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samedi 22 décembre 2018

Réveillon de Noël : Macron avec les hommes au Tchad

Emmanuel Macron réveillonne aux côtés des soldats français 

Cure de testostérone pour Macron qui  partagera le repas de Noël avec les militaires de la force Barkhane 

Macron se fera-t-il un nouveau film en Tom Cruise ?
Premier président qui n'a pas accompli de service militaire, après le Niger en 2017, c'est sans surprise qu'Emmanuel Macron a choisi de réveillonner avec des soldats. Seule variante dans les habitudes du président, cette année, ce sera au Tchad, dans l'enceinte du camp militaire Kosseï où des tables ont été dressées en plein air pour quelque 1.250 convives
Il passera la journée de samedi sur la base militaire avec les 250 invités et quelques 1.000 militaires français de l'opération Barkhane, lancée par la France au Sahel depuis 2014. Forte actuellement de 4.500 militaires, elle a réussi à faire reculer l'activité des groupes armés terroristes dans la région, affirme l'Elysée.

La menace de Boko Haram au coeur des discussions entre la poire et le fromage.
Résultat de recherche d'images pour "OU EST PASSEE 7e compagnie"
Les groupes djihadistes ont été en grande partie chassés du nord du Mali par l'intervention militaire française, mais ils ont en revanche regagné du terrain dans le centre de ce pays, et l'infiltration s'étend au Burkina Faso et au Niger voisins, tirant souvent parti des conflits inter-communautaires.

Le chef de l'Etat burkinabé Roch Marc Christian Kaboré était cette semaine à Paris où il s'est entretenu avec Emmanuel Macron qui lui a assuré que la France restera engagée au Sahel "jusqu'à ce que la victoire soit complète".

Le Tchad subit, quant à lui, des menaces de déstabilisations sur toutes ses frontières. En particulier à l'ouest, dans la région du Lac Tchadavec l'insurrection islamiste de Boko Haram qui a intensifié ses attaques, au nord frontalier de la Libye en crise et au sud où 80% du territoire de la République centrafricaine est sous la coupe de groupes armés islamistes.

Emmanuel Macron doit rencontrer le président tchadien Idriss Déby, allié de la France dans la lutte contre le terrorisme islamiste au Sahel, selon la presse hexagonale: à moins que ce ne soit l'inverse... "La menace de Boko Haram sera au coeur des discussions du président de la République avec son homologue tchadien", a souligné l'Elysée.
Ils pourront aussi aborder le sujet qui fâche, celui de la hausse du prix de la scolarité des étudiants étrangers en France.

Macron partagera avec eux un dîner de Noël préparé par le chef de l'Elysée Guillaume Gomez

Description de cette image, également commentée ci-aprèsLe chef cuistot a tweeté jeudi les photos des provisions acheminées sur place, par avion spécial, plus de 4.200 kms aller et retour, dans le week-end.
Deux tonnes de fret ont été convoyées depuis la France pour l'occasion...

En revanche, le quadra (ci-contre) n'a pas tweeté la facture...
En effet, le chef de l'Elysée a prévu un repas "copieux et festif" pour un millier de gaillards, notamment. 

Ne répétez pas le menu aux Gilets jaunes qui, dans le même temps, avaleront des merguez. 
Pâté en croûte de veau et foie gras, volailles des Landes et gratin dauphinois, fromages de France et entremets au chocolat, avec macarons et mandarines de Corse: le repas de Noël qu'Emmanuel Macron partagera avec les militaires de l'opération 'Barkhane', ce samedi soir, selon le chef des cuisines de l'Elysée. "Ce n'est pas vraiment un menu diététique, mais il est destiné principalement à des jeunes d'une vingtaine d'années qui partent en opérations et ont besoin de prendre des forces, car ils ont l'occasion de se dépenser...", sourit le chef.
Résultat de recherche d'images pour "barbecue gilets jaunes"Les Gilets jaunes qui luttent depuis cinq semaines pour leur pouvoir d'achat ne demanderont qu'à croire que tous les plats servis ont été préparés dans les cuisines de l'Elysée avec les meilleurs produits offerts par les professionnels de Rungis. 

Des sapins ont également été apportés et installés à proximité de l'estrade où le chef de l'Etat prendra la parole vers 20h30 avant de partager un moment de convivialité avec les militaires de Barkhane engagés dans la lutte contre les groupes armés terroristes au Sahel. 
L'animateur Michel Drucker est également présent, bénévolement, pour le tournage d'une émission de propagande pour Noël.

Cette générosité prêtée aux professionnels de Rungis est entachée de suspicion.
La colère reste vive en effet parmi certains manifestants qui bloquent le marché international de Rungis (Val-de-Marne) lundi 17 décembre.
VOIR et ENTENDRE ce reportage de France 2 en date du 17 décembre 2018, mais engageant l'avenir au-delà réveillon de Noël :

La France a peu à peu perdu de son influence politique, économique et culturelle

En revanche, aux plans sécuritaire et militaire, le pays demeure un élément clé du dispositif militaire français dans la région, comme l'atteste l'importance du QG de la force Barkhane, dont le siège est à N’Djamena.

