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samedi 16 mai 2015

Michel Sapin visé par une plainte pour faux et usage de faux

Gel des avoirs du neveu de l'ex-président centrafricain 

Une plainte pour faux et usage de faux a été déposée vendredi  contre Michel Sapin

Lunettes de Schtroumpf...
Le patron de Bercy est poursuivi devant la Cour de justice de la République pour le gel des avoirs du neveu de l’ancien président centrafricain François Bozizé.  
Bercy a décidé de geler les avoirs d'Ange Ouefio Goningai qui vit en France, mais privé de ressources.
Le neveu de l’ancien président centrafricain est accusé d’"œuvrer à la déstabilisation en Centrafrique" 
Ange Ouefio Goningai se dit très attaché à la France où il possède d'ailleurs la double nationalité. Il a commencé une carrière de footballeur dans l'équipe réserve du PSG avant de se lancer en politique en Centrafrique comme conseiller spécial du président François Bozizé.


Lorsque la guerre civile éclate, il revient en France, affirmant être resté un interlocuteur pour la diplomatie française, jusqu'en novembre dernier -avant la loi renseignement- quand il apprend qu'il figure sur une liste publiée par Bercy. Les personnes fichées sur cette liste noire sont soupçonnées par le gouvernement français de financer le terrorisme en Centrafrique, de financer en fait les anti-balaka.

Le plaignant est soupçonné d’être susceptible de commettre des actes terroristes. Des accusations infondées selon l’intéressé, qui parle de situation inacceptable.

Ouefio Goningai dénonce une cabale

Ouefio Goningai apprend aussi que ses avoirs sont gelés. Il ne peut plus disposer de sa petite fortune sur des comptes, et faire marcher le commerce. Expulsé de son logement faute de pouvoir payer un loyer, il squatte aujourd’hui le cabinet de son avocat. Son père a tenté de lui faire un virement de 200 euros, mais la banque a refusé.

Le neveu de l’ancien président centrafricain rejette les accusations de la France et dénonce une cabale. Il n’a jamais été condamné par un tribunal, mais on le prive de toutes ressources sur la base de simples suspicions, sans même qu’il puisse se défendre, affirme-t-il.
Ouefio Goningai demande à comprendre pourquoi il est fiché et figure sur cette liste. Propos recueillis par Elodie Guéguen

Une procédure administrative non contradictoire
Bercy se prévaut de directives de l’Europe et de l’ONU qui ciblent des militants politiques susceptibles de déstabiliser leur pays d’origine ou de commettre des actes terroristes. Il faut savoir que le gel des avoirs de ces potentiels terroristes ne repose sur aucune décision de justice. C'est une procédure administrative qui n'est pas contradictoire.
Une procédure choquante, estime maître Baduel, l'avocat Ouefio Goningai. Il a décidé de déposer plainte contre le ministre des Finances pour faux et usage de faux. D'autant que ce sont les avoirs de l'ensemble de la famille Boizizé qui sont gelés. 

L'ex-président Boizizé a été chassé du pouvoir par les rebelles musulmans de la Séléka, en partie des mercenaires tchadiens, libyens et soudanais menés par Michel DjotodiaLes putschistes sont pris le palais présidentiel et Michel Djotodia s'est accaparé le pouvoir.
Ce militaire l'Union des forces "démocratiques" pour le rassemblement (UFDR) qui s'est auto-proclamé président de la République en mars 2013 après le renversement et la fuite du président François Bozizé, a démissionné de ses fonctions en janvier 2014, au profit d'Alexandre-Ferdinand N'Guendet, président du Conseil national de la transition jusque janvier 2014, quand Catherine Samba-Panza, née au Tchad, chrétienne, francophone et militante des droits des femmes, a été "élue" chef de l'État de transition par le Conseil national de la transition... Et Bercy, Valls et Hollande les soutiennent.
Depuis décembre 2013, l’armée française y conduit l'opération militaire Sangaris à la demande de François Bozizé pour combattre - avec les milices d'autodéfense chrétiennes (appelées anti-balakas ) - les forces musulmanes de déstabilisation animée par la Séléka. Or, cinq militaires français sont accusés d’abus sexuels sur des enfants en Centrafrique: réalité ou intox de la Séléka ?

Maître Baduel dénonce "le travestissement" de textes de l'Union européenne: 


La plainte a été déposée ce vendredi soir à la Cour de justice de la République. Elle sera examinée par une commission des requêtes.

mercredi 29 avril 2015

Centrafrique: des soldats français accusés de viol sur enfants

Transparence: le gouvernement et l'AFP étouffent l'informationmais The Guardian la révèle

Un directeur de l'ONU a été sanctionné pour avoir lancé l'alerte 


Le haut fonctionnaire onusien  a été suspendu pour la transmission aux autorités françaises d'un rapport confidentiel sur des viols présumés sur enfants commis par douze à quinze militaires de l'opération Sangaris lancée le 5 décembre 2013. Le quotidien britannique de centre gauche "The Guardian" révèle ce que le pouvoir socialiste exemplaire occulte depuis près d'un an.

