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mercredi 22 juin 2016

Hollande s'est-il fait imposer la loi travail par Bruxelles ?

Le projet de loi El Khomri a-t-il été préparé dans le secret des bureaux de la Commission de Bruxelles et imposé à la France ? 

C’est ce qu’affirment les souverainistes de France

Du Front de gauche jusqu’à l’extrême droite de Marine Le Pen, ils font le liens entre la loi travail et l’Europe. Le 9 mars, Marine Le Pen affirme qu’il «suffit de se plonger dans les innombrables textes de la Commission européenne sur le droit du travail en France pour comprendre que la loi El Khomri n’est que le nom donné à une exigence de l’Union européenne». Le 25 mai, sur son blog, elle remet le couvert en dénonçant «cette mainmise de l’Union européenne sur la démocratie française».

Jean-Luc Mélenchon, leader du Front de Gauche, a, lui aussi, enfourché ce prometteur cheval de bataille. Sur son blog, le 7 avril, dans une note intitulée «la loi El Khomri, c’est la faute à l’Europe», il accuse la Commission de l’avoir «presque» écrite : «La loi dite El Khomri n’est pas tant une proposition émanant du gouvernement qu’une réponse aux injonctions» de Bruxelles. 


Une observation reprise par Philippe Noguès, député frondeur (qui a quitté le PS), dans Marianne du 25 mai : «Que reste-t-il de la souveraineté populaire quand une loi, inspirée par la technocratie européenne, est adoptée sans le vote de la représentation nationale ?» Allusion à l’utilisation du 49-3.  


Programme de stabilité 

Lorsqu’on lit la «recommandation du Conseil concernant le programme national de réforme de la France pour 2015 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité de la France pour 2015», proposée par la Commission le 13 mai 2015, on a effectivement le sentiment de lire ce qui allait devenir quelques mois plus tard le projet de loi travail, et plus précisément son article 2 si contesté sur les accords d’entreprise : pour réduire la «segmentation» entre CDI et CDD, l’exécutif européen préconise de «réviser les cadres juridiques régissant les contrats de travail» et de permettre aux sociétés de «déroger aux accords de branche» pour «adapter les salaires et le temps de travail à leur situation économique». C’est bien là la preuve du diktat européen.

Bercy se défend de toute ingérence des technocrates de Bruxelles. Le gouvernement Valls assure qu'il est seul maître de sa politique. «Ce n’est pas la Commission qui décide de quoi que ce soit dans ce domaine, mais les Etats membres qui proposent des réformes destinées à faire converger leurs économies afin d’éviter qu’un pays devienne un problème pour tous les autres, comme on l’a vu lors de la crise de la zone euro», explique un responsable français. Afin de renforcer la «gouvernance économique» de la zone et éviter une répétition du cauchemar grec, les gouvernements ont décidé, en 2010, de passer des molles «grandes orientations de politique économique» (Gope), prévues dans le traité de Maastricht et qui n’engageaient à rien, au «semestre européen» (issu de six textes connus sous le nom de «six pack»), un rien plus contraignant. L’idée était de faire prendre conscience à chaque pays que sa politique économique entraîne des conséquences pour ses voisins et sur la stabilité de l’ensemble de la zone euro et qu’il faut dès lors mieux se coordonner.

Dorénavant, chaque année, tout commence en novembre, avec des rapports de la Commission examinant les politiques économiques et budgétaires menées par les Etats l’année écoulée, pointant les déséquilibres macroéconomiques de telle ou telle gouvernement («rapport annuel de croissance»).

Sur la base de ces textes de Bruxelles, le Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement adopte, à l’unanimité, en mars des «recommandations de politique économique» : «Par exemple, en mars, nous avons appelé à une relance de l’investissement public», souligne un diplomate français qui souhaite garder l'anonymat. A partir de là, chaque pays présente ensuite son «programme national de réformes» et la Commission l’intègre dans ses «recommandations pays par pays» qui seront adoptées, en juin, par le Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement (par consensus) et, en juillet, par le conseil des ministres des Finances (à la majorité qualifiée si nécessaire). 

Tout ce processus s'ajoute à la surveillance budgétaire (le fameux objectif des 3 % de PIB. Les réformes structurelles crédibilisent les objectifs des Etats en termes de dépenses et de recettes publiques. 

«On leur a dit de se calmer» 

Cette coordination renforcée des politiques économiques à été difficile à mettre en place. La Commission s’est prise pour le Fonds monétaire international. Bruxelles a voulu prescrire des réformes précises à chaque pays : «Certains fonctionnaires de la direction générale des affaires économiques et financières [Ecfin] parlaient au directeur du Trésor français comme s’il était un simple exécutant, c’était sidérant, confirme un proche de José Manuel Barroso, président de la Commission jusqu’en 2014. On leur a dit de se calmer, mais avec la crise grecque, ils ne se sentaient plus.» «On a eu de gros ratés, reconnaît un fonctionnaire européen, comme dans l’affaire des retraites en mai 2013, alors que Pierre Moscovici était encore ministre des Finances : on a carrément écrit dans nos recommandations la réforme que nous préconisions sans l’accord de Paris.» 
Le 29 mai 2013, François Hollande aurait piqué une grosse colère! Faut-il le croire? En a-t-il les moyens? «La Commission n’a pas à dicter ce que nous avons à faire,» aurait tonné Flanby. «Les pays veulent demeurer maîtres de leur agenda de réformes et ne veulent en aucun cas être soumis à une Commission dont la légitimité sur ces affaires est pour le moins fragile», admet un fonctionnaire européen anonyme (voire inventé...), qui assure que la leçon a été apprise : «Désormais, on dialogue, on n’est plus prescripteur, on n’entre plus dans le détail des réformes : on identifie le problème […] et on fournit des comparaisons pays par pays,» aurait affirmé ce kamikaze.

Ce qui ne veut pas dire que la Commission n'est ni intrusion ni pointilleuse. «Par exemple, dans le cas de la France, on a souligné l’absence de concurrence dans les taxis et les bus et la loi Macron I a été la réponse», admet ce même fonctionnaire.  
Convocations à Bruxelles 

Les responsables gouvernementaux ont pris l’habitude, depuis 2011, de se déplacer à Bruxelles pour débattre et rendre compte et avec la direction générale. En fin de projets de réforme nationaux, les fonctionnaires de la Commission se rendent dans les capitales pour rencontrer les directeurs d’administration centrale et les syndicats. 
Ne figurent dans les «recommandations par pays» que les réformes que les Etats sont prêts à effectuer, avec l'aval de l’exécutif européen. Ce qui est logique, puisqu’elles doivent passer par le Conseil européen où les décisions se prennent à l’unanimité. 

«Il arrive que des gouvernements nous demandent de proposer telle ou telle réforme dans nos recommandations en nous avertissant qu’ils nous en feront porter la responsabilité», révèle un fonctionnaire de la Commission, sous couvert d'anonymat, avant de nous rassurer, «mais ce n’est pas le cas de la France, qui assume»....

Pourtant, la réforme du code du travail n'était pas un engagement du candidat Hollande
Elle n'apparaît que tardivement, en fin de quinquennat malgré l'ampleur du chantier, dans le «programme national de réformes» présenté le 15 avril 2015, un pavé de 171 pages. «Parmi bien d’autres sujets», comme on le rappelle à Matignon, il est précisé, dans le chapitre consacré à la «lutte contre les rigidités du marché du travail», que le gouvernement veut harmoniser les indemnités de licenciement et qu’une «place accrue» sera donnée «aux accords de branche et d’entreprise», ce qui allait devenir le fameux article 2. 
«L’ambition n’est pas de se limiter à des aménagements techniques du cadre législatif actuel, peut-on lire dans le texte européen, mais d’ouvrir des perspectives ambitieuses visant à moderniser en profondeur notre système de relations sociales et sa pratique, [notamment] au niveau des branches et des entreprises». 

Après discussion avec le gouvernement français, Paris a suivi la Commission qui a intégré ce projet dans sa recommandation évidemment adoptée à l’unanimité du Conseil européen de juin 2015 et du Conseil des ministres des Finances de juillet 2015. «Fin 2015, Myriam El Khomri [qui était devenue ministre du Travail le 2 septembre] est venue à Bruxelles rencontrer Pierre Moscovici, le commissaire chargé des Affaires économiques et financières, et Marianne Thiessen, sa collègue chargée de l’Emploi, pour soumettre les détails de la réforme voulue par Bruxelles, avant qu’elle ne soit présentée en Conseil des ministres à Paris», lâche un fonctionnaire de la Commission, qui préfère ne pas être reconnu. 

L'idée sera revendiquée par Hollande

Même s’il préexistait dans ses grands principes, avant même la nomination de la ministre El Khomri, - ce que Montebourg et Rebsamen ne confirment pas - la paternité du projet El Khomri est assumée par le pouvoir socialiste. Tant que les syndicats n'étaient pas mobilisés contre, il satisfaisait la Commission et les partenaires européens de Paris inquiets de la dégradation du marché du travail en France. 
Ceux qui dénoncent l’ingérence de Bruxelles pointent l'appartenance de la France à la zone euro qui la lie à 18 autres pays, ce qui implique une coordination des politiques. Et cet alignement que nient le pouvoir et sa presse. «C’est ce qu’on appelle la gouvernance économique», justifie un haut fonctionnaire européen "lambda". 

Hollande est d'ailleurs le chef d'Etat qui réclame le plus fermement la création d’un véritable «gouvernement économique», notamment en créant un poste de ministre des Finances pour la zone euro, afin de contraindre davantage chaque Etat à se plier aux politiques décidées en commun.

Or, cette coordination pose un problème de «légitimité démocratique», comme le reconnaît Pierre Moscovici, puisqu’elle se fait uniquement entre la Commission, les ministres des Finances et les chefs d’Etat et de gouvernement : le Parlement européen n’a pas voix au chapitre et beaucoup de Parlements nationaux ne sont saisis qu’en bout de chaîne des textes mettant en musique ce qui a été décidé à Bruxelles. 
Mais pour introduire un contrôle démocratique, il faut changer les traités et, de cela, François Hollande ne veut pas entendre parler. Cherchez la cohérence.

Les eurosceptiques peuvent dénoncer un «complot». 

Pour la députée européenne socialiste Pervenche Berès, si le projet de loi El Khomri satisfait les instances de la zone euro, c'est que c'est son bébé. Selon la membre de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, et auteure d’un projet de rapport sur «la capacité budgétaire de la zone euro», le déficit social et démocratique hexagonal explique en grande partie l’opposition à la loi travail. 

Selon la gauche radicale et l’extrême droite, c’est Bruxelles qui a dicté la loi El Khomri… Accuser l’Europe, c’est un peu fort de café, selon la presse socialiste qui riposte que François Hollande a toujours dit qu’il engagerait des réformes qui seraient dans l’intérêt de la France. Il a juste mis quatre années pour s'y lancer...
Tout le monde sait très bien que nous n’avons pas su gérer notre perte de compétitivité après le passage à l’euro et que nous devons agir. Mais, pour le coup, la France aurait été bien inspirée de copier le modèle allemand de démocratie sociale : si on avait eu un vrai dialogue avec les syndicats très en amont du projet de loi travail, - d'autant que Stéphane Le Foll assure que les réformistes sont majoritaires -, aurait pu désamorcer une partie des oppositions. 

Le malaise est aussi démocratique, puisque le Parlement français est tenu à l’écart de la préparation des réformes… Le projet de loi Valls portée par El Khomri, quel que soit par ailleurs le débat sur le fond, est un engagement du gouvernement auprès de Bruxelles et se trouve désormais dans le programme national de réforme envoyé chaque mois d’avril à la Commission, en même temps que le programme de stabilité budgétaire. 
Ces deux textes, préparés par le gouvernement français, devraient faire l’objet d’un débat et d’un vote à l’Assemblée nationale, puisqu’ils vont servir de base à la Commission pour rédiger ses recommandations par pays - ces dernières seront ensuite adoptées par le Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement et par le Conseil des ministres des Finances. 
Or, à aucun étape, les députés ne sont intégrés dans ce processus. En clair, le déficit démocratique et le déficit du dialogue social français s’ajoutent au déficit démocratique . 
Indépendamment du problème purement européen, la France aurait les moyens de combler son propre déficit démocratique, ce qu’elle ne fait pas. 

Le système français rencontre un autre problème : c’est le Premier ministre qui sera chargé de mettre en œuvre les engagements pris par le chef de l’Etat au sein du Conseil européen et par le ministre des Finances au sein de l’Eurogroupe. Or, il n’est jamais en situation de peser sur des sujets qui le concernent au premier chef, puisqu’il n’est pas dans la négociation ! On n'attend de lui néanmoins qu'il mette en oeuvre les mesures inspirées par Bruxelles sous la pression des finances publiques. 
Ce sont ces engagements auprès de l'UE qui vont déterminer la politique économique que Valls va appliquer. 

Là capacité de notre modèle à peser sur les orientations européennes et les mettre en œuvre est une interrogation majeure dont personne ne veut parle. La dénonciation d’un complot européen en matière de politique économique, est-ce le refus de la monnaie unique ? Bien sûr ! C’est la France qui a inventé l’expression de «gouvernement économique», et il est incroyable de voir que certains ne comprennent manifestement pas ce que cela implique en termes de coordination.: le gouvernement économique, ce n’est pas seulement pour les autres ! Il faut impliquer les partenaires sociaux et le Parlement national - pour la presse, c'est fait - dans la préparation du programme de réforme. Ensuite, il faudrait par exemple que, quatre fois par an, les commissions des finances des Parlements nationaux et les membres de la zone euro du Parlement européen se réunissent pour qu’il y ait un comité de pilotage de la zone. 
Les eurodéputés devraient aussi avoir un vrai pouvoir de codécision pour tout ce qui la concerne. C’est par la démocratie qu’il y aura une appropriation des engagements européens. 

jeudi 17 décembre 2015

"Brexit": vers un compromis des Européens pour garder un marginal de l'U.E., le Royaume-Uni

Ami britannique, l'Union européenne, tu l'aimes ou tu la quittes 

Avec un pied dedans, le
 Royaume Uni met les deux dans le plat européen

Les Européens se sont dits prêts à un compromis pour garder le Royaume-Uni dans l'UE, lors d'un sommet jeudi à Bruxelles. C'est la première fois que les 28 chefs d'Etat et de gouvernement discutaient ensemble des réformes de l'UE demandées par Londres.

David Cameron, le Premier ministre britannique qui a promis un référendum sur le maintien ou non de son pays dans l'UE d'ici la fin 2017, a lui aussi fait état de "bons progrès" tout en reconnaissant que "ce sera difficile". "Les dirigeants ont exprimé leurs préoccupations mais aussi manifesté leur volonté de chercher un compromis", a souligné le président du Conseil européen, Donald Tusk, à l'issue d'un dîner de travail dédié à la question du "Brexit", la sortie éventuelle de Londres de l'UE, que tous ont dit vouloir éviter.

Sous pression des eurosceptiques, David Cameron a réclamé "une réponse effective" au problème de l'immigration "qui sape le soutien des Britanniques en faveur de l'Union européenne". Les membres de l'UE sont convenus d'accélérer leur réponse à la crise migratoire, autre défi qui menace l'unité de l'Europe avec David Cameron.

Hâtons-nous lentement, jusqu'en février

Dans leurs conclusions, les 28 chefs d'Etat et de gouvernement "se sont accordés pour trouver des solutions" dans les quatre domaines dans lesquels David Cameron exige des réformes.
Il veut des changements des règles régissant la zone euro, dont son pays ne fait pas partie, ainsi que sur les questions de compétitivité et de souveraineté.
Mais, surtout, le Premier ministre conservateur demande des mesures pour "mieux maîtriser" l'immigration en provenance du reste de l'UE, en particulier d'Europe de l'Est, comme de pouvoir priver les citoyens européens de prestations sociales pendant leurs quatre premières années sur le sol britannique. Une revendication jugée discriminatoire notamment par la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie. 

Les partenaires européens de D. Cameron jugent cette exigence "inacceptable".
"Ce qui me paraît le plus important, c'est qu'on ne devrait pas toucher au traité. Or, cette question touche au traité puisqu'elle met en cause la libre-circulation", a relevé le président français François Hollande, tout en ouvrant une porte à une modification des traités européens à long terme...
"Si nous avons besoin de modifications des traités, et je crois que cela pourrait être nécessaire, alors nous sommes tous d'accord sur le fait qu'elles n'ont pas à intervenir maintenant", mais qu'elles "peuvent avoir lieu" plus tard, a estimé la chancelière allemande, Angela Merkel.

En tout état de cause, la question du "Brexit" sera à nouveau abordée à un prochain sommet en février, date à laquelle le président du Conseil, Donald Tusk, mise sur un accord. Sur ce dossier, comme sur les autres points abordés (migrants, contre-terrorisme, marché intérieur, Union économique et bancaire), aucune décision de fond n'était attendue lors du sommet qui s'achève ce vendredi.

Création de garde-frontières 

Confrontés à une crise migratoire sans précédent depuis 1945, les 28 ont reconnu jeudi qu'il faut accélérer le mouvement pour concrétiser les décisions prises ces derniers mois sur la protection des frontières, la répartition des réfugiés ou la coopération avec la Turquie.

"Il faut protéger nos frontières extérieures", a plaidé le président de la Commission Jean-Claude Juncker, afin de sauver la libre-circulation au sein de l'espace Schengen, pilier de l'intégration européenne. J.-C. Juncker s'est félicité d'un "large accueil favorable" à sa proposition d'un corps européen de gardes-frontières. Un projet "audacieux", selon l'exécutif européen, qui prévoit même la possibilité d'intervenir dans un Etat récalcitrant au grand dam de ceux qui, comme la Grèce, craignent de céder leur souveraineté à des "technocrates".
Pourtant, les participants n'ont pas formellement donné leur accord jeudi à la proposition de la Commission. D'après les conclusions agréées jeudi soir, il reviendra au Conseil européen (qui représente les 28 Etats membres) d'adopter sa position sur les garde-frontières durant la prochaine présidence néerlandaise d'ici la fin juin 2016.

Vendredi, au coeur d'une Europe traumatisée par les attentats du 13 novembre à Paris, les 28 s'attacheront à encourager la mise en oeuvre de mesures déjà décidées pour intensifier la lutte contre le terrorisme et tarir son financement. Dans la foulée du sommet et tout en travaillant au rapprochement de la Russie des positions occidentales hostiles à Bachar el-Assad, mais favorables aux rebelles syriens, leurs ambassadeurs auprès de l'UE devraient prolonger de six mois les sanctions économiques contre la Russie décidées à la suite du conflit ukrainien.

A l'aube de 2016, ce sommet - le 13e de l'année ! - clôt une "annus horribilis" pour un Vieux continent ébranlé par des secousses majeures, de la crise grecque à l'Ukraine, en passant par la montée apparemment inexorable des populismes. Sans compter la crise économique internationale qui continue de frapper la France en épargnant l'Allemagne.

dimanche 9 mars 2014

Sondages: Fabius démontre que plus on s'agite, plus on monte !

L'important n'est pas d'être honnête, mais vu...

Le patron de notre diplomatie soutient les insurgés d'Ukraine !

Mais, dans le même temps, en France, il cherche à être le Premier ministre légitime...
Les Français se font actuellement laver le cerveau par la presse gouvernementale qui reprend les éléments de langage Fabius via l'AFP sur le conflit ukrainien. Tandis qu'elle pose Hollande en partenaire principal d'Obama, zappant Angela Merkel à l'interface pourtant avec le président russe, notre ministre des Affaires étrangères s'est choisi un interlocuteur douteux qui est chef de gouvernement de transition et sans autre légitimité que la rue. Fabius ignore-t-il donc que le coup de force des nouveaux maîtres de Kiev trouve sa source officielle dans le refus du pouvoir légitime d'une association entre l'Ukraine et l'Union européenne? Et que la minorité qui a mis fin à la corruption du clan Ianoukovitch, d'une part, a pris le pouvoir par la force, et d'autre part ne fait déjà plus l'unanimité sur place Maïdan
A-t-il aussi échappé à Fabius que certains insurgés de Kiev sont soupçonnés de fascisme et que les habitants de Crimée viennent d'apprendre qu'ils pourraient se voir interdire la pratique du russe, langue officielle de cette république autonome? 

L'U.E. a plus à perdre qu'à gagner à une association avec l'Ukraine. 
Tandis que l'Allemagne continuerait à s'approvisionner en gaz et en pétrole russe, ses partenaires n'aurait que la facture d'une économie ukrainienne en ruine à y gagner.

Dans ce contexte, Fabius fait illusion à la télé 

Selon un sondage exclusif BVA paru ce dimanche dans Le Parisien-Aujourd'hui en France", Laurent Fabius fait impression sur les Français. 63 % des personnes sondées estiment qu'il est un bon ministre des Affaires étrangères. A gauche, ils sont même presque 9 sur 10 (88 %) à le penser. 
Les interventions au Mali et en Centrafrique ont donné beaucoup de visibilité à son ingérence: les Français sont pris dans le tourbillon de ses tours du monde mensuels. Le ministre continue sur sa lancée en Ukraine, sans que, à entendre les envoyés de la presse, les Français ne comprennent quoi que ce soit à une situation aussi lointaine que complexe. Peu concernés, ça ne dérange  donc pas 56 % des Français que Fabius fasse la mouche du coche à la lisière de l'Europe.

Avec 49 % des interrogés qui ont une mauvaise opinion de lui -contre 47% en ayant une bonne- parmi quinze  personnalités testées, on peut difficilement dire que Fabius, 5e  politique le plus populaire, est tellement devenu incontournable.
Nantes: les "factieux" sont-ils ceux que Valls désigne à la vindicte ?
BVA se satisfait de ...17% pour faire la promo de Lolo!
Au royaume des nuls, parmi les 15,  "il est même la deuxième de gauche la plus appréciée, derrière Manuel Valls (71% en octobre, donc avant sa baisse de popularité), mais devant Martine Aubry (46% en novembre) et loin devant Christiane Taubira (39% en février), politiquement beaucoup plus clivantes que lui", relève Eric Bonnet, directeur d’études BVA Opinion. Fabius émerge d'un lot des créatures ! Les sondés oscilleraient-ils vraiment entre les extrêmes du PS, Fabius étant marqué à sa gauche et Valls à sa droite. Une telle instabilité est-elle positive ?

Des sondages fait pour éclairer le jugement de l'amateur de l'Elysée

A 67 ans, le socialiste qui a connu de sérieux revers au cours de sa carrière.
Terrassé lors de la primaire socialiste de 2006 par une Ségolène Royal  elle même laminée à la présidentielle, Fabius renaît de ses cendres, profitant  de son image d'homme expérimenté dans les enquêtes d’opinion
A l’heure où l'on parle toujours "changement", le PS ressort un vieux routier cabossé de la politique. Ils sont nombreux dans la majorité à pousser à un changement de Premier ministre à l’issue des élections municipales, mais rares sont ceux qui ont l'envergure et le nom de Fabius sort du lot pour Matignon, comme garant de l'ancrage du président à gauche au moment où il fait du libéral socialisme. Fabius serait-il par conséquent meilleur à recoller les morceaux en France qu'en Ukraine? 

Avant le viol du "secret professionnel" des avocats, les Français préféraient encore Manuel Valls (31%), davantage que la ch'tite Aubry (18%) ou Laurent Fabius (17%). Mais celui-ci devance très nettement les victimes de la politique de Hollande:  Jean-Marc Ayrault (11%), Claude Bartolone (5%) et Michel Sapin (4%). Dans ce "classement des Premiers ministrables préférés", Laurent Fabius arrive donc en 3e position selon un échantillon de Français, mais en 4e position (14%) parmi les sympathisants de gauche, derrière Martine Aubry (37%), Manuel Valls (20%) et Jean-Marc Ayrault (17%), souligne BVA.

Son CV est pourtant chargé comme un casier judiciaire
Les Français voient surtout en Fabius un grand bourgeois "distant" (60%), " froid" (60%) et "opportuniste" (54%),  mais aussi un homme "compétent" (58%) et offrant une apparence "solide, ayant de l’autorité" (53%). 

Ils sont seulement une minorité à le trouver "charismatique" (26%), "sincère" (32%), "honnête" (38%) et "courageux" (42%), ils sont aussi quatre sur 10 à à le trouver "antipathique" (41%), "démagogique" (42%) et "arrogant" (45%). Ca fait envie !

Et encore, les Français ont la mémoire courte ! 

Lavage de cerveau oblige, les Français ont oblié qu'il est mêlé à la triste affaire du sang contaminé. Il paraît inconcevable que des sondés d'ici puisse le juger à la fois sincère, honnête et courageux. Pourquoi pas son fils Thomas aussi, pendant qu'ils y sont!
Il faut être âgé de moins de quarante ans, immigré ou inculte pour n'avoir pas vécu cette sale affaire des années Mitterrand. Des centaines de personnes ont été contaminées par le virus du sida ou de l'hépatite C à la suite d'une transfusion sanguine. Selon l'hebdomadaire "L'Événement du Jeudi" (ancêtre de Marianne), de 1984 à la fin de l'année 1985, le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a sciemment distribué à des hémophiles, des produits sanguins dont certains étaient contaminés par le virus du sida.  Le socialiste Laurent Fabius était premier ministre et les anciens ministres  Georgina Dufoix et Edmond Hervé ont comparu en 1999 devant la Cour de justice de la République pour "homicide involontaire". Cette cour a innocentée Georgina Dufoix et Laurent Fabius. 

Un retour en grâce manifestement organisé pour celui qui a connu des records d’impopularité. Hollande va-t-il lui donner carte blanche? 

 

dimanche 12 mai 2013

Déficit : le sursis de l'Europe à Hollande irrite Outre-Rhin

Les Allemands grondent contre le régime de faveurs de l'U.E. accordé à la gauche

Les deux partis de la coalition gouvernementale d’Angela Merkel, ont manifesté leur mécontentement 
quant au sursis accordé à la France par Bruxelles pour réduire ses déficits publics, dans l’hebdomadaire Focus à paraître dimanche.
"C’est le mauvais signal. Je ne constate pas que la France entreprenne des réformes. Allonger le délai, c’est simplement dire, continuez comme cela", a déclaré au journal allemand Michael Stübgen, responsable des questions européennes du groupe parlementaire conservateur (CDU et son parti frère bavarois CSU).

Steffen Seibert, le porte-parole du gouvernement allemand, est bridé. Il s'est montré beaucoup plus neutre, en apparence, qualifiant ce délai de "processus normal". "Nous sommes dans un processus européen (…) Le pacte de stabilité et de croissance permet dans certains cas précis de rallonger le délai pour ramener son déficit public en dessous des 3% du PIB, à condition que le pays concerné continue ses mesures de consolidation", avait-il dit.

Paris reçoit un avertissement 

Dans Focus, hebdomadaire d'information du groupe Burda, le secrétaire général de la CSU, Alexander Dobrindt, estime qu’il ne faut pas de "bonus spécial pour la politique d’échec" du président François Hollande.

L’expert en Finances des libéraux (FDP, petit partenaire des conservateurs de Merkel), Hermann-Otto Solms a appelé à une accélération des réformes. "Les Etats doivent faire leurs réformes aussi vite que possible, assainir leurs finances publiques et améliorer la compétitivité de leurs entreprises", a-t-il dit.

"
On voit maintenant où mène la mauvaise politique de la France. Un plus grand chômage, des impôts au plus haut, de faibles investissements et pas de croissance", a assené de son côté le secrétaire général du FDP, Patrick Döring.

L'UE s'est crue obligée d'accorder un sursis de deux ans à Paris, soit jusqu’en 2015, pour atteindre ses objectifs budgétaires alors que la Commission européenne table sur une récession cette année en France.
Elle prévoit même un dérapage de ses déficits contribuant à une hausse inquiétante du chômage.

dimanche 30 décembre 2012

Neuf mois de socialisme: désenchantement social et entourloupette de Saint-Nazaire

Peut-on attendre mieux du gouvernement en 2013 ?

Il y a ces media qui flagornent bassement et ceux qui dénoncent positivement






Le ressenti à gauche est inverse... 



Le Monde publie une carte de la blogosphère politique (ci-dessus), une liste noire des blogs politiquement incorrects. 
Dans la droite républicaine, ils sont 298, mais la droitosphère "pullule" (sic) de "multiples" blogs individuels ou collectifs: à gauche, la diversité politique n'est pas aussi bien vécue que la diversité ethnique ! Tout soumis qu'il soit, Le Monde attend davantage de débat chez les centristes, les écologistes ou à gauche (154+769+42). 

La gauchosphère doute plus que lorsqu'elle était dans l'opposition. Elle était à l'époque unie contre l'ancien président. Elle se découvre une opposition de gauche à François Hollande, mais se fige sur des convictions. Elle est composée de gauchistes sincères, soutiens du Front de Gauche ou d'ailleurs pour lesquels François Hollande n'était qu'un candidat par défaut. Fallait-il en attendre l' indulgence politique que les socialistes lui accordent. 

Père Noël existe, mais avez-vous rencontré l'enchanteur Hollande ?

Edouard Martin, le leader syndical de Florange, déchante. Il a écrit à François Hollande, un courrier publié par Libération le 27 décembre. Il souhaite que le président reconsidère la nationalisation temporaire. Il précise combien le site lui paraît rentable, et dénonce l'argumentaire déployé par le gouvernement pour justifier son accord avec Mittal: 
"Dire que Florange est une usine trop petite pour être rentable est faux. La plupart des usines continentales sont d’une taille voisine"; 

"
Dire qu’on fera Ulcos, c’est faux. On nous dira dans deux ans ce qu’on nous dit aujourd’hui : que les chercheurs n’ont pas trouvé"; 

"On fera 180 millions d’investissements ? C’est faux. (…) Ce montant contient les dépenses opérationnelles et de maintenance. Ce qui reste pour les investissements stratégiques est insuffisant". 
La vraie bonne nouvelle aurait pu être ce cadeau que les media nous vantent avec Moscovici: ils qualifient de "commande historique" le cadeau d'un milliard d'euros par l'américain Royal Caribbean International qui a commandé un paquebot géant aux chantiers navals de Saint-Nazaire. Le patron du site félicite le gouvernement, et surtout le ministre Moscovici qui a tout fait pour accélérer les procédures d'autorisation. 
Mais le concurrent finlandais dénonce l'interventionnisme du gouvernement, en dépit des règles européennes. Malaise donc, puisque Hollande avait fait de l'usine ArcelotMittal à Florange un symbole, à force de déplacements filmés et de fausses annonces. Alors le paquebot pour les rupins est-il cette victoire dont se targue la "gauche sociale" si le gouvernement socialo-écolo est coupable des fautes dont on l'accuse ? 
D'autant que, dans le même temps, Hollande s'est rendu en Algérie pour concrétiser un joli transfert de technologie de Renault. Pourvu qu'en conséquence le constructeur français n'annonce pas bientôt du chômage partiel sur ses sites hexagonaux. Pourvu que les Français ne soient pas amené à commander leur Clio à Alger...  


Cette fois-ci, le contrat est vraiment signé, mais l'affaire ne sera réelle que si l'option 2 pour un second marché vient rentabiliser le premier. Au-delà de l'exultation de la presse aux ordres, la contestation de la Finlande impose à Hollande ce profil bas que les media jugent vertueux.

"Ce contrat supérieur à 1 milliard d'euros représente plus de 10 millions d'heures de travail, réparties sur trois ans, pour les chantiers de l'Atlantique et [leurs] sous-traitants. Le paquebot sera livré mi-2016. Le contrat dispose également d'une option pour un second navire, à livrer au printemps 2018."
Lien Reuters titré : STX Finlande veut vérifier la légalité du contrat STX France "

Mise à jour le 30/12/12 à 17:30

STX Finlande veut vérifier la légalité du contrat STX France

Par AGENCE | 28/12 | 16:26Une


Le ministre finlandais de l'Economie a émis des doutes sur la manière dont les autorités françaises ont pu favoriser l'accord grâce à d'éventuelles aides d'Etat.

Le gouvernement finlandais, dont les chantiers navals étaient en concurrence avec ceux de Saint-Nazaire pour la construction d'un paquebot géant, a annoncé vendredi qu'il allait demander à la Commission européenne de vérifier si les règles de concurrence ont été respectées après que STX France eut remporté le contrat.
L'armateur Royal Caribbean Cruise Line a signé jeudi ce contrat de plus de 1 milliard d'euros qui permet à STX France, détenu majoritairement par une filiale du constructeur naval sud-coréen STX Shipbuilding, d'envisager avec optimiste l'avenir de son site nantais. La compagnie américaine a en effet commandé un paquebot géant de type «oasis» aux chantiers navals STX France, livrable mi-2016, ainsi qu'une option pour un second navire livrable mi-2018.

Aides d'Etat


Le ministre finlandais de l'Economie, Jan Vapaavuori, a émis des doutes vendredi sur la manière dont les autorités françaises, qui détiennent 33% de STX France, ont pu favoriser l'accord grâce à d'éventuelles aides d'Etat. « Il est clair que nous allons prendre langue à la fois avec la Commission européenne et avec l'Etat français pour nous assurer qu'ils n'ont pas utilisé des aides d'Etat interdites », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Jan Vapaavuori affirme que le constructeur sud-coréen a demandé à la Finlande un prêt de 50 millions d'euros pour octroyer le contrat d'un milliard d'euros aux chantiers navals de Turku mais qu'Helsinki n'a pas pu aller au-delà de 28 millions d'euros sans violer les règles de concurrence de l'UE.

Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a assuré vendredi que son gouvernement avait multiplié les contacts avec STX pour remporter le contrat, lui-même ayant reçu le président de l'entreprise sud-coréenne il y a huit jours environ.

Petit problème subalterne auto-censuré par les pourvoyeurs d'opium du peuple
En attendant que Pierre Moscovici et Nicole Bricq progressent en fair-play européen, la Finlande, membre de l'Union européenne depuis 1995, pourrait cette fois bénéficier de cette équité tellement vantée ici et là.





samedi 8 septembre 2012

BCE: hostilité au plan anti-crise Draghi-Hollande de la planche à billets

Le plan anti-crise de la Banque Centrale Européenne est mal accueilli


L’idée de Mario Draghi, président de la BCE - soutenue par François Hollande - de racheter la dette des pays en difficulté dans la zone euro est très mal accueilli.


L'Expansion écrivait pourtant que " le gros des acteurs des milieux financiers et bancaires ont salué la mise en place de ce " pare-feu illimité ", c'est-à-dire l'annonce de l'achat par la BCE de dettes publiques des pays européens en difficulté et ce, sous conditions, mais sans limitation de volume." 

Ce magazine économique du groupe L'Express accusait même les conservateurs d'opposition à la politique de la planche à billets ! Il rapportait ainsi que seul le président de la Bundesbank s'est insurgé contre la décision. Il pointait aussi le président des Caisses d'épargne Georg Fahrenschon, "probablement l'un des seuls banquiers déçus du pays" qui déclara : " L'achat d'obligations est la mauvaise voie, car il sape la motivation des pays fortement endettés de faire des économies et d'assainir leur budget. La BCE ne doit pas jouer le rôle d'un ersatz de gouvernement ". 
Mais il notait enfin que, "de son côté, un groupe de députés du parti libéral a publié un texte contre cette voie qui mène vers " une union européenne de l'inflation et l'emploi de la planche à billet pour le financement des Etats "".

Il faut pourtant bien réaliser que M. Draghi prend le risque de faire marcher la planche à billets
Les paniers percés de l'Europe - dont François Hollande - applaudissent, mais adoucir la situation budgétaire des pays les plus mal en point doit-il être l'objectif premier de la BCE ? De facto, elle va créer un droit des pays en difficulté à recevoir une aide illimitée de l'Union européenne, un chèque en blanc. 
Ce faisant, le banquier central italien rend la politique monétaire européenne dépendante de la politique budgétaire des Etats. Ce qui ouvre la voie à la création d'un gouffre financier sans fin et à l'inflation, un phénomène que les Allemands craignent plus que tout. Angela Merkel doit faire face à une opinion publique majoritairement hostile à tout effort financier supplémentaire et à tout transfert supplémentaire de prérogatives nationales au niveau européen.

Les états demandent à voir !

En Espagne, on indique que la décision de demander cette aide ou non dépendra des conditions de la BCE.
La BCE a fait exactement ce qu’il fallait, estime Daniel Gros, du Centre d’Etude de Politique Européenne. Elle a dit que la responsabilité d’aider un pays ou pas était celle des ministres des Finances, c’est à dire du futur Mécanisme Européen de Stabilité. Si les ministres européens des Finances décident d’aider un pays, laBCE sera là pour le faire avec des liquidités. C’est exactement son rôle. Ni plus ni moins”.

En Allemagne, Angela Merkel en campagne a dû défendre toute la journée le plan de laBCE face à une classe politique allemande et une presse déchaînées et qui parlent déjà de “chèque en blanc”.


Le président de l’Union européenne Herman Van Rompuy a, lui, estimé que la BCE avait offert une réponse “efficace” à la crise de l’Euro.
En fait la Banque Centrale européenne n’a pas pris de nouvelle décision, selon Daniel Gros. Elle a juste précisé et renforcé ce que Mario Draghi avait déjà dit. Nous voyons que cet ensemble est un projet plutôt convaincant et je pense que c’est pourquoi les marchés ont réagi positivement”.

Les marchés financiers européens s'alarment

L’euphorie qui a suivi immédiatement l’annonce du plan de laBCE est quelque peu retombée ce vendredi… Les bourses de la zone euro ont quand-même terminé la semaine sur une nouvelle séance de hausse.

mercredi 29 août 2012

"On ne peut pas être au gouvernement et dans l'opposition en même temps", objecte D. Cohn-Bendit

L'eurodéputé franco-allemand appelle les ministres EELV à choisir

On ne peut avoir un pied dedans, un pied dehors
 

La duplicité,
spécialité de Cécile Duflot,
comploteuse avec Aubry
contre Joly et le nucléaire


Si EELV n'est "plus d'accord avec le gouvernement", il serait "normal" que les ministres écologistes en sortent, a soutenu l'écologiste Daniel Cohn Bendit mercredi sur Canal +, affirmant qu'on ne peut "pas être au gouvernement et à l'opposition en même temps".
A la ministre EELV du Logement Cécile Duflot qui a avoué la semaine dernière qu'elle porte désormais "une muselière" lui permettant "un petit peu de l'ouvrir", D. Cohn Bendit a répondu que c'était "bien" qu'Europe Ecologie-Les Verts ait décidé "d'aller au gouvernement".
EELV "a choisi avec raison de faire un certain travail et donc elle est dans un gouvernement. A partir du moment où elle (EELV) n'est plus d'accord avec le gouvernement, c'est tout aussi possible et normal qu'on sorte du gouvernement", a-t-il dit.
"On ne peut pas être au gouvernement et à l'opposition en même temps", a-t-il ajouté, reconnaissant que la remarque de Mme Duflot n'est "pas très malin".
"Elle a le droit d'expliquer la politique du gouvernement comme elle le veut", a-t-il pour autant estimé.

Ensuite,
 sur les "réformes à faire" pour l'Europe, l'eurodéputé " attend le gouvernement au tournant".


Enfin, 
Cohn Bendit a estimé que les démantèlements de camps de Rom depuis l'été sont "mal fait" 

"Ce qui s'est passé là, c'est quelque chose qui a été mal géré".
"C'est pas comme Claude Guéant [ancien ministre de l'Intérieur] parce que (Manuel) Valls n'est pas Guéant. Mais ça part de la même logique", a-t-il ajouté.
"Il faut proposer des alternatives. [Lesquelles ?] Un camp de Rom dans des conditions sanitaires impossibles, c'est pas bien. Un camp de Roms qu'on démantèle sans qu'on donne des alternatives aux gens, c'est pas bien", a-t-il insisté, en termes moraux.


En attendant, un camp de Rom est évacué chaque jour

Le gouvernement socialiste déplace les problèmes, plutôt que de les régler:
 
il fait de vagues propositions d'hébergement dans des communes limitrophes.


Lundi 27 août
,  à Evry, ville dirigée jusqu'en juin par le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, s'est déroulée l'expulsion d'un campement occupé par plus de 70 Rom;

Or, ce 
jour-là, Cécile Duflot, la ministre du Logement - et des solutions alternatives de relogement ? - a botté en touche,  en réaction à la stigmatisation des Rom d'Evry, rappelant que la circulaire ne s'appliquait qu'à partir du lendemain, mardi...


Politique socialiste de la carotte et du bâton
 
A l’issue d’une réunion à Matignon mercredi 29, le gouvernement a annoncé  cette circulaire d'assouplissement des conditions d’embauche des Roumains et Bulgares, principales nationalités de Rom. Parallèlement, le gouvernement a réaffirmé une logique de "fermeté", qui a suscité comme un malaise au sein de la gauche.
Pourtant, momentanément libérée de sa "muselière", l’ancienne secrétaire nationale d’Europe Ecologie-les Verts (EE-LV) s'est flattée: "Cette circulaire est le résultat d’un travail en commun" !


Et hier mercredi, la police a démantelé des campements à Stains (PCF, Seine-Saint-Denis), où vivaient environ 500 personnescomme si de rien n'était, alors que Cécile Duflot avait repassé sa muselière;
- il y a deux jours, mardi 28 août, une opération de police assura le démantèlement d'un campement à Saint-Priest (PS), dans le Grand Lyon visant 121 personnes, dont 74 adultes et 47 mineurs, selon la préfecture, mais le campement aurait accueilli près de 180 personnes ces derniers jours;
- pendant le week-end, une centaine de Rom ont également été expulsés à Massy, dans l'Essonne, pour devancer une procédure d'expulsion d'un terrain dont le ministère de l'Intérieur est propriétaire;
dans la soirée du dimanche 26, neuf familles de Rom avaient déjà été évacuées d'un immeuble qu'elles squattaient dans le 7e arrondissement de Lyon (PS); 
- Précédemment, c'était dans la communauté urbaine de Lille (PS), sur le territoire de la Ch'tite Brochen-Aubry, premier secrétaire du PS !


Aujourd'hui jeudi, un camp rom d'une cinquantaine de personnes originaires de Roumanie et de Bulgarie, hors espace Schengen, est en cours d'évacuation à Créteil (PS); 

Et la "concertation" et la "cohérence", alors ?

"Les expulsions sans solution durable ne règlent pas les choses" et "précarisent encore un peu plus les familles", ont reconnu la mairie de Stains et la communauté d'agglomération de Plaine Commune, regroupant 8 communes. 
Pour Grégoire Cousin, de l'association 'European roma rights center', "en Seine-Saint-Denis [le département présidé par Cloclo Bartolone, celui qui est devenu président du Sénat, il y a des expulsions très régulières". Au moins une tous les dix jours."

La commissaire chargée de la Justice, Viviane Reding, a précisé attendre des mesures concrètes.

Il fut un temps où le journal socialiste titrait : "En région parisienne, la chasse aux Roms aggrave leurs conditions de santé ", une page facheusement devenue inaccessible...