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samedi 24 mai 2014

Ukraine: comment le scrutin serait-il plus légal à l'Ouest qu'à l'Est ?

En plein conflit, les électeurs se détermineront sous la pression de la ruine de leur économie

Les pays occidentaux, dont l'Europe et la France, ont fait du "
roi du chocolat" leur champion. 
Le milliardaire, candidat des Occidentaux,
prochain président annoncé de l'Ukraine
Le milliardaire Petro Porochenko serait un candidat de compromis qui pourrait convenir à une partie des gens de l’Est du pays, assure la sociologue Irina Bekechkina, témoin choisi par le journal socialiste Le Monde et le site socialiste Huffington Post. Cette Ukrainienne est tellement indépendante qu'elle raconte avoir rencontré des habitants de Kiev qui s'exprimaient en russe et qui sont passés à l'ukrainien en signe de protestation contre l'intervention russe... On peut aussi prétendre l'inverse en citant des opposants à Kiev habitant Lviv qui ont décidé fin février de passer au russe le temps d'une journée ! A la vérité, selon les études, seulement 1% de la population ne comprend pas l'ukrainien et 1% ne comprend pas le russe, souligne Mme Bekechkina. 
Le clivage linguistique entre le russe et l'ukrainien est donc artificiel et exploité en signe d'appartenance. Mais le floutage est en revanche réel. Le Monde, ni le Huffington Post passent d'ailleurs sur certains détails qui desservent leur thèse. Ainsi, originaire de l'est russophone et qualifié d'"homme de Moscou", le président déchu Viktor Ianoukovitch s'est-il efforcé d'améliorer sa maîtrise de l'ukrainien pour être le président de tous. Pareillement, l'ex-Premier ministre pro-occidentale Ioulia Timochenko, aux accents volontiers nationalistes, est -contrairement aux apparences- elle aussi originaire de l'est russophone.

Obama, Hollande et Fabius soutiennent un ploutocrate
Le candidat des socio-démocrates  occidentaux est un capitaliste 
Petro Porochenko fut ministre des Affaires étrangères de Viktor Iouchtchenko, tandis que Ioulia Tymochenko, femme d'affaires de l'industrie gazière, était premier ministre: c'est dire l'importance du changement attendu à Kiev par Obama et l'Union européenne. Ni Le Monde, ni le HuffPost ne précise que le candidat de Fabius et Hollande est en fait un capitaliste Porochenko ne détient pas seulement le monopole de la confiserie en Ukraine, mais le favori de l'Europe libérale dénoncée par les socialistes possède surtout plusieurs sites de production d'automobiles et d'autobus, le chantier naval Leninska Kuznya, la chaîne de télévision 5 Kanal et le magazine Korrespondent. Le magazine Forbes estime sa fortune à 1,6 milliard de dollars.

Les Ukrainiens votent dimanche pour la présidentielle, dans le chaos

Des combats se déroulent pendant le vote
Nos media pointent des "attaques meurtrières" de "rebelles pro-russes" contre l' "armée régulière". Pour tout dire, le climat s'est effectivement alourdi, mais les vertueux qui traitent la foule des "séparatistes" russo-phones de rebelles, mais qualifient de "régulière" une armée levée par les insurgés du Maïdan à Kiev, où le pouvoir transitoire n'a aucune légitimité. 
Les élections ukrainiennes du 25 mai visent en effet à donner un pouvoir légitime à l'Ukraine divisée depuis février 2014, quand des batailles de rue s'engagèrent entre les manifestants de l'opposition et les forces de sécurité, incluant des snipers, qui tiraient à balles réelles et firent des centaines de blessés et des dizaines de morts. Le pouvoir du président Ianoukovitch en place à Kiev fut renversé par les insurgés pro-occidentaux qui s'étaient emparés de la rue dans la nuit du 21 au 22 février.
Depuis, les puissances occidentales soutiennent un pouvoir insurrectionnel qui cherche à sauver l'économie en ruines de l'Ukraine en se tournant vers l'Union européenne. Dans cette lutte d'influence contre la Russie de Poutine, l'Union européenne risque d'imposer un nouveau fardeau  à ses populations elles-mêmes en prise avec la crise.
Les USA du démocrate Obama sont accusés d'ingérence armée 
"Quelque 400 membres des commandos d'une compagnie de sécurité privée auraient été déployés en Ukraine dans le cadre de l'opération qualifiée "d'anti-terroriste" par Kiev, selon Bild am Sonntag. Le journal allemand relie ces mercenaires à la défunte société de sécurité privée Blackwater," relaie La Tribune.

