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vendredi 24 août 2018

Venezuela : la "révolution bolivarienne", chère à Mélenchon, pousse à l'exil massif de sa population

L'Afrique n'est pas seule cause de problèmes pour les pays dynamiques

Depuis l’accession d’Hugo Chávez au pouvoir en 1998, deux millions de personnes ont quitté le pays, selon le quotidien espagnol El Pais. 

Et l’émigration est en augmentation depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolás Maduro, ancien chauffeur de bus et président de la République par intérim, à la suite de la mort du président Chávez, puis élu président de justesse, avec 50,6 %. Loin de la "démocratie populaire participative" annoncée, la "Révolution bolivarienne", imposée par 
Résultat de recherche d'images pour "Segolene Royal Chavez"le dictateur Hugo Chávez, un soutien de la Chine ou de l'Iran, et poursuivie par Nicolás Maduro, a conduit les démocrates à qualifier de dictature ce régime autoritaire à parti unique, qui continue néanmoins de susciter l’enthousiasme d'une partie de la gauche radicale et des nationalistes-révolutionnaires à l'échelle internationale, dont Jean-Luc Mélenchon (LFI).

En 2017, un million de vénézuéliens a quitté le pays en un an, fuyant la famine, la violence et la répression, dont 600.000 vers la Colombie, 119.000 vers le Chili, 57 000 en Argentine, 35 000 au Brésil et 26.000 au Pérou. En août 2018, le Pérou a décrété l'état d'urgence dans trois de ses provinces, après un nombre d'arrivées qui a atteint près de 4.200 personnes par jour.

Au Pérou, le rythme des arrivées est de 3.000 réfugiés vénézuéliens par jour, ont précisé les services chargés des migrations. Le pays va désormais exiger un passeport des Vénézuéliens cherchant à s'établir sur son sol.

Le Pérou comptera bientôt un demi-million de réfugiés

Non communiste, l'économie péruvienne est parmi les plus performantes de l'Amérique latine
et le Pérou s'attend à devoir accueillir 100.000 réfugiés vénézuéliens dans les prochaines semaines, ce qui portera à 500.000 le nombre de personnes arrivées sur son sol pour fuir la crise économique et politique au Venezuela. "En août, nous en dénombrons déjà 400.000" sur le sol péruvien, a déclaré, jeudi 23 août, le haut responsable chargé des migrations, Eduardo Sevilla.

Le rythme des arrivées est de 3.000 réfugiés par jour, ont précisé les services d'Eduardo Sevilla. A partir de samedi, le Pérou va exiger un passeport des Vénézuéliens cherchant à s'établir sur son sol. Le ministre des Affaires étrangères, Nestor Popolizio, a précisé que Lima accordera des visas humanitaires dans des cas exceptionnels. "Personne ne parle de fermer la frontière, il s'agit d'exercer un meilleur contrôle migratoire pour des raisons sécuritaires," affirma pourtant le ministre de l'Intérieur Mauro Medina.

Le Brésil veut répartir les migrants vénézuélien

Le gouvernement brésilien annonce que les Vénézuéliens réfugiés dans la petite ville frontalière de Paracaima vont être déplacés vers l'intérieur du pays. 
Paracaima est en effet la porte d'entrée  de l'immigration vénézuélienne vers le Brésil et chaque jour des centaines de migrants traversent la frontière. Les migrants constituent aujourd'hui 10 % de la population de cette ville de 12.000 habitants et samedi, suite à une agression perpétrée par des réfugiés, des centaines de Brésiliens en colère ont détruit deux camps de réfugiés.



Plus de mille migrants sont retournés au Venezuela après les violences du week-end dernier. Ceux qui restent expliquent que la population locale est effrayée. Alejandro Mendoza est un migrant vénézuélien de 21 ans : "Le gouvernement a le projet de déplacer les migrants dans plusieurs grandes villes du pays, mais pour le moment, on ne voit rien. Les gens n'ont aucune raison de nous aimer, ils ont peur de nous."

