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lundi 2 mars 2020

Article 49.3: souvent homme politique varie !

Quand Edouard Philippe et Bruno Le Maire dénonçaient le principe du 49.3 


Valls l’avait dégainé six fois pour les lois Travail de Macron et El Khomri. 


Au grand dam des deux ex-députés LR...



Le troisième alinéa de l’article 49 de la Constitution est une arme à double tranchant... et l'effet boomerang des images d’archives n'est qu'un moindre mal. Elles rappellent que le premier ministre Edouard Philippe, qui applique les ordres de Macron, a de nouveau recouru au 49.3 samedi 29 février pour faire passer en force, sans vote, le projet de réforme Macron des retraites au Parlement, n’a pas toujours applaudi ses prédécesseurs lorsqu’ils le faisaient.

Le gouvernement va essayer de faire passer la pilule du 49.3

Pas de problème avec les oies LREM...
Manuel Valls annonce le 5 juillet 2016, qu’il utilisera de nouveau l’article 49.3 pour faire adopter sans vote le projet de loi de réforme du Code du travail, face à l’opposition populaire et à la fronde dans l’hémicycle. Le premier ministre de François Hollande est coutumier du fait : le socialiste a déjà dégainé cet outil trois fois pour la Loi Macron en 2015, et le refera pour cette Loi El Khomri, ou Loi Travail passée le 21 juin 2017 grâce à un troisième recours à l'article 49-3
Après avoir été remanié par le gouvernement, le texte est adopté sans vote en première lecture par l'Assemblée nationale à la suite de l'engagement de la responsabilité du gouvernement grâce à l'utilisation de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution française. Après son adoption par le Sénat, le texte est de nouveau adopté sans vote à l'Assemblée nationale en seconde lecture et en lecture définitive. Il est promulgué le 8 août 2016.
Un passage en force qu’Edouard Philippe, alors député LR de Seine-Maritime, accueille... en se levant et en quittant la séance, agitant les bras en signe d’indignation.

49.3 sur les retraites : le coup bas de Macron à sa majorité.
Résultat de recherche d'images pour "art 49.3 Edouard Philippe"Sur Public Sénat dix jours plus tard, toujours au sujet de la Loi Travail, Edouard Philippe dénonce le recours systématique du gouvernement au 49.3 : "Les députés ont été élus par le peuple et essaient de le représenter. [Le 49.3] ne leur permet même pas de discuter le texte", critique-t-il, avant de souligner :
"Le 49.3 n’a jamais été une arme destinée à museler l’opposition ! C’est une arme destinée à museler la majorité. C’est quand le gouvernement n’a pas de majorité à l’Assemblée, quand il n’est pas sûr de faire adopter un texte, qu’il l’utilise."
Une analyse a posteriori non sans charge ironique, étant donné la confortable majorité dont jouit aujourd’hui La République en Marche dans l’Hémicycle (299 députés LREM et 46 MoDem, sur 577 députés)... Bien plus large que celle dont disposait le PS sous François Hollande.

VOIR et ENTENDRE
le député juppéiste Edouard Philippe démonter l'article 49.3 :


"Ca sent la fin de règne...," assure Bruno Le Maire.
Son camarade haut-normand sur les bancs des Républicains, Bruno Le Maire, ne sait pas encore qu’il deviendra son ministre de l’Economie et des finances. Le député de l’Eure intervient à la même période sur la chaîne d’information iTélé pour dire tout le mal qu’il pense de l’utilisation du 49.3 :
"Quand on est obligé, dans une majorité, d’utiliser un instrument aussi brutal pour un texte de loi aussi creux, ça sent la fin de règne !" assène-t-il.
VOIR et ENTENDRE le député Bruno Le Maire dénoncer le recours à l'article 49.3:  

Ségolène Royal soutient alors Emmanuel Macron

Interrogée en mai 2017 sur RTL, l’ancienne candidate à la présidentielle appelle à l’optimisme :
"Ce que je peux vous dire d’Emmanuel Macron, c’est qu’il n’a pas du tout l’intention de brutaliser les Français", assure l’ex-présidente de Région, dévastatrice des finances de Poitou-Charentes et future ambassadrice aux pôles.
Et d'ajouté, avec perspicacité :
"Comme nous tous, il a été choqué par l’usage du 49.3 par le gouvernement précédent, donc ça ne sera pas sa méthode, je puis vous le dire. Il sait parfaitement, comme il l’a dit dans sa campagne et dans ses interventions, que la France a besoin d’apaisement, de rassemblement".
Macron est coutumier du coup de force

