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vendredi 27 décembre 2019

Quatorze militaires tués au Niger après le passage de Macron

Les terroristes islamistes marquent dans l’ouest du Niger la visite du président français

L'embuscade date du mercredi 25 décembre



L’opération Barkhane est "à un tournant," venait de déclarer 
Macron en visite au Niger. 
Durant sa visite-éclair, après deux jours de visite en Côte d'Ivoire, samedi et dimanche, le chef de l’Etat a appelé à s’opposer au sentiment anti-français qui monte dans la région et à clarifier les objectifs des Africains dans la guerre contre les djihadistes. Avant de rentrer en France pour les fêtes de Noël et travailler au Fort de Brégançon où Marianne lui offre des vacances avec la famille de sa femme, Macron a fait halte lundi au Niger, à .000 km de là, dans le Sahel. Un passage express résolument militaire dans ce pays situé au cœur de la zone d'intervention de l'opération Barkhane, où se trouve une base aérienne française dotée depuis peu de plusieurs drones de combat. 

Il a participé à une cérémonie d'hommage aux 71 soldats nigériens morts dans l'attaque de leur camp d'Inatès, le 10 décembre, soit deux semaines après le crash de deux hélicoptères français, au Mali, où treize militaires ont été tués. Il s’agit de la pire attaque depuis le regain des offensives djihadistes en 2015 dans ce pays sahélien pauvre, revendiquée par les islamistes de Daesh.

Le président s'est aussi longuement entretenu avec son homologue, le Nigérien Mahamadou Issoufou pour préparer le sommet qui se tiendra à Pau (Pyrénées-Atlantiques) le 13 janvier. 
Le Français a exhorté les dirigeants des cinq pays du Sahel où opère la force Barkhane (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, Burkina Faso) à exprimer plus fermement leur soutien à cette opération qui mobilise 4.500 soldats.
"Je vois des mouvements d'opposition, des groupes qui dénoncent la présence française comme une présence impérialiste néocoloniale, a admis Macron à Niamey. Et de déplorer : Je vois dans trop de pays prospérer sans condamnation politique claire des sentiments anti-français. 
Avant de menacer : Je ne peux pas accepter d'envoyer nos soldats sur le terrain dans les pays où cette demande (de présence française) n'est pas clairement assumée".

Hors caméras et sans confirmation par aucun témoin, Macron aurait renié ses propos de la veille

Désireux d'apaiser l'indignation provoquée en France par sa sortie en Côte d'Ivoire, estimant que la colonisation serait "une faute de la République", il.se serait agacé "en même temps" des critiques africaines : "C'est tellement facile de dire que l'armée française est une armée coloniale. Je ne veux pas ça pour nos soldats dans les pays où on est. Je ne peux pas les envoyer au charbon dans ces conditions. Je veux des engagements." 
De son côté, le président nigérien a annoncé que les pays du Sahel et la France lanceront lors du sommet de Pau "un appel à la solidarité internationale pour que le Sahel et la France ne soient pas seuls dans ce combat, afin qu'on puisse mettre en place la coalition internationale la plus large possible".

Dans ce contexte d'incompréhensions, quatorze militaires nigériens ont été tués le jour de Noël au cours d’une attaque dans la région de Tillabéri, dans l’ouest du Niger, a fait savoir, jeudi 26 décembre, le ministère de l’intérieur nigérien. "Un convoi composé d’éléments de la gendarmerie et de la garde nationale escortant des équipes chargées de l’enrôlement électoral dans la commune de Sanam a été victime d’une embuscade tendue par des terroristes lourdement armés", selon le communiqué des autorités.
"A l’issue d’une bataille acharnée, plusieurs morts et blessés ont été enregistrés. Côté ami : sept gendarmes et sept gardes sont décédés. Un garde est porté disparu". "L’ennemi, quant à lui, a subi de nombreuses pertes", assure le ministère, sans préciser leur ampleur. 

Selon le ministère de l’Intérieur nigérien, l’équipe des agents d’enrôlement "a été sécurisée et a regagné Sanam en bonne santé". Cette équipe opérait pour le compte de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), qui doit organiser des élections générales – présidentielle et législatives – à la fin de 2020.

Macron a déjà passé un Noël au Niger, son premier comme président, en 2017:
L'enfant gâté a-t-il su
partager le gâteau équitablement ?
Après s'être régalés d'un "pâté en croûte Elysée veau-foie gras" et d'une "volaille des Hautes-Pyrénées rôtie aux morilles" accompagnée de gratin dauphinois, les soldats et le chef de l'Etat ont partagé un énorme gâteau d'anniversaire bleu-blanc-rouge pour fêter, avec un peu de retard, les 40 ans d'Emmanuel Macron.

Le président du "monde nouveau" est casanier

"En venant cette année à Abidjan, j’ai souhaité mettre à l’honneur les forces prépositionnées et marquer l’importance de la contribution des Forces françaises en Côte d’Ivoire au succès de la coopération et des opérations dans la région" a déclaré le président sur sa page Facebook. Mais que serait Noël sans un dîner de fête aux armées. 
Las! Qu'avait-il au menu? Le même qu'il y a deux an... Cette année, Macron a offert aux soldats un dîner de gala sans homard mais sans surprise non plus: pâté en croûte au foie gras, volaille des landes aux morilles et d'un gratin dauphinois, puis plateau de fromages des régions de France et gâteau au chocolat et clémentine de Corse.



