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mercredi 8 avril 2015

Salles de shoot: les députés français copient sur leurs voisins

L'Assemblée nationale vote l'expérimentation des "salles de shoot"

La majorité socialiste en manque de popularité se repique au sociétal

Les députés de la majorité cherchent visiblement à shooter leur popularité?
Malgré une vive opposition de plus de 4 heures de débats mardi soir, la majorité présidentielle a arraché l'adoption  du principe de l'expérimentation de salles de consommation de drogue à moindre risque (SCMR) et à coût maximum, communément appelées "salles de shoot", pendant six ans maximum, à compter de l'ouverture de la première salle: trois salles pourraient ouvrir à terme.
Soutenu par tous les groupes de gauche, l'article 9 du projet de loi de modernisation du système de santé, porteur de cette mesure, a été adopté par 50 voix contre 24, en première lecture. En 2013, la France a souhaité l'ouverture d'une salle d'injection à titre expérimental aux abords de la Gare du Nord à Paris. Cette salle devait être gérée par l'association Gaia dans un espace mis à disposition  par la SNCF, dans le 10e arrondissement. Plusieurs associations ont dénoncé le manque de moyens alloués à cette salle et son caractère non médical. A l'occasion de plusieurs réunions et manifestations, les riverains ont également manifesté leurs inquiétudes sur l'emplacement de la structure à proximité directe d'immeubles d'habitations, d'écoles maternelles et primaires, du Théâtre des Bouffes du Nord et l'absence de chiffres démontrant l'efficacité de la démarche. Mais rien n'y fait: la gauche exemplaire prend le risque de laisser sa marque indélébile, éventuellement négative et criminelle, quels que soient les arguments et faits contraires.

L'alibi de l'exemple des voisins
Les suiveurs français se revendiquent du précédent de 4 pays - sur 28 états membres- de l'Union européenne: l'Espagne, l'Allemagne, le Portugal et les Pays-Bas (et la Suisse, dans une quinzaine de villes en 2011), qui ont précédé la France en ouvrant ce type de sites.  Ces salles sont destinées à des toxicomanes majeurs précarisés, qui se droguent dans des conditions d'hygiène précaires, souvent dans la rue ou des halls d'immeuble, selon la majorité.
Les toxicomanes mineurs seront-ils repoussés ?
En 1994, une salle de consommation de drogue avait ouvert à Montpellier. Elle a été fermée suite au malaise d'une adolescente en juillet 1995. L'enquête sur l'overdose s'est conclue par un non-lieu, après le décès de l'éducateur de l'association ASUD  qui s'était occupé de la jeune femme.

"Aidez plutôt les toxicomanes à guérir qu'à s'autodétruire"
Le député UMP de Paris (quartiers de Grenelle et Javel) Philippe Goujon, son collègue de Vendée, Yannick Moreau, déclarent que, "si on osait, on pourrait même appeler 'antichambres de la mort' " ces "salles de shoot". Y. Moreau, auteur d'une proposition de loi interdisant l'ouverture de toute "salle de shoot" signée par 105 de ses collègues, a affirmé que cette expérimentation serait "un très mauvais signal de banalisation de la drogue à l'intention de la jeunesse" et des parents.
Farid Ghehiouèche, candidat pour la 
légalisation du cannabis
(8e circonscription de l’Essonne,
représentée par N. Dupont-Aignan)
Ainsi, l'association parisienne Vivre Gare du Nord et Gare de l'Est souhaite que la salle de shoot soit intégrée aux structures hospitalières situées à proximité immédiate (hôpital Lariboisière, hôpital Fernand-Widal) pour constituer un accompagnement médical des personnes dépendantes et mieux maîtriser la circulation sur la voie publiques de personnes sous emprise dangereuses pour elles-mêmes et pour les riverains.

Mais c'est l'association Gaia est en pointe. Gérée depuis 2006 par l’association Gaïa-Paris, elle met en oeuvre un programme anonyme et gratuit d’échange de seringues de Médecins du Monde créé en 1989. A l'origine, lors d'une réunion de concertation à la mairie du 10e arrondissement, l'association subventionnée avait présenté son dispositif, un préfabriqué installé sur l'actuel zone-arrière de la gare du Nord (station de bus-RER) et deux infirmières rattachées au site. C'est aujourd'hui une demi-douzaine de points de rencontre dans Paris avec l’antenne mobile du CAARUD.

Les socialistes de Hollande s'assument marginaux

"Des gens qui ont disparu des radars de notre société" et échappent à tous les dispositifs existants, selon la présidente PS de la commission des Affaires sociales, Catherine Lemorton (aubryste puis hollandienne), pharmacienne de profession "avec 15 ans d'expérience dans un réseau de réduction des risques à Toulouse".

Outre une réduction des risques liés aux injections (infection au VIH, hépatite C, etc... et une distribution de matériel stérile) et une amélioration de l'accès aux soins des usagers de drogues les plus marginalisés, ces salles ont, de surcroît, parmi leurs multiples objectifs, une diminution des nuisances dans l'espace public, assure-t-on.

