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lundi 27 août 2018

Impopularité : le sondage qui déchire Macron

La popularité de Macron chute de 5 points, à 34% 

Les Français ont-ils fait le tour de Macron ?


Ils jugent sur pièces l'action d'Emmanuel Macron, en recul en août pour le quatrième mois consécutif, à 34% de satisfaits. Comble de disgrâce, le chef de l'Etat est moins populaire que Nicolas Sarkozy à la même période et l'écart avec son Premier ministre Edouard Philippe (40%, -1 point) se creuse.

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En 2017, la popularité du chef de l'Etat avait brutalement plongé entre juin et août, passant de 64% à 40%. Son socle de confiance s'était reconstitué par la suite, mais l'épreuve du pouvoir ne lui est pas favorable : il perd cinq points ce mois-ci dans le baromètre réalisé par l'Ifop pour le JDD.

Avec ce quatrième recul d'affilée et 16 points de moins qu'au mois de janvier, sa cote de satisfaction s'établit désormais à 34%, avec 2 Français sur  3 qui le jugent inefficace (66% de mécontents), son plus bas niveau depuis qu'il est parvenu par surprise au pouvoir. 
Baromètre Ifop-JDD : Emmanuel Macron tombe à 34% en août.
Baromètre Ifop-JDD : Emmanuel Macron tombe à 34% en août.
(JDData)
Une chute fracassante et généralisée

Macron ne peut s'accrocher à la paroi ! Ce recul de cinq points n'est pas le plus spectaculaire du quinquennat Macron puisque, outre l'été 2017 qui marquait la fin de son état de grâce (-10 points en juillet à 54%, -14 en août à 40%), le chef de l'Etat avait également chuté de six points entre janvier et février de cette année. 
Mais la descente aux enfers n'a jamais été aussi longue et, pire, elle semble prendre de la vitesse, sans rémission, confirmant le constat fait par les autres instituts de sondage, qui ont tous enregistré une baisse de 8 à 12 points de popularité pour le Président depuis le début d'année.

Au baromètre du JDD, aucune catégorie de population ne fait grâce à Macron. 
Il est en fait maintenant minoritaire dans toutes les catégories socioprofessionnelles et enregistre les baisses les plus fortes chez les 25-49 ans (-9 points), les commerçants, artisans et chefs d'entreprise (-12) et les salariés (-8).
 
Sa cote s'amenuise même chez les électeurs de son parti (87%, -6), s'effondre à droite (-14 chez les sympathisants LR à 25%, -13 à l'UDI), comme au PS (20%, -12) et reste résiduelle chez les Insoumis ou partisans du Rassemblement national (15%).

Les causes du décramponnage : l'inefficacité des mesures économiques et fiscales en cours et "le soupçon d'une politique antisociale"

Résultat de recherche d'images pour "gargouille diable boiteux"
L'affaire Benalla ne peut pas tout expliquer. L'affaire en elle-même est peu évoquée par les sondés, mais elle semble avoir été le  déclencheur d'une vague de jugements négatifs, explique Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop. Depuis le feuilleton des révélations de violences du garde du corps de l'Elysée et des découvertes de ses privilèges de favori du souverain républicain, les critiques  se sont accentuées sur l'exercice du pouvoir par quelques protégés arrogants,  ajouté à la découverte du train de vie dispendieux du couple Macron. 

Les personnes interrogées parlent spontanément de "manque de discernement", d'"arrogance", de "déconnexion" et de "mélange des genres"
, mêlant parfois les reproches sur les abus de Benalla aux controverses sur la vaisselle présidentielle et sur la piscine du fort de Brégançon.

La principale insatisfaction porte sur l'inefficacité de la politique du quadra qui devait tout casser et reconstruire la France en sept jours. Macron est clairement apparu incapable de redresser la situation économique: chômage non maîtrisé, croissance en berne et pouvoir d'achat en recul continu.
 