La France a accordé un prêt de 40 millions d’euros au Tchad par l’entremise de l’Agence française de Développement (AFD, institution financière publique de crédit spécialisé) pour payer les salaires et les retraites des fonctionnaires tchadiens. En 2015, l'AFD y a investi 3,1 milliards d'euros dans l'Afrique sub-saharienne, soit 38 % du total de ses financements.

Bientôt des Gilets jaunes tchadiens ?
Alors que l'Etat tchadien tente de faire des économies, les foyers tchadiens, eux, souffrent de la flambée des prix. Quant aux commerçants, ils se plaignent de l'augmentation des taxes, et de vendre parfois à perte. Ca vous rappelle quel pays ami ?

La gastronomie française pourra-t-elle continuer de se développer ?
Le 27 mars 2014, s'adressant à la femme du premier ministre? Jean-Marc Ayrault, la ministre du Commerce extérieur du président Hollande, Nicole Bricq, critiqua ouvertement le dîner d'Etat servi la veille au président de la République chinoise, Xi Jinping, en visite officielle en France. "C'était dégueulasse !" avait-elle estimé.

dimanche 13 juillet 2014

Après l'opération Serval au Mali, Hollande voit plus grand avec Barkhane

L'ingérence française s'étend du Mali au Sahel

L'opération française Serval au Mali sera remplacée dans les jours qui viennent par l'opération Barkhane
Lancée le 11 janvier 2013 pour stopper la progression des islamistes armés et soutenir les troupes maliennes, l'opération Serval est « terminée de fait ».
L'opération française Serval au Mali est déclarée terminée mais Hollande enchaîne avec l'opération "Barkhane" pour lutter contre le terrorisme dans l'ensemble du Sahel, avec "3.000 militaires en tout", a annoncé dimanche le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.
"Le président de la République a souhaité qu'il y ait une réorganisation de nos forces dans la zone" du Sahel, avec "l'opération Barkhane", du nom d'une dune de la forme d'un croissant allongé dans le sens du vent. Son objectif est essentiellement du contre-terrorisme" dans toute la région, a-t-il déclaré lors de l'émission Le Grand Rendez-vous Europe 1-Le Monde-i-télé.

Lancée le 11 janvier 2013 pour stopper la progression des islamistes armés et soutenir les troupes maliennes, l'opération Serval est officiellement "terminée de fait", a-t-il affirmé. "L'opération contre le terrorisme a été menée à bien, avec une grande efficacité", tellement bien qu'il faut élargir la zone de combat malgré "beaucoup d'élimination" de terroristes "et beaucoup de stocks d'armes repris", insiste Le Drian.

L’élimination du colonel Kadhafi, qui maintenait la paix au Sahara ou au Sahel, c'est un adversaire en moins pour AQMI qui a reconstitué ses stocks d’armes. Alors que les rivalités dans le nord du Mali menacent toute la région, le terrorisme et la criminalité ajoutent à la confusion. La rébellion touarègue est ainsi un "dégât collatéral de la crise libyenne". De son côté, le MNLA — qui semble avoir rompu avec Ançar Dine - se défend de faire cause commune avec AQMI : "Les actes d’AQMI polluent notre territoire et ont perduré à cause des autorités à Bamako. Nous disons à la communauté internationale : "Donnez-nous l’indépendance et ce sera la fin d’AQMI au Mali."

Des centaines de membres de la secte islamiste Boko Haram se sont réfugiés au Niger et au Tchad. Les miliciens islamistes shebab, en Somalie, aux prises avec les armées kényane et éthiopienne, risquent d’essaimer vers le Sahel. Le Mouvement pour la justice et l’égalité de Gibril Ibrahim est tenté de reprendre les armes au Darfour. Dans le nord de la Centrafrique, le "général" Baba Laddé, à la tête d’un Front populaire pour le redressement, prétend renverser le président tchadien Idriss Déby Itno et appelle à une grande alliance entre Touaregs, AQMI, Sahraouis du Front Polisario, etc.

LAlgérie, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso ont vu arriver du Mali deux cent mille réfugiés fuyant les combats dans le Nord. Combien en France?

Une opération d'envergure

"Maintenant il y a le souci pour nous et pour les pays de la zone de veiller à ce qu'il n'y ait pas de recrudescence" du terrorisme, admet-il, avouant que Serval n'a pas permis d'éradiquer le mal car "il y a toujours des risques majeurs de développement de djihadistes dans la zone qui va de la Corne d'Afrique à la Guinée-Bissau", a-t-il insisté.

3.000 militaires
L'opération Barkhane "va se mettre en place dans les jours qui viennent". "Ca se fait en partenariat avec les cinq pays de la zone sahélo-saharienne, ça fait à peu près 3.000 militaires en tout",  ainsi que "des drones, des hélicoptères, des avions de chasse" pour avoir "la réactivité nécessaire", a précisé le ministre de la Défense, soulignant qu'il s'agit bien d'une "présence durable".

"Le but, c'est d'empêcher que ce que j'appelle l'autoroute de tous les trafics ne devienne un lieu de passage permanent, de reconstitution des groupes djihadistes entre la Libye et l'océan Atlantique, ce qui entraînerait ensuite des conséquences graves pour notre sécurité. C'est notre sécurité qui est en jeu !", a-t-il insisté.

jeudi 26 décembre 2013

Centrafrique: le Tchad sert-il la paix onusienne en RCA ?