Le recours au 49.3 pour faire passer des lois n'est pas une grande première sous ce quinquennat. L'exécutif n'a pas pris de gants avec le Parlement: il a déjà asséné cinq ordonnances pour imposer la réforme du Droit du Travail. 
L'Assemblée nationale avait dû valider la loi Travail 1 portée par Myriam El Khomri. Elle vise à augmenter la compétitivité des entreprises en soumettant les salariés à davantage de flexibilité. De nombreux décrets d'application avaient déjà été promulgués sous le quinquennat de François Hollande.
Son choix des ordonnances était déjà un contournement du Parlement. 
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Le 28 novembre 2017, les députés votent la ratification des ordonnances réformant le code du travail souhaité par Emmanuel Macron
En juillet 2017, Macron inaugurait son quinquennat par un projet de loi de réforme du code du travail (Loi Pénicaud ou Loi Travail 2) uniquement composé d’ordonnances, cinq, à la suite de la Loi Travail. 
Depuis son arrivée aux responsabilités, il y a près de trois ans la SNCF a ainsi été ébranlée par ordonnances et Macron n’a pas non plus hésité à les dégainer pour la loi Pacte ou le projet de loi santé…

lundi 27 août 2018

Impopularité : le sondage qui déchire Macron

La popularité de Macron chute de 5 points, à 34% 

Les Français ont-ils fait le tour de Macron ?


Ils jugent sur pièces l'action d'Emmanuel Macron, en recul en août pour le quatrième mois consécutif, à 34% de satisfaits. Comble de disgrâce, le chef de l'Etat est moins populaire que Nicolas Sarkozy à la même période et l'écart avec son Premier ministre Edouard Philippe (40%, -1 point) se creuse.

Jupiter chez Vulcain, le forgeron boiteux
En 2017, la popularité du chef de l'Etat avait brutalement plongé entre juin et août, passant de 64% à 40%. Son socle de confiance s'était reconstitué par la suite, mais l'épreuve du pouvoir ne lui est pas favorable : il perd cinq points ce mois-ci dans le baromètre réalisé par l'Ifop pour le JDD.

Avec ce quatrième recul d'affilée et 16 points de moins qu'au mois de janvier, sa cote de satisfaction s'établit désormais à 34%, avec 2 Français sur  3 qui le jugent inefficace (66% de mécontents), son plus bas niveau depuis qu'il est parvenu par surprise au pouvoir. 
Baromètre Ifop-JDD : Emmanuel Macron tombe à 34% en août.
Baromètre Ifop-JDD : Emmanuel Macron tombe à 34% en août.
(JDData)
Une chute fracassante et généralisée

Macron ne peut s'accrocher à la paroi ! Ce recul de cinq points n'est pas le plus spectaculaire du quinquennat Macron puisque, outre l'été 2017 qui marquait la fin de son état de grâce (-10 points en juillet à 54%, -14 en août à 40%), le chef de l'Etat avait également chuté de six points entre janvier et février de cette année. 
Mais la descente aux enfers n'a jamais été aussi longue et, pire, elle semble prendre de la vitesse, sans rémission, confirmant le constat fait par les autres instituts de sondage, qui ont tous enregistré une baisse de 8 à 12 points de popularité pour le Président depuis le début d'année.

Au baromètre du JDD, aucune catégorie de population ne fait grâce à Macron. 
Il est en fait maintenant minoritaire dans toutes les catégories socioprofessionnelles et enregistre les baisses les plus fortes chez les 25-49 ans (-9 points), les commerçants, artisans et chefs d'entreprise (-12) et les salariés (-8).
 
Sa cote s'amenuise même chez les électeurs de son parti (87%, -6), s'effondre à droite (-14 chez les sympathisants LR à 25%, -13 à l'UDI), comme au PS (20%, -12) et reste résiduelle chez les Insoumis ou partisans du Rassemblement national (15%).

Les causes du décramponnage : l'inefficacité des mesures économiques et fiscales en cours et "le soupçon d'une politique antisociale"

Résultat de recherche d'images pour "gargouille diable boiteux"
L'affaire Benalla ne peut pas tout expliquer. L'affaire en elle-même est peu évoquée par les sondés, mais elle semble avoir été le  déclencheur d'une vague de jugements négatifs, explique Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop. Depuis le feuilleton des révélations de violences du garde du corps de l'Elysée et des découvertes de ses privilèges de favori du souverain républicain, les critiques  se sont accentuées sur l'exercice du pouvoir par quelques protégés arrogants,  ajouté à la découverte du train de vie dispendieux du couple Macron. 