Tout le Sahel – en particulier le Mali, le Niger et le Burkina –, est désormais visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes, en dépit du renforcement des armées locales et de la présence de 4.500 militaires français de la force antiterroriste Barkhane et ses drones américains de combat.

Le Burkina Faso observait jeudi son deuxième jour de deuil national après une attaque djihadiste qui a fait 42 morts dans le nord du pays, la plus meurtrière depuis cinq ans.

mardi 24 décembre 2019

Mali: un premier drone de combat envoyé par la France

Macron n'observe pas de trêve de Noël au Sahel

L’armée française a utilisé ce week-end un drone armé lors d’une attaque anti-terroriste contre des djihadistes

C’est une première dans le cadre de l’opération Barkhane au Mali. 


En fait, une première absolue. 
Les drones militaires américains Reaper ont effectué leurs premiers tirs français au Sahel, alors que Macron et son épouse faisaient une apparition médiatisée de quelques heures aux côtés du président ivoirien Ouattara, puis au Niger, d'où décollent les aéronefs de l'armée française.

Les drones US de l’armée de l’Air française sont désormais en mesure de larguer des bombes à guidage laser
et, bientôt, de tirer des missiles air-sol. Ils ont effectué leurs premiers tirs d’expérimentation dans le cadre de l’opération Barkhane, au Niger. La ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé que "les armées françaises ont réalisé avec succès les tirs d’expérimentation de drones armés depuis la base aérienne de Niamey au Niger, dans le cadre de l’opération Barkhane".
Résultat de recherche d'images pour "Un des Reaper armés au roulage"
La décision d’armer les drones français de type Reaper (fabriqués aux Etats-Unis et dont
la France a acheté 16 exemplaires) avait été annoncée le 13 septembre 2017, lors du discours de clôture de l’Université d’été de la Défense.
Les premiers tirs en opérations du drone Reaper sont désormais possibles, et dépendront, comme toujours, du rythme des opérations et du besoin du commandant de l’opération Barkhane.

L’arsenal français, à faire pleurer Trump de rire


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Aujourd'hui, l'Armée de l'air dispose de deux systèmes de drones MALE (Moyenne altitude, longue endurance) et Reaper, avec 3 drones chacun. L'un des systèmes est déployé en permanence au Sahel depuis 2016.
Deux systèmes Reaper supplémentaires seront livrés, à compter de début 2020, en deux temps. Chaque drone aura la capacité d’emporter quatre bombes guidées laser de 250 kg, les GBU-12, des bombes déjà employées par les avions de chasse Mirage et Rafale.
Le mardi 17/12, un Reaper est armé
pour le 3e tir en 3 jours
Les dernières livraisons de drones Reaper américains (au standard Block 5) disposeront dès la fin 2020 d’une capacité d’armement complète : bombes GBU-12, mais aussi missiles air-sol Hellfire (fin 2020) et bombes GBU-49 (en 2021).
Le gouvernement français a délégué à la firme américaine General Atomics Aeronautical Systems Inc. la "weaponization" de l'armement de ses Reaper français (les MQ-9 Block 5). Ce marché d’une valeur de 17,8 millions de dollars court sur deux ans.

La dotation de Reapers est affectée à la 33e Escadre.
Les drones français sont regroupés à la 33e ESRA (
Escadre de surveillance, de reconnaissance et d’attaque), créée le 5 septembre 2019, sur la base aérienne 709 de Cognac avec un détachement à Niamey (Niger). Au total, au moins trois de ces drones seraient basés à Niamey, au Niger. Administrativement, l'ESRA avait été créée en 2018.

Cette escadre rassemble actuellement deux escadrons de drones : le 1/33 Belfort équipé de Reaper et le 3/33 Moselle, un escadron de transformation. En 2020, un escadron de soutien technique et aéronautique sera créé, ainsi que le 2/33 avec les prochains drones Reaper.

De la surveillance à l'engagement dans le combat. 



Equipé de plusieurs bombes à guidage laser de 250 kg chacune, un drone de combat a été utilisé par l’armée française pour la première fois ce week-end. Venu en appui à des troupes au sol intervenant au Mali, cet appareil aurait permis l'élimination de 7 djihadistes


Avec cette frappe, la France rejoint la liste des pays qui détiennent et utilisent des drones de combat. Pendant 10 ans, les Etats-Unis ont été seuls à se servir de cette technologie, la leur. Aujourd'hui, une dizaine d'Etats utilisent ces engins. Cette nouvelle force de frappe sera strictement encadrée, assure la ministre des Armées, Florence Parly. Ses objectifs déclarés consistent à améliorer la sécurité des soldats, par élimination de l'ennemi, et gagner en efficacité au Sahel, une zone grande comme l'Europe que les forces, principalement françaises, engagées dans l'opération Barkhane peinent à sécuriser, malgré son partenariat avec les Etats de la zone.

A l'origine, les accords de défense franco-maliens signés à Bamako le 16 juillet 2014 entre le ministre malien de la Défense et celui de Hollande, le socialiste Jean-Yves Le Drian, devaient se contenter d' "identifier les principaux domaines de coopération de défense : échange d'informations et consultations régulières sur les problèmes sécuritaires, formation, conseil, entraînement et équipement "
Le gouvernement a sollicité TF1 pour la diffusion de ce sujet  dans le JT de 20h du 23/12/2019 présenté par Julien Arnaud.