Le jeu trouble du Tchad, pompier pyromane en Centrafrique

L’attitude ambigue du Tchad et de ses soldats en Centrafrique

Quelle est la provenance des armes 
des rebelles du Séléka 
patrouillant dans les rues de Bangui?
Depuis l'arrivée d'Idriss Déby au pouvoir depuis 1991, le Tchad est accusé d’ingérence, voire d'interventionnisme. Une façon pour le chef de l'Etat de protéger son pouvoir et de sécuriser les champs de pétrole tchadiens proches de la frontière avec la Centrafrique, quitte à aider les rébellions. 
La Séléka est l'une des coalitions: constituée en août 2012 de partis politiques et de forces rebelles centrafricains, elle s'était constituée en opposition au président chrétien François Bozizé. La Seleka se caractérise par une coloration religieuse musulmane dans une République centrafricaine dont la population est à 80 % chrétienne.

La France est seule pays européen en Centrafrique. 
Soldats tchadiens en Centrafrique
Hollande intervient dans le cadre de la Misca : Mission internationale de soutien à la Centrafrique. Outre les 1.600 militaires français, 3.652 militaires et civils sous mandat de l’Union africaine viennent d’Afrique centrale: Cameroun, Congo, Gabon, Burundi et Tchad.
Or, la participation du Tchad (850 hommes) est très problématique. Beaucoup de Centrafricains chrétiens accusent le Tchad d’être juge et partie. En effet, les troupes de la Séléka que la Misca a pour mission de désarmer, sont en grande partie composées de mercenaires tchadiens musulmans comme leur président, dans un pays majoritairement chrétien.

Incidents à répétition

La France a affirmé lundi son impartialité dans la crise en Centrafrique, une posture compliquée à tenir dès lors que son plus proche allié, le Tchad, ne l'est pas, estiment des experts.Un soldat français tente de contenir les manifestants  après la mort d'un homme tué le 23 décembre 2013 lorsque des soldats tchadiens ont ouvert le feu près de l'aéroport à Bangui
La France a affirmé lundi son impartialité
dans la crise en Centrafrique,
une posture compliquée à tenir,
dès lors que son plus proche allié,
le Tchad, ne l'est pas, estiment des experts.
Un soldat français tente de contenir
les manifestants après la mort d'un homme
tué le 23 décembre 2013 lorsque
des soldats tchadiens ont ouvert le feu
près de l'aéroport à Bangui
Le 22 décembre, la population chrétienne manifestait devant l’aéroport pour réclamer le départ des troupes tchadiennes. Des soldats tchadiens sont alors intervenus et ont ouvert le feu, faisant un mort.

Visiblement très nerveux le lendemain, des soldats tchadiens attaquent des soldats burundais de la Misca qui tentent de désarmer six ex-Séléka. Il n'y a pas eu de blessés à déplorer, mais les Tchadiens sont partis avec les rebelles qu'ils avaient tirés d'affaire.
Amer, un officier burundais fait alors observer : "Nous n’avons aucun contentieux avec aucune partie de la population, nous."  

Une présence tchadienne "colonisatrice"
Le comportement partisan de soldats réguliers tchadiens alimente le soupçon de liens étroits avec les rebelles de la Séléka.
Le Tchad est accusé par les partisans de François Bozizé, le président chrétien déchu, d’avoir aidé la Séléka à prendre le pouvoir. Les Tchadiens sont d'ailleurs des milliers à vivre  à Bangui où le commerce est presque totalement entre leurs mains. N’Djamena estime donc avoir un droit de regard - que d'autre qualifient d'ingérence - sur les affaires intérieures centrafricaines pour protéger ses ressortissants. D'ailleurs, en ces temps troublés, le retour des Tchadiens au pays a commencé.

Le Tchad a intérêt à la paix civile en Centrafrique 
N’Djamena, la capitale, est excentrée à l’ouest. Or,  il lui faut un allié au sud, car depuis 12 ans le Tchad est producteur de pétrole et exporte depuis 2003
Selon le ministre tchadien des Infrastructures, le pays produit "en moyenne 120.000 barils de pétrole par jour", qui lui ont rapporté entre 2004 et 2011 "3000 milliards de francs CFA"(4,5 Md d’euros), une jolie somme pour ce pays de 11 millions d’habitants. Mais, ses puits étant au sud, près de la frontière avec la Centrafrique, Idriss Déby joue donc au gendarme pour garder la région stable.
En se rapprochant du Tchad, Hollande cherche à diversifier nos importations de pétrole. Nos principaux fournisseurs sont en effet à risques: 11% de notre pétrole provient d'Afrique (Lybie, 6.300 tonnes de brut et Algérie, 2.800) et près de 20% du Proche-Orient (Arabie saoudite, 7.800, et Irak, 1.800) en 2012.