Les occidentaux ont décidé que le scrutin sera légal, quoi qu'il arrive
Près de deux millions d'électeurs pourraient avoir du mal à voter. 36 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour la présidentielle et pour assurer sa tenue, Kiev a déployé 55.000 policiers et 20.000 volontaires.
Mais à quarante-huit heures d'une élection présidentielle censée rétablir l'ordre dans un pays en proie à une guerre civile larvée, les affrontements, ponctuels mais meurtriers, se multipliaient dans l'est de l'Ukraine, avec notamment la présence de "milices" pro-ukrainiennes venues en découdre avec les séparatistes, rapporte Le Monde, avec des photos de militaires exclusivement ...pro-russes à l'appui.  
Le quotidien Le Monde se félicite de combats - à 24h du scrutin - opposant des miliciens pro-russes et, "pour la première fois" depuis le début de "la reconquête" (par un pouvoir illégitime !) du "front de l'Est" par l'armée ukrainienne, des hommes armés se réclamant du bataillon Donbass, une "milice pro-ukrainienne", dans la région de Donetsk. Une vingtaine de ces agresseurs ont attaqué un barrage pro-russe près du village de Karlivka, à 25 km à l'ouest de la capitale régionale. Des membres du groupe ultranationaliste Pravyi Sektor étaient également présents dans les alentours, et affirment avoir pris part aux combats.
Le ministre des Affaires étrangères de Hollande n'y voit pas d'obstacle
Lundi à Pékin, Laurent Fabius a estimé qu'"il serait "très difficilement admissible" que l'on s'oppose de l'extérieur à l'élection présidentielle en Ukraine dimanche, seule issue démocratique au "vide politique" dans le pays.
Les mêmes qui dénoncèrent les conditions du vote d'auto-détermination de deux régions russophones de l'Est de l'Ukraine
,
à la suite de la demande de la Crimée de son rattachement à le Russie, sont aujourd'hui moins regardant sur le respect des conditions légales du déroulement du scrutin. 
Fabius crache d'ailleurs toujours son fiel, se livrant à l'un de ses parallèles douteux que la presse qualifie pourtant volontiers d'analyse.  "Les Russes sont dans une situation peut-être un petit peu paradoxale, pour employer un mot neutre [sic], car il est assez difficile de soutenir --ce qu'ils ne font pas d'ailleurs-- [quelle est la motivation malsaine de cette élucubration fétide ?] que l'élection en Ukraine serait illégitime, alors que celle en Syrie ne le serait pas", a souligné le ministre français des Affaires étrangères en précisant qu'en Syrie, contrairement à l'Ukraine, "on sait (à l'avance) qui est le vainqueur" du scrutin.
Or, lors d'une visite dans le Caucase, le président François Hollande,  avec un parti-pris atlantiste, avait par avance déclaré "nul et non avenu" le référendum organisé par les séparatistes, estimant que la seule élection qui vaudrait à ses yeux serait la présidentielle du 25 mai...

A Kiev le président par intérim, Olexandre Tourtchinov, a appelé "chacun" des Ukrainiens à se rendre aux urnes pour donner "un pouvoir légitime" [!] à leur pays et à Saint-Pétersbourg Poutine a déclaré vendredi qu'il respecterait le "choix du peuple ukrainien" dimanche et travaillerait avec le chef de l'Etat élu. "En principe, en vertu de la Constitution, il ne peut y avoir d'élection car le président (Viktor) Ianoukovitch (...) est le président en exercice", a déclaré vladimir Poutine.  Mais "nous voulons nous aussi qu'en fin de compte le calme revienne (en Ukraine), nous allons respecter le choix du peuple ukrainien", a-t-il ajouté, assurant que Moscou "travaillerait avec les nouvelles autorités".

   

dimanche 11 mai 2014

Ukraine: petit rappel des faits à l'heure du vote des habitants de l'Est

Référendum d'autodétermination dans l'Est de l'Ukraine: indépendance ou fédéralisme ?
"Le référendum sur l'indépendance, organisé par les séparatistes pro-russes", 
s'est ouvert comme prévu, ce dimanche, dans l'Est de l'Ukraine", écrit la très "conservatrice" agence de presse française qui dramatise, n'envisageant pas un vote négatif et participe à la désinformation généralisée par les pays occidentaux, dits démocratiques. En effet, le référendum a lieu dans seulement deux régions frontalières de la Russie, puisque la Crimée s'est déjà prononcée en faveur de la Russie, et laisse évidemment le choix d'approuver (ou non) l'indépendance, ainsi qu'un éventuel fédéralisme de l'Ukraine, ou de s'abstenir. 

"
Le référendum organisé par les séparatistes pro-russes dans l'Est de l'Ukraine sur l'indépendance des deux régions qu'ils contrôlent s'est ouvert dimanche", continue ce journal.
Le quotidien socialiste Le Monde reconnaît un "enthousiasme populaire" pour ce référendum, ce qui implique que ce vote est légitime, mais s'entête également à qualifier de "séparatistes" les victimes de "Kiev", comme dit pudiquement l'AFP, admettant qu'il est "impossible de discuter avec le gouvernement ukrainien quand celui-ci mène "une guerre et un génocide" contre les populations de l’Est.
Ces interprétations contiennent un nombre extravagant de mensonges dans les termes. Dans la forme donc,     Sur le fond, en vérité, le référendum incriminé ne pose pas  la question unique et abrupte de l'indépendance: trois options
VOIR et ENTENDRE le journaliste Pierre Lorrain, consultant de BFMTV qui présente les cas de figure:

Plus de sept millions d'Ukrainiens de l'Est sont appelés à voter pour décider du sort des régions de Donetsk et Lougantsk
, ce qui pourrait déboucher sur la sécession de cette partie du pays. "Cette consultation aux conséquences potentiellement historiques est considérée comme illégale par Kiev et la communauté internationale".  Les Occidentaux s'ingèrent sans aucune légitimité dans un conflit interne étranger: depuis Washington, l'Américain Obama continue de jouer les "gendarmes du monde", tout métis et démocrate soit-il, et son valet Hollande opine, pour exister à l'international, faute de réflexion et de politique indépendantes. 
Pourtant, ce soutien constitue un conflit d'intérêts puisque "Kiev" est ouvertement pro-occidental et souhaite à terme intégrer l'Union européenne. Pour les Européens, la question serait de savoir avant toute chose si notre intérêt bien compris est de supporter une Ukraine dont l'économie est dévastée. L'Union européenne a-t-elle les moyens politique  et économique d'un tel nouveau fardeau? 
La consultation se déroule en outre "sur fonds de nouveaux combats entre l'armée ukrainienne et les rebelles" qui assiègent depuis plusieurs semaines la ville de Slaviansk, où l'on vote aussi.