Il y a encore quelques jours, Anders Kompass dirigeait une table ronde  à l'ONU sur la question de la Palestine. Le directeur du Haut-Commissariat aux Droits de l'homme pour les opérations sur le terrain vient d'être suspendu par les Nations unies le mercredi 29 avril, annonce un article du journal britannique The Guardian pour intellos. Il lui est reproché d'avoir divulgué aux autorités françaises un rapport confidentiel de l'ONU relatif à des viols et agressions sexuelles commis par des soldats français à Bangui, capitale de la République de Centrafrique. Anders Kompass justifie sa transmission  des documents aux autorités françaises en raison de l'incapacité de l'ONU à prendre des mesures pour arrêter ces abus.

Des viols sur des enfants de 9 ans

Selon les déclarations de plusieurs garçons mineurs abusés et entendus entre mai et juin de l'année dernière par le bureau du haut-commissaire des Droits de l'homme et un spécialiste de l'UNICEF, les faits se seraient déroulés entre décembre 2013 et juin 2014, dans le cadre de l'opération de maintien de la paix internationale de la MINUSCA, Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine, suite aux attaques de la coalition essentiellement musulmane de rebelles Séléka. Ces témoignages sont-ils donc provoqués par les rebelles pour déconsidérer les troupes de sécurisation ? C'est ce que l'enquête "diligentée" par le ministre Jean-Yves Le Drian aurait déjà dû établir depuis plusieurs mois.

Les déclarations des quelques victimes identifiées laissent actuellement craindre que les victimes d'abus puissent toutefois être bien plus nombreuses. Le rapport confidentiel intitulé "Abus sexuels sur enfants par les forces militaires internationales" détaille les actes commis par des soldats français dans un centre de déplacés à l'aéroport de M'Poko, à Bangui en Centrafrique, sur des enfants affamés qu'ils étaient censés protéger. Ces enfants auraient été abusés sexuellement en échange d'argent ou de nourriture. Quelques-unes des jeunes victimes, âgées de seulement 9 à 11 ans, auraient pu décrire les soldats impliqués dans ces viols.

Une enquête française en cours à Bangui

The Guardian aurait obtenu ce rapport interne via Paula Donovan, militante américaine contre le sida et pour les droits des femmes et codirectrice de Aids-Free World, organisation internationale dédiée aux porteurs du virus du sida. Elle réclame la création dune commission d'enquête indépendante au sein de l'ONU sur ces abus sexuels commis par des soldats de la paixIl est question d'exploitation sexuelle, y compris le viol et la sodomie sur des garçons, dont certains étaient des orphelins. Un garçon de 11 ans aurait déclaré avoir été abusé quand il est allé chercher de la nourriture. Un autre de neuf ans et un ami impliquent deux soldats français au camp de déplacés. Pour Paula Donovan, "la triste vérité est que de tels abus sexuels ne sont pas rares. La réponse instinctive de l'ONU face aux violences sexuelles - ignorance, déni, dissimulation - doit être soumise à une commission d'enquête indépendante avec accès total et pleins pouvoirs".
D'ores et déjà, l'ambassadeur de Suède aux Nations unies a mis en garde les dirigeants de l'ONU : "Il ne vaudrait mieux pas que le haut-commissaire aux Droits de l'homme force" Anders Kompass à démissionner. A l'été 2014, le rapport sur ces abus sexuels a été transmis au Haut-Commissariat aux Droits de l'homme, à Genève. Comme rien ne se passait, Kompass a décidé de l'envoyer aux autorités françaises, qui ont ainsi pu envoyer des enquêteurs à Bangui.

Le lanceur d'alerte génevois devrait-il être suspendu pour avoir violé les protocoles de l'ONU, ou plutôt remercié ? Des sources au sein des Nations unies ont en effet confirmé au Guardian qu'une enquête française est effectivement en cours, en coopération avec l'ONU, à Bangui sur ces accusations d'agressions sexuelles commises par des soldats français sous mandat de l'ONU. Le ministère de la Justice a finalement confirmé ce jour que, le 31 juillet 2014, le Parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire portant sur ces accusations après avoir pris connaissance du rapport des Nations unies. 

Or, le mois dernier, Anders Kompass a été appelé et accusé de violation de protocoles des Nations Unies pour fuite sur les détails d'un rapport confidentiel. Les e-mails de Kompass ont été saisis  et un haut responsable de l'ONU a dit de Kompass qu' "il est de son devoir de connaître et de se conformer" aux protocoles des Nations Unies sur des documents confidentiels.

Bea Edwards, du Government Accountability Project, une organisation caritative internationale qui soutient les dénonciateurs, a condamné l'ONU pour sa chasse aux sorcières contre  le travailleur humanitaire suédois qui a agi pour mettre un terme aux abus sur enfants par ces Casques bleus en République centrafricaine"En dépit de la rhétorique officielle, il y a très peu d'engagement à la tête de l'organisation pour protéger les dénonciateurs et une forte tendance à politiser toutes les questions, quel que soit le degré d'urgence," a affirmé Edwards.