Le vol et l'agression d'un commerçant, attribués à des Vénézuéliens, ont causé les affrontements.
Des dizaines d'habitants de cette localité ont détruit les deux principaux camps de migrants et brûlé leurs affaires. Des coups de feu ont été tirés et les magasins fermés. Pendant que les autorités inspectaient les installations d'accueil des réfugiés, à quelques mètres de la frontière, des Vénézuéliens continuaient d'arriver au Brésil, à pied ou en voiture.

Plus de 1.000 Vénézuéliens qui se trouvent dans l'Etat frontalier de Roraima au Brésil seront transférés dans d'autres villes du pays, à la suite des heurts violents de samedi entre migrants et population locale, a confirmé le gouvernement brésilien, mardi

Membre de la commission interministérielle qui s'est rendue mardi dans la ville frontalière de Paracaima, Viviane Esse a expliqué cette semaine à la presse depuis Boa Vista, capitale de cet Etat amazonien, que le "processus de répartition vers l'intérieur" du Brésil des migrants vénézuéliens commencera fin août, sans préciser les villes de destination. 

Depuis le début de l'année, 820 Vénézuéliens ont été transférés vers d'autres villes brésiliennes, comme Sao Paulo (sud-est) et Manaus (nord), dans le cadre d'un plan gouvernemental visant à désengorger l'Etat de Roraima. Après les heurts de ce week-end à Paracaima, au moins 1.200 réfugiés du Venezuela sont retournés dans leur pays qu'ils avaient fui en raison de sa profonde crise économique, politique et sociale.

Le Brésil envoie l'armée pour gérer l'afflux de migrants vénézuéliens.
Le président brésilien, Michel Temer, a tenu une réunion d'urgence ce week-end avec plusieurs ministres, à Brasila. Le gouvernement a décidé d'envoyer un contingent de 120 membres de la Force nationale, la police militaire, pour tenter d'apaiser la situation. La ville de Pacaraima "ressemble aujourd'hui à un désert. Tout est très calme, des renforts de police sont arrivés et les marchés ont rouvert", a expliqué un habitant..

Sur le premier semestre de l'année, près de 57.000 migrants ont déposé une demande d'asile au Brésil. Près de 400 passent la frontière quotidiennement. Le gouvernement tente de répartir les migrants dans d'autres régions, car l'Etat brésilien du Roraima qui est en première ligne, se trouve être également l'un des plus pauvres du pays.

Le Brésil n'est pas le seul à faire face à cet exode des Vénézuéliens. 
La semaine dernière, près de 20.000 d'entre eux sont arrivés au Pérou, qui va prendre des mesures pour limiter leur accès à son territoire et à son marché du travail.
L'Argentine a également annoncé un renforcement des mesures de contrôle des frontières, après l'arrivée de 25.000 personnes.
La Colombie a, elle, accueilli 800.000 Vénézuéliens. 
Au total, près de 2,3 millions de personnes auraient fui la misère de leur pays.

L'Equateur quitte l'Alliance bolivarienne

Le ministre de l'Intérieur Mauro Medina et Edouardo Sevilla se sont rendus jeudi dans la ville de Tumbes, à la frontière de l'Equateur, où des centaines de Vénézuéliens attendent dans de longues files pour faire enregistrer leur entrée au Pérou.

Cette crise migratoire a d'autres répercussions. L'Equateur a annoncé jeudi qu'il quitte l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), union régionale créée en 2004 à l'initiative du Venezuela et de Cuba, pour protester contre "le manque de volonté" de Caracas de régler la crise migratoire actuelle.

Le silence embarrassé de la gauche française

La politique migratoire, véritable casse tête à l'échelle de l'Europe, divise les français, hormis la gauche  qui veut croire que le chavisme reste un modèle.

Rendue publique le 27 juillet 2017, la très attendue politique migratoire de Macron, qui se veut ambitieuse et novatrice, s’inscrit dans un cadre limité par deux barrières: d'un côté, le repli sur soi et la fermeture des frontières et de l'autre, l’illusion qu’un pays comme la France peut accueillir, comme le disait Michel Rocard, toute la misère du monde.

