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mercredi 29 avril 2015

Projet d'attentat sur église(s) de Villejuif: un possible complice de Ghlam mis en examen

Un homme soupçonné d'aide au djihadiste franco-algérien Sid Ahmed Ghlam a été mis en examen 

Le principal suspect islamiste a pu bénéficier de son assistance 

dans son projet d'attentat manqué contre une église de Villejuif (PCF de 1945 à 2014, Val-de-Marne), révèle l'enquête sur les complicités, selon une source unique, l'AFP, chargée des éléments de langage du pouvoir.

L'homme de 33 ans a été mis en examen notamment pour association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes en relation avec une entreprise terroriste mais, selon son avocat, il nie tout projet d'attaque, a indiqué le Parquet de Paris. Il a été placé en détention provisoire.
Arrêté samedi à Colombes (PS de 2008 à 2014, dans les Hauts-de-Seine), le trentenaire, dont l'identité n'est pas révélée, est la première personne mise en examen depuis le placement en détention provisoire vendredi de Sid Ahmed Ghlam, l'étudiant franco-algérien de 24 ans soupçonné de l'assassinat d'une femme, Aurélie Châtelain, à Villejuif le 19 avril et d'un projet d'attentat contre au moins une église de cette ville du Val-de-Marne.
Deux autres personnes avaient été arrêtées en région parisienne et placées en garde à vue ce week-end. Elles ont été relâchées depuis, sans être poursuivies à ce stade de l'enquête. Un "commanditaire" syrien serait le dénominateur commun entre trois des différents suspects de cette affaire.

L'ADN de l'homme mis en examen mercredi a été trouvé dans une voiture Renault Mégane volée et garée à Aulnay-sous-Bois (PS de 2008 à 2014, Seine-Saine-Denis), où a été entreposé tout ou partie de l'arsenal découvert lors de son arrestation dimanche 19 avril dans le studio parisien de Sid Ahmed Ghlam, situé dans le 13ème arrondissement. Selon une source proche du dossier, Sid Ahmed Ghlam "a déclaré aux enquêteurs avoir hébergé cet homme une ou deux nuits avant son arrestation".
Son ADN a aussi été découvert sur un gilet pare-balles en possession de l'étudiant binational, selon une source proche de l'enquête. L'homme a déjà été condamné dans des affaires de droit commun, sans lien avec le terrorisme, a précisé cette source. Son ADN était donc inscrit au Fichier national des empreintes génétiques (Fnaeg), ce qui a permis de retrouver sa trace.
Il a aussi été mis en examen pour recel de vol en bande organisée et usage de fausses plaques d'immatriculation en relation avec une entreprise terroriste, a précisé le parquet de Paris.

"Il n'a jamais eu la volonté ni la conscience de participer à un projet terroriste"si on en croit Me Corentin Dupouey, originaire de Paris 19e, avocat collaborateur à Drancy (PCF de 1944 à 2001), puis à Versailles, au cabinet Liénard-Landon-Car-Simonin depuis juillet 2014. "Il est tout à fait dépassé par ce qui lui arrive; (...) c'est un père de famille, ce n'est pas un musulman radical", raconte le cher maître. Mais son client concède toutefois "un certain nombre de faits", a-t-il lâché, sans préciser lesquels.

Une enquête antiterroriste 

Les enquêteurs cherchent à déterminer de quelles complicités a pu bénéficier Sid Ahmed Ghlamdont ils pensent qu'il aurait été missionné depuis la Syrie, dont le régime est menacé par l'organisation terroriste dite État islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daesh), mais contre lequel Laurent Fabius et le président François Hollande ont pourtant demandé une "réaction de force" des principaux pays occidentaux et des frappes contre le pouvoir légitime d'al-Assad.

Installé définitivement en France en 2011, Sid Ahmed Ghlam est né en Algérie en août 1991, où il a passé toute son enfance. A l'âge de dix ans, il arrive en France avec sa mère, pour rejoindre son père à Saint-Dizier, ville moyenne de Haute-Marne. Mais faute de papiers, il doit repartir en Algérie en 2003 où il passe son baccalauréat en 2010, a rapporté François Molins. Une fois revenu en France en 2011, ce célibataire sans enfant entame alors des études d'électronique à Reims et Paris. Entre novembre 2011 et juin 2013, il est notamment passé par l'école parisienne Supinfo. Or, on a découvert que le terroriste présumé a falsifié des documents officiels pour entrer à l'UPMC, université Pierre et Marie Curie. 

Avocats de Sid Ahmed Ghlam:
Matthieu de Vallois (à gauche) et Gilles-Jean Portejoie
L'un de ses avocats, Gilles-Jean Portejoie, d'abord proche de François Mitterrand (il a appartenu à quelques cabinets de ministres socialistes), puis de Nicolas Sarkozy, n'est pas seulement le conseil des stars, mais fut premier adjoint au maire socialiste de Clermont-Ferrand (1997-2007), et candidat à la mairie de la capitale auvergnate en 2014. Quant à Me Matthieu de Vallois, il fut déjà le conseil de trois combattants français en Syrie interpellés à l'aéroport de Saint-Étienne en 2012 et jugés "pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes": Fares Farsi, 21 ans, Youssef Ettaoujar, 26 ans, et Salah-Eddine Gourmat, 24 ans.

Lundi, le procureur de Paris, François Molins, a réaffirmé que 
Sid Ahmed Ghlam "(est) passé à l'acte à la suite d'instructions données vraisemblablement de Syrie et pour le compte d'organisations terroristes". Il "a agi en bénéficiant d'une aide qui s'est traduite par des véhicules et de la fourniture d'armement", a-t-il précisé.
Les investigations ont aussi montré que c'est sur instruction de commanditaires que Sid Ahmed Ghlam a trouvé la clé du véhicule volé et garé à Aulnay-sous-Bois.
L'importance de son arsenal - quatre fusils d'assaut kalachnikov, un pistolet, un revolver- outre 2.000 euros en liquide et des documents sur al-Qaïda et l'EI, amène aussi les enquêteurs à s'interroger sur sa volonté d'attaquer seul ou avec des complicesUn message des commanditaires, envoyé à Ghlam et le poussant à agir seul si son complice ne venait pas, renforce ces soupçons, a indiqué une source proche du dossier.

Moins de quatre mois après les attaques terroristes de djihadistes français menées contre Charlie Hebdo à Montrouge et à l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, cet attentat a pu être évité de manière fortuite
Sid Ahmed Ghlam, islamiste candidat au djihad, mais qui avait craint pour ses jours sur blessure par balle à la cuisse, avait lui-même appelé le SAMU au matin du 19 avril. Les policiers, alertés, avaient retrouvé les armes dans sa voiture et dans sa très correcte chambre d'étudiant boursier, dans le XIIIe arrondissement de Paris. Son ADN a été trouvé dans l'automobile où a été assassinée par balle ce matin-là Aurélie Châtelain. La balle a été tirée avec un revolver du suspect.

Selon ses avocats, Sid Ahmed Ghlam conteste l'ensemble des faits qui lui sont reprochés...

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