Le général Trinquand décrypte l'accord franco-britannique qui va accélérer le développement de drones de combat

La France et la Grande-Bretagne allaient investir "plus de 2 milliards d'euros" dans un programme commun de fabrication de drones de combat opérationnels.
Un drone Reaper armé

Il devait être en capacité capable d'effectuer des missions à l'horizon... 2030, notamment d'observation et de surveillance, d'identifier des cibles et d'effectuer des frappes. Cette annonce a été faite le jeudi 3 mars 2016, lors du 34e sommet franco-britannique d'Amiens réunissant le président François Hollande et le premier ministre britannique, David Cameron, en présence des ministres français et britanniques des Affaires étrangères, de la Défense et de l'Intérieur. Le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire auprès des Nations unies, décrypte cette nouveauté du paysage de l'armement français.


"C'est l'arme du futur, ils sont très utilisés actuellement pour de la surveillance dans le Sahel, mais là on franchit un pas supplémentaire, puisqu'il s'agit de drones de combat. La France n'avait pas, jusque-là, franchit ce pas."

Un retard accumulé pour ne pas vexer les pilotes traditionnels ?
Ce retard peut s'expliquer : les industriels et l'armée de l'air de l'époque n'avait pas choisi de s'engager dans ce domaine-là. En vue de ne pas vexer les pilotes de chasse ? Le général Trinquand concède qu'il y a "peut être un peu de ça", mais qu'aujourd'hui le chef d'état major très clairement veut aller vers les drones de combat. "Il y a des problèmes éthiques aussi, avance-t-il. La perception humaine est quelque chose de très important, il ne faut pas laisser les 'rênes longues' aux armements automatiques, le rôle de l'homme reste important."

Des hackers d'IBM ont démontré qu'ils étaient capables de prendre le contrôle des drones de la police américaine rappelle par exemple le général, mais il affirme que c'est "l'arme de demain". "C'est la fin d'une certaine sorte de pilotes, explique-t-il. Les USA en revanche, qui ont beaucoup de drones, ont du mal à recruter des pilotes de drones. Avoir un pilote de drone dans son siège en Floride et le soir faire 'ses trois 8', c'est différent du chasseur tel qu'on le voyait dans nos bandes dessinées."



"L'armée française franchit un pas", estimait le général Trinquand, dès février 2016


Dérapage : La France est-elle vraiment en guerre ? s'interrogea-t-on alors, il y a trois ans, quand Le Drian était à l'Hôtel de Brienne, au 14 rue Saint-Dominique.
« La France est en guerre » est une formule en vogue cet an-ci.Lancée publiquement la première fois par Aymeric Chauprade en janvier 2015 (ce qui lui vaut un procès), cette formule a été depuis lors reprise par l’ensemble de la classe politique ou presque.
L’intérêt d’une formule lapidaire choc comme celle-ci, est qu’elle capte immédiatement l’attention des médias.
Elle provoque également chez ceux qui l’entendent un effet émotionnel proche de la sidération qui ne favorise pas, si elle n’est pas solidement accompagnée d’un discours argumentatif structuré, l’exercice de la pensée rationnelle ni de l’esprit critique. A vrai dire, c’est fait exprès…

La guerre ?Le lendemain ou presque d’un mitraillage dans une salle de concert et devant quelques bistrots parisiens, celui qui fait office de Président de la République [Hollande] nous déclara le 16 novembre 2015 que « la France est en guerre » contre un état islamique qui n’est pas islamique, composé de Musulmans qui ne sont pas musulmans et qu’il convient d’aller bombarder quelques baraquements en Syrie pour montrer qu’on défendra jusqu’au bout le droit d’aller au bistrot tranquille. Puis annonça qu’il convenait de déclarer un état d’urgence (renouvelable), d’espionner toutes nos communications et enfin de modifier notre Constitution afin de donner encore plus de pouvoir à l’exécutif dans les « situations de  crise ». C’est bien pratique la guerre pour faire accepter à toute vitesse des mesures que tout le monde aurait refusé en temps normal…

Ou pas ?D’habitude quand on est en guerre, il est d’usage de scruter le ciel pour guetter les bombardiers, on cherche les uniformes ennemis, on examine les cartes pour voir les parties du pays envahies par les troupes ennemies. Ici pourtant, rien de tout cela. L’ennemi n’arrive pas de Syrie mais de Molenbeek en Belgique, il n’a pas d’uniforme et est majoritairement composé de Français. Certains observateurs mal intentionnés firent remarquer que tous les membres des commandos mitrailleurs étaient musulmans, mais les autorités compétentes nous affirmèrent que cela n’avait, bien évidemment et au soulagement général, aucun rapport avec l’affaire.
C’est quand même étrange que dans une guerre avec un état situé au Moyen Orient, ceux qui vous attaquent soient originaires de votre propre pays. C’est également étonnant qu’une partie non négligeable de vos citoyens manifestent bruyamment leur soutien à l’ennemi sur les réseaux sociaux et de manière presque ouverte dans la rue et dans leurs comportements quotidiens calqués sur ceux de l’ennemi qui nous est désigné comme responsable de nos malheurs.