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C’est pour ne pas avoir à franchir ces deux frontières que le président français insiste, davantage que ses prédécesseurs, sur la nécessité d’instaurer une solide différence entre les réfugiés et les migrants économiques. Concrètement, Emmanuel Macron promet donc d’améliorer l’accueil d’urgence, en créant de nouveaux centres, d’accélérer le traitement administratifs des demandes d’asile, de mettre en place une vraie politique de renvoi aux frontières pour les déboutés de ce droit à l’asile et de créer des "hot spots" sur le sol africain, dans des pays sûrs, pour juguler les flux migratoires en amont. 
La démarche nouvelle d’Emmanuel Macron, qui se veut libérée des tabous français sur l’immigration, comme du mythe d’une immigration heureuse, se veut plus efficace, mais sera-t-elle assez soutenue et dynamique pour convaincre les partenaires européens de la France : une Italie, bien seulequi assume aux portes de la Méditerranée, toute la charge des arrivées massives de migrants, mais aussi les pays d’Europe centrale et orientale, de la Pologne à la Hongrie,  qui refusent les quotas de migrants que veut leur imposer l’UE et rejettent, au-delà de la question des réfugiés, un modèle multi-ethnique dont ils estiment qu’il n’appartient pas à leur culture.

Et où se situe la gauche française dans ce concert  de réticences ?
Le chaos qui s’est emparé du Venezuela n’émeut pas grand monde dans la classe politique française :120 morts déjà dans des affrontements de 2017, de nombreux opposants arrêtés, dont le maire de Caracas, des magistrats menacés ou limogés, une Assemblée élue renvoyée, n'y suffisent pas. 
Les pays du Mercosur, le marché commun du sud, ont exclu le Venezuela pour "rupture de l’ordre démocratique" mais, à la menace de guerre civile, les autorités françaises opposent pour l’instant un prudent silence. 

Quant à la gauche extrême, elle refuse de condamner les excès de Nicolas Maduro, désireuse de préserver le modèle vénézuélien, dont la révolution bolivarienne fut pour elle un modèle d’inspiration politique. La France Insoumise (LFI)  renvoie dos à dos l’opposition et le pouvoir et dénonce la "désinformation " - l'argument ultime, quand la cause est indéfendable - à laquelle se livrent, selon elle, les media français. Et pourquoi pas les réseaux sociaux. 

Il est vrai que le populiste Jean Luc Mélenchon avait inscrit dans son programme – au point 62 – la volonté de rejoindre l’Alliance bolivarienne, anti-atlantiste, créée en 2004 par les anciens dictateurs vénézuélien Hugo Chavez et  cubain, Fidel Castro. Le Venezuela reste une "source d’inspiration" pour Mélenchon qui en semble bien dépourvu, et Chavez, même mort, représente "l’idéal inépuisable de l’espérance humaniste, de la révolution", la résistance à "l’infecte social-démocratie", laquelle ne sait plus comment accueillir ses . Mais le modèle vénézuélien n’est demandeurs d'asile. 

Le Vénézuéla reste seul en Amérique Latine à fasciner certaines gauches françaises. En son temps Fidel Castro a exercé le même attrait qu’Hugo Chavez. Chez Danielle Mitterrand qui avait salué l’émancipation humaine promise par le modèle cubain. Chez Ségolène Royal, qui avait regretté, quand elle était ministre de l’Environnement, la disparition d’un "monument de l’histoire". 
Après la désillusion soviétique, les pays socialistes d’Amérique latine ont longtemps représenté le nouvel espoir révolutionnaire dont rêvait la gauche française. La révolution sur la plage et sous les cocotiers : une bascule d’autant plus facile à faire que ces pays se trouvent dans l’arrière-cour de la puissance américaine…Mais avec l’effondrement économique et social du Venezuela, le modèle du socialisme sud-américain a lui rendu l’âme.

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