Mais le haut-fonctionnaire
 Kompass est par ailleurs accusé d'être à la solde du Maroc depuis des années, selon des sources sahraouis. Des documents confidentiels présentés sur le web par un hacker marocain  auraient dévoilés les services rendus par le Suédois, notamment des notes envoyées par l'ex-ambassadeur du Maroc à Genève, Omar Hilale. 


dimanche 13 avril 2014

Algérie: la présidentielle soulèvera-t-elle le couvercle du chaudron ?

Un changement en Algérie menace-t-il la France? 

Une atmosphère de fin de règne
Cette campagne présidentielle inquiète de part et d'autre de la Méditerranée
Elle se déroule en Algérie pour l'élection présidentielle du 17 avril, marquée par l'absence physique du principal acteur, le président, Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, élu depuis 1999 et candidat à un quatrième mandat. A une semaine du scrutin, le climat se tend. 

La contestation se manifeste désormais sur le terrain. La rumeur bruisse : Abdelaziz Bouteflika pourrait être présent lors du dernier meeting de sa campagne, prévu à Alger dimanche 13 avril. "Le peuple algérien va le voir et l'entendre; je ne sais pas sous quelle forme mais il va s'exprimer", a assuré l'un de ses porte-parole, Amara Benyounès, ministre du développement industriel.

Six candidats en lice
Composée de sept personnalités, trois anciens premiers ministres, deux ministres, le président du Conseil de la nation (équivalent du Sénat) et le président du principal parti politique, le Front de libération nationale, l'équipe représentant le candidat Bouteflika se déploie sans relâche sur tout le territoire, jusqu'en France et en Tunisie où résident d'importantes communautés algériennes. 

Mais les réunions publiques  sont de plus en plus l'objet d'incidents 
A Ghardaïa, aux portes du Sahara, mercredi 9 avril, la presse algérienne a rapporté la présence de manifestants hostiles en marge de plusieurs meetings tenus dans la vallée du Mzab par le directeur de campagne de Bouteflika, Abdelmalek Sellal, ex-premier ministre. Dans cette région située à 600 kilomètres au sud d'Alger, théâtre d'affrontements depuis des mois entre les communautés berbères musulmanes et arabes, des habitants, excédés par la reprise de violences qui ont de nouveau provoqué une quarantaine de blessés, ont crié des slogans hostiles et jeté des œufs sur le cortège.
A Béjaïa, en Kabylie, le 5 avril, la maison de la culture, où devait se tenir une rencontre animée par Sellal, a été incendiée. Ce mouvement de colère, au cours duquel ont été blessés des journalistes qui accompagnaient le directeur de campagne de Bouteflika, a provoqué l'annulation du meeting. Trois jours plus tard, quelque 2.000 étudiants sont sortis dans la rue pour exprimer leur rejet de l'élection présidentielle au cri de "système dégage". Un portrait géant du président-candidat a été déchiré. 

A Paris, le 6 avril, où avaient été dépêchés deux ministres, Amara Benyounès, et Amar Ghoul, un groupe de jeunes a tenté de perturber la rencontre et s'est fait évacuer sans ménagement de la salle. "Laissez-les crier, ils ne sont à chaque fois pas plus de dix", s'est indigné Benyounès à la tribune . "C'est hallucinant et ahurissant, des démocrates qui appellent l'armée à faire un coup d'Etat contre un président démocratiquement élu. On a tout vu dans ce pays ! ", a enchaîné le ministre, en référence à des appels lancés par des personnalités et des opposants.

A Batna, capitale des Aurès, un scénario identique à celui de Paris s'est déroulé : un groupe de jeunes a été expulsé manu militari. Résultat : la plupart des meetings de campagne se déroulent en présence d'un dispositif policier renforcé. Parfois, les salles sont fournies, parfois, elles ne le sont pas.

Le camp Bouteflika n'est pas le seul camp exposé à de rudes critiques  
Ali Benflis, 69 ans, prône une 
nouvelle Constitution "plus consensuelle"
A M'Chedallah, dans la région de Bouira,
un représentant d'Ali Benflis, principal rival du président sortant (photo ci-contre) a dû lui aussi renoncer. "On ne laissera personne organiser de meeting à M'Chedallah, nous rejetons carrément cette élection", ont clamé une centaine de jeunes manifestants selon l'agence algérienne APS. 

C'est un changement en Algérie où, avant le "printemps arabe", les  élections se déroulaient dans une quasi indifférence de la population.
Le président sortant paraît affaibli

Cette fois, l'entourage du président tente de faire campagne tant bien que mal, en l'absence de son candidat, affaibli par un accident vasculaire cérébral en 2013. Depuis mai 2012, Bouteflika ne s'est plus adressé directement au peuple algérien. Il n'apparaît plus à la télévision qu'à de courtes occasions, lorsqu'il reçoit des délégations étrangères. Ce fut le cas lors de la venue le 3 avril du secrétaire d'Etat américain John Kerry. Des images montrant le président saluant brièvement son hôte debout avaient alors été diffusées. "Il va bien", "il va de mieux en mieux", assurent à tour de rôle ses représentants. "C'est quelqu'un dont les fonctions mentales fonctionnent très bien, il a un problème de rééducation fonctionnelle", a affirmé Benyounès, interrogé le 6 avril dans le cadre de l'émission "Internationales" sur TV5, en partenariat avec RFI et Le Monde.