Idriss Déby cherche à se créer des alliés musulmans
Il tire les ficelles, fait et défait les chefs d’Etat centrafricains. Il en va ainsi de ses relations avec le chrétien Ange-Félix Patassé, président de 1993 à 2003. Déby ne tarde pas à se brouiller avec Patassé et accueille sur le sol tchadien un certain… François Bozizé. Celui-ci bénéficie successivement des soutiens de la puissante armée libyenne, du Mouvement de libération du Congo (MLC, un groupe de miliciens soutenu par l’Ouganda et actif dans la guerre civile en République démocratique du Congo voisin) et de la France. 
Le Tchad fournit les hommes qui permettent à Bozizé de prendre Bangui par la force et de réussir un coup d'état en mars 2003. Mais les "libérateurs" se brouillent bientôt, entretenant une instabilité quasi permanente en Centrafrique de 2005 à 2013.

Rapports compliqués avec la Séléka

Dans un premier temps, le Tchad soutient Bozizé. Il lui aurait même livré un certain Charles Massi. L’homme passé à l’opposition de Bozizé était soupçonné de vouloir créer un mouvement rebelle. Le Tchad a toujours démenti avoir joué le moindre rôle dans cette affaire. L’homme a pourtant bien été arrêté en territoire tchadien. Fondateur d’une des branches de la Séléka, il mourra en détention à Bangui. Aujourd’hui Eric, le fils de Charles Massi, est le porte-parole de la Séléka. Il a obtenu ce qu’il voulait de plus cher, le départ de François Bozizé du pouvoir. 

Déby, un musulman, fait le jeu des rebelles
Enfin, Idris Déby se méfie de ceux qui pourraient déstabiliser son pouvoir. En 2008, une colonne rebelle de 300 pick-ups est stoppée, alors qu’elle fonce depuis le Soudan sur la capitale. Idriss Déby sait que l'histoire peut se répèter. Il ne veut pas que le nord de la Centrafrique accueille la base arrrière d’une possible rébellion. Il faut donc que le pouvoir à Bangui lui soit favorable.

Un musulman, Michel Djotodia, est le nouvel homme fort à Bangui

Militaire
centrafricain de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) et membre de la Seleka, il s'est auto-proclamé président de la République en mars 2013 après le renversement du président François Bozizé. 
Le dernier coup d'état en Centrafrique n'a apporté que le chaos.
Dès sa prise du pouvoir en mars,
Michel Djotodia dissout la Seleka, ce qui précipite la brouille avec le Tchad: les ex-rebelles se livrent alors à de nombreuses exactions contre la population. En août 2013, le village de Bohong résiste aux persécutions de la Seleka mais subit de violentes représailles entraînant de dizaines de morts, des viols et des pillages, visant spécifiquement la population chrétienne. Un millier d'habitants quitte le village.
Djotodia a aussi fait naître un puissant ressentiment contre les Tchadiens désormais obligés de quitter aussi le pays. 

Chrétiens et musulmans s'entretuent 
Les rebelles de la Seleka n'exclut plus
de rentrer dans Bangui
En 2012, en seconde noces, Idriss Déby a épousé la fille du chef présumé de la milice janjawid, des miliciens du Darfour au Soudan et des criminels se revendiquant arabes. Depuis 2003, ils sont parmi les acteurs principaux du conflit sanglant au Darfour, qui oppose la population arabisée du Soudan aux musulmans, chrétiens et animistes non-arabes de la région.

Le produit de l’or noir n'a pas fait sortir de la pauvreté l’un des pays les plus deshérités de la planète, malgré les promesses du pouvoir tchadien en 2003. Elle a plutôt permis au régime d’acheter des armes.

Les affrontements entre communautés chrétiennes et musulmanes centrafricaines virent aujourd'hui à des massacres à la machette donnant au conflit une dimension confessionnelle croissante.

Abandonnant la cause musulmanne, le journal socialiste Le Monde titre: "En Centrafrique, les forces musulmanes de l’ex-Séléka s’en prennent à la France " 

lundi 23 décembre 2013

Centrafrique (RCA): des milliers de musulmans manifestent contre l'intervention de Hollande à Bangui

Hollande doit faire face au rejet de son armée 

La mort de trois combattants Séléka 
dans un accrochage avec des soldats français déclenche la contestation

Des habitants des quartiers musulmans de Bangui (Centrafrique) ont manifesté en masse, dimanche 22 décembre, contre l'opération militaire française Sangaris, à l'occasion d'une opération de désarmement.

La Séléka est la coalition rebelle à majorité musulmane qui a pris le pouvoir en mars 2013 et porté le président Michel Djotodia au pouvoir. Ses membres font partie des miliciens que l'opération française a pour objectif de désarmer, afin de mettre fin aux violences interreligieuses.

Les forces françaises accusées de prendre parti pour les milices chrétiennes

Dans l'après-midi, les manifestants se sont rassemblés dans le centre-ville de la capitale centrafricaine et ont ensuite marché sur une grande avenue vers le quartier musulman PK5. "Non à la France", "Hollande criminel !", scandaient notamment les protestataires, qui entendaient dénoncer "la partialité" des militaires français déployés depuis début décembre en République centrafricaine (RCA).
Le président centrafricain Michel Djotodia, qui a pris le pouvoir, aidé des rebelles de la Séléka, à majorité musulmane, a renouvelé samedi 2  décembre son offre de dialogue aux milices chrétiennes, pour l'arrêt des tueries inter-religieuses.

Sans la protection des Séléka, de nombreux musulmans se disent laissés à la merci des atrocités des milices chrétiennes "anti-balaka" et la presse hexagonale relaie ce point de vue partisan. 

A l'inverse, nombre de Centrafricains chrétiens accusent en effet le Tchad d’être juge et partie: les troupes de la Séléka qu’il s’agit de désarmer sont en grande partie composées de mercenaires tchadiens.

La République centrafricaine menace donc toujours de s'embraser deux semaines après le début de l’opération Sangaris

La France est seule puissance européenne en Centrafrique. 
Mais ses 1.600 militaires interviennent dans le cadre de la Misca, Mission internationale de soutien à la Centrafrique. 3652 militaires et civils sous mandat de l’Union africaine proviennent d’Afrique centrale: Cameroun, Congo, Gabon, Burundi et Tchad. 

Or, la participation du Tchad (850 hommes) est très problématique.
Hollande reçoit Idriss Déby
Le Tchad et ses soldats en Centrafrique sont accusés d’interventionnisme systématique depuis qu'Idriss Déby est chef de l'Etat. Une façon pour lui de protéger son pouvoir et de sécuriser les champs de pétrole tchadiens proches de la frontière avec la Centrafrique, quitte à aider les rébellions.

Plus viscéralement,  Idriss Déby  est un musulman qui, durant la guerre civile libyenne de 2011, aurait envoyé des éléments de la garde tchadienne en Libye pour soutenir le colonel Mouammar Kadhafi.

Très concrètement, outre que la Minusma a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire sur les allégations de mauvaise conduite de casques bleus et d’abus sexuels à Gao, le lundi 16 septembre dernier, environ 160 soldats tchadiens de la Minusma, force de l’ONU au Mali, auraient déserté à Tessalit face aux rebelles djihadistes.

Le gouvernement tchadien a "formellement"démenti lundi l'implication de soldats tchadiens de la Misca dans la
mort d'un manifestant chrétien à Bangui ce lundi, veille de Noël. 

jeudi 21 mars 2013

Mali: avant d'avoir accompli la besogne, Hollande voudrait se désengager

Hollande veut se retirer avant d'avoir honoré ses engaggements
Couverture du Courrier international
(groupe Le Monde)
Le principal soutien militaire de la France au Mali a appelé jeudi à ne pas crier victoire trop vite dans l'intervention contre les islamistes qui avaient pris le contrôle du nord du pays.

Le Tchad a envoyé 2.400 soldats sur le terrain. 
Ces spécialistes du désert sont en pointe dans les combats pour déloger les islamistes, notamment dans la zone du massif des Ifoghas.
"Je crois que plus de 70% du travail est fait mais il ne faut pas aller trop vite en besogne parce que nous avons un adversaire particulier sur un théâtre particulier", a dit le ministre tchadien des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahamat.

La boute-feu français ne peut plus abandonner ses alliés
"Il faut être prudent et je pense qu'on a besoin d'un travail sur l'ensemble du Mali, en particulier à Tombouctou", a-t-il ajouté devant un petit groupe de journalistes lors d'un déplacement à Paris.

Un attentat suicide à la voiture piégée a coûté la vie à un soldat malien dans la nuit sur l'aéroport de Tombouctou. La riposte a fait une dizaine de morts parmi les combattants islamistes.

"Vous avez vu les dernières heures", a souligné le chef de la diplomatie tchadienne. "Il faut continuer. Ça prendra le temps que ça prendra."

Le ministre a rappelé que le Tchad n'a  rien réclamé en échange de son engagement.

"On n'a pas besoin d'être convaincu, on est un ami du Mali", a-t-il dit. "La menace sur le Mali est une menace sur le Tchad. On n'a pas besoin d'être payé pour ça."

Un petit tour et puis s'en vont...
La France a été en pointe dans l'intervention au Mali
Dans la précipitation, le "chef de guerre" blanc a ouvert les hostilités le 11 janvier et a entraîné plusieurs pays africains dans le conflit. 
Il annonce maintenant le retrait progressif des 4.000 soldats de l'opération Serval  à partir de fin avril.
Comment la France pourrait-elle battre en retraite unilatéralement  ? 
L'abandon est-il le prix de la rançon versée aux preneurs d'otages ?

dimanche 3 mars 2013

Motus de Hollande sur les morts de chefs djihadistes

Le Tchad endosse la responsabilité

Les soldats tchadiens assument la mort de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar
L'un des principaux chefs d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a été tué samedi par l'armée du Tchad dans le nord du Mali, a annoncé le porte-parole de l'état-major des armées tchadiennes. 
"Ce jour, samedi 2 mars 2013, à 12h00, les forces armées tchadiennes en intervention au Mali (...) ont totalement détruit la principale base des djihadistes et narcoterroristes dans le massif de l'Adrar des Ifoghas", a déclaré le général Zacharia Gobongué à la télévision tchadienne.
"Le bilan provisoire des combats s'établit comme suit : plusieurs terroristes tués, dont leur chef Mokhtar Belmokhtar, dit "le Borgne", soixante véhicules en bon état de fonctionnement récupérés, divers matériels de guerre, notamment du matériel électronique, récupérés. Le ratissage se poursuit à la recherche des fugitifs", a-t-il conclu.
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Curieusement, l'Algérie ne contribue pas à l'effort de guerre contre les terroristes djihadistes au Mali.

A Paris, la mort de Belmokhtar n'a pu être confirmée. 
"Pour l'instant le ministère de la Défense ne peut pas confirmer cet élément", a dit un porte-parole. Le ministère des Affaires étrangères a également ajouté n'avoir aucune information à ce sujet.

Hécatombe de chefs djihadistes 

Mokhtar Belmokhtar, chef de la brigade des Moulathamine ("Ceux qui signent avec leur sang"),  est un narco-djihadiste commanditaire de la prise d'otages du complexe gazier algérien de Tiguentourine en janvier, au cours de laquelle une soixantaine de personnes, dont 37 étrangers, ont été tués.

Mokhtar Belmokhtar est né à Ghardaïa, en Algérie, en 1972.
Dans une interview diffusée en 2007 sur des sites islamistes, il affirmait s'être rendu en Afghanistan à l'âge de 19 ans pour y acquérir une formation et une expérience du combat.
Selon la Jamestown Foundation, un centre de réflexion basé à Washington, l'engagement de Belmokhtar a été influencé par le religieux Abdullah Azzam, promoteur d'une interprétation armée et offensive de la notion de "djihad" (guerre sainte), et qui a aussi été le mentor d'Oussama Ben Laden.
Revenu en Algérie en 1992, Belmokhtar a combattu durant la guerre civile au sein du Groupe islamique armé (GIA), puis a participé à la création du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui a élargi progressivement ses opérations dans différents pays du Sahel en y attaquant les forces de sécurité.
Le GSPC a fait par la suite allégeance à Al Qaïda, devenant le représentant de la nébuleuse islamiste en Afrique du Nord sous l'appellation d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Mokhtar Belmokhtar est soupçonné d'implication dans l'enlèvement de 32 touristes européens en 2003, dans les négociations en 2008 pour la libération de deux Autrichiens et dans les négociations en 2009 pour la libération de deux Canadiens.
Enlèvements et trafics divers, des armes à la drogue en passant par les cigarettes et les êtres humains, alimentent une économie parallèle basée sur la criminalité dans le Sahara et estimée à des millions de dollars.
Mokhtar Belmokhtar a été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité par la justice algérienne après le meurtre de 10 gardes-frontières algériens en 2007.
Au-delà de son implication dans des enlèvements, il est réputé être l'un des plus importants "gangsters djihadistes" du Sahara. Ce voyou d'Allah s'est imposé dans la fourniture d'armes aux groupes islamistes de la région et dans le trafic de cigarettes, ce qui lui vaut le surnom de "Mister Marlboro" au sein des populations locales, selon les media  français.
Ses diverses activités lui ont permis de nouer des liens étroits avec les communautés touarègues, notamment avec les combattants qui ont participé au printemps 2012 à l'offensive ayant abouti à la prise du nord du Mali avec leurs alliés islamistes de l'époque.
Mokhtar Belmokhtar avait créé son propre groupe tout en maintenant son allégeance à Al Qaïda.

Plusieurs spécialistes mettent en doute la version de l'armée tchadienne. 
Mais si cela se confirmait, ce serait un gros coup porté à ces différentes organisations terroristes dans la région.
Une chaîne de télévision algérienne l'avait déjà donné pour mort dans des combats entre islamistes et séparatistes touaregs en juin dernier à Gao, dans le nord du Mali.

Un autre chef islamiste algérien, Abdelhamid Abou Zeïd, aurait également été tué
cette semaine dans le massif montagneux de l'Adrar des Ifoghas.
Le décès de Zeïd n'a pas été confirmé officiellement, notamment pas par Paris. D'après des sources maliennes, il fait pourtant partie de la quarantaine de rebelles tués il y a cinq jours dans ces collines (200 m d'altitude), présentées comme inexpugnables, de l'extrême nord-est du Mali où les troupes françaises et leurs alliés tchadiens combattent les terroristes djihadistes. 
Concernant l'éventuel décès d'Abou Zeid, on peut relever que les dates indiquées sont compatibles avec celles des combats qui ont fait 26 morts et 66 blessés tchadiens, actuellement soignés à l'hôpital de Niamey et à Paris, tandis que des éléments de l'armée française sont employés à la reconstruction de Gao.

Abdelhamid Abou Zeïd est l' "émir" d'Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI), le chef respecté de l'organisation. 
Il est considéré comme l'auteur d'une vingtaine d'enlèvements d'occidentaux ces cinq dernières années dans le Sahara, responsable également de plusieurs exécutions.
Zeïd, "un homme méthodique, organisé et froid." 
Pierre Camatte, ancien otage retenu par Abou Zeïd et ses hommes pendant trois mois en 2010 au Sahel, décrit son geôlier. Il évoque un homme méthodique, froid, organisé, un homme petit et malingre qui n'avait pas de prestance mais une certaine autorité.