Ça, une guerre ? Ça ressemble plutôt à une rébellionQuand une partie de la population d’un pays cesse d’être loyale au reste de la Nation, quand elle prend fait et cause pour un ennemi déclaré, commet d’innombrables déprédations, violences et agressions, quand elle affiche au quotidien mépris et irrespect des codes sociaux et culturels du pays et du reste de la population, ce n’est pas une guerre, c’est une rébellion.
Les spécialistes du déni de réalité qui nous gouvernent parlent de terrorisme quand les armes sont utilisées et de délinquance le reste du temps, mais si les moyens diffèrent (tout le monde n’a pas de Kalachnikov), la dynamique et motivations sont les mêmes : l’agression de la France et la volonté de l’affaiblir, la haine de sa population et la volonté de nuire et d’humilier.
Ces rebelles ne sont pas tous les Musulmans, mais ceux, et ils sont de plus en plus nombreux, qui répudient volontairement la citoyenneté française. Ceux-là rejettent la liberté pour la soumission aux lois étrangères de la charia, ils rejettent l’égalité pour l’adhésion à une idéologie discriminatoire et enfin, ils rejettent la fraternité avec leurs concitoyens pour l’approbation du jihad contre les mécréants.

Des citoyens déloyauxEn changeant d’allégeance, en abandonnant la loyauté qu’ils devaient à la France et à sa Nation ces rebelles ralliés à la cause de la charia ont, de leur propre fait, quitté la citoyenneté française. Ils ne sont plus français.[Et pourtant, quand ils demandent à revenir en France, de belles âmes y militent pour qu'ils soient repris, leurs enfants nés à l'étrangers d'abord, mais leurs mamans avec et leurs traîtres de papas aussi, par compassion républicaine et humaniste] 
Que ces individus soient encore administrativement des Français ne signifie rien et ne mène nulle part, cela crée de facto une catégorie aberrante de citoyens [mais, "en même temps", n'avons-nous pas aussi des enfants de deux papas et de deux mamans?] : des citoyens déloyaux haïssant la Nation. En maintenant contre leur gré ces individus au sein de la communauté nationale, la République ne rend service à personne, elle ne fait que maintenir des traîtres en son sein pour le malheur de tous.
Notre gouvernement nous ment quand il prétend que nous sommes en guerre contre un état lointain. L’état d’urgence ne sert qu’à tenter de juguler les actes meurtriers de la frange la plus violente des citoyens déloyaux devenus rebelles à la France, assistés de ceux qui franchissent nos frontières en étant déjà acquis à l’idéologie de la charia et à la haine de l’Occident.

Et le déni de réalitéMais que peut cet état d’urgence contre la rébellion islamique en cours puisque tous refusent de la voir alors même qu’elle sert de terreau à toutes les violences et les haines ? Il n’est au fond qu’une gesticulation de plus dans le grand déni de réalité dans lequel se vautre la classe politique actuelle.
L’absurde concept, importé d’Amérique, de « guerre au terrorisme » ne sert qu’à camoufler la désagréable réalité de la révolte islamique. Cette « rébellion de la charia » en cours en France comme dans toute l’Europe, si elle n’est pas reconnue pour ce qu’elle est et traitée de manière adéquate, ne fera qu’empirer et devenir la véritable guerre civile que beaucoup commencent à pressentir dès aujourd’hui comme l’avenir de nos enfants.
« Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde » disait Albert Camus, qui parmi ceux qui prétendent nous gouverner aura le courage d’être premier à enfin bien nommer ce qui arrive à notre pays ?
Alain Wagner (Riposte laïque, le 
04/03/2016) 
En août 2018, l’armée française commanda de nouveaux drones MQ-9 Reaper.

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Le contrat passé avec General Atomics pour ces deux systèmes de drones Reaper MQ-9 Block 5 supplémentaires s’élève à 123 millions de dollars (106,4 millions d’euros) dont la fabrication devrait être terminée début mai 2020. Le ministère des Armées n’a pas souhaité confirmer l’information.
Obama avait autorisé la vente du modèle en 2015, alors que le pays du président métis et démocrate assurait presque la totalité des missions avec des drones. En 2017, la France avait reçu le deuxième système de drones Reaper. L’ensemble était composé de trois avions et d’une station de contrôle au sol (GCS).

Un achat dans le cadre de la Loi de programmation militaire.
Cette nouvelle commande - que la ministre des Armées Florence Parly, sous tutelle de Le Drian, n’a pas souhaité confirmer - s’inscrirait dans le projet de Loi de programmation militaire (LPM) qui portera le budget de la défense à 2% du PIB d’ici 2025. Il prévoit un effort financier de 198 milliards d’euros sur la période 2019-2023 et un total de 295 milliards d’euros sur la période 2019-2025. Cela représente un budget moyen de 39,6 milliards d’euros par an sur les cinq prochaines années.

Le budget 2018 s'est élevé à 34,2 milliards d’euros, indique le ministère des Armées, soit une hausse de 1,8 milliard par rapport à 2017. Ces dépenses se traduisent notamment par l’achat de matériel pour l’armée de l’air. Il est ainsi prévu une livraison de 6 drones Reaper armées, un système de drone MALE européen, 28 nouveaux Rafale, 55 Mirage 2000D rénovés et 12 Airbus MRTT (avion ravitailleur et transport stratégique) pour 2023.


