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lundi 2 décembre 2019

Libye : la France annule ses livraisons contestées de bateaux aux garde-côtes

"La situation en Libye ne permet pas de réaliser ce don d’embarcations", se justifie la ministre des Armées, Florence Parly

La ministre est revenue sur sa promesse de dons de six navires

La France se soumet aux pressions des internationalistes et des passeurs.
Des migrants devant un navire des gardes-côte à Khoms, en Libye, le 1er octobre 2019.
Des migrants devant un navire des gardes-côte à Khoms, en Libye, le 1er octobre 2019. — Hazem Ahmed/AP/SIPA
Macron ne participera pas au renforcement du contrôle des côtes de Libye : il renonce à la livraison des navires promis à la Libye, pour la raison floue de "la situation" dans le pays, a-t-on appris lundi 2 décembre. En février  dernier, sa ministre des Armées, Florence Parly, avait pourtant annoncé ce don de six embarcations rapides, des semi-rigides Sillinger de 12 mètres.

Huit associations avaient demandé l’annulation de cette livraison.
La Cour administrative d’Appel de Paris leur a donné satisfaction: "Si la cession a été un temps envisagée au bénéfice de la Libye, la ministre a finalement décidé de ne pas livrer les embarcations à cet Etat", écrit le ministère des Armées dans un mémoire du 26 novembre.

"Ainsi, les conclusions à fin d’annulation de la décision du ministère des Armées (…) ont perdu leur objet", peut-on encore lire dans ce document. "La situation en Libye ne permet pas de réaliser ce don d’embarcations", a confirmé le ministère des Armées, sans autre "précision".

Cela aurait fait de la France "la complice des crimes sur les migrants", selon les activistes de l'ultra gauche, du type Black bloc  

Plongé dans le chaos depuis que le régime de Mouammar Kadhafi a été abattu en 2011, la Libye est actuellement secouée par le conflit armé entre les forces du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est du pays, et son rival installé à Tripoli, le Gouvernement d’union nationale (GNA), formé sous l'égide de l'ONU, dans le but de résoudre la deuxième guerre civile libyenne, et dirigé par Fayez el-Sarraj, un homme d'affaires que l'ONU a fait à la fois président du Conseil présidentiel et premier ministre.

Le renoncement de Macron est donc un geste d'allégeance du président français, après qu'il a déclaré en "état de mort cérébrale" l'OTAN, alliance militaire nord-atlantique, dont les services ont été déplacés de France en Belgique.  

Les associations internationales se félicitent de leur victoire

La décision de ne pas livrer les embarcations constitue
"une victoire importante" obtenue "grâce à la pression publique" et doit "marquer un tournant dans les relations de la France avec la Libye en matière de politique migratoire", a réagi Lola Schulmann, chargée des questions migratoires chez Amnesty International, une des ONG internationales illégitimes qui avaient saisi la justice administrative en avril.

"Nous nous félicitons de l’abandon de cette initiative qui aurait fait de la France la complice officielle des crimes commis sur les personnes migrantes et réfugiées en Libye", ont estimé les huit ONG, dont Médecins sans frontières et la Ligue des droits de l’homme, marquées à gauche, dans un communiqué commun lundi.
 
Au pouvoir des juges, en interne, se surajoute le pouvoir des associations internationalistes sur les états démocratiques
Elles veulent même pousser leur avantage, demandant désormais à Paris de poser "des conditions strictes à toute coopération bilatérale et européenne avec la Libye afin que les droits et la sécurité" des migrants clandestins "soient garantis et respectés".

lundi 7 janvier 2019

Castaner va commander 1.280 lanceurs de balles de défense LBD40

Le lanceur de balles de défense, arme controversée en France

Le ministère de l'Intérieur passe outre les recommandations du Défenseur des droits

Jacques Toubon a émis un avis défavorable à l'usage de ces armes de défense de type "flash-Ball" dans les manifestations, mais Macron a autorisé le gouvernement à commander plus d'un millier de ces armes, en dépit des blessures graves causées, notamment lors du mouvement des Gilets jaunes et de la mobilisation lycéenne: une dizaine d’éborgnés et des alertes des ONG.
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Alors que la mobilisation des Gilets jaunes se poursuivait pendant les fêtes, le gouvernement a fait ses achats de Noël pour faire face aux mouvements sociaux. Ainsi, selon Libération, le ministère de l'Intérieur a lancé le 23 décembre un appel d'offre pour une commande de 1.280 nouveaux lanceurs de balles de défense LBD40, des fusils d’épaule à un coup dont la munition de 40 millimètres en caoutchouc semi-rigide peut éborgner et provoquer des fractures des os de la tête..

Si le montant de l'enveloppe budgétaire de cette commande publique n’a pas été révélé par le service des achats du ministère, il devrait atteindre au moins 2 millions d’euros, selon les calculs de Libération. Depuis plusieurs années, des associations de défense des libertés publiques et, plus récemment, le Défenseur des droits ont alerté sur les dangers de cette arme utilisée par les forces de l’ordre à l’occasion de manifestations. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui élargit son arsenal en cette fin d’année, a visiblement pris la résolution de ne pas faire de quartier.