Suite au traumatisme de la décennie noire des années 1990-2000, qui avait vu s'opposer des groupes islamistes à l'armée, 
les hommes du président utilisent l'argument de la stabilité. 
Dans un meeting intégralement filmé à Tizi Ouzou, M. Sellal, qui s'est exprimé en arabe et en français, l'a dit et répété : « Si nous perdons la stabilité, nous perdons la souveraineté. (…) La stabilité est un acte de souveraineté, si on touche à la stabilité, on a touché à la souveraineté nationale ».

Cet argument a cependant été retourné par les opposants au quatrième mandat qui dénoncent le facteur d'instabilité que constituerait, selon eux, la réélection d'un chef de l'Etat malade. « Il a tout sacrifié » à l'Algérie, a répliqué M. Sellal, « jusqu'à sa santé », avait-il déjà affirmé dans une autre réunion. "Pourquoi ne pas vouloir le faire roi ?" s'est-il écrié à Alger le 8 avril.

Manifestation d’étudiants hostiles à Abdelaziz Bouteflika, à Tizi Ouzou, en Kabylie, le 6 avril.A Tizi Ouzou, au lendemain des incidents de Béjaïa, des jeunes venus manifester sont restés à l'extérieur de la salle sans que cela dégénère, et le directeur de campagne du président a mis en garde contre les impatiences qui s'expriment. "On doit avancer doucement, car nous avons une société compliquée et complexe". Celui qui a déjà qualifié de "moustique" le " printemps arabe" contre lequel l'Algérie dispose du "fly-tox" [insecticide], a insisté : "Les Algériens connaissent leur bonheur". Et il a promis des lendemains encore meilleurs. " Une République démocratique, égalitaire, où nous ne connaîtrons que le bonheur, où nous respecterons que les libertés individuelles et collectives !"

Puis, les promesses se sont accumulées. Le programme de constructions de logements commencé depuis le début du deuxième mandat de Bouteflika en 2004, à l'origine de nombreuses émeutes dans le pays, "continuera" a annoncé Sellal "jusqu'à ce qu'il n'y ait plus une demande en Algérie… selon les capacités financières du pays".

Pas d'observateurs européens

Extrême gauche souriante...
"Tant qu'il y aura une rente [pétrolière], elle profitera aux Algériens, aux plus démunis", a-t-il enchaîné. La préoccupation majeure dans le camp Bouteflika reste le taux de participation, déjà faible par le passé et qui pourrait s'aggraver pour ce scrutin si particulier suivi avec attention par la communauté internationale.

Dans un mémorandum sur les relations avec l'Algérie à laquelle elle est liée par un accord de coopération depuis 2002, l'Union européenne s'est inquiétée de la lenteur des réformes politiques. Rendu public le 27 mars, le rapport relève aussi qu' "aucun progrès notable n'a été enregistré dans la mise en œuvre des recommandations de la mission d'observation électorale de l'UE" lors des législatives de 2012. Or, cette fois, aucun observateur européen ne sera présent le 17 avril.  "Nous avons reçu très tard l'invitation à observer les élections présidentielles algériennes", indique au Monde Michael Mann, porte-parole de Catherine Ashton, représentante de l'UE pour les affaires étrangères. "Conformément à notre méthodologie, nous ne pouvions déployer, avec un préavis aussi court, une mission d'observation électorale à part entière », ajoute-t-il. Deux experts seulement seront dépêchés. Pour une "évaluation technique".

Un parti islamiste menace l'Algérie d'une révolution

Président fondateur du Front de la justice et du développement qui porte une idéologie islamiste réformiste, Abdallah Djaballah dénonce la "mascarade" des élections.

Les partis islamistes qui totalisent 59 députés constituent la 3e force à l'Assemblée.  Abdallah Djaballah est fondateur des deux partis Al-Islah (Réforme) et Ennahda (Renaissance), dont il a été éjecté et qui ont gagné des sièges dans le Parlement actuel. Il a été deux fois candidat à la présidentielle en 1999 et 2004 contre Abdelaziz Bouteflika, et il est arrivé troisième avec un score de 4,8 % en 2004.
Parmi les contestataires, l'Alliance de l'Algérie verte, formée du Mouvement de la société et la paix (MSP), Al-Islah et Ennahda, pour lesquels "le Printemps algérien par les urnes a été reporté".

Hollande menacé de mort sur un site islamiste: le Parquet de Paris a ouvert une enquête
Il s'agit de représailles après les interventions françaises au Mali et en République centrafricaine, où les troupes françaises ont à plusieurs reprises, tué des rebelles musulmans de la Séléka, indique SITE, le service qui surveille l'activisme fondamentaliste sur le web.
"A nos loups solitaires en France, nous disons : assassinez le président." C'est le message diffusé par un site internet islamiste, rapporte, mardi 11 mars, SITE, le service qui surveille l'activisme fondamentaliste sur le web. "Terrifiez son gouvernement maudit, et faites exploser des bombes, effrayez-les, en signe de soutien à ceux qui sont vulnérables en République centrafricaine !" pouvait-on également lire.Au total, six bannières ont été publiées sur ce site islamiste qui publie des informations à destination de la mouvance Al-Qaïda et des autres jihadistes, et dispose d'un magazine en ligne depuis juillet 2013.

jeudi 26 décembre 2013

Centrafrique: le Tchad sert-il la paix onusienne en RCA ?