Hollande reçoit les insurgés de Kiev
à l'Elysée
La presse aux ordres de l'Elysée travestit la réalité historique.
Les séparatistes sont maintenant qualifiés de "rebelles"... Il convient donc d'inlassablement rappeler aux journalistes à bac+5, d'une part que Kiev est un gouvernement insurrectionnel et transitoire installé par la rue et, d'autre part, que,  dans ce conflit, les rebelles ne sont pas les "séparatistes". L'AFP aux ordres de l'Elysée opère donc un "retournement" non pas économique, pour le coup, mais intellectuel. Ainsi, en soutenant des régimes à potentiel totalitaire, les politiques et les media réitèrent en Europe l'expérience souvent désastreuse des "printemps arabes" qui portent atteinte aux libertés fondamentales des populations qu'ils prétendaient libérer.

Détail de l'Histoire pour les "ingérents" occidentaux. 
Quand en 1944, l'Armée rouge annexa la plus grande partie de l'Ukraine, le indépendantistes étaient essentiellement situés dans les régions ouest et le contentieux reste vif avec l'ex-Union soviétique: ils poursuivent aujourd'hui leur résistance armée contre la Russie. À la fin du conflit, le bilan des pertes ukrainiennes est de 8 millions de morts dont 1,377 million de militaires.

La dernière élection présidentielle remonte à dix ans

Alors que la présidence était assurée par Leonid Koutchma, un ancien apparatchik du Parti communiste, considéré comme corrompu et lié aux groupes mafieux, la dernière élection présidentielle a eu lieu en octobre et novembre 2004. Suite à des soupçons de fraude et à la pression populaire, plus ou moins spontanée, de la Révolution orange, la Cour suprême a annulé le résultat du second tour qui donnait vainqueur l'ancien Premier ministre Viktor Ianoukovytch sur Viktor Iouchtchenko. C'est ce dernier, jouant la carte de l'Europe et du libéralisme, qui emporta bien que son adversaire ait maintenu ses solides positions dans l'Est et le sud du pays russophones et russophiles. Viktor Iouchtchenko  désigna alors premier ministre Ioulia Tymochenko, femme d'affaires entrée en politique du temps du président Koutchma. Sur fond de corruption, le 8 septembre 2005 le président Viktor Iouchtchenko limogea le gouvernement de Ioulia Tymochenko. A travers plusieurs élections, il apparaît clairement une préférence pour les candidats pro-européens en Ukraine du nord-ouest proche de la Pologne, et pour les candidats pro-russes en Ukraine russophone du sud-est délivrée de la domination turco-tatare par les cosaques et la Russie.

Les bulletins à la vue de tous


"A Donetsk, principale ville de la région, avec un million d'habitants, "quelques feuilles" sont accrochées avec le mot référendum [...] juste en dessous du drapeau de la République de Donetsk, 'autoproclamée' par les 'rebelles', bleu et rouge avec l'aigle bicéphale. A l'intérieur de l'école, deux grandes urnes transparentes sont déposées à même le sol [Le scrutin n'étant pas alors ouvert, pourrait-on préciser]. Une dizaine de personnes sont déjà là pour encadrer le vote, de grandes listes électorales à la main." 
Si les organisateurs du vote sont des séparatistes, ce ne sont pas des rebelles.
Les rebelles sont à Kiev. Depuis novembre 2004, Kiev est le centre d'une vaste campagne de protestation pacifique appelée Révolution orange, opposée au pouvoir légitime. En janvier 2014, des barricades furent érigées et de nombreux manifestants furent blessés par des cocktails Molotov. Ils affrontèrent  la police, réclama  la démission du Président Ianoukovitch faisant plusieurs centaines de blessés ou de morts. 
Fin janvier 2014, la contestation débutée à Kiev rencontra l'opposition des pro-russes qui refusaient d'être entraînés dans le chaos. "Je suis pour la paix et le calme et c'est pour cela que je suis venue voter", affirme Svetlana, médecin de 55 ans, qui dépose son bulletin dans l'urne en même temps qu'une femme et sa fillette "sortant du même isoloir", insinue le journaliste. Une fois le bulletin dans l'urne transparente, chacun peut sans difficulté lire le choix du votant, les bulletins n'étant pas placés sous enveloppes.
"Nous venons nous battre pour nos droits et devenir indépendants. Nous sommes heureux qu'on nous donne le droit de nous exprimer. Si nous devenons indépendants, ce sera dur au début, mais ce sera toujours mieux que d'être avec des fascistes", affirme Tatiana, 35 ans, fleuriste. Les "fascistes", pour les séparatistes russophones de l'Est de l'Ukraine, sont les autoritéspro-européennes du gouvernement autoproclamé et illégitime de Kiev, qui s'est installé au pouvoir après la contestation qui a renversé en février le président Viktor Ianoukovitch, un proche de Moscou, accusent les rebelles et les Occidentaux qui ont l'initiative du risque d'un retour à la "guerre froide".
Combats à Slaviansk