Cette commande sulfureuse comporte aussi l’acquisition de 270 lanceurs à 4 coups et 180 lanceurs à 6 coups du même calibre que les LBD 40. En l’état, ces armes pourraient tout à fait être chargées avec les mêmes balles semi-rigides en caoutchouc. Avec un risque nettement accru de blessures irréversibles. Ces fusils sont en effet capables de tirer leurs munitions en quelques secondes et sont plus lourds et donc moins maniables. Contactée par le quotidien, la Direction générale de la police nationale assure que ces lanceurs "multi-coups" sont quant à eux "destinés à tirer exclusivement des grenades lacrymogènes, fumigènes ou assourdissantes".

Si les autorités ne communiquent pas sur la comptabilité officielle des blessures, ces dernières semaines, le LBD 40 est suspecté d’avoir blessé gravement plus de 30 personnes, dont 10 ont été éborgnées. C’est le cas d’Antoine C., 25 ans, blessé à l’œil le 8 décembre place de la République, et qui a depuis porté plainte contre les forces de l’ordre. Selon le procès-verbal, qui consigne un premier récit des faits, le jeune homme a été touché au visage alors qu’il tentait de s’éloigner de la manifestation qu’il était venu observer par curiosité : "Il y a eu un mouvement de foule, je regardais ce qu’il se passait. D’un coup, je suis tombé. J’étais un peu sonné, les gens autour de moi m’ont aidé à me relever. J’entendais "il l’a pris dans l’œil, il l’a pris dans l’œil"."
Antoine C. se rend alors compte que du sang coule de son visage et les médecins lui annoncent qu’il a une fracture du plancher orbital et qu’il a perdu la vue de cet oeil. 
"Ce sont des armes qui sont fréquemment utilisées par les fonctionnaires de manière offensive à des distances non réglementaires et sur des parties du corps interdites", estime son avocat Arié Alimi. 

Plusieurs lycéens ont aussi été blessés gravement au visage lors de mobilisations devant leur établissement. La première semaine de décembre a été particulièrement désastreuse. A chaque fois, le LBD 40 est soupçonné d’être à l’origine des blessures. Le 4 décembre, à Grenoble, Doriana, 16 ans, a eu la mâchoire fracturée et des dents cassées. Le lendemain, à Garges-lès-Gonesses (Val-d’Oise), Issam, 17 ans, a eu lui aussi la mâchoire fracturée et un bout de la joue arraché. Le même jour, près d’Orléans, Oumar, 16 ans, a eu un enfoncement de l’os du front et d’importantes fractures. Le 6 décembre, enfin, à Béziers et Vénissieux, Jean-Philippe et Ramy, 16 ans, ont été mutilé à l’œil gauche. On peut encore citer cet élève de 16 ans atteint à la tête le 5 décembre dans la banlieue d’Orléans (centre).

Au départ, l’utilisation du LBD 40 n’était pas prévue lors des manifestations. En 1998, Christian Arnould, alors chef du bureau des équipements du service central des CRS, s’y était d’ailleurs opposé : "Symboliquement, en matière de maintien de l’ordre, cela signifie que l’on tire sur quelqu’un, alors que, depuis des années, on prend soin de tirer les grenades à 45 degrés sans viser les personnes en face." Pour le sociologue Cédric Moreau de Bellaing, spécialiste des questions de police, l’usage "des armes sublétales a plus d’effets délétères que positifs", car est ancrée "l’absolue certitude qu’au pire on amochera mais qu’on ne tuera pas".

Le Défenseur des droits alerte lui aussi depuis 2013 sur la dangerosité des lanceurs de balles de défense. Selon cette autorité administrative consultative et indépendante, qui est chargée de défendre les droits des citoyens en France et qui a rendu un rapport dédié au maintien de l’ordre en décembre 2017, cette arme est inadaptée "à une utilisation dans le cadre de ces opérations". En effet, cette arme "ne permet ni d’apprécier la distance de tir ni de prévenir les dommages collatéraux" car, lors d’une manifestation, "les personnes visées sont généralement groupées et mobiles ; le point visé ne sera pas nécessairement le point touché".

Dans le cadre de ce rapport, Michel Delpuech, le préfet de police de Paris, s’était justement engagé à ne plus utiliser cette arme dans les cortèges. Alors pourquoi un tel revirement lors des événements parisiens des gilets jaunes ? La préfecture de police répond que "les manifestations non déclarées de gilets jaunes ont pris une configuration de violences urbaines" et qu’il "n’était pas question dans ce cadre de laisser les policiers démunis d’armes intermédiaires face à la violence des participants à ces attroupements".

"Mal nécessaire" ou arme excessivement dangereuse ?
 
Les lanceurs de balles de défense sont utilisés par les forces de l'ordre en France.