Début août, les Reaper de l’armée française avaient effectué plus de 21.000 heures de vol. 
Depuis novembre 2019, au moins quatre soldats maliens, deux soldats burkinabé et un soldat français ont été tués par des mines artisanales.

samedi 21 décembre 2019

Sahel : Macron est allé chercher en Côte d'Ivoire comment se flatter un jour d'avoir exterminé les djihadistes

Le va-t-en guerre pusillanime veut pousser les Africains à chasser les terroristes islamistes

La présence de l’armée française au Mali de plus en plus contestée



De nombreuses critiques apparaissent, notamment du côté des populations africaines, singulièrement depuis la collision de deux hélicoptères au Mali, dans laquelle treize militaires ont été tués en novembre 2019, relançant la question du maintien des soldats de la force Barkhane au Sahel. 
Barkhane est synonyme d'épineuse opération militaire qui mobilise 4.500 soldats français depuis 2013, principaux remparts contre la propagation du terrorisme au Sahel. Mais la France paye un lourd tribut après la mort de treize militaires dans une collision entre deux hélicoptères au Mali. Ce drame fait resurgir une question récurrente: "Passé le moment des hommages et du deuil, on ne pourra pas échapper à une interrogation collective sur le devenir et les modalités de l'intervention française. Où va Barkhane?", souligna le journaliste Claude Weill dans Nice-Matin.
Depuis que les socialistes Hollande et Le Drian ont engagé nos troupes il y a six années au Sahel, cette intervention est en vérité "un échec pour la diplomatie et la coopération militaire [l'un et l'autre incarnées par le funeste Le Drian, d'abord comme ministre de la Délense de Hollande, puis comme ministre des Affaires étrangères de Macron]. Un fiasco pour l'Europe, incapable de se mobiliser pour protéger, ensemble, ses valeurs et son territoire", insiste le rédacteur en chef de Midi Libre, Jean-Michel Servant.
En effet,
sur le front, la France est seule, tançait sur BFMTV Frédéric Encel, géopolitologue, taclant les alliés européens (britanniques et estoniens) qui fuient le contact avec les islamistes et restent dans leurs casernes, refusant de s'exposer sur le terrain. "Cela pose la question de la solidarité européenne avec la France dans la région. L’Europe ne conçoit pas que la lutte contre l’islamisme radical est une lutte commune", regrette-t-il.

"Seule au front", la France de Macron renâcle.


Le 14 juillet 2014, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a rappelé avec insistance que l'opération Barkhane "se fait en partenariat avec les cinq pays de la zone sahélo-saharienne" (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), membres du G5 du Sahel. Sans la Côte d'Ivoire, à laquelle Macron rend pourtant visite ce week-end. C'est à tout le monde, Européens et Africains, que s'en prend Macron:
"La France est en partie seule parce que les pays européens n’ont pas compris les enjeux et les risques. Quand on est intervenus en 2013, il fallait agir vite, on n’avait pas le temps de la concertation. Et on a réussi à empêcher le pire. Maintenant, il faut entraîner l’adhésion européenne. Notre sécurité commune se joue en Afrique", observe le général Jean-Paul Palomeros, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air.
Il concède toutefois que des Européens ont pris la mesure de cette nécessité: "La République Tchèque, la Belgique et l’Estonie sont prêts à rejoindre les opérations", selon le général Palomeros. 
"Nous sommes à un moment clé. Aujourd’hui, c’est l’heure de la confiance, il faut s’engager collectivement. Ces treize militaires morts doivent servir à stimuler ces communautés africaine et européenne pour venir en aide à l’Afrique qui mérite une chance pour l’avenir", assure Jean-Paul Palomeros qui précise que l’armée française a des victoires quotidiennes au Sahel. "C’est le cas quand on reprend des villages, qu’on apporte l’eau, des aides, de l’éducation. C’est ça qui redonnera sa prospérité à l’Afrique", fait-il valoir.

Aux accusations de "néocolonialisme", Macron répond défaillance collective

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Des améliorations peuvent être apportées à la gestion de cette région aux prises avec les islamistes, insiste Macron. "L’opération Barkhane doit mieux s’articuler avec les soldats de l’ONU et les armées africaines regroupées au sein du G5 Sahel. Il y a des leçons à tirer de ce drame qui a tué treize de nos soldats, mais on n’a pas le droit de refuser le combat quand on voit les conséquences du terrorisme", avance au micro de BFMTV Jean-Pierre Sueur, sénateur socialiste, vice-président de la Commission des lois et proche de Le Drian qui a embarqué la France dans cette galère, comme un autre socialiste, Guy Mollet, en Egypte, lors de la crise de Suez (octobre 1956). 

Après six années de guerre, la présence de l’armée française est de plus en plus critiquée par les populations locales
qui la comparent parfois à une forme de "néocolonialisme", rapporte Courrier international.
Las des affrontements, le quotidien malien L’Essor s’interroge: "Que font tous ces soldats étrangers chez nous, s’ils ne peuvent pas nous aider à lutter efficacement contre le terrorisme?"
Face à ces contestations, les députés LFI (La France Insoumise) ont réclamé mardi une "discussion sérieuse pour envisager les voies de sortie" de la "guerre" au Mali. 
Mais d'autres affirment que le maintien de nos troupes est plus que jamais nécessaire dans cet immense désert brûlant vaste comme l'Europe et qui borde une dizaine de pays d'Afrique. "Partir d’un coup serait pire que tout", commente Jean-Marie Bockel, sénateur du Haut-Rhin, ancien secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens combattants (2008-2009) et père de Pierre-Emmanuel Bockel, l’un des treize soldats morts lundi soir. S’il reconnaît que ce débat est légitime, sa "conviction de citoyen et de père d’un militaire décédé est qu’on ne peut pas partir comme ça. En 2013, notre venue était utile, pour endiguer la montée du djihadisme".