Les éloges sur son volontarisme ou son ambition réformatrice sont rares, car les résultats ne suivent pas les coups de mentons et l'inquiétude monte à l'annonce des prochaines réformes. "On voit désormais émerger le soupçon d'une politique antisociale, relève Frédéric Dabi. Macron n'est plus seulement dénoncé comme le président des riches, mais comme celui qui s'attaquerait aux pauvres, celui dont la politique nuirait aux classes moyennes."

Les cotes de popularité d'Emmanuel Macron et ses prédécesseurs selon le baromètre Ifop-JDD.
Les cotes de popularité d'Emmanuel Macron et ses prédécesseurs selon le baromètre Ifop-JDD.
(Ifop)
Macron moins populaire que Sarkozy à la même période

Alors que, dès 2008 Sarkozy eût à faire face à la crise économique internationale (qui l'avait fait fortement chuter à la fin de l'année 2007-début 2018, avant de remonter au printemps), Macron se voit contraint d'imposer des économies aux Français, faute de parvenir à juguler le chômage et la dépense publique, sans donc réussir à garantir la croissance et un pouvoir d'achat décent à tous les Français, jouant les Robin des bois auprès des chômeurs qu'il multiplie et des migrants qu'il accueille, alors que tous nos voisins européens remontent la pente, parfois de plus bas, comme l'Espagne et l'Italie. 

A ce stade de sa présidence,
Emmanuel Macron est le deuxième chef de l'Etat le plus impopulaire de la Ve République, derrière François Hollande (28% en août 2013), mais devant Jacques Chirac (38% en août 1996, même s'il avait été plus bas au moment des grèves de 1995 et avait de nouveau chuté fin 1996), Nicolas Sarkozy (40% en août 2008) et François Mitterrand (42% en septembre 1982), les autres ayant à cette période une majorité d'approbation. 
Le fier Macron se fait donc doubler ce mois-ci par Nicolas Sarkozy, qu'il devançait encore en juillet (39% de popularité contre 38% pour l'ancien président). 

Avec 34% de satisfaits actuellement, le Président peut encore faire pire que les plus bas niveaux de certains de ses prédécesseurs : François Hollande toujours, qui n'avait plus que 13% de popularité à la rentrée 2014, mais aussi François Mitterrand (22% en 1991), Jacques Chirac (27% en novembre 1995 donc, mais aussi à la fin 1996 et en 2006) et Nicolas Sarkozy (28% en avril 2011). Charles de Gaulle (record d'impopularité à 42% en 1963), Georges Pompidou (47% fin 1969) et Valéry Giscard d'Estaing (35% en mars 1981) n'avaient en revanche jamais atteint ce niveau.

Macron creuse un écart record avec un Premier ministre.
Résultat de recherche d'images pour "le boiteux"Ce recul de la confiance envers l'exécutif se concentre davantage sur le chef de l'Etat que sur son Premier ministre : Edouard Philippe ne perd en effet qu'un point et sa popularité dépasse désormais de 6 points celle du Président (40% de satisfaits). Il s'agit du plus gros écart entre les deux hommes depuis leur installation. Le chef du gouvernement a toutefois lui aussi perdu 14 points depuis décembre 2017 et enchaîne depuis trois mois ses plus bas niveaux de popularité. Mais il stabilise voire grappille quelques points auprès de certaines catégories de la population (retraités, professions intermédiaires) et reste majoritaire chez les 18-24 ans (53%). Etonnamment élevée chez les sympathisants de La République en marche (LREM), sa cote  est désormais supérieure à celle d'Emmanuel Macron (90% contre 87%).

Ultime espoir : Vulcain a été l'époux de la déesse Maia, considérée comme une déesse de la Croissance...
Mais Vulcain est représenté boiteux, un handicap pour remettre la République en marche...  

Enquête Ifop pour le Journal du Dimanche réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 23 au 24 août 2018, auprès d’un échantillon de 995 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage) après stratification par région et catégorie d'agglomération.

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