La controverse autour de l’utilisation des lanceurs de balles de défense a été relancée en France après les blessures de manifestants pour la défense du pouvoir d'achat et contre la réforme du baccalauréat.
"J’ai eu une fracture sous l’oeil au niveau du plancher orbital, le nez fracturé à trois endroits et 25 points de suture", assure Constant Deniaux, 43 ans, qui affirme avoir été touché par un tir de lanceur de balle de défense (LBD) alors qu’il participait le 8 décembre à un barrage filtrant de Gilets jaunes sur un boulevard de la ville de Caen (nord-ouest).
"Je ne sais pas pourquoi j’ai été visé", poursuit Constant Deniaux. "J’étais à 30 mètres, sur les hauteurs, et j’étais observateur. Je pense que j’ai été visé délibérément", estime ce technico-commercial, actuellement au chômage, qui dit faire partie "des personnes blessées inutilement".

Le ministère de l'Intérieur commande 1 280 lanceurs de balles de défense LBD40
"Choquées» par ces incidents, quelque 200 personnalités en France, dont plusieurs députés, ont appelé début décembre à interdire "immédiatement" l’usage de ces fusils.

Le 14 décembre, Amnesty international a exhorté la police française à "cesser de recourir à une force excessive contre les manifestant.e.s et les lycéen·ne·s".

Pour l’heure, le 18 décembre, la Cour européenne des droits de l’Homme a rejeté une requête de manifestants blessés par des tirs de LBD et qui en demandaient l’interdiction en urgence. 

Depuis le début de la mobilisation des «gilets jaunes» le 17 novembre, les blessures par LBD et d’autres violences policières présumées ont pour l’heure abouti à 48 saisines de l’IGPN, la police des polices.
L’IGPN avait ouvert huit enquêtes liées à l’utilisation de lanceurs de balles de défense en 2017 et onze en 2016, année marquée par les manifestations contre la 'loi travail' de Muriel Pénicaud, émaillées de violents incidents.

Bien qu'il se dise à l'écoute, le pouvoir continue de défendre une arme non létale dont l’usage est réglementé. Mieux, il renforce sa force de frappe.
"L’utilisation du LBD est très cadrée et s’appuie sur un cadre légal précis", affirme une source policière, évoquant notamment des formations obligatoires et l’obtention d’un certificat d’aptitude.
"Le LBD est une arme intermédiaire, utilisée pour stopper des manifestants et arrêter les individus dangereux ou agressifs envers la police", assure Jean-Louis Courtois, expert en armes auprès de la Cour d’appel de Paris et rédacteur en chef de la revue Commando magazine.
"C’est le matériel le plus adapté avant l’utilisation létale d’une arme à feu", soutient-il. "Le retrait de ce type de matériel mettrait en danger les fonctionnaires de police", assure-t-il, pour qui l’utilisation du LBD est "un mal nécessaire".

Pour Vincent Denis, maître de conférence en Histoire moderne à La Sorbonne et spécialiste de la police, l’utilisation des LBD, à partir de la fin des années 90, a toutefois marqué "un tournant" en France, car "la doctrine du maintien de l’ordre depuis 1945 était de ne pas tirer sur les manifestants".
Si ces armes ne sont pas létales, elles blessent "pour la vie", ce qui "contribue à alourdir le bilan en matière de blessés", nuance V. Denis.

Depuis début décembre, David Dufresne collecte sur Twitter des vidéos de violences policières présumées lors des récentes mobilisations en France et le journaliste-documentariste indépendant s’étonne "qu’il y a ait si peu de débat autour de ces dizaines de blessés" par LBD.
"Depuis les manifestations contre la loi travail, l’affrontement est complètement assumé", estime le journaliste, ajoutant qu’ "il y a une forme de militarisation du maintien de l’ordre qui n’était pas du tout à l’oeuvre jusqu’ici".

samedi 14 avril 2018

Frappes sur la Syrie: l'ONU appelle à la retenue les va-t-en guerre occidentaux

Trump, Macron et May passent par-dessus la tête de l'ONU pour punir Assad

Macron, suiveur de Trump, apporte sa force d'appoint et sa caution diplomatique

L'ONU appelle les Etats à la retenue
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé samedi tous les Etats membres à faire preuve de retenue et à s'abstenir de tout acte qui pourrait conduire à une escalade après les frappes occidentales contre la Syrie, dans la foulée de l'attaque chimique présumée survenue samedi dans la ville rebelle de Douma, malgré les menaces russes d'une réplique immédiate.
Pour mener une frappe contre la Syrie, les alliés ont saisi le prétexte de l'usage d'armes chimiques dont les alliés accusent Assad, bien que la Russie assure avoir les preuves contraires.

"J'appelle tous les Etats membres à faire preuve de retenue dans ces circonstances dangereuses et à éviter tous les actes qui pourraient entraîner une escalade de la situation et aggraver les souffrances du peuple syrien", a déclaré dans un communiqué A. Guterres, qui a reporté un voyage prévu en Arabie saoudite pour gérer les suites de l'action militaire lancée par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France.

Amnesty International prône l'allègement des souffrances du peuple syrien.
L'ONG a demandé samedi de "minimiser le tort" causé aux civils dans les frappes aériennes menées par les trois occidentaux en Syrie. "Le peuple syrien a déjà enduré six années d'un conflit dévastateur, et des attaques chimiques dont beaucoup sont des crimes de guerre", déplore l'ONG dans un communiqué. "Toutes les précautions doivent être prises pour minimiser le tort causé aux civils dans les actions militaires" menées en représailles à l'usage présumé d'armes chimiques par Damas contre sa population, a-t-elle justifié.