Les personnes interrogées parlent spontanément de "manque de discernement", d'"arrogance", de "déconnexion" et de "mélange des genres"
, mêlant parfois les reproches sur les abus de Benalla aux controverses sur la vaisselle présidentielle et sur la piscine du fort de Brégançon.

La principale insatisfaction porte sur l'inefficacité de la politique du quadra qui devait tout casser et reconstruire la France en sept jours. Macron est clairement apparu incapable de redresser la situation économique: chômage non maîtrisé, croissance en berne et pouvoir d'achat en recul continu.
 
Les éloges sur son volontarisme ou son ambition réformatrice sont rares, car les résultats ne suivent pas les coups de mentons et l'inquiétude monte à l'annonce des prochaines réformes. "On voit désormais émerger le soupçon d'une politique antisociale, relève Frédéric Dabi. Macron n'est plus seulement dénoncé comme le président des riches, mais comme celui qui s'attaquerait aux pauvres, celui dont la politique nuirait aux classes moyennes."

Les cotes de popularité d'Emmanuel Macron et ses prédécesseurs selon le baromètre Ifop-JDD.
Les cotes de popularité d'Emmanuel Macron et ses prédécesseurs selon le baromètre Ifop-JDD.
(Ifop)
Macron moins populaire que Sarkozy à la même période

Alors que, dès 2008 Sarkozy eût à faire face à la crise économique internationale (qui l'avait fait fortement chuter à la fin de l'année 2007-début 2018, avant de remonter au printemps), Macron se voit contraint d'imposer des économies aux Français, faute de parvenir à juguler le chômage et la dépense publique, sans donc réussir à garantir la croissance et un pouvoir d'achat décent à tous les Français, jouant les Robin des bois auprès des chômeurs qu'il multiplie et des migrants qu'il accueille, alors que tous nos voisins européens remontent la pente, parfois de plus bas, comme l'Espagne et l'Italie. 

A ce stade de sa présidence,
Emmanuel Macron est le deuxième chef de l'Etat le plus impopulaire de la Ve République, derrière François Hollande (28% en août 2013), mais devant Jacques Chirac (38% en août 1996, même s'il avait été plus bas au moment des grèves de 1995 et avait de nouveau chuté fin 1996), Nicolas Sarkozy (40% en août 2008) et François Mitterrand (42% en septembre 1982), les autres ayant à cette période une majorité d'approbation. 
Le fier Macron se fait donc doubler ce mois-ci par Nicolas Sarkozy, qu'il devançait encore en juillet (39% de popularité contre 38% pour l'ancien président). 

Avec 34% de satisfaits actuellement, le Président peut encore faire pire que les plus bas niveaux de certains de ses prédécesseurs : François Hollande toujours, qui n'avait plus que 13% de popularité à la rentrée 2014, mais aussi François Mitterrand (22% en 1991), Jacques Chirac (27% en novembre 1995 donc, mais aussi à la fin 1996 et en 2006) et Nicolas Sarkozy (28% en avril 2011). Charles de Gaulle (record d'impopularité à 42% en 1963), Georges Pompidou (47% fin 1969) et Valéry Giscard d'Estaing (35% en mars 1981) n'avaient en revanche jamais atteint ce niveau.

Macron creuse un écart record avec un Premier ministre.
Résultat de recherche d'images pour "le boiteux"Ce recul de la confiance envers l'exécutif se concentre davantage sur le chef de l'Etat que sur son Premier ministre : Edouard Philippe ne perd en effet qu'un point et sa popularité dépasse désormais de 6 points celle du Président (40% de satisfaits). Il s'agit du plus gros écart entre les deux hommes depuis leur installation. Le chef du gouvernement a toutefois lui aussi perdu 14 points depuis décembre 2017 et enchaîne depuis trois mois ses plus bas niveaux de popularité. Mais il stabilise voire grappille quelques points auprès de certaines catégories de la population (retraités, professions intermédiaires) et reste majoritaire chez les 18-24 ans (53%). Etonnamment élevée chez les sympathisants de La République en marche (LREM), sa cote  est désormais supérieure à celle d'Emmanuel Macron (90% contre 87%).

Ultime espoir : Vulcain a été l'époux de la déesse Maia, considérée comme une déesse de la Croissance...
Mais Vulcain est représenté boiteux, un handicap pour remettre la République en marche...  

Enquête Ifop pour le Journal du Dimanche réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 23 au 24 août 2018, auprès d’un échantillon de 995 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage) après stratification par région et catégorie d'agglomération.