Le jeu trouble du Tchad, pompier pyromane en Centrafrique

L’attitude ambigue du Tchad et de ses soldats en Centrafrique

Quelle est la provenance des armes 
des rebelles du Séléka 
patrouillant dans les rues de Bangui?
Depuis l'arrivée d'Idriss Déby au pouvoir depuis 1991, le Tchad est accusé d’ingérence, voire d'interventionnisme. Une façon pour le chef de l'Etat de protéger son pouvoir et de sécuriser les champs de pétrole tchadiens proches de la frontière avec la Centrafrique, quitte à aider les rébellions. 
La Séléka est l'une des coalitions: constituée en août 2012 de partis politiques et de forces rebelles centrafricains, elle s'était constituée en opposition au président chrétien François Bozizé. La Seleka se caractérise par une coloration religieuse musulmane dans une République centrafricaine dont la population est à 80 % chrétienne.

La France est seule pays européen en Centrafrique. 
Soldats tchadiens en Centrafrique
Hollande intervient dans le cadre de la Misca : Mission internationale de soutien à la Centrafrique. Outre les 1.600 militaires français, 3.652 militaires et civils sous mandat de l’Union africaine viennent d’Afrique centrale: Cameroun, Congo, Gabon, Burundi et Tchad.
Or, la participation du Tchad (850 hommes) est très problématique. Beaucoup de Centrafricains chrétiens accusent le Tchad d’être juge et partie. En effet, les troupes de la Séléka que la Misca a pour mission de désarmer, sont en grande partie composées de mercenaires tchadiens musulmans comme leur président, dans un pays majoritairement chrétien.

Incidents à répétition

La France a affirmé lundi son impartialité dans la crise en Centrafrique, une posture compliquée à tenir dès lors que son plus proche allié, le Tchad, ne l'est pas, estiment des experts.Un soldat français tente de contenir les manifestants  après la mort d'un homme tué le 23 décembre 2013 lorsque des soldats tchadiens ont ouvert le feu près de l'aéroport à Bangui
La France a affirmé lundi son impartialité
dans la crise en Centrafrique,
une posture compliquée à tenir,
dès lors que son plus proche allié,
le Tchad, ne l'est pas, estiment des experts.
Un soldat français tente de contenir
les manifestants après la mort d'un homme
tué le 23 décembre 2013 lorsque
des soldats tchadiens ont ouvert le feu
près de l'aéroport à Bangui
Le 22 décembre, la population chrétienne manifestait devant l’aéroport pour réclamer le départ des troupes tchadiennes. Des soldats tchadiens sont alors intervenus et ont ouvert le feu, faisant un mort.

Visiblement très nerveux le lendemain, des soldats tchadiens attaquent des soldats burundais de la Misca qui tentent de désarmer six ex-Séléka. Il n'y a pas eu de blessés à déplorer, mais les Tchadiens sont partis avec les rebelles qu'ils avaient tirés d'affaire.
Amer, un officier burundais fait alors observer : "Nous n’avons aucun contentieux avec aucune partie de la population, nous."  

Une présence tchadienne "colonisatrice"
Le comportement partisan de soldats réguliers tchadiens alimente le soupçon de liens étroits avec les rebelles de la Séléka.
Le Tchad est accusé par les partisans de François Bozizé, le président chrétien déchu, d’avoir aidé la Séléka à prendre le pouvoir. Les Tchadiens sont d'ailleurs des milliers à vivre  à Bangui où le commerce est presque totalement entre leurs mains. N’Djamena estime donc avoir un droit de regard - que d'autre qualifient d'ingérence - sur les affaires intérieures centrafricaines pour protéger ses ressortissants. D'ailleurs, en ces temps troublés, le retour des Tchadiens au pays a commencé.

Le Tchad a intérêt à la paix civile en Centrafrique 
N’Djamena, la capitale, est excentrée à l’ouest. Or,  il lui faut un allié au sud, car depuis 12 ans le Tchad est producteur de pétrole et exporte depuis 2003
Selon le ministre tchadien des Infrastructures, le pays produit "en moyenne 120.000 barils de pétrole par jour", qui lui ont rapporté entre 2004 et 2011 "3000 milliards de francs CFA"(4,5 Md d’euros), une jolie somme pour ce pays de 11 millions d’habitants. Mais, ses puits étant au sud, près de la frontière avec la Centrafrique, Idriss Déby joue donc au gendarme pour garder la région stable.
En se rapprochant du Tchad, Hollande cherche à diversifier nos importations de pétrole. Nos principaux fournisseurs sont en effet à risques: 11% de notre pétrole provient d'Afrique (Lybie, 6.300 tonnes de brut et Algérie, 2.800) et près de 20% du Proche-Orient (Arabie saoudite, 7.800, et Irak, 1.800) en 2012.