L'ONG demande également au président américain, Donald Trump, d'ouvrir ses frontières aux réfugiés syriens... "L'administration Trump ne doit pas tourner le dos à ces hommes, femmes et enfants qui souffrent en maintenant l'interdiction faite aux réfugiés d'entrer aux États-Unis", soutient Raed Jarrar, le directeur du plaidoyer pour le Moyen-Orient.

L'Allemagne se tient en dehors; le Canada approuve, mais ne frappe pas

La Turquie, elle même productrice et exportatrice d'armes chimiques, a applaudi ce matin aux frappes occidentales sur le territoire de son voisin syrien qui constituent, selon elle, une "réaction appropriée". "Nous saluons cette opération qui exprime la conscience de l'humanité tout entière face à l'attaque de Douma que tout porte à attribuer au régime" syrien, a affirmé un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères.

Sans y participer, le Canada a apporté son soutien à l'opération. Le Premier ministre a déclaré que le pays condamne "fermement l'utilisation d'armes chimiques dans l'est de la Ghouta, en Syrie". Justin Trudeau a aussi soutenu "la décision des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France de prendre des mesures pour diminuer la capacité du régime de lancer des attaques par armes chimiques contre ses propres citoyens".

L'Allemagne a refusé de participer aux frappes occidentales.
Le "nein" d'Angela Merkel dit clairement que l'Allemagne ne participera pas a une offensive militaire contre la Syrie, malgré le positionnement ferme du président conservateur du Comité des Affaires étrangères du parlement allemand, Norbert Röttgen, CDU, contre le régime syrien légitime.
"Il est presque honteux de le dire - il n'y a aucun engagement des Européens, alors que nous sommes les plus proches géographiquement. L'Allemagne fait partie de l'Europe. Depuis l'arrivée des migrants, on devrait être conscients que notre propre sécurité dépend aussi des conflits au Moyen et au Proche-Orient. C'est pour cela que les Européens devraient commencer à s'occuper de leurs propres intérêts, avec un engagement renforcé et plus systématique au Moyen-Orient. Je trouve que c'est aussi la responsabilité de l'Allemagne d'être intransigeante pour faire avancer une stratégie occidentale en Syrie et faire en sorte qu'elle ne soit pas abandonnée."

Les alliés préviennent la Russie ou Israël, mais ignorent l'Iran

L'Etat hébreu a été prévenu des attaques de ce matin, car Israël et la Syrie sont officiellement en état de guerre. Les relations sont d'autant plus tendues que trois ennemis d'Israël opèrent sur le théâtre syrien: le régime lui-même, l'Iran et le Hezbollah libanais.
Israël a justifié samedi les frappes occidentales en Syrie en affirmant que le régime de ce pays continue ses "actions meurtrières". "L'an dernier, le président américain Donald Trump a fait savoir que l'utilisation d'armes chimiques reviendrait à violer une ligne rouge. Cette nuit, sous la direction américaine, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont agi en conséquence.".

L'Iran, discriminée, quoi qu'en dise Macron
L'Iran, principal allié régional de Damas, condamne "fermement" les frappes contre la Syrie et lance une mise en garde contre leurs "conséquences régionales".
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a violemment dénoncé les frappes occidentales menées contre la Syrie en qualifiant de "criminels" le président américain Donald Trump, son homologue français Emmanuel Macron et la Première ministre britannique Theresa May: "Ils n'obtiendront rien et ne tireront aucun bénéfice", a déclaré A. Khamenei en recevant les hauts dirigeants politiques et militaires du pays.
"Les Etats-Unis et leurs alliés, sans aucune preuve et avant même une prise de position de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) ont mené cette action militaire (...) contre la Syrie et sont responsables des conséquences régionales de cette action aventuriste", a renchéri le ministère iranien des Affaires étrangères.
"Cette agression vise à compenser l'échec des terroristes" dans la Ghouta orientale, qui vient d'être reprise par l'armée syrienne et ses alliés, ajoute le texte qui dénonce une "violation claire des règles et des lois internationales".

L'Iran envoie des "conseillers militaires" et des volontaires iraniens, afghans, pakistanais et irakiens en Syrie pour épauler l'armée syrienne contre les groupes djihadistes et rebelles.


L'Iran dénonce la diplomatie de Macron, "l'apprenti de Trump en Europe". Le président français s'était rendu au Qatar en décembre 2017 afin d'envoyer un message encourageant à l'Iran voisin, disait-on. En demandant l'ouverture d'un dialogue avec l'Iran sur son programme de missiles et ses actions extérieures, notamment en Syrie et en Irak, Macron s'était en fait mis en marche dans les pas de Trump.

