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vendredi 22 mars 2019

Gilets jaunes : l'annonce de Macron de mobiliser l'armée crée un malaise chez les militaires

La troupe traîne les pieds pour suivre sa hiérarchie

L'opération de communication du gouvernement est mal vécue par les soldats


Ils ne seront pas face aux manifestants: la consigne aux militaires est l'évitement... 
"Il fallait laisser tuer les civils au Bataclan pour
préserver la vie des soldats" (Gl Bruno Le Ray) 
Après l'infiltration d'activistes de l'ultra-gauche parmi les Gilets jaunes, notamment à Paris le samedi 16 mars, Emmanuel Macron et le gouvernement promettaient des "mesures fortes". Mais, à grand renfort de communication, ils ont accouché de limogeages à la préfecture de police de Paris de subalternes de Castaner qui les accuse de tous les maux et de la mobilisation de militaires qui ne sont pas des gendarmes, spécialisés dans le maintien de l'ordre, samedi 23 mars.

Ces combattants du ministère des Armées seront affectés à la sécurisation de certains lieux sensibles en lieu et place de forces de sécurité intérieure (police ou gendarmerie), lesquelles seront alors disponibles pour assurer des missions de maintien de l'ordre face aux manifestants. L'armée en elle-même n'est pas une force de maintien de l'ordre : elle est déjà déployée sur le territoire national à titre exceptionnel, dans le cadre d'une opération antiterroriste, Sentinelle.

Des réactions indignées de toutes parts

Surfant sur l'exaspération de commerçants qui réclament qu'on "envoie l'armée aux Gilets jaunes"Macron mobilise des militaires qui, en réalité, ne seront pas face aux manifestants.

Cette annonce fumeuse a ainsi inspiré à Bruno Retailleau (LR) la critique d'une "décision funeste". Dans la foulée de la polémique sur les consignes données aux policiers de ne pas intervenir et de laisser les violences se poursuivre, on imagine l'inquiétude des militaires à l'idée d'être jetés dans l'arène sociale, sans les protections dont bénéficient les effectifs de maintien de l'ordre, tels que boucliers et jambières.

L'"innovation" de Macron est un dispositif déjà utilisé dans le passé...
Le malaise est palpable parmi les personnels du ministère de Florence Parly où l'annonce du gouvernement a été très mal perçue. Non seulement l'annonce de Macron a laissé penser que des soldats en armes pourraient jouer le rôle de CRS, ce qui s'avère faux, après mise au point, mais en plus, elle ternit le lien entre les citoyens et l'armée, pourtant crucial pour assurer le recrutement.

Au point presse hebdomadaire du ministère des Armées, jeudi 21 mars à Paris, les services de communication ont dû essayer de faire bonne figure. "Il n'y a rien de nouveau par rapport à ce qui était déjà réalisé les week-ends précédents ", a assuré le colonel Guillaume Thomas, porte-parole adjoint de l'Etat-major des armées, "car nous poursuivons notre mission antiterroriste et il n'est pas question d'envoyer des militaires faire du maintien de l'ordre : ils ne sont ni entraînés, ni formés, ni équipés à cet effet". Dont acte. 
"Simplement, nous adaptons notre dispositif ce week-end à la demande du ministère de l'Intérieur, et cette adaptation a déjà été utilisée par le passé3, a-t-il précisé. De quoi relativiser un peu plus l'opération de communication du gouvernement, qui a prétendu innover en mettant un coup de projecteur sur un dispositif déjà existant.

Ouvrir le feu face à des manifestants est concevable par le gouverneur de la place de Paris

Bruno Le Ray, gouverneur militaire de Paris, fait froid dans le dos.
Un véhicule de l'opération Sentinelle incendié à Paris, le 9 février 2019

Interrogé sur le risque de générer des situations dangereuses, par exemple si des militaires se trouvent encerclés par des manifestants violents et n'ont d'autre choix que d'ouvrir le feu pour se dégager, ce général de corps d'armée, commandant de l’opération Sentinelle en Ile-de-France depuis 2015, a botté en touche : "Il n'y a pas de raison de s'inquiéter, parce qu'il n'y a pas de raison de voir des soldats de l'opération Sentinelle au contact des émeutiers." "Les consignes sont les mêmes que pour les week-ends précédents: les soldats savent anticiper les situations et, le cas échéant, faire appel aux forces de sécurité intérieure s'ils étaient témoins de pillages ou d'autres exactions ou pour se dégager d'une situation problématique", a encore assuré l'officier. Il semble clair que les militaires ont pour instruction de ne pas s'approcher des zones à risque, et les sites qu'ils sécuriseront samedi seront géographiquement éloignés des lieux d'affrontements. 
Membre du Bureau exécutif de La République en Marche, déléguée nationale à la société de la connaissance, professeur de droit, directrice d'un réseau scolaire international, journaliste et nièce de Pierre Mendès-France, la députée Ilana Cicurel précise que les militaires ne seront pas dans Paris : même pas aux abords du "site sensible" du Palais présidentiel ?

Mais, au final, compte tenu de la mobilité fulgurante des groupes violents, notamment l'extrême gauche violente du 'Black bloc', et du parcours incertain des cortèges, le risque est réel de voir des militaires de Sentinelle pris à partie. C'est d'autant plus crédible que lors de l'acte XIII des Gilets jaunes, samedi 9 février à Paris, une voiture de patrouille Vigipirate avait été saccagée puis incendiée près de la tour Eiffel, rappelle Le Point. Les militaires n'étaient pas dans le véhicule et n'ont donc pas eu à réagir face aux manifestants. 
PaSiDupes rappelle au Point ce que sa sélection occulte :
Mais si, à l'avenir, des soldats se trouvaient piégés, il est hors de question pour eux de ne pas se défendre, et de risquer de se faire voler leurs armes (c'est bien connu, un militaire n'abandonne jamais son arme). Alors, ouvriraient-ils le feu, en état de légitime défense, si leur vie était menacée ? "Ce sont des combattants", conclut le colonel Thomas. Comprenne qui voudra. Ou non.

Pour mémoire
Pourquoi les soldats de l’opération sentinelle ne sont-ils pas intervenus au Bataclan? "Il est impensable de mettre des soldats en danger dans l’espoir hypothétique de sauver d’autres personnes."
Telle aurait été la réponse à la plainte de 17 familles de victimes par le gouverneur militaire de Paris de l’époque, le général Bruno Le Ray, toujours en poste aujourd’hui…

Déclaration du général, lors des auditions qui ont fait suite aux assassinats du 13 novembrer 2015, revendiqués par l'organisation Etat islamique,
quand les soldats de l’opération Sentinelle ne sont pas intervenus :
Pourquoi des militaires présents près du Bataclan le soir du 13 novembre n’ont-ils pas eu le droit d’intervenir ? Dénonçant l’absence de réponse « précise » depuis deux ans et demi, une trentaine familles de victimes ont décidé de déposer plainte à Paris.
Une trentaine de victimes ou familles de victimes de l’attentat du Bataclan vont déposer plainte contre X vendredi à Paris pour « non-assistance à personne en péril » afin qu’une enquête soit menée sur l’absence d’intervention de militaires le soir du 13 novembre 2015, a-t-on appris auprès de leurs avocats.
« Deux ans et demi après les attentats, les familles de victimes ne comprennent toujours pas pourquoi on a empêché, sur ordre, huit militaires de l’opération Sentinelle présents devant le Bataclan d’intervenir. Nous voulons une réponse précise », a expliqué à l’AFP l’une des avocates, Samia Maktouf, confirmant une information du Parisien.
« On leur a interdit une intervention physique, c’est-à-dire de rentrer (dans le Bataclan), mais aussi le prêt de matériel médical de premiers secours à des policiers », a-t-elle affirmé, estimant qu’« on n’aurait peut-être pas empêché la mort de 90 personnes mais au moins évité des hémorragies qui ont donné la mort ».
« Négatif, vous n’engagez pas les militaires, on n’est pas en zone de guerre »
Quatre-vingt dix personnes ont été tuées au Bataclan le 13 novembre. D’autres attaques jihadistes menées à Paris et Saint-Denis le même soir ont au total fait 130 morts.
Le soir du 13 novembre, alors que la prise d’otages débutait au Bataclan, huit militaires du 1er régiment de chasseurs de Thierville (Meuse) s’étaient retrouvés parmi les premières forces de l’ordre sur place aux côtés de policiers de la Brigade anticriminalité (BAC) du Val-de-Marne.
Dans un rapport de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats du 13-Novembre, un officier de la BAC du Val-de-Marne racontait notamment avoir demandé l’autorisation de les faire intervenir afin « d’atteindre le terroriste embusqué derrière l’issue de secours ». « Devant la commission, il a expliqué avoir reçu pour réponse de la Préfecture de police de Paris : « Négatif, vous n’engagez pas les militaires, on n’est pas en zone de guerre »L’un des militaires lui aurait également indiqué qu’il ne pourrait engager le feu, faute d’avoir reçu un ordre en ce sens », décrit le rapport.
Lors des auditions, la question du non-engagement des militaires avait également été posée au gouverneur militaire de Paris, le général Bruno Le Ray. « Sa réponse a été aussi froide et violente qu’inacceptable : « il est impensable de mettre des soldats en danger dans l’espoir hypothétique de sauver d’autres personnes » », affirment les avocats dans un communiqué commun.
Selon eux, d’autres victimes pourraient se joindre à cette démarche « qui vise à établir clairement toutes les responsabilités et savoir précisément quelles sont les missions de Sentinelle, s’il ne s’agit pas d’intervenir lorsque des civils sont attaqués à l’arme de guerre ».
Source : Libération (la rédaction, anonymement et solidairement,  
 08/06/18)

jeudi 12 novembre 2015

Les Français ne sont pas protégés

"Les Français croient être protégés, ils ne le sont plus", dénonce le général Vincent Desportes 

Ce haut gradé de l'armée de Terre fustige la baisse du budget des armées.
 
La Grande Illusion 
(Jean Renoir, 1937)
Dans son livre "La Dernière Bataille de France", il estime que les militaires français, engagés sur plusieurs fronts, ne peuvent plus assurer leurs missions.  

Comme les militaires aiment à le dire : pour un coup de gueule, c’est un coup de gueule. Le général Vincent Desportes a toujours été connu pour son parler vrai. Mais avec son dernier livre (qui vient de paraître chez Gallimard), le Saint-Cyrien, professeur à Sciences Po, se livre à un réquisitoire sans appel. "Nous sommes revenus à l’époque de la Grande Illusion, écrit-il. Les Français croient être protégés, ils ne le sont plus… Les armées françaises n’ont jamais été aussi fragiles.
Pour francetv info, ce haut gradé de l’armée de terre a accepté de développer. 

Francetv info : Pourquoi une telle sévérité dans votre jugement ? A priori, les soldats français n’ont jamais été autant présents sur le terrain et cela sans enregistrer de revers particulièrement dommageables [sic]. 

Vincent Desportes : Les menaces s’accroissent et en particulier depuis deux ans. On peut dire qu’autour de nous le monde a pris feu, de l’Ukraine au Sahel, en passant par le Moyen-Orient. Et nos armées sont "sur-déployées" par rapport à leurs capacités. Que ce soit sur mer, à terre ou dans le ciel, toutes nos armées sont en train de s’user. Je dirais même que la corde est sur le point de casser.
Regardez l’exemple de l'armée de terre britannique. Elle a été beaucoup trop déployée par rapport à ce qu’elle pouvait faire. Et elle s’est retrouvée à bout de course, incapable de remplir sa mission de défense. Nous ne sommes pas loin de vivre la même chose. 

Quels sont les exemples concrets de cette "usure", selon vous ? 

On a des problèmes de matériels, même si cet aspect commence à être pris en compte. Au Mali, on peut rappeler que, pour l’opération Serval [2013-2014], les véhicules avaient deux fois l’âge de leurs conducteurs. Nos avions Rafale étaient ravitaillés par des avions qui avaient plus d’un demi-siècle, etc. 

A côté de l’armée ultra-moderne, qui existe, on a une autre grande partie que je qualifierais de vintage. Elle possède des équipements "de collection". Et le budget actuel ne permet pas suffisamment d’approvisionner le flux nécessaire des pièces de rechange. De sorte que, dans nos armées, un avion sur deux ne peut pas décoller, un navire sur deux ne peut prendre la mer, et un char sur deux ne peut plus rouler. Dans certains cas, c’est même pire, comme pour les hélicoptères Tigre, par exemple : quatre appareils sur cinq ne peuvent pas prendre l’air. 

Tout cela n’est pas raisonnable. Or, nous devons faire face à de très nombreux déploiements sur les théâtres de conflit. D’ailleurs, le chef d’état-major lui-même le disait : les soldats français sont engagés dans 25 opérations différentes et nous avons 30.000 hommes impliqués, issus des trois armées, essentiellement de l’armée de Terre. 

Tout cela a pour conséquence dommageable un sous-entraînement des unités. Il n’y a plus le temps de respiration indispensable pour que nos armées récupèrent. Car une armée n’est pas une simple addition de soldats; c’est un ensemble qui doit s’inscrire dans un tout cohérent et produire une efficacité collective.

Quelle est la responsabilité des dirigeants politiques dans ce que vous dénoncez ?
Dans votre livre, vous semblez renvoyer dos à dos Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Les deux dernières lois de programmation militaire ont porté des coups terribles aux armées. Celle de 2008-2013 [débuts de la crise, sous-estimée], votée sous la présidence Sarkozy, a enlevé 25% des capacités opérationnelles françaises. Celle de 2014-2019, votée sous la présidence Hollande, a fait de même. Ces deux lois ont prévu une réduction de 80.000 postes dans nos effectifs entre 2008 et 2019, ce qui est le plus grand plan social subi par les administrations. Or, je le répète, cela se passe à un moment où les opérations se multiplient et deviennent de plus en plus complexes.

Je dois néanmoins reconnaître que François Hollande a pris, le 29 avril dernier [2015] une bonne décision en mettant un terme momentané à cette dégradation, grâce à des dispositions d’aménagement budgétaire. Il n’en reste pas moins que nos armées ont un problème de cohérence entre la multiplication des opérations et les moyens engagés. J’en prends pour exemple le fait que le président et le Premier ministre affirment que nous sommes en guerre. Or, si tel est le cas, nous devons penser à l'effort de guerre. 

Donc, selon vous, le budget de l’armée ne doit pas être concerné par les plans d’économie actuels ? 

Il faut savoir ce qu’on veut. Comme je le disais, les gens aujourd’hui au pouvoir parlent de guerre. De fait, il existe une menace sur notre sécurité. Il faut donc logiquement conforter notre outil de défense et consentir ailleurs des économies. La défense ne doit pas payer comme les autres. La défense, c’est le pilier de l’Etat à travers sa mission de sécurité. 

Vous n’hésitez pas à vous attaquer à l’arme nucléaire. Vous la remettez en question. Or, c’est un dogme de la défense de la France. 

Je m’élève contre le dernier livre blanc sur la défense et la sécurité des Français, qui a mis de côté ce qu’on appelle l’assurance-vie de notre nation, à savoir le nucléaire. Cette question doit être mise en débat. L’hyper-sacralisation de "LA" bombe déséquilibre les rapports entre le conventionnel (les armées classiques) et le nucléaire. 

Comme les budgets diminuent et que l’on préserve absolument le nucléaire, les armées en pâtissent, et ce sera particulièrement vrai dans la décennie 2020-2030. Car, à cette période, il faudra renouveler les plates-formes des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, de même que celui des têtes de nos missiles… Les investissements nucléaires sont très lourds, ils représentent plus de 20% de notre effort de défense. On risque de passer bientôt à 30%, les forces conventionnelles seraient alors en passe de s’effondrer. Or elles sont indispensables. La réponse est donc d’augmenter notre budget de quelques milliards par rapport aux quelque 1.200 milliards de dépenses publiques annuelles. Puisque l’on affirme que l’on ne peut se priver du nucléaire, c’est la seule réponse. Et cet effort reste, on le voit, marginal.

Et l’Europe ? Pourquoi ne pas constituer une défense européenne avec les efforts conjugués des Européens ? Vous semblez ne pas y croire face à ce que vous appelez la "divergence d’intérêts" des divers pays qui composent l’Europe.

A mes yeux, l’idée d’une défense européenne doit demeurer notre horizon. Mais cela fait trente ans qu’on imagine créer l’Europe de la défense en créant des petits morceaux de défense. En fait, on n’y parvient pas. Pourquoi ? Le fait d’accumuler des pierres ne débouche pas forcément sur la construction d’une cathédrale. 

Pour cela, il faut une vision commune, savoir ce que vous bâtissez. Or, pour l’Europe de la défense, il n’y a pas de vision commune. Il n’y a même pas une perception commune de la menace. La preuve, c’est que les choses que l’on a mises en place, comme le battle group 1.500 (unité de réaction rapide européenne), qui existe et qui s’entraîne, n’a jamais été déployé. Aberrant ! 

Vous évoquez aussi, comme une menace, la syndicalisation possible des militaires. Selon vous, la "grande muette" excédée pourrait prendre fortement la parole ? 

Le problème fondamental de notre défense est que ce n’est plus une question citoyenne. Le pouvoir politique peut, quelle que soit sa couleur, faire des coupes sombres dans le budget des armées sans perdre une seule voix aux élections.

Tant que les politiques pourront ainsi ne pas être comptables de la défense, cela continuera. Car l’institution militaire ne peut pas s’exprimer. Donc on lui prend ses moyens car on sait que personne ne pourra prendre la parole pour le déplorer en défilant dans les rues, par exemple.

Est-ce que votre discours agace au sein de l'institution ? Quels retours avez-vous, justement, de la "grande muette" ?

Ils sont extrêmement positifs de la part des militaires. J’oserais dire à 99%. Car j’exprime ce que pensent 99% des militaires. Pour le reste, quelques "supplétifs" sont montés au créneau, mais je constate qu’aucune autorité n’a prétendu que je racontais n’importe quoi. Car ce que je dis est vrai. 

dimanche 30 novembre 2014

Burkina Faso: un soldat français fait le sacrifice de sa vie dans un accident

Tribut payé par les militaires de l'opération Barkhane contre les islamistes au Sahel 

Un membre des forces spéciales de l'armée de terre française est décédé samedi au Burkina Faso 

dans un accident d'hélicoptère, annonce dimanche le ministère de la Défense.
L'adjudant Samir Bajja, âgé de 38 ans et natif de Nîmes (Gard), membre du 4e régiment d'hélicoptères des forces spéciales de l'armée de terre, appartenait au Service des essences des armées, précise le ministère.
Le sous-officier se trouvait à bord d'un hélicoptère Caracal pour un vol nocturne d'entraînement lorsque l'appareil s'est écrasé. Il a été tué sur le coup, deux autres membres de l'équipage ont été blessés.

L'accident est survenu dans la région de Ouagadougou, selon la source militaire française.
L'adjudant, engagé depuis 16 ans dans l'armée, avait notamment servi en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, au Tchad et au Mali.

C'est le deuxième soldat français à mourir au Sahel depuis le lancement, le 1er août dernier, de l'opération Barkhane contre les groupes armés terroristes dans la bande sahélo-saharienne.

jeudi 30 octobre 2014

Le "problème d'effectifs et de moyens" est une cause principale de la mort du sous-officier au Mali

La force Serval est partie prématurément, dénonce le général Desportes

Un soldat français est mort au Mali


"La France va devoir "finir le job"
Au lendemain du sacrifice de ce sous-officier pour le Mali et les Maliens, Vincent Desportes, professeur de stratégie et ancien directeur du Collège interarmées de défense, parle.

Ce drame était prévisible,
explique le général Vincent Desportes. 

"On a d'abord l'opération Serval qui se passe extrêmement bien. Et qui détruit la grande majorité des forces djihadistes. Et puis, hélas, cette force doit partir beaucoup trop tôt, en particulier parce que nous sommes engagés en République centrafricaine. Le terrain qui avait été conquis, stabilisé, est lâché beaucoup trop tôt, alors que ni l'armée malienne, ni les forces de la Minusma ne sont capables de prendre véritablement la relève des forces françaises.

Et comme la nature a horreur du vide, les djihadistes se sont replacés.
 
On déshabille Jacques pour habiller Paul, tout cela n'est pas très sérieux. On a un problème d'effectifs et de moyens", s'indigne ce meneur d'hommes.

"Il faudra bien que l'armée française revienne terminer le job,
prévient le général de division. 

Nous devons redéployer les moyens nécessaires pour faire face
à cette menace qui est aussi dangereuse pour nous et pour les Français que l'Etat islamique en Syrie et en Irak".

En 2010, pour avoir exercé sa liberté d'expression, Vincent Desportes fut sanctionné par le Chef d'état-major des armées, l'amiral Guillaud, sur ordre du ministre de la Défense, Hervé Morin, et quitta le ministère de la Défense. Selon l'économiste d'extrême gauche Jacques Sapir, le général Desportes ne prenait pas position sur la stratégie française, mais mettait en question l'ambivalance de la stratégie américaine qui aboutit à une absence. 
Il est aujourd'hui professeur associé à Sciences Po Paris.

lundi 23 décembre 2013

Centrafrique (RCA): des milliers de musulmans manifestent contre l'intervention de Hollande à Bangui

Hollande doit faire face au rejet de son armée 

La mort de trois combattants Séléka 
dans un accrochage avec des soldats français déclenche la contestation

Des habitants des quartiers musulmans de Bangui (Centrafrique) ont manifesté en masse, dimanche 22 décembre, contre l'opération militaire française Sangaris, à l'occasion d'une opération de désarmement.

La Séléka est la coalition rebelle à majorité musulmane qui a pris le pouvoir en mars 2013 et porté le président Michel Djotodia au pouvoir. Ses membres font partie des miliciens que l'opération française a pour objectif de désarmer, afin de mettre fin aux violences interreligieuses.

Les forces françaises accusées de prendre parti pour les milices chrétiennes

Dans l'après-midi, les manifestants se sont rassemblés dans le centre-ville de la capitale centrafricaine et ont ensuite marché sur une grande avenue vers le quartier musulman PK5. "Non à la France", "Hollande criminel !", scandaient notamment les protestataires, qui entendaient dénoncer "la partialité" des militaires français déployés depuis début décembre en République centrafricaine (RCA).
Le président centrafricain Michel Djotodia, qui a pris le pouvoir, aidé des rebelles de la Séléka, à majorité musulmane, a renouvelé samedi 2  décembre son offre de dialogue aux milices chrétiennes, pour l'arrêt des tueries inter-religieuses.

Sans la protection des Séléka, de nombreux musulmans se disent laissés à la merci des atrocités des milices chrétiennes "anti-balaka" et la presse hexagonale relaie ce point de vue partisan. 

A l'inverse, nombre de Centrafricains chrétiens accusent en effet le Tchad d’être juge et partie: les troupes de la Séléka qu’il s’agit de désarmer sont en grande partie composées de mercenaires tchadiens.

La République centrafricaine menace donc toujours de s'embraser deux semaines après le début de l’opération Sangaris

La France est seule puissance européenne en Centrafrique. 
Mais ses 1.600 militaires interviennent dans le cadre de la Misca, Mission internationale de soutien à la Centrafrique. 3652 militaires et civils sous mandat de l’Union africaine proviennent d’Afrique centrale: Cameroun, Congo, Gabon, Burundi et Tchad. 

Or, la participation du Tchad (850 hommes) est très problématique.
Hollande reçoit Idriss Déby
Le Tchad et ses soldats en Centrafrique sont accusés d’interventionnisme systématique depuis qu'Idriss Déby est chef de l'Etat. Une façon pour lui de protéger son pouvoir et de sécuriser les champs de pétrole tchadiens proches de la frontière avec la Centrafrique, quitte à aider les rébellions.

Plus viscéralement,  Idriss Déby  est un musulman qui, durant la guerre civile libyenne de 2011, aurait envoyé des éléments de la garde tchadienne en Libye pour soutenir le colonel Mouammar Kadhafi.

Très concrètement, outre que la Minusma a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire sur les allégations de mauvaise conduite de casques bleus et d’abus sexuels à Gao, le lundi 16 septembre dernier, environ 160 soldats tchadiens de la Minusma, force de l’ONU au Mali, auraient déserté à Tessalit face aux rebelles djihadistes.

Le gouvernement tchadien a "formellement"démenti lundi l'implication de soldats tchadiens de la Misca dans la
mort d'un manifestant chrétien à Bangui ce lundi, veille de Noël. 

dimanche 19 mai 2013

Hollande écarte le Français Dassault pour des drones "Made in USA" ?

Montebourg en avale son béret !

Des drones israéliens ou américains à court terme, c'est le souhait de la France
, "en discussion avec les États-Unis et Israël" pour l'achat en urgence de drones de surveillance

a indiqué le socialiste Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, invité dimanche du Grand rendez-vous Europe 1/i>Télé/Le Parisien-Aujourd'hui en France. "Il nous faut aujourd'hui ces moyens à court terme. Il y a aujourd'hui deux pays au monde qui construisent des drones, les États-Unis et Israël", a-t-il expliqué. Le ministre socialiste juge ces aéronefs sans pilote "indispensables", tant ils ont prouvé leur efficacité d’observation sur les terrains d'opérations militaires.


Mais bientôt une production européenne ? 
"La France a raté le rendez-vous des drones, pour des tas d'histoires, on pourrait en faire un livre, il faut remonter 20 ans en arrière", a regretté Jean-Yves Le Drian. "Il faut sur ce sujet une solution pérenne. Il faut se préparer construire au niveau européen une nouvelle génération susceptible de remplacer les drones d'observation actuels", a-t-il avancé. "Il faut que les industriels français et européens se mettent en relation", notamment avec les "Allemands et les Britanniques" qui sont désireux de tels projets selon le ministre.

VOIR et ENTENDRE Le Drian noyer le poisson sur Europe1:


Marianne rappelle
ce que le ministre socialiste élude face à Elkabbach:
 l'idée, lancée sous Hervé Morin, a été confirmée par Alain Juppé, avec bien sûr l'aval de l'Elysée. 
Fin 2011, lors du vote du budget de la Défense, le dossier avait subi des attaques en règles de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat. Pour faire des économies, mais aussi pour des raisons politiques, les sénateurs ont pris parti pour le Reaper. Après plusieurs passes d'armes médiatiques, la commission de la Défense de l'Assemblée nationale, qui s'était rangée aux choix de Gérard Longuet, avait fini par rétablir les 300 millions d'euros de crédits prévus initialement.

Quels types de drones dans l'immédiat ? 



En attendant un drone de nouvelle génération espéré pour la prochaine décennie, la France avait le choix entre deux options
Soit moderniser sa flotte actuelle de quatre appareils Harfang israëliens équipés par EADS et mis en oeuvre par l'armée de l'air, dont le contrat arrive à échéance fin 2013, soit acheter des drones américains ou israéliens
Jean-Yves Le Drian a assumé le choix de la seconde option, parce que les militaires ne veulent pas s'engager pour les dix prochaines années sur une technologie "intérimaire", en partie dépassée, mais alors que l'option Harfang était la moins coûteuse. La maîtrise de la dette publique n'est pas une priorité de ce gouvernement socialiste.

Les options étaient en vérité au nombre de quatre...