Tout le monde doit s'y mettre...
D’autant qu’il n’existe pas "de maillage sécuritaire efficace sur le terrain pour prendre le relais de l’armée française si elle se retire", insinue Anthony Fouchard, ancien correspondant au Mali pour France 24.
"D’ailleurs après l’attaque d’Indelimane – qui a fait 49 morts au sein de l’armée malienne - les militaires africains ont dû quitter leurs postes avancés sur la frontière avec le Niger. Concrètement, ça veut dire que l’armée abandonne des camps car ils sont trop exposés".
Malgré la défiance, L’Essor (Mali) le concède lui-même: "Il serait bon que notre orgueil nous conduise à nous regarder dans le miroir et à nous interroger sur notre propre rôle dans le pourrissement de la situation dans notre pays." "Chasser les forces étrangères ne ferait qu’aggraver cette situation, car l’adversaire risque de réoccuper le territoire", reconnaît également le media Mali Web dans son article intitulé "Cabale contre les forces étrangères: et si les Maliens changeaient leur fusil d’épaule".

Macron met son arrogance dans sa poche


Jupiter avoue ne rien pouvoir tout seul : une avancée psychologique ?
Après la crispation née début décembre de ses déclarations demandant aux chefs d'Etat de "clarifier" leur position sur la présence militaire française au Sahel, le président français a souligné vendredi lors d'un déplacement en Côte d'Ivoire que "sans leur engagement politique (des chefs d'Etat), nous ne pouvons lutter efficacement". Chacun a compris qu'il met en fait les chefs d'Etat africains en accusation : si le conflit s'éternise et si la valeureuse l'armée française s'enlise au Sahel, c'est que ses partenaires ne font pas ce qu'ils devraient... 

Le coût de l'opération Barkhane est de 600 millions d'euros par année : une somme dont Macron a besoin par ailleurs...
Vendredi 20 décembre en Côte d'Ivoire, où il est venu passer Noël avec les troupes françaises, le président français avait ces 600 millions en tête en racontant qu'il souhaite donner "une nouvelle force" à la lutte anti-djihadiste au Sahel à l'occasion du sommet prévu en janvier avec les dirigeants des pays de la région à Pau (sud-ouest de la France). "Je souhaite que nous puissions donner une nouvelle profondeur, de nouveaux engagements, une nouvelle force à cette opération pour gagner ce combat indispensable à la stabilité et à la sécurité du Sahel, plus largement de toute la région et aussi de l'Europe", a déclaré Macron, lors son discours aux soldats.

"Nous continuerons à lutter contre les terroristes djihadistes avec nos partenaires africains et avec nos partenaires européens et internationaux, a-t-il insisté.  "Nous continuerons à le faire [...] car si nous laissons prospérer la menace, elle nous touchera aussi", a-t-il prévenu.

950 soldats français de métier sont en Côte d'Ivoire.
Macron est arrivé vendredi en fin de journée en Côte d'Ivoire pour une visite de 48 heures au président ivoirien Alassane Ouattara. De l'aéroport, il s'est rendu directement à la base française pour partager avec les quelque 1.000 soldats français présents un dîner préparé par le chef de l'Elysée, Guillaume Gomez.
Le camp des Forces françaises en Côte d'Ivoire (FFCI), fortes de 950 hommes, dont 84% sont en mission de courte durée (quatre mois), est comme "un sous-marin" capable "de se déployer dans toute l'Afrique de l'Ouest en fonction des besoins", expliquait leur commandant, le colonel Frédéric Gauthier, avant l'arrivée de  Macron.Les FFCI sont aussi régulièrement mobilisées pour acheminer équipements et marchandises débarquées au port d'Abidjan jusqu'aux bases de l'opération Barkhane, au Niger ou au Mali. Un long trajet effectué par des convois d'une cinquantaine de véhicules placés sous haute sécurité.
Macron veut faire d'une pierre deux coups : amadouer les militaires et tenter de mobiliser la Côte d'Ivoire.
Le président français s'appliquera à renforcer les relations franco-ivoiriennes, en privilégiant la jeunesse et le sport. Il débute ainsi sa journée en inaugurant une "agora" sportive dans le quartier populaire de Koumassi, à Abidjan, en compagnie de l'ex-footballeur Didier Drogba et de la championne olympique de judo Priscilla Gneto, médaillée de bronze en 2012, née en Côte d'Ivoire et fille de deux sportifs ivoiriens.
Samedi, Macron et Ouattara doivent relancer le chantier de l'Académie internationale de lutte contre le terrorisme, qui vise devenir le centre de formation des acteurs du secteur en Afrique de l'Ouest.
Annoncé fin 2017, le projet n'a jamais décollé depuis, faute de moyens.

Tout le Sahel - en particulier le Mali, le Niger et le Burkina - est désormais visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes, en dépit du renforcement des armées locales et de la présence de 4.500 militaires français de la force anti-djihadiste Barkhane. La Côte d'Ivoire a été frappée à son tour par le terrorisme islamiste, avec un attentat qui avait fait 19 morts dans la station balnéaire de Grand-Bassam en 2016.

Au terme de sa visite de mobilisation en Côte d'Ivoire, Macron fera dimanche une étape de trois heures au Niger, à Niamey, pour rendre hommage aux 71 soldats nigériens ayant récemment péri dans l'attaque d'un camp militaire, mais aussi pour préparer avec le président nigérien Mahamadou Issoufou le sommet sur le Sahel prévu le 13 janvier à Pau (sud-ouest de la France). Les présidents du G5 Sahel (Niger, Burkina Faso, Mali, Tchad et Mauritanie) y sont conviés, après la crispation qu'il a provoquée début décembre avec ses déclarations en forme d'ultimatum demandant aux chefs d'Etat de "clarifier" leur position sur la présence militaire française au Sahel

jeudi 11 décembre 2014

Mali : combien de djihadistes contre la libération d'un Français, Serge Lazarevic ?