A l'approche de l'ouverture du scrutin,
les rebelles pro-occidentaux ont lancé une offensive contre Slaviansk dimanche dernier, car la ville est un
bastion des insurgés pro-russes encerclé par les forces ukrainiennes responsables début mai d'une vaste opération militaire. De nombreuses et très fortes détonations ont ainsi retenti en début de matinée. Après des tirs nourris pendant une grande partie de la nuit, les affrontements ont recommencé dans le village d'Andriïvka, sur la "ligne de front", à l'entrée sud de cette cité de 110.000 habitants encerclée par les forces ukrainiennes qui y ont déclenché depuis début mai une vaste opération "antiterroriste"... 

L'offensive de Kiev a fait une trentaine de victimes à Slaviansk
Mais Un commandant de l'OTAN accuse Poutine de chercher le "chaos". La crainte de Kiev et des Occidentaux est de voir se reproduire dans l'Est de l'Ukraine un scénario similaire à celui qui a abouti en mars au rattachement de la Crimée russo-phone à la Russie, après un référendum contesté par les Occidentaux qui ont des vues sur l'Ukraine et des intérêts économiques à la maîtrise du gaz: la presse dénonce la pire crise diplomatique entre Occident et Russie depuis la fin de la Guerre froide. Les Etats-Unis ont d'ores et déjà réaffirmé qu'ils ne reconnaîtront pas le résultat de ces référendums populaires. Avant même qu'ils aient eu lieu, ils les ont déclarés "illégaux en vertu du droit ukrainien et (qui) sont une tentative pour créer des divisions et des troubles", mais surtout en vertu de leur rivalité avec la Russie.

Le part-pris de la presse hexagonale
Le Monde publie des commentaires partisans d'illustres inconnus. "Ce scrutin organisé en quelques jours ressemblera à un coup de force", affirme le journaliste Benoît Vitkine dont la compétence reste à démontrer quand les envoyés spéciaux commentent les dépêches d'agences depuis leurs chambres d'hôtels. Comme ses confrères, il prétend "comprendre" mieux que quiconque et observe à la télévision que des hommes armés sont partout, que trois photocopieuses impriment des cartons entiers de bulletins, comme si c'était en soi une preuve de tricherie, et que des " volontaires" venus de toute la région pour charger ces cartons dans des voitures et convoyer les bulletins jusqu’aux chefs-lieux des différents districts de la région. En quoi est-ce illégal? "Même topo à Lougansk", écrit-il de manière tendancieuse. 

Hollande et Merkel jugent "illégaux" les référendums démocratiques et populaires prévus dans l'est du pays


Consulter le peuple est devenu critiquable pour François Hollande et Angela Merkel qui ont pris parti sur le conflit ukrainien. Dans un texte commun, ils ont à nouveau montré leurs biscoteaux mous, menaçant vaguement Moscou de "conséquences", en cas de non tenue des élections présidentielles en Ukraine.

Hollande et Merkel en écho aux insurgés
"Kiev" a qualifié dimanche le référendum pour l'"indépendance" dans l'Est de l'Ukraine de "farce criminelle" financée par le Kremlin, dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. 

"Le référendum du 11 mai inspiré, organisé et financé par le Kremlin est juridiquement nul et n'aura aucune conséquence juridique pour l'intégrité territoriale de l'Ukraine", souligne le ministère. "Les organisateurs de cette farce criminelle ont violé la Constitution et les lois ukrainiennes".

Depuis son forcing sur le mariage homosexuel, on sait en France que Hollande n'est pas favorable aux référendums démocratiques. Il se contente d'anaphores et de promesses floues de débat et de dialogue et autres concertations... 


Quand les Occidentaux ne traitaient pas les référendums de "farces illégales"
En 1990, au lendemain de la chute du Mur de Berlin, la légalité du référendum d'autodétermination de l'Ukraine ne fut pas contestée par les maîtres américains du monde. La libéralisation du régime soviétique et la libération des détenus politiques datait seulement de 1989 mais permit aux Ukrainiens de s'organiser pour défendre leurs droits à la souveraineté (Mouvement national ukrainien, Roukh, en 1989. Lors des élections de mars 1990, les partis ukrainiens du bloc démocratique obtinrent alors environ 25 % des sièges au Parlement. En juillet, sous l'influence des députés démocrates, le Parlement adopta la Déclaration sur la souveraineté politique de la République d'Ukraine, premier pas vers l'indépendance complète de l'Ukraine, proclamée en août 1991 et confirmée par le ...référendum du 1er décembre 1991 : 90,5 % d'électeurs votent en faveur de l'indépendance. 