Des frappes occidentales décidées avant l'arrivée des experts de l'OIAC
Les va-t-en-guerre prennent de vitesse l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. Ses experts étaient annoncés pour ...aujourd'hui en Syrie. Dès samedi, ils devaient mener leurs investigations sur l'attaque présumée à l'arme chimique sur des rebelles dans la ville de Douma, en Ghouta orientale, le week-end dernier. Les frappes aériennes occidentales ont-elles brouillé les pistes en effaçant toutes traces exploitables ?
Les autorités syriennes ont déjà prévenu qu'elles tiendront "l'Occident" pour responsable de toute entrave faite sur le terrain à l'OIAC.

samedi 13 janvier 2018

Tunisie : les événements, du départ de Ben Ali en janvier 2011 jusqu'aux récentes manifestations sociales

Les islamistes sont-ils derrière l'agitation sociale en Tunisie ?

Janvier 2018: trois jours de fronde en Tunisie


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Sept ans après la révolution contre la dictature et la corruption, la Tunisie connaît de nouveaux soubresauts liés à une contestation sociale toujours marquée par les mêmes slogans de "travail, liberté, dignité", nombre de Tunisiens s'impatientant de voir un jour leurs conditions de vie s'améliorer au rythme espéré.
Cette semaine, exploitant l'entrée en vigueur début janvier d'un budget d'austérité, les islamistes ont orchestré un mouvement de contestation qui aurait pu mal tourner. 

Le 7 janvier, dans le centre de Tunis, près du ministère de l'Intérieur, de jeunes activistes se sont rassemblés sur l'avenue Bourguiba pour exiger notamment l'annulation de l'augmentation des prix. "Ni peur, ni terreur, la rue appartient au peuple", scandaient ces jeunes, lorsque des policiers dispersèrent le rassemblement, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. 

-La ville de Tebourba, proche de Tunis, a été secouée par plusieurs nuits de heurts cette semaine entre des jeunes protestataires et les forces de sécurité, tout comme plusieurs autres villes, où quelque 800 personnes auraient été arrêtées.

A Kasserine, quelques dizaines d'individus ont incendié des pneus et ont jeté des pierres sur des agents de sécurité, qui répliquent par des gaz lacrymogènes. 

A Sidi Bouzid, après une manifestation pacifique, des routes furent brièvement bloquées par des pierres et des pneus. 

Lors d'une nouvelle nuit de troubles, le 9 janvier, plus de 200 personnes auraient été arrêtées et des dizaines blessées. 
A Sidi Bouzid encore, des manifestants coupèrent des routes, jetèrent des pierres, et la police répliqua à coups de gaz lacrymogènes. Des incidents eurent lieu à Kasserine, Gafsa, Jedaida et dans plusieurs quartiers populaires de Tunis.

Selon le ministère de la Défense, l'armée a été déployée autour de banques, bureaux de poste et autres bâtiments gouvernementaux sensibles dans les principales villes du pays. Le puissant syndicat UGTT, condamne "la violence et le pillage", appelant à "protester de manière pacifique". Principale centrale syndicale de Tunisie, avec 750 000 adhérents, l'UGTT tente de reconquérir sa domination: en effet, depuis la révolution de 2011, l'UGTT est en rivalité avec la Confédération générale tunisienne du travail et l'Organisation tunisienne du travail. Elle serait donc tentée par une radicalisation.


Le 10 janvier, des heurts nocturnes furent rapportés à Siliana, Kasserine, Thala et Sidi Bouzid. Des échauffourées gagnèrent plusieurs quartiers de Tunis et reprirent à Tebourba. Les dessertes ferroviaires furent annulées dans certaines zones après qu'un train eût été attaqué en banlieue sud de Tunis. Le Premier ministre Youssef Chahed condamna les actes de "vandalisme" qui, selon lui, "servent les intérêts des réseaux de corruption pour affaiblir l'Etat". Il pointe du doigt le Front populaire, un parti de gauche opposé au budget.

Le 11 janvier, à Siliana, des dizaines de jeunes jettent des pierres sur des agents des forces de sécurité qui ripostent par des tirs de gaz lacrymogènes. En revanche, la situation reste calme à Kasserine, Thala et à Sidi Bouzid, ainsi qu'à Tebourba. Le Front populaire appelle le Premier ministre à "trouver des solutions pour les jeunes tunisiens", estimant que "les manifestations pacifiques font partie de l'équation démocratique".

Le 12 janvier, l'ONG Amnesty International interféra de manière partisane en demandant aux forces de sécurité de "ne pas employer une force excessive" et l'accusant "de recourir à des manoeuvres d'intimidation contre les manifestants pacifiques", selon elle. 


Quelques centaines de personnes manifestèrent à Tunis et à Sfax (centre) pour protester contre le budget d'austérité et réclamer sa révision en adressant un "carton jaune" au gouvernement.

Manifestation à Tunis, le 9 janvier. Photo FETHI BELAID / AFP.

Le 13 janvier, le président tunisien Béji Caïd Essebsi devait rencontrer ce samedi les partis au pouvoir, les syndicats et le patronat pour discuter des moyens de sortir de la crise. Ce mouvement de protestation aurait été déclenché par l'adoption d'un budget 2018 qui a augmenté les impôts et créé des taxes grignotant un pouvoir d'achat déjà éprouvé par une importante inflation. Pour la politologue tunisienne Olfa Lamloum, "ces mobilisations sociales révèlent une colère, portée par les mêmes qui s'étaient mobilisés en 2011 et n'ont rien obtenu comme droits économiques et sociaux".