3) le projet Talarion d'EADS, plus ambitieux et donc très couteux certes, 

L’été dernier, Dassault Aviation l'avait emporté sur son grand rival, le groupe européen EADS, qui proposait le drone Talarion à plusieurs gouvernements européens. En juillet 2011, le précédent ministre de la Défense, Gérard Longuet, avait décidé d'entrer en négociations avec l’avionneur, qui proposait la francisation d'une plateforme israélienne Heron TP, rebaptisée promptement Voltigeur au salon Eurosatory, en vue de remplacer les drones Harfang (plateforme israélienne) fabriqués par EADS et en bout de vie
4) mais aussi un programme franco-israélien, avec Dassault, le Heron TP, drone de moyenne altitude longue endurance (MALE) construit par la division Malat du constructeur israélien Israel Aerospace Industries (IAI), en acquisition ou location. 
Or, ni Israël, ni Dassault, entrepreneur pourtant franco-français, n'est en odeur de sainteté au Château... Jean-Yves Le Drian a décidé d'éliminer la candidature de l'entreprise française, constructeur du Rafale, pourtant quasiment déjà acquise. 
Le "Made in France"  socialiste a ses limites politiques ! 
Le gouvernement Ayrault a décidé de rebattre les cartes d’une façon générale dans l’industrie de la défense, sur laquelle Hollande estime que Dassault Aviation exerce une trop grande influence. Dommage pour l'emploi français. 


Ce genre de 'male'
a-t-il rendu service
à Lejaby ?

La mondialisation revue et corrigée par Hollande

Selon Le Monde, le projet est ensuite de "franciser" l'achat du drone américain Reaper, en modifiant sa technologie, notamment dans le domaine des capteurs. Descendant du Predator, le Reaper de General Atomics est sa version combattante, de type Male (moyenne altitude-longue endurance), et constitue l'un des fers de lance de la stratégie américaine de lutte contre ...al-Qaïda et les Taliban.

En français, "Reaper" signifie "Faucheuse", en référence à l'allégorie de la mort...


Selon le quotidien,
la France en achèterait deux exemplaires dans un premier temps, même si - ou parce que - l'option américaine suscite la colère des industriels français. 
A terme, Paris compterait en acquérir cinq à sept pour environ 300 millions d'euros.
Auxquels s'ajoute l'aide "humanitaire" de 500.000 euros apportée par la concubine présidentielle au Mali, en réparation des exactions islamistes d'al-Qaïda.


mercredi 6 mars 2013

Un quatrième soldat français a fait don de sa vie au Mali

Pendant ce temps, Mélenchon pleure le dictateur Chavez


Un soldat français a trouvé la mort mercredi 6 mars 2013 
dans l'intervention menée par l'armée française contre les terroristes islamistes armés au Mali, le quatrième en moins de quatre semaines, depuis le début de l'opération, le 11 janvier, a annoncé François Hollande. Par communiqué.


Nous rendons hommage à son sacrifice et adressons nos condoléances à sa famille.

dimanche 3 mars 2013

Mali: la France en deuil d'un troisième militaire

Le bilan de l'intervention française au Mali s'alourdit


L'Elysée a annoncé ce dimanche qu'un troisième soldat est mort hier au champ d'honneur.


Un soldat du 1er régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers (Ariège) est mort samedi soir dans le nord du Mali, affirme l'Elysée. Ce caporal français a été tué par balle lors d'affrontements à courte distance.

Cet homme est mort pour la liberté de l'Afrique
Ce décès est le troisième en six semaines d'intervention de l'armée française dans ce pays, depuis le 11 janvier dernier. 
Dans un communiqué, l'Elysée a adressé ses condoléances à la famille et exprimé son "profond respect pour le sacrifice de ce jeune soldat".

Le président de la République "salue avec émotion le courage et l’ardeur des forces françaises engagées dans le combat contre les groupes armés terroristes pour restaurer la pleine souveraineté du Mali, aux côtés des forces armées maliennes ", indique encore le communiqué élyséen.

Les Indigènes de la République ont-ils quelque chose à ajouter ?