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vendredi 3 avril 2015

"Charlie Hebdo" : le ministère de l'Intérieur a tenté de couvrir les dysfonctionnements de la DGSI

"Charlie Hebdo" : les services du Renseignement "dépassés par les événements"

"Le Monde" révèle que la surveillance des frères Kouachi a été négligée

Cazeneuve, 1,67m,
terreur des terroristes islamistes
La DGSI connaissait les frères Kouachi, mais ne les surveillait pas. Le Monde révèle les manquements de Direction générale de la sécurité intérieure, dus notamment à une mauvaise collaboration des services. Il montre aussi comment le gouvernement a tenté de couvrir ces erreurs et ces approximations. 

Les agents avaient connaissance des manquements des services, comme le montre un échange téléphonique qui a fuité jusqu'au quotidien entre un agent de renseignements territorial (ancien RG) et l'ancien syndicaliste policier Jo Masanet. Le 8 janvier, le lendemain même des attentats, l'agent lâche à propos des Kouachi : "Bon, par contre... faut savoir que, heu... on avait déjà sur les individus... on les avait suivis, on les avait sur notre base de données." Avant de reconnaître : "On avait constaté que la DGSI était dépassée par les événements (...); on a un gros souci, là-dessus..."


"Manipulation"

Depuis février 2014Saïd Kouachi était en effet dans le collimateur de la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP), comme Le Point le révélait récemment. Or, en juin 2014, la DRPP cesse les écoutes et les filatures de l'aîné des Kouachi parti à Reims, hors de sa juridiction.

Le 10 janvier, le ministère de l'Intérieur met dans la confidence une dizaine de journalistes sur le dispositif mis en place pour surveiller les deux islamistes. Selon la Place Beauvau, Chérif Kouachi a été surveillé jusqu'à la fin de l'année 2013, puis son frère jusqu'à l'été 2014, sans que les services ne détectent aucun élément permettant de penser que les frères djihadistes préparaient une action quelconque. 
Quant aux écoutes administratives, elles ont été interrompues à la demande de la CNCIS (Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité), commission présidée par une personnalité désignée, pour une durée de six ans, par le président de la République. C'est ainsi qu'à 65 ans Jean-Marie Delarue a été nommé par décret du 27 juin 2014.

Mais la CNCIS nie aussitôt les faits catégoriquement.
"A aucun moment, [la commission] n'a manifesté d'opposition. (...) Les informations contraires sont, par conséquent, au mieux une inexactitude, au pire une manipulation." Un démenti qui suscite peu de réactions, commente Le Monde, alors que ses confrères de Libération hébergent l'hebdomadaire Charlie hebdo.

Les parents mis sur écoutes étaient... décédés 

Le Monde liste d'autres approximations des services. 
Pendant la traque du 7 janvier, la note de renseignement sur Saïd Kouachi n'est pas à jour. Datant d'avant 2012, elle ne mentionne ni son mariage, ni sa paternité, ni surtout l'existence de fiches qui le présentent comme un "islamiste radical" international, comme on dit un "jeune garçon" ou "agresser violemment"... Or, ses voyages à l'étranger pouvaient "compromettre la sécurité nationale". Ce n'est que deux jours plus tard que les informations seront actualisées. Sur le mandat de recherche de Saïd, les trois adresses sont inexactes. Corrigeant rapidement son erreur, le renseignement donne trois autres adresses sur le nouveau mandat. Elles sont elles aussi erronées.
Les fonctionnaires à primes rondelettes sont tout aussi défaillants au ministère de la Justice ou à l'Education nationale, comme le montre le défaut de communication des informations en possession de ces deux ministères sur les agissement d'enseignants condamnés pour pédophilie. Il aura fallu l'affaire impliquant le directeur d'école de Villefontaine pour que soient révélés certains chiffres et pointé plusieurs dysfonctionnements entre l'Éducation nationale et la Justice. Les socialistes Christiane Taubira, Vincent Peillon, Benoît Hamon et Najat Vallaud-Belkacem ont-ils fait mieux que leurs prédécesseurs? On aurait pu les croire sensibilisés au problème par leur consoeur Ségolène Royal, qui avait construit sa réputation sur la lutte contre le bizutage (loi de juin 1998), le racket et les crimes sexuels en milieu scolaire.

