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mercredi 29 avril 2015

Centrafrique: des soldats français accusés de viol sur enfants

Transparence: le gouvernement et l'AFP étouffent l'informationmais The Guardian la révèle

Un directeur de l'ONU a été sanctionné pour avoir lancé l'alerte 


Le haut fonctionnaire onusien  a été suspendu pour la transmission aux autorités françaises d'un rapport confidentiel sur des viols présumés sur enfants commis par douze à quinze militaires de l'opération Sangaris lancée le 5 décembre 2013. Le quotidien britannique de centre gauche "The Guardian" révèle ce que le pouvoir socialiste exemplaire occulte depuis près d'un an.

Il y a encore quelques jours, Anders Kompass dirigeait une table ronde  à l'ONU sur la question de la Palestine. Le directeur du Haut-Commissariat aux Droits de l'homme pour les opérations sur le terrain vient d'être suspendu par les Nations unies le mercredi 29 avril, annonce un article du journal britannique The Guardian pour intellos. Il lui est reproché d'avoir divulgué aux autorités françaises un rapport confidentiel de l'ONU relatif à des viols et agressions sexuelles commis par des soldats français à Bangui, capitale de la République de Centrafrique. Anders Kompass justifie sa transmission  des documents aux autorités françaises en raison de l'incapacité de l'ONU à prendre des mesures pour arrêter ces abus.

Des viols sur des enfants de 9 ans

Selon les déclarations de plusieurs garçons mineurs abusés et entendus entre mai et juin de l'année dernière par le bureau du haut-commissaire des Droits de l'homme et un spécialiste de l'UNICEF, les faits se seraient déroulés entre décembre 2013 et juin 2014, dans le cadre de l'opération de maintien de la paix internationale de la MINUSCA, Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine, suite aux attaques de la coalition essentiellement musulmane de rebelles Séléka. Ces témoignages sont-ils donc provoqués par les rebelles pour déconsidérer les troupes de sécurisation ? C'est ce que l'enquête "diligentée" par le ministre Jean-Yves Le Drian aurait déjà dû établir depuis plusieurs mois.

Les déclarations des quelques victimes identifiées laissent actuellement craindre que les victimes d'abus puissent toutefois être bien plus nombreuses. Le rapport confidentiel intitulé "Abus sexuels sur enfants par les forces militaires internationales" détaille les actes commis par des soldats français dans un centre de déplacés à l'aéroport de M'Poko, à Bangui en Centrafrique, sur des enfants affamés qu'ils étaient censés protéger. Ces enfants auraient été abusés sexuellement en échange d'argent ou de nourriture. Quelques-unes des jeunes victimes, âgées de seulement 9 à 11 ans, auraient pu décrire les soldats impliqués dans ces viols.

Une enquête française en cours à Bangui

The Guardian aurait obtenu ce rapport interne via Paula Donovan, militante américaine contre le sida et pour les droits des femmes et codirectrice de Aids-Free World, organisation internationale dédiée aux porteurs du virus du sida. Elle réclame la création dune commission d'enquête indépendante au sein de l'ONU sur ces abus sexuels commis par des soldats de la paixIl est question d'exploitation sexuelle, y compris le viol et la sodomie sur des garçons, dont certains étaient des orphelins. Un garçon de 11 ans aurait déclaré avoir été abusé quand il est allé chercher de la nourriture. Un autre de neuf ans et un ami impliquent deux soldats français au camp de déplacés. Pour Paula Donovan, "la triste vérité est que de tels abus sexuels ne sont pas rares. La réponse instinctive de l'ONU face aux violences sexuelles - ignorance, déni, dissimulation - doit être soumise à une commission d'enquête indépendante avec accès total et pleins pouvoirs".
D'ores et déjà, l'ambassadeur de Suède aux Nations unies a mis en garde les dirigeants de l'ONU : "Il ne vaudrait mieux pas que le haut-commissaire aux Droits de l'homme force" Anders Kompass à démissionner. A l'été 2014, le rapport sur ces abus sexuels a été transmis au Haut-Commissariat aux Droits de l'homme, à Genève. Comme rien ne se passait, Kompass a décidé de l'envoyer aux autorités françaises, qui ont ainsi pu envoyer des enquêteurs à Bangui.

Le lanceur d'alerte génevois devrait-il être suspendu pour avoir violé les protocoles de l'ONU, ou plutôt remercié ? Des sources au sein des Nations unies ont en effet confirmé au Guardian qu'une enquête française est effectivement en cours, en coopération avec l'ONU, à Bangui sur ces accusations d'agressions sexuelles commises par des soldats français sous mandat de l'ONU. Le ministère de la Justice a finalement confirmé ce jour que, le 31 juillet 2014, le Parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire portant sur ces accusations après avoir pris connaissance du rapport des Nations unies. 

Or, le mois dernier, Anders Kompass a été appelé et accusé de violation de protocoles des Nations Unies pour fuite sur les détails d'un rapport confidentiel. Les e-mails de Kompass ont été saisis  et un haut responsable de l'ONU a dit de Kompass qu' "il est de son devoir de connaître et de se conformer" aux protocoles des Nations Unies sur des documents confidentiels.

Bea Edwards, du Government Accountability Project, une organisation caritative internationale qui soutient les dénonciateurs, a condamné l'ONU pour sa chasse aux sorcières contre  le travailleur humanitaire suédois qui a agi pour mettre un terme aux abus sur enfants par ces Casques bleus en République centrafricaine"En dépit de la rhétorique officielle, il y a très peu d'engagement à la tête de l'organisation pour protéger les dénonciateurs et une forte tendance à politiser toutes les questions, quel que soit le degré d'urgence," a affirmé Edwards.

Mais le haut-fonctionnaire
 Kompass est par ailleurs accusé d'être à la solde du Maroc depuis des années, selon des sources sahraouis. Des documents confidentiels présentés sur le web par un hacker marocain  auraient dévoilés les services rendus par le Suédois, notamment des notes envoyées par l'ex-ambassadeur du Maroc à Genève, Omar Hilale. 


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