Selon le président tchadien, Abou Zeïd a bien été tué, par les forces tchadiennes
Le président tchadien Idriss Déby a affirmé vendredi que le chef d'al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI), Abou Zeïd, a bien été tué lors d'affrontements au nord du Mali. Mais, selon lui, il est tombé sous les balles de soldats tchadiens, alors que plusieurs sources affirmaient jusqu'alors qu'il était décédé suite à un bombardement de l'armée française.
François Hollande ne confirmait déjà pas la mort d'Abou Zeid
Le "chef de guerre" français parle d'une "phase sans doute ultime": " Des groupes terroristes se sont réfugiés, cachés, dans une zone particulièrement difficile. Des informations circulent. Je n'ai pas à les confirmer, parce que nous devons aller jusqu'au bout de l'opération".
Les rapports de confiance entre la France et le Tchad se tendent-ils ?

Silence radio à Paris...
François Hollande avait refusé de confirmer.
Vendredi, la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a de nouveau affirmé que la France n'a aucune information concernant la mort présumée du terroriste.
L'information annoncée par Idriss Déby fait douter certains spécialistes, comme le très "officiel" Pierre Servent :
Journaliste pour La Croix puis Le Monde, Pierre Servent est devenu porte-parole du ministère de la Défense de Charles Millon (1995-1997), puis ...expert en stratégie militaire et spécialiste des questions de défense. Très flexible, il change de cap dans les années 2000 et suit désormais F. Hollande.

La France n'assume plus rien

Al-Qaïda pourrait être déstabilisé pendant quelques semaines

Pour Anne Giudicelli, 
une ancienne chargée de mission au ministère français des Affaires, aujourd'hui à la tête de la société de conseils Terrorisc, si la mort des deux chefs djihadistes est confirmée, a va contribuer certainement à créer une forme de débandade pour toutes les recrues récentes qui constituaient le gros des troupes de ces leaders-là", a-t-elle dit samedi, mais "cela va générer une désorganisation temporaire de l'ensemble des réseaux" islamistes dans la région.

Pascal Lupart, président du comité de soutien à deux Français enlevés en novembre 2011 au Mali, avait dit samedi craindre que les otages se retrouvent aux mains de "seconds couteaux", si c'est bien Abou Zeïd qui a été tué. "C'est une angoisse permanente", dit-il.

Anne Giudicelli souligne également la pusillanimité du "chef de guerre" français
Anne Giudicelli tente de justifier le mutisme de l'Elysée: "on laisse au Tchad le privilège de communiquer. Ca s'inscrit dans la stratégie politique qui depuis le début consiste à ne pas se mettre en avant et laisser les Africains en première ligne".
"La France ne veut pas être en première ligne sur ce type d'annonce, d'abord car la guerre n'est pas finie, ensuite en raison des otages. La non confirmation par Paris maintient un certain flou qui minimise l'événement. Ca permet de ne pas alimenter les velléités de représailles", insiste la spécialiste du terrorisme.

En fait, la "gauche molle" se défosse sur les Tchadiens de peur de représailles à la fois sur les otages (4 Français d'Areva) et d'attaques terroristes sur le territoire français. 
Ce président est passé maître dans l'art du retrait, un expert de la reculade.

Fin 2012, Le Drian, le ministre-stratège de Hollande, affirmait à propos des états de la Cedeao: " Ces pays connaissent mal les populations arabes et berbères du Nord Mali, qui représentent un monde totalement étranger, souligne un diplomate, leurs armées sont de plus pauvres et mal équipées ".
Nous espérons que le président ait  bientôt de bonnes raisons de faire à nouveau la roue devant les caméras. Quitte à reléguer le Tchad au rang de supplétifs...

dimanche 3 février 2013

Hollande va frapper les islamistes à la frontière algérienne

Mali: frappes massives près de Kidal, au lendemain de la visite de Hollande

Rien n'arrête plus notre Scipion-l'Africain

L'armée française a pillonné dimanche la région de Kidal, dernier fief des terroristes islamistes armés dans l'extrême nord-est du Mali, près de la frontière algérienne, cinq semaines après sa  visite à Bouteflika, et au lendemain de la visite triomphale du président français de substitution  à DSK au président malien par intérim. 

Le libérateur du Mali libérera-t-il les otages français ?

C'est en effet autour de Kidal, dans le massif des Ifoghas, que seraient détenus les sept otages français au Sahel, selon Paris. Evoquant brièvement leur sort samedi, François Hollande a jugé que "les ravisseurs doivent comprendre que le moment est venu de libérer les otages", ajoutant que les forces françaises au Mali en étaient désormais "tout près".

La zone de Tessalit a été la cible"d'importantes frappes aériennes"

Les avions Rafale de Dassault sont entrés en action, à 200 km au nord de Kidal, aux confins de l'Algérie, dans la nuit de samedi à dimanche selon le porte-parole de l'état-major des armées françaises, le colonel Thierry Burkhard.

Il a précisé que ces bombardements visaient "des dépôts logistiques et des centres d'entraînement" des islamistes armés liés à Al-Qaïda, un peu plus de trois semaines après le début de l'intervention militaire française.

Une bonne partie des chefs et des combattants des groupes islamistes serait concentrée dans cette vaste zone de montagnes et de grottes autour de Kidal, selon des experts et des sources de sécurité régionales.

Parmi eux, se trouveraient l'Algérien Abou Zeïd, un des émirs les plus radicaux d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et Iyad Ag Ghaly, chef d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), un ex-rebelle touareg malien arabe des années 1990, originaire de Kidal qui connaît parfaitement la région.