Le bloc occidental ne trouva rien à redire. Le journal L'Humanité, peut-être.
L'organe du PCF n'a pas la même analyse que l'AFP soumise à l'Elysée et  la presse paresseuse et dépendante de l'agence. Il parle d' "un référendum d'auto-détermination, maintenu malgré les appels au report et à l’apaisement de la Russie. Les violences ont repris dès les premières heures du vote autour de Slaviansk, où la présence de mercenaires américains a été confirmée." 
La farce serait donc réelle, mais la comédie que jouent les occidentaux et leur presse pourrait virer à la tragédie. 

dimanche 9 mars 2014

Sondages: Fabius démontre que plus on s'agite, plus on monte !

L'important n'est pas d'être honnête, mais vu...

Le patron de notre diplomatie soutient les insurgés d'Ukraine !

Mais, dans le même temps, en France, il cherche à être le Premier ministre légitime...
Les Français se font actuellement laver le cerveau par la presse gouvernementale qui reprend les éléments de langage Fabius via l'AFP sur le conflit ukrainien. Tandis qu'elle pose Hollande en partenaire principal d'Obama, zappant Angela Merkel à l'interface pourtant avec le président russe, notre ministre des Affaires étrangères s'est choisi un interlocuteur douteux qui est chef de gouvernement de transition et sans autre légitimité que la rue. Fabius ignore-t-il donc que le coup de force des nouveaux maîtres de Kiev trouve sa source officielle dans le refus du pouvoir légitime d'une association entre l'Ukraine et l'Union européenne? Et que la minorité qui a mis fin à la corruption du clan Ianoukovitch, d'une part, a pris le pouvoir par la force, et d'autre part ne fait déjà plus l'unanimité sur place Maïdan? 
A-t-il aussi échappé à Fabius que certains insurgés de Kiev sont soupçonnés de fascisme et que les habitants de Crimée viennent d'apprendre qu'ils pourraient se voir interdire la pratique du russe, langue officielle de cette république autonome? 

L'U.E. a plus à perdre qu'à gagner à une association avec l'Ukraine. 
Tandis que l'Allemagne continuerait à s'approvisionner en gaz et en pétrole russe, ses partenaires n'aurait que la facture d'une économie ukrainienne en ruine à y gagner.

Dans ce contexte, Fabius fait illusion à la télé 

Selon un sondage exclusif BVA paru ce dimanche dans Le Parisien-Aujourd'hui en France", Laurent Fabius fait impression sur les Français. 63 % des personnes sondées estiment qu'il est un bon ministre des Affaires étrangères. A gauche, ils sont même presque 9 sur 10 (88 %) à le penser. 
Les interventions au Mali et en Centrafrique ont donné beaucoup de visibilité à son ingérence: les Français sont pris dans le tourbillon de ses tours du monde mensuels. Le ministre continue sur sa lancée en Ukraine, sans que, à entendre les envoyés de la presse, les Français ne comprennent quoi que ce soit à une situation aussi lointaine que complexe. Peu concernés, ça ne dérange  donc pas 56 % des Français que Fabius fasse la mouche du coche à la lisière de l'Europe.

Avec 49 % des interrogés qui ont une mauvaise opinion de lui -contre 47% en ayant une bonne- parmi quinze  personnalités testées, on peut difficilement dire que Fabius, 5e  politique le plus populaire, est tellement devenu incontournable.
Nantes: les "factieux" sont-ils ceux que Valls désigne à la vindicte ?
BVA se satisfait de ...17% pour faire la promo de Lolo!
Au royaume des nuls, parmi les 15,  "il est même la deuxième de gauche la plus appréciée, derrière Manuel Valls (71% en octobre, donc avant sa baisse de popularité), mais devant Martine Aubry (46% en novembre) et loin devant Christiane Taubira (39% en février), politiquement beaucoup plus clivantes que lui", relève Eric Bonnet, directeur d’études BVA Opinion. Fabius émerge d'un lot des créatures ! Les sondés oscilleraient-ils vraiment entre les extrêmes du PS, Fabius étant marqué à sa gauche et Valls à sa droite. Une telle instabilité est-elle positive ?

Des sondages fait pour éclairer le jugement de l'amateur de l'Elysée

A 67 ans, le socialiste qui a connu de sérieux revers au cours de sa carrière.
Terrassé lors de la primaire socialiste de 2006 par une Ségolène Royal  elle même laminée à la présidentielle, Fabius renaît de ses cendres, profitant  de son image d'homme expérimenté dans les enquêtes d’opinion. 
A l’heure où l'on parle toujours "changement", le PS ressort un vieux routier cabossé de la politique. Ils sont nombreux dans la majorité à pousser à un changement de Premier ministre à l’issue des élections municipales, mais rares sont ceux qui ont l'envergure et le nom de Fabius sort du lot pour Matignon, comme garant de l'ancrage du président à gauche au moment où il fait du libéral socialisme. Fabius serait-il par conséquent meilleur à recoller les morceaux en France qu'en Ukraine? 

Avant le viol du "secret professionnel" des avocats, les Français préféraient encore Manuel Valls (31%), davantage que la ch'tite Aubry (18%) ou Laurent Fabius (17%). Mais celui-ci devance très nettement les victimes de la politique de Hollande:  Jean-Marc Ayrault (11%), Claude Bartolone (5%) et Michel Sapin (4%). Dans ce "classement des Premiers ministrables préférés", Laurent Fabius arrive donc en 3e position selon un échantillon de Français, mais en 4e position (14%) parmi les sympathisants de gauche, derrière Martine Aubry (37%), Manuel Valls (20%) et Jean-Marc Ayrault (17%), souligne BVA.