Il faut dire que cette "politologue" est privée de son passeport tunisien depuis 1999 en raison de son opposition au régime, sous couvert d'un engagement en faveur des droits de l’homme en Tunisie. Elle est néanmoins chargée de cours à l'Université Paris X à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, et a bénéficié d'un décret de naturalisation le 21 décembre 2004 émis par la préfecture de ...Seine-Saint-Denis, sous le gouvernement Raffarin, Dominique de Villepin étant ministre de l'Intérieur. Lors de la cérémonie citoyenne, elle assista à l'exclusion de cinq femmes couvertes d'un foulard qui refusaient de retirer leur voile ou leur bandana. Elle portera alors l'affaire sur la place publique et publia un communiqué.
La révolution tunisienne avait démarré avec l'immolation par le feu, le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, justement, une ville déshérité dans l'arrière pays et sous l'emprise islamiste, d'un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi. Un mouvement de protestation contre le chômage et la vie chère avait suivi, marqué par des émeutes sanglantes qui s'étaient rapidement propagées à tout le pays. Sous la pression des événements, le président Zine el Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, avait cédé le pouvoir le 14 janvier 2011.

"Les années ont passé et les citoyens sont toujours frustrés des droits pour lesquels ils s'étaient mobilisés", estime dans un récent rapportune ONG tunisienne, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES).
Cette organisation (2001) qui se dit non gouvernementale, neutre, indépendante de tout parti politique et de toute institution religieuse, a néanmoins pour but de "contribuer à la mise en oeuvre des droits économiques, sociaux et environnementaux en Tunisie, en soutenant les mouvements sociaux, en construisant le débat public sur la question du modèle de développement et en portant des alternatives grâce à son Observatoire social tunisien et à ses sections locales à travers le pays (dont 2 centres d’écoute et d’orientation pour les femmes à Kairouan et Monastir), et organise des manifestations, comme ce fut le cas le le 10 décembre 2017 devant l'ARP (Assemblée des Représentants du Peuple ), à l’occasion de la célébration de la journée mondiale des droits de l’Homme. Ce 'forum' est présidé par Messaoud Romdhani, élu au mois de septembre 2017  à la tête du FTDES et qui entama en janvier 2017 une grève de la faim illimitée, pour dénoncer la suppression de toute rétribution depuis sa nomination à la mi-avril 2011 comme membre de l'instance de Ben Achour, Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique.Le pays a gardé "le même modèle économique, avec les mêmes problèmes" qu'avant la révolution, polémique le président du FTDES, Messaoud Romdhani. "La situation ne cesse donc d'empirer". En dépit d'avancées démocratiques, "le chômage, la misère et les inégalités sociales et régionales se sont aggravées", assure le FTDES.
L'économie tunisienne a été durement affectée par l'instabilité consécutive à la révolution qui devait garantir des avancées sociales, et le tourisme, un secteur-clé, a souffert des attentats djihadistes qui ont frappé le pays en 2015, dans le sillage de cette révolution

L'Etat, en difficultés financières, s'est tourné vers le Fonds monétaire international. 
Le FMI lui a accordé en 2016 des crédits de 2,4 milliards d'euros sur quatre ans, à condition qu'il réduise ses déficits budgétaires et commerciaux. Le taux de croissance devrait dépasser les 2% en 2017, mais le chômage des jeunes reste très élevé, dépassant les 35%, selon l'Organisation internationale du travail.
Le taux de scolarisation a lui régressé à 96%. Chaque année depuis 2011, 10.000 enfants abandonnent l'école primaire et 100.000 jeunes quittent collège ou lycée sans diplôme, souligne le FTDES. Et ces jeunes aspirent à migrer vers l'Europe francophone.


Preuve du désenchantement croissant, l'émigration clandestine a atteint à l'automne un pic jamais vu depuis 2011.

Lancée par l’opposition de gauche, la fronde s’affranchit peu à peu de toute étiquette politique et on retrouve le mode opératoire islamiste. Leur campagne vise la hausse des prix consécutive à l’augmentation de nombreuses taxes (TVA, droits de douane…). Plus généralement, les islamistes instrumentalisent le ras-le-bol général, dans un contexte économique particulièrement morose. Ainsi, de lundi à jeudi, de jeunes protestataires ont jeté pierres ou cocktails Molotov sur les forces de l'ordre qui ont riposté par des gaz lacrymogènes. 

Un protestataire de 45 ans est mort à Tebourba. Vendredi, quelques centaines de personnes ont manifesté dans le calme à Tunis et à Sfax (centre) contre les mesures d'austérité. Ils ont brandi des "cartons jaunes" en guide d'avertissement au gouvernement à l'appel du mouvement "Fech Nestannew" ("Qu'est-ce qu'on attend"), instigateur de l'impatience populaire et initiateur de la contestation contre la hausse des prix.