Les rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) ont d'ailleurs affirmé samedi avoir eu vendredi "un accrochage" avec une unité d'islamistes dans la région de Tessalit, qui s'est conclu par "l'arrestation de plusieurs jihadistes".

Avant que les frappes françaises autour de Tessalit ne soient connues, le ministre malien des Affaires étrangères, Tièman Hubert Coulibaly, avait souhaité que l'opération française se poursuive au Mali, "d'autant que la dimension aérienne est très importante", "face à des combattants aguerris dont il faut détruire l'arsenal", dans un entretien à l'hebdomadaire français Le Journal du Dimanche.

Samedi, le chef de l'Etat français a dénoncé avec force la "barbarie" des terroristes islamistes armés en visitant la cité emblématique de Tombouctou, mutilée par les jihadistes.
"Papa François Hollande", comme l'ont surnommé les habitants de Tombouctou, "petit père du peuple"  "frère de tous les Maliens et ami sincère de l'Afrique", selon le président malien par intérim Dioncounda Traoré  a fait la promesse aux Maliens que la France n'a pas encore "terminé sa mission" face aux "terroristes" et assuré que les soldats français seront au côté des militaires maliens pour, "plus au Nord, finir cette opération" de reconquête de l'intégrité territoriale du pays.

L'assaut de la ville de Konna a fait des victimes civiles

Lors de la guerre au nord du Mali entre le 10 au 17 janvier 2013, trois femmes et un enfant ont été tués par un bombardement, selon le maire de la ville, et au moins 11 civils ont été tués lors des combats
Amnesty International déclare avoir réuni les preuves établissant qu'au moins 5 civils dont 3 enfants ont en fait été tués par les avions français dans les bombardements du 11 janvier. 71 personnes, blessées lors des combats à Konna, sont envoyés à l'hôpital de Mopti.
Un pilote d'hélicoptère Gazelle français a également été tué: le lieutenant Damien Boiteux fut mortellement blessé le 11 lors de l'attaque des colonnes de véhicules.

Selon des habitants, plusieurs prisonniers de guerre islamistes ou des suspects ont été tués par des soldats maliens dans des camps militaires à Sévaré, parmi lesquels des blessés pris à Konna, des témoins évoquant notamment un charnier de 25 à 30 corps ou des cadavres jetés dans des puits
D'après Human Rights Watch, au moins 13 personnes ont été exécutés sommairement par des soldats maliens et 5 autres ont disparu entre le 9 et le 18 janvier à Sévaré, Konna et les villages environnants.

A Kidal, on ne veut "pas de guerre"

Si les deux principales villes du nord du Mali, Gao et Tombouctou, ont été reprises, quasiment sans combats, aux islamistes armés qui occupaient ces régions depuis des mois, la situation est très confuse "plus au Nord", autour de Kidal, et du massif des Ifoghas.
Kidal, à 1.500 km de Bamako, a longtemps été le bastion d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), un des groupes armés qui a multiplié les exactions dans le Nord malien.

Mais, avant même l'arrivée dans la nuit du 29 au 30 janvier de soldats français qui ont pris le contrôle de l'aéroport de la ville, elle était passée sous le contrôle du Mouvement islamique de l'Azawad (MIA, groupe dissident d'Ansar Dine) et du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg).
Ces deux groupes ont assuré la France de leur soutien, mais ils ont exigé qu'aucun soldat malien, ni ouest-africain, ne soit déployé à Kidal, berceau traditionnel des rébellions touareg contre le pouvoir de Bamako, craignant notamment des exactions d'éléments noirs visant les communautés arabe et touareg.
De telles exactions visant ces ethnies, assimilées aux groupes islamistes armés, ont été rapportées dans le centre et le nord du Mali par plusieurs ONG. Samedi, François Hollande et Dioncounda Traoré ont prôné ensemble une conduite "exemplaire" de la part de leurs soldats.

Avions de combat Rafale
De nouveaux renforts français sont arrivés samedi à Kidal par avion, selon des habitants. Et des soldats tchadiens (pays non membre de l'Afrique de l'Ouest) ont commencé à se déployer en ville.

Selon plusieurs témoignages d'habitants, militaires français et tchadiens ont patrouillé pour la première fois samedi dans les rues de Kidal. Des Tchadiens ont même été aperçus sur le marché de la ville, en train de faire des courses.
Le contingent tchadien à Kidal serait d'environ 150 soldats, selon des témoins.

Sur place, la population semble anxieuse
"On ne sait pas ce qui va se passer. Nous ne voulons pas de guerre ici", résume un ancien fonctionnaire de la mairie de Kidal, joint par téléphone.
Le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) a rapporté mardi que des centaines de personnes ont fui Kidal pour se rapprocher de l'Algérie, en dépit du fait que la frontière soit officiellement fermée.

De leur côté, les Etats-Unis ont rappelé dimanche qu'ils n'ont eu "aucune hésitation" à soutenir la France
A défaut de troupes, ils fournissent notamment des renseignements et des avions ravitailleurs, dans son opération au Mali, alors que le vice-président Joe Biden est attendu dimanche à Paris, où il doit rencontrer François Hollande.

L'Egyptien Morsi n'a plus qu'à bien se tenir !