Son CV est pourtant chargé comme un casier judiciaire
Les Français voient surtout en Fabius un grand bourgeois "distant" (60%), " froid" (60%) et "opportuniste" (54%),  mais aussi un homme "compétent" (58%) et offrant une apparence "solide, ayant de l’autorité" (53%). 

Ils sont seulement une minorité à le trouver "charismatique" (26%), "sincère" (32%), "honnête" (38%) et "courageux" (42%), ils sont aussi quatre sur 10 à à le trouver "antipathique" (41%), "démagogique" (42%) et "arrogant" (45%). Ca fait envie !

Et encore, les Français ont la mémoire courte ! 

Lavage de cerveau oblige, les Français ont oblié qu'il est mêlé à la triste affaire du sang contaminé. Il paraît inconcevable que des sondés d'ici puisse le juger à la fois sincère, honnête et courageux. Pourquoi pas son fils Thomas aussi, pendant qu'ils y sont!
Il faut être âgé de moins de quarante ans, immigré ou inculte pour n'avoir pas vécu cette sale affaire des années Mitterrand. Des centaines de personnes ont été contaminées par le virus du sida ou de l'hépatite C à la suite d'une transfusion sanguine. Selon l'hebdomadaire "L'Événement du Jeudi" (ancêtre de Marianne), de 1984 à la fin de l'année 1985, le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a sciemment distribué à des hémophiles, des produits sanguins dont certains étaient contaminés par le virus du sida.  Le socialiste Laurent Fabius était premier ministre et les anciens ministres  Georgina Dufoix et Edmond Hervé ont comparu en 1999 devant la Cour de justice de la République pour "homicide involontaire". Cette cour a innocentée Georgina Dufoix et Laurent Fabius. 

Un retour en grâce manifestement organisé pour celui qui a connu des records d’impopularité. Hollande va-t-il lui donner carte blanche? 

 

lundi 12 août 2013

Egypte: les islamistes occupent la rue; le pouvoir menace

La fin du ramadan sera-t-elle synonyme du retour de la violence ?

Les partisans du président islamiste Mohamed Morsi
 ont appelé lundi à de nouvelles manifestations en Egypte


A l'issue d'une vaste opération militaire contre les Frères musulmans dont est issu l'ex-chef d'Etat, un haut magistrat, Adly Mansour, 67 ans, a remplacé comme président par intérim de l'Egypte, l'islamiste Mohamed Morsi démocratiquement élu en juin 2012, mais destitué par l'armée qui le détient, après un an de pouvoir islamiste marqué par des crises à répétition et une forte contestation populaire. Président de la Haute cour constitutionnelle, Mansour a promis de "protéger le système républicain" et d'être le "garant des intérêts du peuple" dans une brève allocution. Il a aussi rendu hommage à l'armée, "conscience de la nation" et à la presse "libre et courageuse".

Les supporters de Mohamed Morsi occupent deux places du Caire
 depuis plus d'un mois. L'appel de ces islamistes a été lancé alors que la police évoquait une dispersion imminente mais "graduelle" de leurs sit-in au Caire à l'expiration d'un ultimatum fixé à la fin du ramadan.

Les pays occidentaux prennent parti

Fabius s'est aligné sur la position du président américain.
Tandis que A. Mansour a reçu des félicitations de plusieurs dirigeants arabes en tête desquels l'Arabie saoudite, la Turquie a jugé antidémocratique le renversement de M. Morsi. Barack Obama a appelé à réexaminer l'importante aide militaire à l'Egypte, la Russie a exhorté les camps rivaux à "la retenue" et l'Europe a insisté sur la tenue rapide d'une présidentielle. Alors que le Soudan a fait savoir qu'il espère que "la paix et la stabilité prévalent" dans son pays "frère", l'Egypte, la France réclame la libération de l'islamiste.

Dispersion du sit-in

A l'aube, à l'issue des quatre jours décrétés fériés pour fêter la fin du ramadan, des milliers d'islamistes étaient barricadés depuis plus d'un mois avec femmes et enfants sur deux places du Caire. La communauté internationale, qui a récemment tenté en vain une médiation, redoute une nouvelle effusion de sang à propos de cette poche de résistance.
Des hauts responsables de la police et du ministère de l'Intérieur ont toutefois affirmé que les policiers vont d'abord encercler les sit-in des places Rabaa al-Adawiya et Nahda avant de les disperser en "plusieurs jours et après "plusieurs sommations".
Une fois le siège entamé, la police attendra "deux ou trois jours avant de se mettre en mouvement pour disperser les manifestants", selon l'un d'eux. Ils n'ont pas précisé quand débuterait l'opération et assuré dimanche soir que "la décision n'était pas encore prise".

Les manifestants envisagent une épreuve de force

  
La presse occidentale rapporte le point de vue des insurgés de la place Rabaa, alors qu'aucune présence policière n'est visible, mais que des partisans du président déchu achèvent les prières nocturnes, derrière des remparts de sacs de sable et de briques empilés  gardés par des volontaires. L'un d'eux dit s'attendre à une intervention de la police. "Nous aurons des martyrs. Le prix à payer sera élevé mais la victoire nous attendra au bout du chemin", a-t-il assuré.
Plus tôt, en réponse aux menaces gouvernementales, Farid Ismaïl, haut responsable des Frères musulmans, la confrérie de Mohamed Morsi, a assuré que "le peuple égyptien poursuivra sa révolution" pour exiger le retour de Morsi.