Et une belle rançon d'incitation au rapt ?

Des organisations maliennes des droits de l’homme dénoncent la libération de terroristes maliens en échange de l’otage français

Le président Hollande a assuré la réception de l'ex-otage Serge Lazarevic libéré suite aux efforts conjugués du Mali et du Niger. C'est grâce à un touareg francophile et négociateur hors pair, Mohamed Akotey, que le Franco-serbe a recouvré la liberté, après plus de trois années de captivité dans les mains des terroristes islamistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique. 
Il était apparu une dernière fois dans une vidéo fin novembre. Serge Lazarevic semblait fatigué et demandait dans son message une libération rapide, craignant pour sa santé. A Villacoublay, l'otage libéré a remercié son comité d'accueil, "le président et toute son équipe", comme il se doit, ainsi que "tous les gens qui ont œuvré pour notre libération". "J'ai perdu une vingtaine de kilos, mais ça va, je suis encore bien", a affirmé l'ancien captif kidnappé en 2011 à Hombori au cours d'un mystérieux voyage d'affaires, le 24 novembre 2011 au Mali, en compagnie de Philippe Verdon, retrouvé tué d’une balle dans la tête, en juillet 2013.

Si le désintéressement du négociateur n'est ni garanti, ni évoqué, les spéculations sur les conditions de cette libération dans la région de Kidal, au nord du Mali, vont bon train quant au sujet tabou d'une contrepartiePlusieurs djihadistes auraient été relâchés lundi des prisons maliennes, en échange de Serge Lazarevic, la veille de son retour à la liberté mardi et en France mercredi. S’il a été démenti par un proche du gouvernement, le marchandage révolte l'Afrique, du Mali et au Niger.

Les associations de défense des droits de l’homme ou encore l’opposition politique maliennes, mais aussi les journaux de la région, sont mitigées: elles se réjouissent unanimement de la libération du Français, mais ne dissimulent pas une rancoeur certaine.
La presse africaine trouve le prix très élevé
: une rançon et la libération de "quatre dangereux terroristes". On dit même cinq. "L’Etat français aurait versé plus de 20 millions d’euros soit 13 milliards de FCFA aux ravisseurs et autres intermédiaires du dernier otage français, Serge Lazarevic. Et Barack Obama a eu raison de qualifier d'"hypocrite" la position française sur le paiement des rançons aux preneurs d’otages", s’indigne L’indicateur du Renouveau.

La fin justifie-t-elle tous les moyens ? 

Chez le voisin burkinabé, le quotidien Fasozine regrette "qu’au-delà du devoir régalien de l’Etat français de préserver la liberté de ses citoyens partout où ils se trouvent dans le monde, cette façon de faire donne malheureusement l’impression que tous les moyens sont bons pour y arriver". Les ONG maliennes, comme la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et Amnesty international Mali, sont fort critiques des méthodes françaises : "Si nous comprenons la nécessité de trouver des moyens pour libérer les otages, nous considérons que ces solutions ne doivent pas violer les droits des victimes et le principe de la séparation des pouvoirs au Mali", ont-elles écrit dans un communiqué commun.

Pour huit partis de l’opposition malienne, cités par Malijet, cette contrepartie est une "promotion de l’impunité" dans un pays où la réconciliation entre le Nord et le Sud n’est toujours pas acquise. Il aurait été préférable que la justice malienne fasse son travail jusqu’au bout: "le président aurait pu alors, s’il y était contraint, exercer son droit de grâce", font valoir les organisations politiques spoliées de leurs prérogatives et inquiètes de la décrédibilisation de la lutte contre le terrorisme au Mali. Ils demandent au président malien d'être un peu plus transparent avec le peuple malien en révélant le nombre, le nom et l'identité des terroristes qu'il a libérés dans le cadre de cette opération. En France, les aboyeurs Jean-Christophe Cambadélis et Bruno Le Roux, n'ont pas les mêmes exigences. 

Le spectre de la Françafrique

Bamako a "fait ce geste [...] à la demande de Paris". Contactés par Europe 1, le ministère français de la Défense, ainsi que l'Elysée, ont refusé de communiquer sur ces informations. Les Maliens sont plus farouchement demandeurs de transparence que les partis et organes de presse français. Et le ton monte dans de nombreux journaux de Bamako, avec pour cible la France. Ils dénoncent une ingérence à son comble de  l’ancienne puissance coloniale. Pour L’Indicateur du renouveau, un journal malien, "qu’ils soient de gauche, de droite ou même du centre, les présidents français n’ont aucun respect pour leurs pays africains".

Directement impliqué dans l’enlèvement de Serge Lazarevic, la libération du preneur d'otages Mohamed Ali Ag Wadoussène cristallise la colère au Mali. Dans un édito, Mali actu estime que "le cas Wadoussène est assez révoltant, tant cet homme (ci-contre à droite) s’est illustré pour des actes gravissimes, aussi bien au Nord que dans le sud du pays".
Selon les associations de défense des droits de l’homme, le djihadiste d'Aqmi est poursuivi par la justice malienne dans deux procédures, pour terrorisme, association de malfaiteurs, prise d’otage et séquestration. Cet ancien membre de la Garde nationale était emprisonné depuis 2011, mais il avait réussi à s’évader au mois de juin, tuant au passage un gardien. Le frère de la victime laisse exploser sa rage dans Mali actu en apprenant la libération du meurtrier présumé : "La dignité malienne, elle est comment maintenant ? Un Français vaut mieux donc qu’un Malien ?" interroge-t-il.
Le personnel pénitentiaire est déçu, mais aussi en colère
, comme l’explique Abdoulaye Fofana, contrôleur des services pénitentiaires : "Nous, surveillants des prisons du Mali, nous sommes consternés en réalité. On pouvait peut-être laisser Ali ag Wadoussène [en prison] pour que la justice termine avec lui. C’est quand même lui qui a tiré à bout portant sur notre collègue regretté adjudant Kola Sofara." Ils menacent même de se mettre en grève. "Si l’État ne fait rien, nous projetterons d’aller effectivement en grève", affirme Aboubakar Sidiki Traore, chef du syndicat des surveillants de prison du Mali. Plusieurs partis de l'opposition malienne ont également demandé des éclaircissements à l'État sur ces libérations de prisonniers.

Le rôle du Niger est peu évoqué



Le négociateur Mohamed Akotey, a 46 ans (ci-contre à gauche), est né à Tidène au Niger et appartient à l’influente tribu des Ifoghas, un groupe touareg minoritaire au Niger. Jeune étudiant à l’université de Niamey, capitale du Niger, il quitte son pays pour la France dans les années 90 pour y étudier l’archéologie à la Sorbonne.
De retour au Niger, il est d’abord
conseiller en sécurité (1996-1999) du général Ibrahim Baré Maïnassara, ancien président du Niger, il devient de 2007 à 2009 ministre de l’Environnement de son successeur. En 2009, Areva le nomme président du conseil d’administration d’Imouraren SA, sa filiale dans la région d’Agadez, poste qu'il occupe encore aujourd'hui, même s'il ne soit pas salarié du groupe.Daniel Larribe, l’un des quatre ex-otages, révèle le rôle clé joué par Mohamed Akotey lors de la prise des otages d’Arlit. C’est depuis sa position au sein d’Areva qu’il assiste en octobre 2010 à l’attaque du site du géant français par Aqmi (Al-Qaida au Maghreb Islamique). Sept salariés du groupe, dont quatre français, sont alors retenus prisonniers. Grâce à ses réseaux touaregs, Mohamed Akotey s’active pour la libération des otages qui intervient le 27 octobre



Dans la video ci-dessus, Serge Lazarevic rend hommage à Mohamed Akotey. Dès la libération des otages d’Arlit, Mohamed Akotey est aux commandes des négociations pour la libération de Serge Lazarevic, enlevé au Mali le 24 novembre 2011, sans être directement en contact avec les ravisseurs. C’est un lieutenant de l’islamiste malien, Iyad Ag Ghali, dénommé Ibrahim Ag Inawelan, qui fait la navette entre Mohamed Akotey et le groupe terroriste. "C’est ce bras droit du leader du groupe islamiste Ansar Dine qui a joué un rôle clé". Mais il a été tenu dans l'ombre par les media français alors que Mohamed Akotey est désormais dans la lumière.

Pour le site nigérien Tam-Tam Info, qui reprend une déclaration de la présidence, "cette libération a été le résultat d’efforts intenses et suivis tant des autorités du Niger que du Mali". Et de souligner "l’engagement et le professionnalisme dont ont su faire preuve les services nigériens et maliens engagés dans cette entreprise".


Changement de ton à Alger, sous le titre Double jeu et duplicité de Paris,
l’éditorialiste de La Tribune, Noureddine Khelassi, ne décolère pas : "Le paiement de rançon et la libération, parfois concomitante de prisonniers d’AQMI, révèle le double jeu des pouvoirs publics français et européens dans le dossier des otages des terroristes. Officiellement, ni paiement de rançons, ni libération de détenus d’AQMI ou du MUJAO. Ce qui voudrait dire pour les bisounours qui voudraient bien y croire, que les ravisseurs sont de parfaits Samaritains qui finissent par s’attendrir après avoir battu leur coulpe ! Mais en vérité, aucune libération d’otage, sauf cas exceptionnels dus à des concours de circonstances tout aussi exceptionnels, ne s’est réalisée sans qu’il y ait une contrepartie concrète. Paiement d’une rançon ou libération de détenus ou bien les deux à la fois. Mais c’est surtout le versement de rançon qui pose le plus problème. Il contribue à transformer la prise d’otage en véritable industrie. Il favorise la surenchère financière qui contribue à la création d’une bourse des otages où certains ressortissants de pays donnés valent financièrement plus que d’autres. Et ce sont toujours les kidnappés les mieux côtés, à savoir les Français et les autres européens qui sont détenus le plus longtemps et libérés ensuite moyennant notamment paiement. Les autres, comme les Algériens, les Américains et les Britanniques, par exemple, sont généralement exécutés, du fait même que leurs pays respectifs ne paient pas de rançon, conformément aux résolutions de l’ONU."

RFI, Radio France International, revient sur la colère des sociétés civiles africaines qui s’indignent de la libération de djihadistes comme monnaie d’échange. "Si c’est un succès pour la diplomatie française, pour nous, c’est une grave violation des droits des victimes maliennes. Parce que c’est nous qui souffrons au Mali. Et s’il faut échanger un terroriste malien contre un otage français, ça voudra dire que nous n’avons plus notre raison d’être et que le gouvernement ne défend pas les populations", affirme Moctar Mariko, président de l’Association malienne des droits de l’homme, à RFI.