiste pour préparer la motion, l'ancien premier ministre a plaidé pour que les socialistes se concentrent sur la seule question de l'Afghanistan. Selon Laurent Fabius, cela présenterait plusieurs avantages.
Le premier concerne la lisibilité des débats auprès des Français qui, interpellés sur l'Afghanistan, ne comprendraient pas que les socialistes en profitent pour parler d’autre chose.
Deuxième avantage : faire tanguer la majorité UMP. «Laurent Fabius a expliqué qu'en centrant la motion sur la dérive atlantiste de Nicolas Sarkozy, cela permettrait d'enfoncer un coin dans la majorité en allant “chatouiller” les gaullistes historiques et les souverainistes hostiles à l'Otan», raconte un député. Un point de vue partagé par Pierre Moscovici, peu séduit par l'idée «d'une motion fourre-tout». Or, porter la zizanie telle que la vit le PS dans le parti opposé est un plaisir auquel les socialistes ne savent guère résister. «C'est après les municipales qu'il aurait fallu provoquer un débat économique et social. Glisser cela derrière l'Afghanistan donnerait l'impression que les socialistes cherchent une session de rattrapage», a-t-il fait valoir.
À l'issue de la réunion de groupe, les partisans de la «motion simple» pensaient que leurs arguments l'avaient emporté. Mais dans l'après-midi, après la séance de questions au gouvernement, Jean-Marc Ayrault revenait à la charge en assurant qu'il serait un peu surréaliste qu'on ne parlât que de la politique étrangère et pas de la vie des Français aussi». Qui plus est au moment où le gouvernement prépare un plan d'économies face à la crise. Un peu plus loin, Bruno Le Roux soutenait cette position et jugeait «inenvisageable qu'après les municipales nous n'abordions pas la politique économique et sociale du gouvernement dans notre motion de censure». Une motion de censure fourre-tout semblait devoir prévaloir.
Ces affrontements socialistes profitent à la majorité et notamment à François Fillon. C'est lui qui répondit mardi 8 à François Hollande, lors du débat de censure. Roger Karoutchi, le secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement, avait prévenu. «Le premier ministre sera très offensif. Il veut mettre en exergue la désinformation permanente du PS». Le débat devait se dérouler à la place de la traditionnelle séance des questions au gouvernement. Soucieux de «réhabiliter l'image du Parlement», Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée, a obtenu que ce débat, prévu pour une durée d'une heure et cinquante minutes environ, soit entièrement diffusé en direct sur France 3, à partir de 15 heures.
Les partisans de la «motion simple» ne doivent en tout cas pas s'attendre à ce que les rares députés UMP souverainistes, hostiles à l'envoi de troupes en Afghanistan, votent la censure. «J'appartiens à une majorité. Je ne suis pas une girouette», prévient Jacques Myard. Côté Nouveau Centre, on préfère ironiser : «Une fois de plus, le PS essaie de reconstituer un front uni en agitant le chiffon rouge de l'atlantisme», raille Maurice Leroy.

On a vu qu’en fait tous les chiffons sont bons dès l’instant qu’ils sont rouges. Les pom-pom girls socialistes s’en donnent à cœur joie.

Vous l'avez reconnue; c'est bien elle...

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