Il s'agira de locaux gérés par les professionnels des centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques chez les usagers de drogue (Carrud), où sera autorisée la consommation des substances illicites apportées par ces toxicomanes dans la limite de leur consommation, sous la bienveillante supervision d'une équipe pluridisciplinaire, avec des professionnels de santé et du secteur médico-social. Le toxico-roi !

Les toxicomanes détenteurs de drogues pour leur seul usage personnel et consommant des stupéfiants dans ces salles ne pourront être poursuivis pour usage et détention illicite. De même, les professionnels intervenant dans ces salles ne pourront pas être poursuivis pour complicité d'usage illicite de stupéfiants notamment, s'ils agissent conformément à leur mission de supervision.

Le coût de ces salles est estimé à au moins 800.000 euros par an

Face aux résistances de la droite, Marisol Touraine, la ministre de la Santé,  a confirmé  que le gouvernement consacre par ailleurs 388 millions d'euros par an à la prévention et à la lutte contre les addictions, si l'on se base sur le projet d'expérimentation parisien.  

Les amendements de l'UMP encouragent plutôt le sevrage et l'abstinence. Le principal parti de France a dénoncé ces salles comme inefficaces à diminuer le nombre de toxicomanes ou à les sortir de leur addiction, comme Bernard Debré, médecin en activité. Le groupe, qui les a considérées comme un feu vert aux "paradis artificiels officiels" et "une première marche vers la dépénalisation" de la drogue, a alerté sur des risques de possibles overdoses à l'intérieur et de "zones de non droit" à l'extérieur.

Les élus UMP ont aussi mis en garde la majorité contre sa volonté de se donner "bonne conscience" et contre son manque de cohérence, après avoir "stigmatisé l'alcool et le tabac" par de précédentes mesures de ce projet de loi débattues la semaine dernière.

La députée FN Marion Maréchal-Le Pen a critiqué un "signal catastrophique envoyé à la population française puisque l'Etat va organiser une violation de la loi", alors que la position du gouvernement contre "la dépénalisation des drogues douces n'a jamais varié depuis 2012", a assuré la ministre.

La gauche amorce le processus de légalisation en raillant les élus responsables... 
NVB (Maroc), S.Dagoma (Tchad, Nantes)
et A. Hidalgo (Andalousie, Espagne)
"Arrêtez de vouloir faire peur: il ne s'agit nullement d'ouvrir des salles partout en France pour toujours, mais de répondre à des réalités", a prétendu la "députée de la gare du Nord" Seybah Dagoma (PS, porte-parole d'Anne Hidalgo, maire de Paris et membre du conseil d'administration de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides). 

Le député altermondialiste d'EELV, Jean-Louis Roumégas, (élu avec 50,10 % des voix et qui n'a pas été réélu lors des élections municipales de mars 2014 à Montpellier) qui, aux élections régionales de mars 2010 en Languedoc-Roussillon, avait conclu un accord de fusion avec les listes FG-NPA pour faire moins de 10%, a raconté avoir récemment vu, en pleine après-midi à Montpellier, deux personnes se droguant derrière une voiture, avec des seringues à même le sol, a défendu une mesure "pragmatique". Peut-être qu'elles ne se lavent pas non plus les mains en sortant des toilettes (sèches).

Outre Paris, deux autres villes pourraient utiliser cette possibilité.

En 2012, Marseille (UMP), Strasbourg (PS), Bordeaux (UMP), Toulouse (alors PS) et Nancy (Radical valoisien, UDI) étaient favorables à une expérimentation, mais beaucoup ont changé d'avis. 

Le gouvernement actuel s'engage pour que, six mois avant la fin de l’expérimentation, la future opposition fournisse aux parlementaires un rapport d’évaluation sur l’efficacité du dispositif. 
Les chiffres déjà produit concernent 90 salles d'injection dans le monde annoncent une réduction des risques de 40 %, mais sans aucune garantie de fiabilité de ces chiffres d'une étude française de l’an dernier concernant les risques de transmission de virus (hépatites, VIH…) de plus de 40 %, alors qu'en tout état de cause, l'éducation à l'hygiène sanitaire et prophylactique ne fait que se développer.

Alain Juppé, qui n'a "pas d'opposition de principe", va devoir se positionner clairement, après avoir dit préférer une salle intégrée à une structure hospitalière.

Seule Strasbourg est "toujours candidate"
Dans un entretien accordé à l'Express, Roland Ries (PS) réaffirme sa volonté d'expérimenter une salle de shoot à Strasbourg, mais "à l'intérieur de l'hôpital". "Car il faut considérer les toxicomanes comme des malades."

1 commentaire :

  1. Vous arrivez à traiter de sujets graves sans gravité, avec la distance qui convient: bien, bien !

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