L'ex-concubine de "Pépère" est depuis longtemps une mère-la-pudeur 
Sans que lui vienne à l'esprit le moindre risque d'assimilation en pleine polémique sur le voile à l'école laïqueMémère avait fait diversion, dénonçant le port du string qu'elle avait jugé comme une "atteinte à la dignité de la femme". En 2003, au ministère de l'Enseignement scolaire, elle avait bataillé non pas contre les violences urbaines, tels les dommages à abribus (cf. son fils défavorisé, Julien, vandale), mais contre…le bizutage. Elle affirmait aussi qu' "aux yeux des garçons, le string réduit les jeunes filles à leur postérieur [...] . et concluait: "Après, on s'étonne que les adolescentes soient victimes d'attouchements ou de violences sexuelles."
En 1997, quand elle fut ministre déléguée à l'Enseignement scolaire du gouvernement Lionel Jospin auprès du ministre de l'Éducation nationale Claude Allègre, elle signa une circulaire concernant la lutte contre la pédophilie, dite circulaire Royal. Elle s'attacha à la défense des droits de l'enfant et à la lutte contre la violence à l'école (loi de juin 1998 relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles, ainsi qu'à la protection des mineurs).

Quant à Chérif Kouachi, frère de Saïd, il n'a été que sommairement surveillé pendant les trois ans qui suivent sa condamnation dans l'affaire de la filière djihadiste de Buttes-Chaumont, explique Le Monde, une fois passées les élections départementales. Juste après les attentats, la DGSI met sur écoutes une ligne censée être celle des parents des deux terroristes en Algérie. Sauf que ceux-ci sont décédés depuis plus de vingt ans. 

Le contrôle plus qu'approximatif des deux terroristes rappelle étrangement les erreurs commises par la DCRI en 2010 lorsqu'il s'agissait de surveiller Mohamed Merah à Toulouse et à Montauban
Alors ministre de l'Intérieur, Manuel Valls avait remplacé la DCRI par la DGSI afin de mieux organiser les services de renseignements et éviter les mêmes erreurs. Mais, selon Le Monde, l'obsession de la DGSI pour les jeunes tentés par le djihad l'a détourné de la surveillance des "vétérans", ceux qui étaient déjà passés à l'acte. Il ne s'agit pas, précise le quotidien, de dire que les attentats auraient pu être évités, mais de s'interroger sur les lacunes des services de renseignements au moment où le Parlement s'apprête à accroître considérablement leurs prérogatives.

Et dans tout ça, Nanard Cazeneuve?
Nanard encensé par Pais Match (lien)
Le ministre de l'Intérieur remercia du "fond du coeur" les forces de l'ordre. "J'éprouve une immense tristesse en pensant à ceux qui ont perdu la vie, aux otages. Je remercie du fond du coeur les forces de l'ordre qui ont agit avec compétence et sang-froid. Cela fait leur grandeur. Je me rends immédiatement auprès de mes troupes", avait expliqué le chef de cette armée mexicaine.

"Cette très forte hausse de la popularité de l'Exécutif s'explique bien sûr par l'émotion et l'union nationale de ces derniers jours et par la gestion de ces événements dramatiques par le Président et le Premier ministre, presque unanimement saluée dans toute la classe politique et dans tous les media", explique par exemple un sondage BVA. 
Dans son classement, BVA en profita d'ailleurs pour faire bondir la cote de Bernard Cazeneuve de 14 points à 33% des sondés déclarant souhaiter qu'il ait plus d'influence dans la vie politique française. Il passa ainsi de la 22e à la 6e place.

Après avoir évoqué de façon laconique
4 ou 5 signalements depuis l'affaire de Villefontaine, la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud Belkacem a pour la première fois communiqué le nombre d'enseignants révoqués de l'Education nationale après avoir été condamnés pour des agissements pédophiles ou pour détention d'images pédo-pornographiques. En 2014, 16 personnes ont été révoquées. "Attention à ne pas jeter l'opprobre sur l'ensemble du personnel", prévient toutefois Najat Vallaud Belkacem, rappelant que l'Education nationale compte environ un million de fonctionnaires, dont 840.000 enseignants.
Quant à la Ségolène Royal, ministre de l'Enseignement scolaire, elle a une correctionnelle et un suicide à son actif, pour un soupçon de pédophilie. Le 10 juin 1997, un professeur accusé, Bernard Hanse, 50 ans, se donna la mort sur une petite route de la Marne. Le mineur fut jugé pour "dénonciation mensongère"...

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