La Tunisie continue néanmoins tant bien que mal à construire sa démocratie. Les premières élections municipales de l'après révolution, maintes fois reportées et attendues de longue date pour consolider la transition démocratique, ont été programmées pour mai 2018. Les élections législatives et présidentielle sont prévues en 2019.

Dans un rapport jeudi, le centre d'analyse des conflits ICG - une organisation multinationale bien évidemment indépendante et sans but lucratif de plus de 80 employés répartis sur cinq continents... - qui analyse et produit des connaissances de terrain sur les conflits dans le seul but vertueux de les prévenir et de les résoudre, mais qui est soupçonnée de les créer - a justement souligné que la défiance entre les principaux partis de la coalition gouvernementale entraverait la mise en place des instances constitutionnelles. Ce centre a appelé à la création d'une Haute cour constitutionnelle avant les scrutins de 2018 et 2019.




jeudi 16 juin 2016

Loi travail : la CGT maintient ses manifestations des jeudi 23 et mardi 28 juin

L'extrême gauche syndicale obtient sans rien lâcher

Le ton est monté d’un cran dans la bataille sur le projet de loi travail
.

L’exécutif socialiste a menacé, mercredi 15 juin, de ne pas autoriser les manifestations,
au lendemain de nouvelles violences au cours du défilé parisien, déclenchant un tollé chez les syndicats et une partie de la gauche.

La manifestation nationale organisée mardi à Paris par sept syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL et FIDL), première du genre depuis le début de la contestation, a rassemblé un million de personnes, selon les organisateurs – un chiffre que le premier ministre, Manuel Valls a qualifié de "ridicule"la police n'en a dénombré qu'entre 75.000 et 80.000.

Elle a été marquée par de violents affrontements entre des militants radicaux et la police.

De nombreuses personnes ont été blessées, et des dégâts d’une ampleur sans précédent à Paris ont touché l’hôpital Necker-Enfants malades, notamment. Les casseurs s'en sont pris mardi à de nombreux commerces. Des baies vitrées du ministère des Outre-Mer et de l'Hôpital Necker ont été brisées. 
Le préfet de police de Paris, Michel Cadot, a d'ailleurs estimé que la capitale a subi un "niveau de violence tout à fait particulier", dû à la "participation importante de casseurs", pour ne pas dire des anarcho-révolutionnaires de l'ultra-gauche, qui étaient, selon lui, "au moins 800". Chiffres de la police...

Des décisions pour "ne pas autoriser les manifestations"

Après ces incidents, le président de la République, François Hollande, a annoncé qu’il n’y aura plus d’autorisation de manifester SI la préservation des "biens et des personnes" ne peut être "garantie". Une posture qui se veut forte mais soumise à condition et par conséquent nulle et non avenue. "Pour l’instant elles ne le sont pas. A ce moment-là, les décisions seront prises au cas par cas de ne pas autoriser les manifestations", a-t-il dit. Le précident fait allusion aux manquement des nervis du service d'ordre de la CGT qui peut être efficace quand ils le veulent bien, alors que Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, avait juré lundi que sa confédération condamnait "toutes les violences"...

Pour n'avoir rien à décider, Flanby 1er, président mou, supplie les syndicats violents de mettre de l'eau dans leur Vodka.
"Je demande à la CGT [Confédération générale du travail] de ne plus organiser ce type de manifestations sur Paris", avait lui-même imploré Manuel Valls plus tôt, mettant en avant la "responsabilité" de la centrale (communiste, bien qu'elle assure être autonome), critiquant une attitude "ambiguë" de la masse radicale des manifestants en colère.

Le préfet de police de Paris a pointé "une forme de solidarité, au moins passive", entre "une nébuleuse d’environ 1.000 casseurs" -et non plus 800- et des militants de la CGT. Il a d'ailleurs affirmé qu’un groupe de 100 à 200 manifestants de ce syndicat, "venus de l’Ouest et du Havre [Seine-Maritime]", avait aussi "participé à des actes de violence". Michel Cadot admet ainsi avoir tracé les "casseurs" depuis leur départ mais les avoir laisser participer.

La droite n'a pas manqué de souligner le laisser-faire des services de Cazeneuve. Le journal Le Monde, organe officieux du PS, ne cite que président du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy, qui a réclamé que la "responsabilité civile" et "financière de la CGT soit engagée" et non pas les contribuables.
En vérité, Alain Juppé et François Fillon ont également exprimé leur indignation face à la faiblesse du pouvoir socialiste.Le maire de Bordeaux considère que les saccages qui se sont produits mardi à Paris au cours de la manifestation contre la loi Travail sont "un pur scandale". "C'est un signe d'irresponsabilité totale des organisations qui appellent à manifester" [sept, dont CGT, FO et SUD].
"On ne peut pas continuer à laisser se reproduire des incidents comme hier (mardi) où on attaque maintenant les vitrines d'un hôpital pour enfants. On a perdu la raison", a-t-il développé.