Idriss Déby cherche à se créer des alliés musulmans
Il tire les ficelles, fait et défait les chefs d’Etat centrafricains. Il en va ainsi de ses relations avec le chrétien Ange-Félix Patassé, président de 1993 à 2003. Déby ne tarde pas à se brouiller avec Patassé et accueille sur le sol tchadien un certain… François Bozizé. Celui-ci bénéficie successivement des soutiens de la puissante armée libyenne, du Mouvement de libération du Congo (MLC, un groupe de miliciens soutenu par l’Ouganda et actif dans la guerre civile en République démocratique du Congo voisin) et de la France. 
Le Tchad fournit les hommes qui permettent à Bozizé de prendre Bangui par la force et de réussir un coup d'état en mars 2003. Mais les "libérateurs" se brouillent bientôt, entretenant une instabilité quasi permanente en Centrafrique de 2005 à 2013.

Rapports compliqués avec la Séléka

Dans un premier temps, le Tchad soutient Bozizé. Il lui aurait même livré un certain Charles Massi. L’homme passé à l’opposition de Bozizé était soupçonné de vouloir créer un mouvement rebelle. Le Tchad a toujours démenti avoir joué le moindre rôle dans cette affaire. L’homme a pourtant bien été arrêté en territoire tchadien. Fondateur d’une des branches de la Séléka, il mourra en détention à Bangui. Aujourd’hui Eric, le fils de Charles Massi, est le porte-parole de la Séléka. Il a obtenu ce qu’il voulait de plus cher, le départ de François Bozizé du pouvoir. 

Déby, un musulman, fait le jeu des rebelles
Enfin, Idris Déby se méfie de ceux qui pourraient déstabiliser son pouvoir. En 2008, une colonne rebelle de 300 pick-ups est stoppée, alors qu’elle fonce depuis le Soudan sur la capitale. Idriss Déby sait que l'histoire peut se répèter. Il ne veut pas que le nord de la Centrafrique accueille la base arrrière d’une possible rébellion. Il faut donc que le pouvoir à Bangui lui soit favorable.

Un musulman, Michel Djotodia, est le nouvel homme fort à Bangui

Militaire
centrafricain de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) et membre de la Seleka, il s'est auto-proclamé président de la République en mars 2013 après le renversement du président François Bozizé. 
Le dernier coup d'état en Centrafrique n'a apporté que le chaos.
Dès sa prise du pouvoir en mars,
Michel Djotodia dissout la Seleka, ce qui précipite la brouille avec le Tchad: les ex-rebelles se livrent alors à de nombreuses exactions contre la population. En août 2013, le village de Bohong résiste aux persécutions de la Seleka mais subit de violentes représailles entraînant de dizaines de morts, des viols et des pillages, visant spécifiquement la population chrétienne. Un millier d'habitants quitte le village.
Djotodia a aussi fait naître un puissant ressentiment contre les Tchadiens désormais obligés de quitter aussi le pays. 

Chrétiens et musulmans s'entretuent 
Les rebelles de la Seleka n'exclut plus
de rentrer dans Bangui
En 2012, en seconde noces, Idriss Déby a épousé la fille du chef présumé de la milice janjawid, des miliciens du Darfour au Soudan et des criminels se revendiquant arabes. Depuis 2003, ils sont parmi les acteurs principaux du conflit sanglant au Darfour, qui oppose la population arabisée du Soudan aux musulmans, chrétiens et animistes non-arabes de la région.

Le produit de l’or noir n'a pas fait sortir de la pauvreté l’un des pays les plus deshérités de la planète, malgré les promesses du pouvoir tchadien en 2003. Elle a plutôt permis au régime d’acheter des armes.

Les affrontements entre communautés chrétiennes et musulmanes centrafricaines virent aujourd'hui à des massacres à la machette donnant au conflit une dimension confessionnelle croissante.

Abandonnant la cause musulmanne, le journal socialiste Le Monde titre: "En Centrafrique, les forces musulmanes de l’ex-Séléka s’en prennent à la France " 

lundi 23 décembre 2013

Centrafrique (RCA): des milliers de musulmans manifestent contre l'intervention de Hollande à Bangui

Hollande doit faire face au rejet de son armée 

La mort de trois combattants Séléka 
dans un accrochage avec des soldats français déclenche la contestation

Des habitants des quartiers musulmans de Bangui (Centrafrique) ont manifesté en masse, dimanche 22 décembre, contre l'opération militaire française Sangaris, à l'occasion d'une opération de désarmement.

La Séléka est la coalition rebelle à majorité musulmane qui a pris le pouvoir en mars 2013 et porté le président Michel Djotodia au pouvoir. Ses membres font partie des miliciens que l'opération française a pour objectif de désarmer, afin de mettre fin aux violences interreligieuses.

