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vendredi 25 février 2011

Khadafi: islamisme, oui ; terrorisme, non !

Le pouvoir se situerait-il dans les mosquées ?

Quand tourne le vent de l'Histoire

Septembre 2009 – Alors que le président américain Barack Hussein Obama prononçait son premier discours à la tribune des Nations unies depuis sa prise de fonction, le dirigeant libyen prenait également la parole pour la première fois en 40 ans de pouvoir, devant l’Assemblée générale de l’ONU. Deux heures durant, Mouammar Kadhafi se livra à un véritable réquisitoire contre les grandes puissances ainsi que les membres permanents du Conseil de sécurité.
Brandissant la charte des Nations unies, Kadhafi a fustigé le fonctionnement de l’ONU. Dans le collimateur du guide de la révolution libyenne, le Conseil de sécurité et en particulier, les membres permanents de ce Conseil qui disposent d’un droit de veto. « Qui les a désignés ? Pourquoi eux ? », a lancé le colonel Kadhafi. Pour lui, ce Conseil de sécurité n’est absolument pas représentatif. « Ce n’est pas un Conseil de sécurité, c’est un Conseil de terreur », s'est-il offusqué.
Sans surprise, le colonel Kadhafi a également critiqué la justice internationale et, en particulier la CPI, la Cour pénale internationale: « Il est facile d’envoyer Charles Taylor et Hissène Habré à La Haye. Et pourquoi pas ceux qui sont responsables de la guerre en Irak ? ».

25 février 2010 - Le colonel Khadafi appella tous les musulmans à la guerre sainte contre la Suisse, dénonçant l’interdiction de la construction des minarets.
« C’est contre la Suisse mécréante et apostate qui détruit les maisons d’Allah que le djihad doit être proclamé par tous les moyens ! » Muammar Kadhafi soutint également que « le djihad contre la Suisse, contre le sionisme, contre l’agression étrangère n’est pas du terrorisme ».
Ce discours était tenu à Benghazi, à l’occasion de la commémoration de la naissance du prophète Mahomet, la fête musulmane du Maouloud.

Le rôle politique des imams

21 février 2011 – A l'issue d'un prêche au stade Modibo Keita de Bamako (Mali), des fidèles voulurent toucher le prédicateur pour obtenir bénédictions, grâces et guérisons, mais provoquèrent une tragique bousculade qui fit 36 morts et 74 blessés. Le prêcheur est un célèbre imam malien, Ousmane Madani Haïdara, communément appelé Bani, guide spirituel de l’Association Ançar Dine.
Ançar Dine est surtout fort d'une jeunesse en quête de repères depuis la fin de la révolution de mars 1991 et en conflit de génération avec les parents dont les pratiques religieuses ne sont pas à l'abri de toute critique.

Les Ançar Dine prient dans les mêmes mosquées que les autres musulmans, mais s'en distinguent par une ferme volonté de purifier l'Islam. Pour eux, il est indispensable aux croyants de faire le « Baya » pour se purifier de leurs souillures en décidant de pratiquer un Islam à l'image de celui pratiqué par le prophète et ses compagnons de Médine. « Je n'associerai rien à Dieu, je ne volerai jamais, je ne commettrai point d'adultère, je ne tuerai point mes enfants, je ne calomnierai point, je ne désobéirai point au prophète » (Coran -LX, 12). Le "Baya" est la condition d'adhésion au mouvement des "Ançar Dine", un serment d'allégeance au guide spirituel, mais une pratique condamnée par les "opposants" au prédicateur, car pour la Shahada suffit largement pour devenir musulman.
Lien PaSiDupes vers Yasmina Benguigui

Officiellement, les Ançar Dine ne militent pas pour la conquête du pouvoir ou l' islamisation de l'Etat, mais ils étendent leur influence en prenant position partout dans les débats de société et principalement au Mali.
A l'instar des nouveaux prédicateurs du Maghreb, Haïdara a su contourner l'espace traditionnel de la prédication, en investissant l'ensemble des supports médiatiques offerts par les nouvelles technologies de communication.
Lien PaSiDupes

La nuit du 8 au 9 mars 2010, le message politique d'un religieux
Le « cadeau annuel » d'Haïdara adressé aux hautes autorités du Mali était fait de critiques acerbes et démagogiques adressées au président ATT, Amadou Toumani Touré (un général né dans l'ex-Soudan en 1948, réélu en avril 2007 contre Ibrahim Boubacar Keïta, un des 36 vice-présidents de l'Internationale socialiste, comme Désirdavenir Royal). L'imam revendique une justice saine et des organes de lutte contre la délinquance financière, dont le peuple n’est pas suffisamment informé des actions, selon lui.

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La préoccupation de l'imam était la justice malienne, car « c’est cela qui peut tuer une personne lorsqu’on transforme sa vérité en mensonge et qu’on donne raison à celui qui a tort parce qu’on a les moyens de le faire. Mais le président nous a fait comprendre que ce n’était pas les juges qui étaient en cause, mais la qualité de l’homme malien», polémique l'homme de dieu.
=> En matière de lutte contre la corruption et la délinquance financière, le chérif est accusateur. « Nous attendons chaque fois qu’il y a des poursuites pour détournement de plusieurs millions, souvent des milliards, ou des arrestations, mais après nous ne sommes plus informés, le peuple reste dans le flou. Ont-ils été libérés, ont-ils payé, nous ne savons plus et ne comprenons pas ce qui se passe ».

Le prêcheur fustige. "Des juges ont été bien payés par l‘Etat, pour qu’ils soient à l’abri de la corruption, alors pourquoi il n’y a pas de résultats palpables", interroge-t-il. "Tout ceux qui ont volé notre pays doivent être montré aux Maliens, parce qu’ils ne sont pas plus Maliens que d’autres qui travaillent honnêtement, sinon l’Etat encourage l’impunité", affirme-t-il. Les pouvoirs publics doivent travailler dans la transparence, mais lorsqu’ils piétinent les pauvres, ils verront les limites de leur pouvoir, assène Ousmane Haïdara.
« Dans un pays où un individu s’arroge de la part qui revient à cent personnes, on renonce au développement et à la lutte contre la pauvreté. Tout le monde doit accepter le sacrifice, le travail, récolter ce qu’on a semé et vivre du fruit de ses labeurs. Aide toi, le ciel t’aidera », fait il remarquer.

Le 21 février 2011, il exigea de l'Etat qu'il lutte avec fermeté contre la criminalité : " Au Mali, on ne connaissait pas ça ! Des gens qui viennent dans une maison, armés de couteaux et fusils, pour tuer les gens et s'en aller, sans inquiétude, cela n'est pas malien. Je demande au président ATT de trouver une solution à ce mal parce que le Mali ne connaissait pas une criminalité de ce genre ".
Pour Bani, la solution est aussi simple : l'application de la Loi du talion. " Celui qui tue, qu'on le tue si on l'arrête ! Ça va dissuader beaucoup de vagabonds. Mais dans l'impunité, rien ne sera résolu ". Il a aussi insisté sur la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et la transparence : " Je vous demande la transparence. On ne vous demande que de bien gérer ce qu'on vous confie. Pas plus ! " a-t-il martelé.

Tout est dit pour préparer un prochain mouvement social aussi populaire que spontané.
Les prêches populistes de ces imams radicaux sont déstabilisateurs et la Tunisie, puis l'Egypte et la Lybie l'apprennent à leurs dépens. En attendant que le peuple du Mali se soulève bientôt, ils participent de la montée de l'islamisme.

Khadafi dans le sens de l'Histoire

Deux jours après un long discours télévisé dans lequel il promettait de mater la révolte en cours par la force, Mouammar Kadhafi s'est cette fois exprimé par téléphone à la télévision libyenne, sans apparaître à l'écran, pour lancer un appel au calme.
Dans ce troisième discours en trois jours, ce jeudi 24, le dirigeant libyen a dénoncé l'instrumentalisation des manifestants depuis une semaine par Oussama Ben Laden et Al Qaïda, pour l'évincer du pouvoir.

Retour à l'ordre moral islamiste

Il a mis en garde les jeunes "drogués" qui se révoltent contre lui et en a appelé à l'autorité parentale et celle des gens « raisonnables », mariés et pères de famille, pour rétablir l'ordre.
Mouammar Kadhafi a assuré que le soulèvement est nullement provoqué par le courant salafiste ou par les Frères musulmans, dont il a dit qu'ils avaient renoncé à la violence, mais a blâmé Ben Laden et Al Qaïda . « Ils se moquent de vous, ils se moquent de notre agriculture ou de la santé. Tout ce qu'ils veulent c'est la mort de vos enfants. C'est tout ce que veut Ben Laden, il doit être content aujourd'hui. »
En août 2010, Mouammar Kadhafi effectuait à Rome une visite officielle haute en couleurs et marquée par des polémiques en particulier un appel pour que l’Islam devienne «la religion de toute l’Europe».
Les appels à la guerre sainte en islam par un chef d'Etat sont "inadmissibles", a en outre estimé vendredi 26 février 2010le directeur général des Nations Unies à Genève, Serguei Ordzhonikidze, après que le numéro un libyen Mouammar Kadhafi eut déclaré le "djihad" contre la Suisse.

Khadafi: islamisme, oui ; terrorisme, non !

Le régime lybien est démocratique


Kadhafi a également souligné que désormais il n'a pas plus de pouvoirs « que la reine d'Angleterre ». « Je suis un leader symbolique, il y a des institutions qui gouvernent », a-t-il affirmé. « Je vous ai remis l'autorité en 1977, c'est à vous de décider », a ajouté Kadhafi en faisant allusion aux structures de la Jamahiriya et aux comités populaires qui sont censés incarner le pouvoir.

"D'un point de vue national, moral, éthique (...) ils devraient arrêter. Je n'ai aucune autorité découlant de la loi ou d'autres décisions de quelque sorte, je n'ai qu'une autorité morale", a dit celui qui se présente désormais comme le guide de la révolution (islamiste ?), plutôt que comme chef d'Etat. " Aucune personne saine" ne devrait rejoindre les rangs de la révolte, a-t-il estimé, en invitant la population à désarmer les contestataires.

A propos du soulèvement qui gagne du terrain et des affrontements de Zaouiyah, Mouammar Kadhafi exhorte la population. "Ce qui se passe à Zaouiyah est une farce (...) Les gens sains ne participent pas à une telle farce". "Vous, habitants de Zaouiyah, arrêtez vos enfants, prenez leurs armes, détournez les de Ben Laden, les pilules les tueront", a-t-il ajouté. "Laissez le pays en paix."

Un habitant anonyme de Tripoli a déclaré sur RTL :
« Maintenant on se prépare, on se prépare pour demain vendredi [25 février] après la prière, on va sortir direction au pied de sa caserne et on va bouleverser ce régime. »

Les derniers discours du colonel Khadafi indignent l'Occident par leur violence.

Retour du boomerang lancé par KHadafi à la tribune de l'ONU (sept. 2009, ci-dessus)

Le Président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, a, vigoureusement, condamné, le mercredi 23 février, à Prague, les violences "horribles", perpétrées, par les forces libyennes, contre les manifestants, soulignant que ces crimes ne peuvent "pas rester sans conséquences".
Critiqué pour son silence sur la Libye, Barack Obama s'est finalement exprimé mercredi soir, appelant le monde à s'unir contre une violence "scandaleuse". Le président américain n'a pas écarté d'éventuelles "sanctions".

Paris et Londres ont proposé au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution sur la Libye prévoyant "un embargo total sur les armes", "des sanctions", et une "saisine de la CPI pour crime contre l'humanité", a annoncé, ce vendredi matin, Michèle Alliot-Marie sur France Info.
Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir aujourd'hui vendredi à 15 heures (21 heures à Paris), a indiqué la ministre des Affaires étrangères.

Mais les Etats démocratiques ne réalisent-ils donc pas que le dirigeant lybien aux abois se livre actuellement à de la surenchère islamiste pour se maintenir au pouvoir ? Que dit-il que les islamistes puissent renier ?

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