Nouvelles manifestations programmées pour lundi et mardi, quoi qu'il arrive. 
S'adressant aux "dirigeants du coup d'Etat" lors d'une conférence de presse sur la place Rabaa dans la nuit, Farid Ismaïl a appelé les Egyptiens à l'insurrection, en occupant "toutes les places" du pays, tandis que son mouvement annonce de nouvelles manifestations "massives" pour lundi et mardi.

Ces appels font redouter une escalade
Plus de 250 personnes - essentiellement des manifestants pro-Morsi - ont pourtant déjà péri dans des heurts entre pro et anti-Morsi, et entre pro-Morsi et forces de l'ordre depuis fin juin.
Dans la journée, plusieurs milliers d'islamistes radicaux sont  néanmoins appelés à manifester pour réclamer, disent-ils, le retour du président "légitime" renversé par "un coup d'Etat militaire sanglant", conspuant le nouvel homme fort du pays, le chef de la toute-puissante armée, le général Abdel Fattah al-Sissi.

La menace islamiste
Les opposants à Morsi lui reprochent d'avoir accaparé tous les pouvoirs au seul profit des Frères musulmans et d'avoir achevé de ruiner l'économie égyptienne. Pour l'organisation de défense des droits de l'Homme International Crisis Group (ICG), "en l'absence d'un accord politique, le résultat le plus probable est une impasse prolongée, des heurts à répétition". Mais, "personne ne doit sous-estimer le risque que certains islamistes, convaincus qu'ils n'auront pas de place dans le processus démocratique, se tournent vers la violence".

Dans le Sinaï, où des combattants islamistes multiplient les attaques depuis le 3 juillet, l'armée a tué au moins huit djihadistes dans des raids samedi soir. Mercredi, les militaires avaient dû tuer "60 terroristes"
 en un mois.


jeudi 27 décembre 2012

Centrafrique: Paris doit sécuriser ses ressortissants

Paris a fait protéger son ambassade à Bangui attaquée mercredi par des manifestants

Les rebelles du Séléka sont les maîtres de la Centrafrique


Le président François Bozizé aurait "perdu le contrôle du pays" après deux semaines d'offensive

Au lendemain de Noël, la France s'est employée à protéger leurs ressortissants alors que F. Hollande était en vacances à Angers.

Les Nations unies et les Etats-Unis ont de leur côté annoncé mercredi le retrait "temporaire" de la République centrafricaine (RCA) de tous leurs employés jugés non indispensables et de leurs familles, soit 200 personnes pour l'ONU et un nombre non précisé pour les personnels de l'ambassade de Bangui et leurs familles.

Les renforts tchadiens sont le dernier rempart contre une avancée des insurgés vers la capitale.

Les secours militaires campent aux portes de Bangui à l'appel du président centrafricain.

Les rebelles de la coalition Séléka CPSK-CPJP-UFDR ont affirmé que "par mesure de sécurité et de protection des populations civiles, nous ne considérons plus nécessaire de mener la bataille de Bangui et d'y faire entrer nos troupes, car le général François Bozizé (...) a déjà perdu le contrôle du pays".
"Nous demandons à tous les fils et filles de Centrafrique, à tous les éléments de forces de défense et de sécurité encore fidèles au régime de François Bozizé (...) de déposer les armes immédiatement", ont ajouté les rebelles, après plus de quinze jours d'opérations et de conquête de villes.


Le Séléka ("Alliance ", en sango, la langue nationale) a déclaré lundi 24 décembre "l'arrêt de ses opérations" et demandé au président centrafricain François Bozizé un cessez-le-feu "en vue de favoriser la préparation du dialogue", se déclarant prêt à ouvrir un couloir humanitaire aux ONG.


La rébellion "se tient à la disposition des ONG afin d'organiser l'accès aux prisonniers" de l'armée régulière. Elle dit détenir "39 éléments (...) faits prisonniers de guerre".

Plusieurs centaines de personnes, proches du pouvoir ont lancé des projectiles sur l'ambassade de France à Bangui

Après avoir fait un sit-in devant l'ambassade des Etats-Unis, ils dénoncent ouvertement la passivité de la France.

VOIR et ENTENDRE le témoignage d'un observateur à Bangui:

Mercredi le gouvernement centrafricain a ouvertement lancé un "appel à la France" pour l'aider au dialogue avec la coalition rebelle du Séléka.

"Nous remercions la France d'avoir condamné les attaques rebelles, d'avoir pris position pour le dialogue inter centrafricain, et d'avoir proposé son appui à la concrétisation de ce dialogue", a déclaré le ministre centrafricain de l'administration du territoire Josué Binoua dans un communiqué qui fait suite à une déclaration en ce sens émanant de Paris.



Paris fait protéger ses ressortissants


Après les incidents aux abords de l'ambassade, le président François Hollande a demandé au ministre de la Défense "de prendre toutes les dispositions pour assurer la sécurité" des 1.200 Français vivant en Centrafrique et de l'ambassade.
"Ces mesures ont été mises en oeuvre dans les délais les plus courts et seront prolongées autant que nécessaire", a indiqué l'Elysée par communiqué.

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a confirmé que la représentation diplomatique a été "sécurisée" par une trentaine de soldats française et le calme rétabli.

Deux cents militaires français sont basés en Centrafrique, en majorité à Bangui.


Des manifestants protestent contre la passivité de Paris dans le conflit

"Nous sommes ici à l'ambassade de France, parce que c'est la France qui nous a colonisés. Mais la France a tendance à nous lâcher. On n'a plus besoin de la France, la France n'a qu'à prendre son ambassade et partir", gronde une manifestante amère.

Des jeunes ont jeté des projectiles sur l'ambassade dont ils ont cassé des vitres, ainsi que sur la représentation d'Air France. La compagnie aérienne française a fait faire demi-tour à son vol hebdomadaire Paris-Bangui.

L'ambassadeur de France à Bangui, Serge Mucetti, a déclaré que "le drapeau français a été descendu de son mât et emporté par des manifestants", qualifiant la manifestation de "particulièrement violente". 

Les forces en présence

Les effectifs et la puissance de feu de la rébellion demeurent flous.
Mais les insurgés se sont rapidement emparés de villes stratégiques, Bria (ville diamantifère du centre), Bambari (ville aurifère du centre sud), avant de prendre Kaga Bandoro (centre nord) mardi, s'approchant dangereusement de Bangui par le nord et par l'est. Ils ont pris les armes le 10 décembre pour réclamer "le respect" d'accords de paix conclus entre 2007 et 2011. 

Sous-équipée, démotivée et mal organisée,
l'armée régulière n'a opposé que peu de résistance.

Le contingent de l'armée tchadienne arrivé en renfort des militaires centrafricains doit servir de "force d'interposition" selon N'Djamena. 
Il s'est positionné sur le dernier axe routier menant à Bangui. Présents sur les deux derniers "verrous", Sibut (130 km de Bangui) et Damara (60 Km), les Tchadiens, rompus au combat et plus lourdement équipés, pourraient être le dernier rempart contre les rebelles.

N'Djamena, allié historique de François Bozizé, avait déjà envoyé ses troupes en 2003 pour l'aider à prendre le pouvoir, et à nouveau fin 2010 pour combattre des rébellions dans le nord.

La Centrafrique - 5 millions d'habitants - était engagée depuis 2007 dans un processus de paix après des années d'instabilité, de rébellions multiples, mutineries militaires et putschs.

VOIR et ENTENDRE un reportage de France 24, le 26 décembre 2012:

Au moins 2.000 personnes déplacées

Tout en affirmant vouloir négocier, comme l'ont demandé les chefs d'Etats d'Afrique centrale, la rébellion a continué à avancer, refusant de quitter les villes conquises sans un cessez-le-feu préalable, que le président centrafricain ne semble pas prêt à accorder.

Au moins 2.000 Centrafricains ont fui dans le nord de la RDCongo voisine  tandis qu'en Centrafrique même, des ONG humanitaires se sont inquiétées du sort des déplacés.

Aux origines du conflit

Le premier chef de l'État, Barthélemy Boganda (mort en 1959), considéré comme le père de la Nation centrafricaine, préconisait l'indépendance des colonies et la création d'un État d'Afrique Centrale unique, regroupant Gabon, Congo, Cameroun et Centrafrique, y voyant la seule solution permettant d'éviter l'éclatement de la région en territoires trop petits, non viables, et sans rôle à jouer sur la scène internationale. Il mourut dans un mystérieux accident d'avion.

Son successeur fut renversé fin 1965 par un coup d'État mené par le capitaine Jean-Bedel Bokassa qui se fit couronner empereur en 1977 avant d'être renversé en 1979. 

Son successeur fut à son tour renversé en 1981 par le général André Kolingba, qui établit un régime militaire et se maintiendra au pouvoir jusqu'en 1993, année où, suite au sommet de La Baule, les premières élections multipartites ont lieu et Ange-Félix Patassé, aujourd'hui décédé, est élu président de la République.


Après une nouvelle série de troubles et malgré l'intervention de la communauté internationale (MINURCA), en 2003, le général franc-maçon (GLNF) François Bozizé, né au Gabon de Omar Bongo, réussit, avec l'aide de militaires et miliciens tchadiens, son nouveau coup d'État et renverse le président Patassé. Le général Bozizé chasse alors les rebelles congolais, auteurs d'innombrables exactions, notamment autour et dans Bangui.


Lors de l'élection présidentielle de mars 2005, plusieurs candidatures furent éliminées par la médiation gabonaise, puis seule la candidature de l'ancien président Ange-Félix Patassé fut définitivement rejetée par la commission électorale constituée par les accords de Libreville (Gabon).


La chute de Bozizé entraînerait la montée au pouvoir en RCA d'une coalition qui compte en son sein des groupuscules tchadiens, lesquels pourraient y constituer une base pour un futur front contre Idriss Deby, président tchadien dont le le régime, soutenu par les Français, est harcelé et par les rebelles tchadiens du Commandement militaire unifié (CMU , une coalition d'opposants désunis
) et par des rebelles venus du Soudan.

Des violences interconfessionnelles se multiplient

En 2011, elles ont fait une dizaine de morts à Bangui. Elles visaient des musulmans après la découverte du corps de deux garçonnets (4 et 5 ans) dans le coffre du véhicule d'un musulman.