Les forces françaises accusées de prendre parti pour les milices chrétiennes

Dans l'après-midi, les manifestants se sont rassemblés dans le centre-ville de la capitale centrafricaine et ont ensuite marché sur une grande avenue vers le quartier musulman PK5. "Non à la France", "Hollande criminel !", scandaient notamment les protestataires, qui entendaient dénoncer "la partialité" des militaires français déployés depuis début décembre en République centrafricaine (RCA).
Le président centrafricain Michel Djotodia, qui a pris le pouvoir, aidé des rebelles de la Séléka, à majorité musulmane, a renouvelé samedi 2  décembre son offre de dialogue aux milices chrétiennes, pour l'arrêt des tueries inter-religieuses.

Sans la protection des Séléka, de nombreux musulmans se disent laissés à la merci des atrocités des milices chrétiennes "anti-balaka" et la presse hexagonale relaie ce point de vue partisan. 

A l'inverse, nombre de Centrafricains chrétiens accusent en effet le Tchad d’être juge et partie: les troupes de la Séléka qu’il s’agit de désarmer sont en grande partie composées de mercenaires tchadiens.

La République centrafricaine menace donc toujours de s'embraser deux semaines après le début de l’opération Sangaris

La France est seule puissance européenne en Centrafrique. 
Mais ses 1.600 militaires interviennent dans le cadre de la Misca, Mission internationale de soutien à la Centrafrique. 3652 militaires et civils sous mandat de l’Union africaine proviennent d’Afrique centrale: Cameroun, Congo, Gabon, Burundi et Tchad. 

Or, la participation du Tchad (850 hommes) est très problématique.
Hollande reçoit Idriss Déby
Le Tchad et ses soldats en Centrafrique sont accusés d’interventionnisme systématique depuis qu'Idriss Déby est chef de l'Etat. Une façon pour lui de protéger son pouvoir et de sécuriser les champs de pétrole tchadiens proches de la frontière avec la Centrafrique, quitte à aider les rébellions.

Plus viscéralement,  Idriss Déby  est un musulman qui, durant la guerre civile libyenne de 2011, aurait envoyé des éléments de la garde tchadienne en Libye pour soutenir le colonel Mouammar Kadhafi.

Très concrètement, outre que la Minusma a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire sur les allégations de mauvaise conduite de casques bleus et d’abus sexuels à Gao, le lundi 16 septembre dernier, environ 160 soldats tchadiens de la Minusma, force de l’ONU au Mali, auraient déserté à Tessalit face aux rebelles djihadistes.

Le gouvernement tchadien a "formellement"démenti lundi l'implication de soldats tchadiens de la Misca dans la
mort d'un manifestant chrétien à Bangui ce lundi, veille de Noël. 

dimanche 15 décembre 2013

Mythe socialiste du héros Hollande en Centrafrique

Frayeur à Bangui: François Hollande a peut-être échappé au pire   

Lors de son escale expresse en Centrafrique
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au retour de l’hommage à Nelson Mandela en Afrique du Sud, il est 19h15 mardi quand le Falcon 7X de Hollande se pose sur le tarmac de l’aéroport M’Poko, dans la capitale centrafricaine. Le chef de guerre est accueilli par l'état-major des armées françaises. Cinq jours après le début officiel de leur intervention en Centrafrique, les troupes font désormais face à des "accès de violence", pillages et tentatives de représailles contre les civils, lourds de menaces pour la suite des événements.

L'opération Neptune de Hollande en Centrafrique, décembre 2013L’Elysée avait annoncé cet épisode africain, mais le service de communication a encore frappé fort et la presse en a fait une étape surprise "à haut risque, calée dimanche dans le plus grand secret, sécurité oblige."  Dans leur désir de louanger et face aux critiques d'amateurisme, les petits rédacteurs en treillis ne résistent pas au plaisir de suggérer que rien n'est pour autant improvisé: le chef d’état-major particulier du président, le général Benoît Puga, qui a servi en Centrafrique, a tout préparé avec les militaires français sur place pour sécuriser la zone car, insiste-t-on, les hommes du président savent la situation chaotique… 
En termes de sacrifice, Hollande arrive pourtant troisième, puisque dans la nuit précédant la visite, deux soldats français de 22 et 23 ans sont morts dans une embuscade, sans doute tendue par les Séléka, des rebelles musulmans. "Et ça tirait encore autour de l’aéroport quand l’avion s’est posé", assure une source anonyme, mais "en haut lieu". C'est bien la peine que Hollande se décarcasse pour les musulmans de France, si c'est pour laisser sa carcasse aux mains des islamistes d'Afrique.

Hollande met son entourage en péril. Dans l’appareil qui compte une quinzaine de sièges, François Hollande, Laurent Fabius, Valérie Trierweiler, Benoît Puga, la Madame Afrique de l’Elysée, Hélène Le Gal, une conseillère com, un photographe et, côté "bodyguards", la chef du GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République) Sophie Hatt, ainsi qu’un officier qu’on appelle le Siège, chargé de porter la valise de protection en kevlar. Sur neuf personnes exposées en temps de guerre, quatre femmes. 