"L'origine, elle est claire. Quand on appelle à manifester des milliers de gens et quand on sait que systématiquement, systématiquement, - ce n'est pas une fois que ça se produit, c'est à chaque manifestation -, il y a des casseurs qui en profitent, on est irresponsables de continuer à manifester", a-t-il estimé.
"Que la CGT se batte contre ce texte, si elle n'en veut pas, sous d'autres formes, c'est possible. Mais aujourd'hui, la France est dans un état de désordre tel, et d'exaspération tel, que le pire est possible. Donc il faut arrêter ça", a-t-il ajouté.
VOIR et ENTENDRE , pour être complet, la position de fermeté de François Fillon:

Quand il y a du grabuge, François Bayrou (MoDem), est en revanche absent.

"Il faut que le gouvernement entende"

Ces accusations sont "inacceptables" et ces menaces le "signe d’un gouvernement aux abois", a répliqué la CGT. Pour le syndicat, il incombe "aux pouvoirs publics", dont Manuel Valls "a la première responsabilité, d’assurer la sécurité et le maintien de l’ordre". La centrale a aussi condamné "sans réserve les violences commises" contre l’hôpital Necker et dénoncé des "actes aveugles ", sous les yeux de militants CGT en chasuble.

Mercredi soir, le secrétaire général de la CGT,
Philippe Martinez, a annoncé le maintien des journées d’action prévues les 23 et 28 juin et il a demandé la suspension du débat parlementaire sur le texte. "Il faut que le gouvernement entende, écoute", a-t-il souligné au journal télévisé de France 2, alors qu’il doit rencontrer, vendredi matin, la ministre du travail, Myriam El Khomri. 

"Il n’y a aucune relation entre ce que font les 'casseurs' et les manifestants", a-t-il aussi affirmé avec force, en dépit des témoignages et vidéos qui accusent les cégétistes. Si on l'écoute, la CGT a même le sentiment d'avoir pris "les dispositions nécessaires afin de garantir la sécurité des participants à cette manifestation massive".

"Alors qu’on interdise l’Euro !": opium du peuple ?

Le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, a  déclaré ne pas comprendre "qu’un gouvernement de gauche puisse interdire des manifestations organisées par des syndicats".

"Alors qu’on interdise l’Euro !", s’est-il exclamé. "Les organisations syndicales font leur travail dans les cortèges, assura-t-il. Ce qui se passe en dehors des manifestations, c’est de la responsabilité des pouvoirs publics", a-t-il déclaré. C'est bien pourquoi la presse partisane situe toujours les exactions syndicales "en marge" de ses manifestations.

Eric Beynel, porte-parole de Solidaires, autre fédération syndicale radicale (trotskiste) a fustigé une "tentative d’essayer de diviser au lieu de débattre des vraies questions".

Mercredi soir, l’intersyndicale des opposants à la loi travail (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, et les organisations de lycéens mineurs, Fidl, UNL) a demandé "au gouvernement de garantir les bonnes conditions d’exercice du droit de manifester". Selon eux, Manuel Valls "rejette sa propre responsabilité sur les organisations syndicales en leur imputant le climat social qui se détériore » et il « cherche à détourner l’opinion publique du cœur du sujet posé par le projet de loi ».

Réitérant leur opposition à « l’inversion de la hiérarchie des normes, les accords de développement et de maintien de l’emploi, les conditions de licenciement, le référendum d’entreprise, la médecine du travail », les sept syndicats dénoncent le refus de dialogue du gouvernement.

"Atteinte au droit constitutionnel de manifester"

A gauche, le chef de file des frondeurs socialistes, le député Christian Paul (Parti socialiste, Nièvre) a estimé que "les casseurs ne viennent pas des syndicats mais de l’ultragauche", nuance, et que "le gouvernement a une part de responsabilité dans cette tension sociale"

Sénatrice de Seine-Saint-Denis, Eliane Assassi, la présidente du groupe communiste au Sénat, a pour sa part accusé l’exécutif de vouloir porter "atteinte au droit constitutionnel de manifester".

Bien qu'ONG, supranationale et donc illégitime dans ce débat, Amnesty International France a par ailleurs demandé que les violences fassent "l’objet d’une enquête indépendante et approfondie" et ne soient pas "imputées sans preuve aux organisateurs". Elle a rappelé que le droit de manifester est "une liberté fondamentale". Et "casserest-il aussi un droit des organisateurs responsables, dotés d'un service d'ordre jusqu'ici réputé expérimenté et efficace?

Le peuple semble rester le dernier moyen de pression dont disposent les opposants pour infléchir la position du gouvernement. Les manifestations de rue continuent, alors qu'ont quasiment cessé les blocages dans des secteurs clés (raffineries, déchets, trains…). Mais, avec plus d'un million de personnes dans les rues, les opposants n'observent pas d’essoufflement et comptent sur de nouveaux "temps forts", les 23 juin et 28 juin.

Les actions envisagées pour le 23, pendant l’examen du texte au Sénat, sont des "grèves, interpellations des parlementaires, rassemblements, manifestations, conférences de presse", ont énoncé les syndicats.

Le 28 juin, date prévue du vote du Sénat, ceux-ci appellent à remettre les résultats de la votation citoyenne sur le projet de loi "auprès des préfectures et à la présidence de la République", et à "organiser des grèves et des manifestations".