Deux 4 x 4 et cinq pick-ups surgissent dans la nuit

Le président français devise dans le pavillon présidentiel de la base militaire qui jouxte l’aéroport depuis une quinzaine de minutes avec Michel Djotodia, président de transition imposé par les Séléka, ces miliciens musulmans qui ont chassé le président Bozizé en mars
En République centrafricaine, la population est à 80 % chrétienne, mais, en dissolvant la Seleka, Djotodia a renforcé l'opposition musulmane minoritaire et les rebelles se livrent depuis à de nombreuses exactions contre la population chrétienne, notamment en octobre 2013. 
Les interlocuteurs musulmans du président laïc se plient de très mauvaise grâce à l’opération Sangaris de désarmement engagée par  la triade Hollande-Fabius-Le Drian à Bangui, il y a moins d'une semaine. "Djotodia était en panique de rencontrer Hollande. Il avait peur qu’il lui demande de dégager", raconte-t-on anonymement à Paris. Les mêmes assurent aussi que la "gauche molle" se montre inflexible sur l’organisation d’élections d’ici un an, mais fait savoir à son "homologue" qu’il lui accordera de rester en fonction d’ici là. L'ingérence de la force coloniale est  patente. Gérard Araud, ambassadeur de la France aux États-Unis, assurait Hollande en novembre que la situation en Centrafrique n'est pas la même qu'au Mali. "Nous n'avons pas à faire à des groupes terroristes armés, nous avons en face de nous, disons-le, des petits voyous qui profitent de l'effondrement de l'État, qui pillent, tuent et violent mais ne se battent pas vraiment." Et de conclure, "l'opération sera certainement plus facile qu'au Mali." Hollande, qui comptait quant à lui sur le déploiement d’une force africaine dans le pays, accumule les blâmes de la communauté européenne: certains états promettent de réfléchir à l'envoi de matériel, mais tous refusent de sacrifier des vies humaines en Centrafrique.

Dans ce contexte, les hommes de Djotodia ont-ils alors tenté une manœuvre d’intimidation? 
A en croire l'Elysée, les terroristes auraient dû logiquement ignorer le passage de Hollande à Bangui. 
Mais à peine le Falcon 7X est-il stationné sur le tarmac que, soudain, deux 4 x 4 et cinq pick-up font irruption dans la nuit. Ils se postent en face de l’avion présidentiel. "Ça a été la panique du côté des forces spéciales qui protègent l’appareil", témoigne une source locale en décrivant la scène. A bord de chaque véhicule, "une dizaine d’hommes en uniforme, armés jusqu’aux dents." 

Il apparaît vite que les narrateurs sont de fabulateurs.
 
Les pseudo-témoins de l'Elysée précisent que les terribles Séléka (de petits voyous) sortent des pick-ups, kalachnikovs à la main. Personne n’est mis en joue, mais la situation reste très critique. A ce moment du récit, nous conseillons aux femmes et aux enfants de passer au chapître suivant du roman de l'Elysée.  Car Hollande n’est qu’à quelques dizaines de mètres des canons de leurs mitrailleuses. Et dans l’un des véhicules, un jerrican fait craindre le pire aux militaires français… Un général soudanais de la Séléka sort d’un des véhicules et discute avec eux, puis finit par ordonner à ses acolytes de remonter à bord des pick-ups et de quitter les lieux. 

Sécurisé par les troupes française, "cet aéroport  est une vraie passoire…"  
Plus de peur que de mal, certes. Au final, la scène n'aura duré que cinq minutes. Mais malgré le couvre-feu et l’interdiction de sortir armé, les Séléka sont parvenus à s’approcher dangereusement du chef de l’Etat, à deux pas d’un camp militaire français ! "On a eu chaud, raconte un témoin de la scène. On ne sait pas comment ils ont fait pour arriver là. Cet aéroport est une vraie passoire…" "Ça a été très, très tendu", ajoute-t-on à l’Elysée. De fait, seuls des barbelés séparent le début de la piste d’atterrissage du campement de fortune des réfugiés, où sont massées 40.000 personnes. 
Sur le tarmac de Bangui, Hollande est donc peut-être passé à côté d’un drame, conclut cette presse jobarde… "mais n’y a vu que du feu", note-t-elle, au comble de la sottise.  Lorsqu’il quitte le pavillon présidentiel, les Séléka ont déjà rebroussé chemin, s’évanouissant dans le noir de la nuit profonde.
Restent les réfugiés, qui sont bien gardés...

Fabius n'a "pas entendu parler de ça"
Interrogé ce dimanche au Grand-Rendez-Vous Europe1/Le Monde/iTélé sur cet incident, Laurent Fabius nie en bloc, déclarant qu'il était "dans cet avion présidentiel. Nous [avec François Hollande] avons passé une partie de la nuit à Bangui et je n'ai absolument pas entendu parler de ça." Quand il a été demandé au ministre des Affaires étrangères si le président de la République en avait eu connaissance, il a simplement répondu : "Nous étions ensemble." Il est vrai que l'un comme l'autre est sujet à la narcolepsie, ou maladie de Gélineau", un trouble chronique du sommeil caractérisée par un temps de sommeil excessif durant lequel un individu, même "normal", ressent une extrême fatigue et peut s'endormir involontairement à un moment inapproprié, comme au travail ou sur un champ de bataille ...

VOIR et ENTENDRE Hollande à Bangui défendre l'ingérence française: