POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Morsi M. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Morsi M. Afficher tous les articles

vendredi 7 août 2015

Egypte: la com' de Hollande surfe sur le canal de Suez


En mettant Hollande en vedette, notre presse tente d'éclipser l'inauguration en grande pompe de l'élargissement du canal de Suez

Au côté du maréchal-président, 
Hollande, présenté comme l'invité d'honneur, malgré plusieurs homologues
On aperçoit Hollande au fond, troisième à partir de la gauche
Le président Abdel Fattah al-Sissi, qui dirige l'Égypte d'une main de fer, a inauguré ce jeudi le doublement du canal de Suez, à la tête d'une fastueuse parade navale et en présence de nombreux chefs d'État, parmi lesquels le Français François Hollande, parmi plusieurs présidents africains. Joseph Kabila (république démocratique du Congo), Teodoro Obiang Nguema (République de Guinée équatoriale), le Béninois Boni Yayi ou encore le Soudanais Omar el-Béchir qui fait l’objet de deux mandats d’arrêt de la CPI étaient de la partie. A ceux là s’ajoutent l’émir du Koweït, le président palestinien Mahmoud Abbas, le roi Abdallah II de Jordanie et le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, exilé depuis plusieurs mois en Arabie Saoudite.

Les festivités visaient à relancer une économie à genoux. La cérémonie a cependant été ternie par la menace d'une nouvelle atrocité du groupe djihadiste État islamique (EI), dont la branche égyptienne menace d'exécuter un jeune otage croate travaillant pour une compagnie française. 
Ex-chef de l'armée qui a destitué en 2013 l'islamiste Mohamed Morsi, le maréchal réprime implacablement toute opposition et veut rassurer touristes et investisseurs étrangers en proclamant qu'il a restauré la sécurité.

Ouvert en 1869, le canal de Suez relie la mer Rouge et la mer Méditerranée. C'est l'une des routes essentielles du commerce mondial et une source précieuse de devises pour l'Égypte, qui cherche à relancer une économie en crise depuis le "printemps arabe" de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir.

Défilé militaire de Rafale français et de F16 américains

Al-Sissi, en grand uniforme de maréchal à la retraite, a conduit la parade à bord du yacht qui avait transporté l'impératrice française Eugénie, l'épouse de Napoléon III, lors de l'inauguration du canal en 1869. Il était suivi de la frégate multi-mission Fremm franco-italienne achetée à la France, tandis qu'un grand défilé aérien a mis à l'honneur les trois premiers Rafale, avions de combat français  commandés à Paris et huit F16 récemment livrés par le grand allié américain.
 
La France qui avait condamné le coup d'État contre le président Morsi en 2013 ne boude plus l'Égypte.
"Invité d'honneur" de la cérémonie et flanqué de son flamboyant ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, Hollande - seul  président européen présent - a pris place au côté d'al-Sissi, qui avait revêtu un costume civil pour recevoir ses homologues étrangers. Les 6 milliards dépensés par le président Abdel Fattah al-Sissi pour acheter 24 rafales et un navire de combat ont largement contribué au réchauffement des relations même si l'annonce de François Hollande en février dernier n'avait pas été vraiment à la hauteur, lorsque le président s'était emmêlé les pinceaux et avait parlé d'une transaction avec l'Inde avant de se corriger et de mentionner l'Égypte...
VOIR et ENTENDRE le bouffon du maréchal se mélanger plusieurs fois les crayons lors de sa conférence de presse à Bruxelles au sommet européen, jeudi 12 février dernier:

"En un an, les Égyptiens ont produit un très grand effort pour offrir un cadeau au monde", s'est ému al-Sissi. Le chef de l'État a été interrompu par les sirènes de deux gigantesques portes-conteneurs, premiers navires à emprunter la nouvelle voie du canal sous les applaudissements des invités. 
L'élargissement du canal représente l'un des travaux phares de l'Egypte, qui avait lancé en grande pompe ce projet comprenant l'ouverture d'une nouvelle voie doublant, sur 35 km, le célèbre canal long de 193 km et l'élargissement et l'approfondissement d'un tronçon sur 37 autres kilomètres. Le président égyptien avait donné un an pour réaliser ce projet. Pari tenu, grâce à une souscription de quelque neuf milliards de dollars qui a attiré de nombreux Égyptiens.


La nouvelle voie doit permettre de doubler le trafic à l'horizon 2023, assure Le Caire, promettant quelque 97 navires par jour sur le canal contre 49 actuellement. La nouvelle artère permettra la circulation dans les deux sens, réduisant de 18 à 11 heures l'attente des bateaux, et doit faire passer les revenus du canal de 5,3 milliards de dollars (environ 4,7 milliards d'euros) attendus en 2015 à 13,2 milliards de dollars (11,7 milliards d'euros) en 2023, selon les autorités.

Mais, pour des experts du commerce international, c'est un très coûteux "voeu pieux", voire un gaspillage, que Hollande "honore" de sa présence, au moment où la croissance du commerce mondial marque sensiblement le pas, notamment les ventes du pétrole du Moyen-Orient. "La priorité pour les armateurs, c'est de réduire les coûts du transport, pas d'accroître sa vitesse", commente Ralph Leszczynski, directeur des recherches de la compagnie de courtage maritime italienne Branchero Costa. "La tendance récente est de réduire la vitesse des navires pour réduire la consommation de carburants", explique-t-il, concluant : "Au bout du compte, tout le monde est content de faire la queue" pour passer le canal de Suez, "pourvu que l'on paye moins cher".

Un Croate menacé d'exécution

Pour le maréchal, toujours avide d'une reconnaissance occidentale depuis qu'il a destitué l'islamiste Morsi, ce "nouveau canal" vise aussi à asseoir sa légitimité sur la scène internationale. Sa popularité est très grande au sein d'une population égyptienne lassée par quatre années de chaos. Mais, élu présidentielle (28 mai 2014) avec 96,1 % des suffrages et bien qu'il ait à juguler l'opposition islamiste, les organisations internationales de défense des droits de l'homme le stigmatisent, jugeant son régime plus autoritaire que celui de Moubarak.

En représailles, l'Égypte est le théâtre de nombreux attentats perpétrés par des groupes djihadistes en lutte pour la prise du pouvoir, dont la branche locale de l'EI, "province du Sinaï". Ces djihadistes ont ainsi menacé mercredi d'exécuter dans les 48 heures un Croate de 30 ans, Tomislav Salopek, enlevé près du Caire en juillet, si le gouvernement ne libère pas "les femmes musulmanes" emprisonnées. L'exécution de ce père de deux enfants travaillant pour la compagnie française d'exploration pétrolière CGG changerait la donne pour al-Sissi en effrayant les touristes, déjà moins nombreux, et les nombreuses entreprises étrangères présentes en Égypte.

Cette cérémonie était donc l’occasion de rappeler le combat de l'Egypte contre le terrorisme. Si les groupes djihadistes "ne font que détruire, nous bâtissons," a lancé le maréchal. "Notre combat continue et nous allons vaincre le terrorisme", a affirmé le chef de l’État en rendant également hommage aux forces de l’ordre.

dimanche 5 juillet 2015

Les Frères musulmans poussent à la révolte en Egypte

Des dirigeants des Frères musulmans ont lancé des appels à la révolte "contre la tyrannie" en Egypte 

Ces appels interviennent au lendemain de la mort de neuf responsables de la confrérie,
 tués par la police 
media
Une manifestation pro-Morsi, en janvier 2015 au Caire

C'est aussi à la veille de la seconde commémoration de la destitution de l'ex-président Frère musulman Mohamed Morsi, ce vendredi 3 juillet. 
Le président Mohamed Morsi a été destitué il y a tout juste deux ans, après un large soulèvement populaire réclamant son départ. Depuis, le régime d’Abdel Fatah al-Sissi a exercé un contrôle de l'activisme des Frères musulmans. Or, plusieurs responsables de la confrérie, actuellement en exil, ont choisi de "célébrer" cet anniversaire par un appel des partisans de Mohamed Morsi à se révolter contre le régime du président al-Sissi.

R
évolte "pacifique" ou "mer de sang" ?

Les appels à la révolte ne précisent cependant pas quelle forme celle-ci doit prendre, alors que la confrérie doit actuellement faire face à une fronde chez les jeunes, qui estiment que l’ère de la protestation politique est dépassée et qui veulent maintenant en découdre. Mohamed Mountasser, porte-parole de la confrérie, a appelé les Frères à "se révolter contre la tyrannie pour défendre leurs vies et celles de leurs proches contre cette boucherie et mettre un terme au pouvoir usurpé": de quoi râtissser large... Et si les communiqués en anglais de la confrérie insistent sur une révolte "pacifique" contre le pouvoir égyptien, ceux en arabe éludent le second conseil.

Les Frères musulmans iront-ils grossir les rangs des désormais classiques manifestations qui se forment à la sortie de la grande prière du vendredi - qui sont de moins en moins étoffées, du fait de la surveillance policière - ou opteront-ils pour des actions plus violentes ? C’est le risque contre lequel met en garde Essam Téleima, un proche du cheikh Qaradawi, la haute autorité spirituelle des Frères musulmans. "Que se passerait-il si 500 membres de la confrérie décidaient de se faire sauter sur des places publiques ou au milieu de rassemblements de l'armée et de la police ? L'Egypte se transformerait en mer de sang", écrit-il dans un texte diffusé sur Internet.

Incursion de l'organisation Etat islamique

 Chars de l'armée égyptienne dans le Sinaï
La situation est d’autant plus préoccupante que, mercredi 1er juillet, 300 djihadistes affiliés au groupe Etat islamique ont attaqué simultanément plusieurs positions militaires dans le Nord-Sinaï. Les combats ont fait près de 120 morts. L’armée poursuit actuellement le ratissage de la région proche de la frontière avec Gaza.

Des chars et des hélicoptères Apache de Boing sont déployés. Des accrochages sporadiques ont lieu, quand l’armée cerne des djihadistes. Plusieurs dizaines de fuyards auraient été tués jeudi. Quant à la population civile, elle est terrorisée par la nervosité des militaires d’une part et, plus encore, par la menace des djihadistes qui ont pour habitude d’égorger ceux qu’ils soupçonnent de collaborer avec l’armée régulière.

Jeudi, dans la Vallée et le Delta du Nil, se sont déroulées les funérailles des 17 militaires, conscrits pour la plupart, tués au Sinaï. Des cérémonies au cours desquelles la foule a appelé à la vengeance, notamment contre les Frères musulmans responsables des actes de violence.

mardi 10 septembre 2013

Syrie: le frère d'Obama pose un problème de conflit d'intérêts politiques

Le demi-frère d’Obama est-il un dirigeant des Frères Musulmans?

Le temps va venir où toutes les conspirations contre l’Egypte seront mises au jour

Par son choix de soutien sans critique 
des Frères musulmans depuis le départ, 
le président américain s’est aliéné 
la fraction de la population égyptienne
hostile au président Morsi  
La vice-présidente de la Cour Suprême Constitutionnelle d’Egypte, Tahani al-Gebali, a fait cette révélation sur Bitna al-Kibir, dans une émission TV en direct.
Ces conspirations expliquent pourquoi l’administration Obama s’est portée avec une telle détermination au côté la Confrérie islamique malgré son terrorisme qui, entre autres atrocités, a provoqué la destruction de quelque 80 églises chrétiennes en moins d’une semaine.

Cette membre de la Cour Suprême a fait référence à des "documents et preuves"  que les agences de renseignements égyptiennes possèdent et au fait que "le temps de leur révélation au grand jour approche". Au cours de la discussion sur le fait que ces documents contiennent des extraits d’échanges financiers massifs entre des instances internationales et les Frères Musulmans, elle a dit : "Le frère d’Obama est l’un des architectes des investissements pour le compte de l’organisation internationale des Frères Musulmans."

Embarrassé, l'animateur l’interrompit alors pour lui demander de répéter ce qu’elle venait de dire, ce qu’elle fit, en toute confiance, ajoutant: "Si cela s’avère nécessaire, il faudra tenir le peuple informé". Faisait-elle allusion à l’appui d’Obama en faveur des Frères Musulmans contre l’état égyptien, avec pour conséquence le fait que les responsables égyptiens ont fait le pari de vendre la mèche à propos de la véritable nature des relations entre les Etats-Unis, la Confrérie et l’Egypte.

Malik Obama dirige une organisation caritative africaine à but non-lucratif  liée de près à la Confrérie 
Elle ne nomme certes pas ce frère du président, mais l'activité d'Obong'o Malik Obama a déjà été signalée et aussi son soutien à Omar el-Bashir, chef militaire du Soudan voisin et terroriste poursuivi pour génocide juillet 2008 par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI).
Depuis que la CPI a émis le mandat, El-Béchir a visité  -sans être arrêté- les pays qui arment la Syrie, notamment le Qatar et la Chine en juin 2011, mais aussi le Tchad, dont le mari de Marisol Touraine, le diplomate ami du Mali, Michel Reveyrand de Menthon,  et le Kenya où oeuvre Malik Obama. 

Barack Hussein Obama, agnostique sympathisant de la cause islamique

La personnalité de ce président métis est ambigue. 
Issu d'un premier mariage de son père kényan avec une britannique blanche, ensuite exilée en ...Indonésie, où il passera deux années dans une école musulmane, le sénateur de Chicago semble avoir clos dans la douleur une jeunesse troublée de crises identitaires, mais épouse une femme noire et se trouve à la tête d'une tribu de frères et soeurs issus d'un second mariage de son père. C'est ainsi que son demi-frère Obong'o Malik est polygame et possède douze femmes.

Leur grand-père commun aurait été frappé par des Britanniques et ils auraient gardé
de la rancoeur envers les occidentaux.

Alors que le pasteur Jeremiah Wright avait laissé entendre que Barack Obama partageait secrètement ses opinions, le candidat nia adhérer aux thèses de son directeur de conscience afro-américain qui l’a marié et a baptisé ses deux filles à Chicago et qui assurait que  les États-Unis auraient provoqué les attentats du 11 septembre par leur politique étrangère "terroriste" et que le gouvernement serait capable de tout, y compris d'avoir créé le sida pour exterminer les populations de couleur.
En mars 2008, alors que les chaînes de télévision diffusaient en boucle des sermons où l'on voyait notamment le pasteur de Chicago lancer en 2003 "Que Dieu maudisse l'Amérique !" en raison du racisme aux États-Unis, Barack Obama avait timidement pris ses distances expliquant qu'il ne pouvait pas plus renier Jeremiah Wright qu'il ne pouvait renier la communauté noire. 

Dix jours avant de recevoir le prix Nobel 2009,
le président démocrate américain décida, avec l'accord du Sénat, l'envoi de 30.000 soldats américains pour poursuivre la guerre d'Afghanistan de 2001. Cela déclencha une forte controverse obligeant le "président de guerre", surnom qu'il revendique, à aller chercher son prix Nobel en catimini. Seuls 19 % des Américains pensent que leur président méritait le prix Nobel de la Paix. Et il se dit à nouveau déterminé à reprendre le sentier de la guerre en Syrie, aux côtés des rebelles islamistes.

Outre cette fréquentation sulfureuse, Obama aurait favorisé son frère
Barack Hussein Obama a-t-il fait exempter 
de charges fiscales 
l'oeuvre de charité islamiste de son frère?

Cette exonération d'impôts en faveur de l'oeuvre islamiste de charité fut approuvée  par Lois Lerner du bureau de l'IRS à Cincinnati
La chasse aux sorcières de l'IRS vise aussi bien les membres du Tea Party, les catholiques, les juifs, les groupes pro-vie, que d'autres à gauche, telle que la Fondation Barack H. Obama, en 2011. 
Cette oeuvre douteuse qui bénéficia du traitement de faveur de l'IRS est gérée par le demi-frère d'Obama, Abon'go "Roy" Malik Obama, citoyen Kenyan aux douze femmes, qui recueille des fonds illégalement aux États-Unis, jusqu'à preuve du contraire, car cette oeuvre de bienfaisance n'existe à aucune des adresses indiquées à l'IRS...

Par trois fois en juin 2009, l
e président noir a pris la défense du voile islamique dans son discours prononcé à l'université du Caire, critiquant le fait qu'un pays occidental "dicte les vêtements" qu'une musulmane "doit porter". "Je rejette les vues de certains en Occident" pour qui "le fait qu'une femme choisisse de couvrir ses cheveux a quelque chose d'inégalitaire". Le président Obama a encore souligné que le gouvernement américain s'était porté en justice pour protéger le droit des femmes et des filles à porter le voile et "punir ceux qui voudraient leur dénier". Une Américaine musulmane portant le voile, Dalia Mogahed, d'origine égyptienne, a fait son entrée comme conseillère du président à la Maison-Blanche, une première. Un signal fort, alors que plusieurs pays arabes sont eux aussi confrontés à ce débat rendu houleux par la poussée du fondamentalisme et que le port du voile est obligatoire dans certains pays musulmans, comme en Iran ou en ...Arabie saoudite, fournisseurs d'armes aux rebelles islamistes de Syrie.

Maintenant, libre à chacun de penser que Obama et Hollande n'ont d'autre préoccupation que la laïcité et liberté des peuples.


lundi 12 août 2013

Egypte: les islamistes occupent la rue; le pouvoir menace

La fin du ramadan sera-t-elle synonyme du retour de la violence ?

Les partisans du président islamiste Mohamed Morsi
 ont appelé lundi à de nouvelles manifestations en Egypte


A l'issue d'une vaste opération militaire contre les Frères musulmans dont est issu l'ex-chef d'Etat, un haut magistrat, Adly Mansour, 67 ans, a remplacé comme président par intérim de l'Egypte, l'islamiste Mohamed Morsi démocratiquement élu en juin 2012, mais destitué par l'armée qui le détient, après un an de pouvoir islamiste marqué par des crises à répétition et une forte contestation populaire. Président de la Haute cour constitutionnelle, Mansour a promis de "protéger le système républicain" et d'être le "garant des intérêts du peuple" dans une brève allocution. Il a aussi rendu hommage à l'armée, "conscience de la nation" et à la presse "libre et courageuse".

Les supporters de Mohamed Morsi occupent deux places du Caire
 depuis plus d'un mois. L'appel de ces islamistes a été lancé alors que la police évoquait une dispersion imminente mais "graduelle" de leurs sit-in au Caire à l'expiration d'un ultimatum fixé à la fin du ramadan.

Les pays occidentaux prennent parti

Fabius s'est aligné sur la position du président américain.
Tandis que A. Mansour a reçu des félicitations de plusieurs dirigeants arabes en tête desquels l'Arabie saoudite, la Turquie a jugé antidémocratique le renversement de M. Morsi. Barack Obama a appelé à réexaminer l'importante aide militaire à l'Egypte, la Russie a exhorté les camps rivaux à "la retenue" et l'Europe a insisté sur la tenue rapide d'une présidentielle. Alors que le Soudan a fait savoir qu'il espère que "la paix et la stabilité prévalent" dans son pays "frère", l'Egypte, la France réclame la libération de l'islamiste.

Dispersion du sit-in

A l'aube, à l'issue des quatre jours décrétés fériés pour fêter la fin du ramadan, des milliers d'islamistes étaient barricadés depuis plus d'un mois avec femmes et enfants sur deux places du Caire. La communauté internationale, qui a récemment tenté en vain une médiation, redoute une nouvelle effusion de sang à propos de cette poche de résistance.
Des hauts responsables de la police et du ministère de l'Intérieur ont toutefois affirmé que les policiers vont d'abord encercler les sit-in des places Rabaa al-Adawiya et Nahda avant de les disperser en "plusieurs jours et après "plusieurs sommations".
Une fois le siège entamé, la police attendra "deux ou trois jours avant de se mettre en mouvement pour disperser les manifestants", selon l'un d'eux. Ils n'ont pas précisé quand débuterait l'opération et assuré dimanche soir que "la décision n'était pas encore prise".

Les manifestants envisagent une épreuve de force

  
La presse occidentale rapporte le point de vue des insurgés de la place Rabaa, alors qu'aucune présence policière n'est visible, mais que des partisans du président déchu achèvent les prières nocturnes, derrière des remparts de sacs de sable et de briques empilés  gardés par des volontaires. L'un d'eux dit s'attendre à une intervention de la police. "Nous aurons des martyrs. Le prix à payer sera élevé mais la victoire nous attendra au bout du chemin", a-t-il assuré.
Plus tôt, en réponse aux menaces gouvernementales, Farid Ismaïl, haut responsable des Frères musulmans, la confrérie de Mohamed Morsi, a assuré que "le peuple égyptien poursuivra sa révolution" pour exiger le retour de Morsi.

Nouvelles manifestations programmées pour lundi et mardi, quoi qu'il arrive. 
S'adressant aux "dirigeants du coup d'Etat" lors d'une conférence de presse sur la place Rabaa dans la nuit, Farid Ismaïl a appelé les Egyptiens à l'insurrection, en occupant "toutes les places" du pays, tandis que son mouvement annonce de nouvelles manifestations "massives" pour lundi et mardi.

Ces appels font redouter une escalade
Plus de 250 personnes - essentiellement des manifestants pro-Morsi - ont pourtant déjà péri dans des heurts entre pro et anti-Morsi, et entre pro-Morsi et forces de l'ordre depuis fin juin.
Dans la journée, plusieurs milliers d'islamistes radicaux sont  néanmoins appelés à manifester pour réclamer, disent-ils, le retour du président "légitime" renversé par "un coup d'Etat militaire sanglant", conspuant le nouvel homme fort du pays, le chef de la toute-puissante armée, le général Abdel Fattah al-Sissi.

La menace islamiste
Les opposants à Morsi lui reprochent d'avoir accaparé tous les pouvoirs au seul profit des Frères musulmans et d'avoir achevé de ruiner l'économie égyptienne. Pour l'organisation de défense des droits de l'Homme International Crisis Group (ICG), "en l'absence d'un accord politique, le résultat le plus probable est une impasse prolongée, des heurts à répétition". Mais, "personne ne doit sous-estimer le risque que certains islamistes, convaincus qu'ils n'auront pas de place dans le processus démocratique, se tournent vers la violence".

Dans le Sinaï, où des combattants islamistes multiplient les attaques depuis le 3 juillet, l'armée a tué au moins huit djihadistes dans des raids samedi soir. Mercredi, les militaires avaient dû tuer "60 terroristes"
 en un mois.


dimanche 28 juillet 2013

Islamisme: "printemps arabe" pourri, de la Tunisie à l'Egypte, en passant par la Lybie

Les tensions continuent en Egypte

Les islamistes mettent Maghreb et Proche-Orient à feu et à sang



"Guerre civile" en Syrie, mais "soulèvement" en Egypte et Lybie...
Tandis que les Fabius et Hollande focalisent sur la "guerre civile" en Syrie et stigmatisent Bachar el-Assad, rempart contre l'islamisme, la Libye est entrée dans la crise politique la plus critique depuis la chute de Khadafi en 2011, ce samedi 27 juillet 2013. 
Une série d'assassinats a plongé le pays dans le trouble vendredi, après les meurtres de deux officiers de l'armée et de l'avocat et militant politique Abdelsalam al Mosmary, tué par balles à la sortie d'une mosquée. Cet opposant aux Frères Musulmans dénonçait la prise du pouvoir par les milices armées. Ce crime, dans la ville-berceau du soulèvement qui a renversé Mouammar Kadhafi en 2011, a entraîné de nombreuses manifestations, qui perdurent. 1000 détenus se sont échappés d'une prison à Benghazi, renforçant un sentiment de chaos dans tout le pays. Dans ce pays soumis aux lois coraniques (charia), le Premier ministre a annoncé un remaniement.


En Tunisie, où le "printemps arabe" a vu le jour le 17 décembre 2010, des milliers de Tunisiens ont assisté aux obsèques de Mohamed Brahmi, député de l'opposition assassiné jeudi 25 juillet. Deux ans et demi après la "révolution du jasmin", ces funérailles de Mohamed Brahmi, cinq mois après l'extermination de Chokri Belaïd, avaient lieu au lendemain de violentes manifestations anti-gouvenementales à travers le pays. Opposant nationaliste de gauche, Mohamed Brahmi a été tué jeudi de 14 balles tirées à bout portant devant son domicile, sa famille accusant le parti islamiste au pouvoir Ennahda.
"Ghannouchi, assassin!", scandait la foule, désignant le leader historique du parti islamiste. Hier, le ministère de l’Intérieur a pourtant contre-attaqué, affirmant que l’assassinat de Mohamed Brahmi, ainsi que celui d’un autre opposant politique, Chokri Belaïd, mort le 6 février dernier, seraient le fait d’un commando islamiste radical.

En Egypte, la mort de 72 personnes a relancé les manifestations, partout dans le pays. Ce dimanche 28, les soutiens et opposants à l'ancien président Mohamed Morsi ont continué à s'affronter. Alors que le gouvernement tente de réagir avec fermeté, 15 personnes ont encore été blessées dans des heurts survenus dans la nuit de samedi à dimanche.

Le gouvernement égyptien tente de lutter contre l'escalade des violences depuis la destitution du président Morsi
Vendredi 26 juillet au Caire, la place Tahrir a accueilli
une véritable marée humaine
  
Les affrontements entre anti- et pro- Morsi continuent, après les émeutes qui ont fait 72 morts et en blessant 400 autres. 15 nouvelles victimes ont encore été blessées dans la nuit de samedi à dimanche.

Suite des violences
Les affrontements de vendredi ont été les plus meurtriers depuis le début des "conflits" provoqués par la destitution du président Morsi, et ont fait jusqu'à présent 300 morts. Samedi soir, les pro-Morsi étaient des milliers réunis pour un sit-in Place Rabaa al Adawiya, depuis la fin du gouvernement Morsi.

Les violences ont repris à Port Saïd, épine dans le pied du pouvoir islamiste au nord-est de l'Egypte, à la suite des obsèques d'un jeune pro-Morsi samedi. Selon des témoins, des coups de feux ont été tirés en direction d'une église copte orthodoxe. Bilan de la nuit: 15 blessés, selon des hôpitaux.

La majorité des islamistes égypiens tués dans la nuit étaient venus à Tunis pour exprimer leur soutien au gouvernement Morsi
.
Depuis trois semaines, les pro-Morsi manifestaient dans différents lieux de la ville. Ce samedi, en début d'après midi, le pouvoir annonçait qu'il allait disperser "très prochainement" les partisans. 
Certains manifestants, campant autour de la mosquée de Rabaa Al-Adawiya, ont déclaré s'attendre à de nouvelles effusions de sang à cette occasion. Lors d'une conférence de presse, le ministre de l'Intérieur a également affirmé que les forces de l'ordre agiraient "dans le cadre de la loi", tout en veillant à ce qu'il y ait "le moins de pertes possibles". 

Réactions de personnalités

Quelques personnalités, dont certaines soutenaient le renversement du gourvenement Morsi, ont condamné la mort des manifestants.
Cheikh Ahmed Al-Tayeb, imam d'Al-Azhar, a demandé une "enquête urgente" sur les violences de la nuit de vendredi à samedi.

Pour sa part, l'opposant
Mohamed El Baradeï, par ailleurs prix Nobel de la paix, a exprimé son indignation face aux événements de vendredi, déplorant "le recours excessif à la force". En France, on parlerait de "moyens disproportionnés" déployés par Manuel Valls.

Les frères musulmans ont eux condamné un "massacre inhumain" qui ne ferait que "renforcer (leur) détermination à refuser le coup d'Etat et exiger le retour de la légitimité incarnée par le président élu".

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a par ailleurs fait part de son inquiétude face à cette "explosion de violence", tout en rappelant aux autorités égyptiennes leur "obligation morale et légale de respecter le droit de manifester de manière pacifique".

Appel au calme de la France
Réagissant aux morts de la nuit, la France a pour sa part appelé "toutes les parties et notamment l'armée à la plus grande retenue": une exhortation que Manuel Valls qui pourrait s'adresser au premier flic de France, Manuel Valls. Déplorant "le bilan déjà lourd des heurts en Egypte", le porte-parole du quai d'Orsay, Philippe Lalliot, a suggéré "la recherche du compromis pour qu'une solution politique se dégage pacifiquement".

Le diplomate évoquait l'engagement du pouvoir provisoire d'organiser des élections (démocratiques?) "dans les meilleurs délais". Depuis la destitution de Morsi il y a trois semaines, plus de 250 personnes sont mortes des violences en Egypte.

lundi 8 juillet 2013

Paris: les Frères musulmans de France défilent en soutien à Morsi en Egypte

Valls autorise les Frères Musulmans à défiler dans les rues de Paris

Libération, Le Monde et Le Nouvel Observateur font l'impasse

Les images ne viennent pas du Caire, de Tunis ou d’une autre capitale arabe. Pour protester contre le coup d’Etat des militaires égyptiens, les fous d’Allah viennent en effet jusqu'en France où ils sont bien établis. Accompagnés de quelques femmes voilées, ces Frères musulmans-là évoluent non pas de l’autre côté de la Méditerranée, mais en France. Ils sont parfaitement organisés en France, en parfaits soldats de l’islam.
VOIR et ESSAYER DE COMPRENDRE la langue étrangère des manifestants à Paris:

Les critères au faciès de Valls et son ineffable préfet Boucault 

Ils avaient réprimé La Manif pour Tous et interdit la manifestation de Résistance républicaine, prévue le 22 juin contre les antifa, les pro-palestiniens et les islamistes. En revanche, quand il n’inaugure pas les mosquées (lien PaSiDupes) et ne vient pas rompre le jeûne du ramadan avec les imams de service, le ministre de l’Intérieur autorise les "fascistes islamistes" de Tunisie, selon ses propres termes, qui soutiennent les Frères musulmans, à manifester dans les rues de Paris. 
Lien PaSiDupes - Valls dénonce "un fascisme islamique" en Tunisie

Les mêmes qui massacrent les coptes, en Egypte ! 
On attend avec impatience la réaction de tous les enfumeurs qui nous ont fait le coup de la bête immonde, quinze jours durant, suite au décès accidentel du jeune Méric. 

Faut-il rappeler que jusqu’en 1981, il était interdit à des étrangers de faire de la politique en France, et que le droit d’association ne leur était pas reconnu. Trente années plus tard, voilà le spectacle que donne la France de Hollande-Valls : une véritable armée de combattants djihadistes défile dans les rues de Paris, et le gouvernement trouve cela normal.

dimanche 30 juin 2013

Egypte: le président islamiste Mohamed Morsi fait monter la tension

Le peuple réclame la démission du président

Un rassemblement massif est prévu place Tahrir
Des manifestants égyptiens convergeaient dimanche matin vers la place Tahrir du Caire sur laquelle des centaines d'autres avaient passé la nuit, quelques heures avant un rassemblement massif organisé le jour du 1er anniversaire de la prise de fonctions de Morsi. 
Face au palais présidentiel,
le 29 juin 2013

Les manifestants avaient installé des tentes et tendu des banderoles hostiles au président
sur la place, symbole de la révolte qui avait chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak en 2011. 
D'autres manifestants anti-Morsi doivent se diriger vers le palais présidentiel situé à Héliopolis au Caire. Des rassemblements hostiles au président doivent également avoir lieu dans les provinces.

Des partisans du président islamiste poursuivaient leur sit-in 
Entamé vendredi dans le quartier de Nasr City au Caire, près de celui d'Héliopolis, il tente de défendre la "légitimité" du premier président civil et islamiste, élu dans le pays il y a un an. La confrérie des Frères musulmans, dont est issu le président, a appelé elle aussi à une "mobilisation générale" pour appuyer le chef de l'Etat.

Craintes sur la sécurité

Ces mobilisations rivales font craindre de nouvelles violences après des heurts en Alexandrie et dans les provinces du Delta du Nil entre manifestants pro et anti-Morsi qui ont fait huit morts depuis mercredi dont un Américain. 
 
La police et l'armée ont été déployées pour protéger les établissements vitaux du pays en cas de graves dérapages, ont indiqué des responsables. En outre, le ministère de la Santé a affirmé que les hôpitaux sont en état d'alerte. 
Selon un responsable de la sécurité, le canal de Suez a été placé sous haute sécurité.

Tamarrod (rébellion en arabe) est à l'origine des appels à manifester contre le président, depuis repris par l'opposition. Ce mouvement a revendiqué quelque 22 millions de signatures pour une pétition appelant à une présidentielle anticipée. 
Plusieurs journaux titraient dimanche sur "Le jour du Jugement" pour le président Morsi. D'autres adressaient un message plus direct en titrant, comme le quotidien indépendant al-Tahrir qui barrait sa Une rouge d'un imposant "Dégage".

dimanche 3 février 2013

Les Egyptiens ne veulent plus de Morsi, leur sauveur islamiste

L'opposition égyptienne appelle au départ du président Morsi

Le "printemps arabe" était pourri



Le Front du salut national (FSN), principale coalition de l'opposition égyptienne, appelle à la démission du président Mohamed Morsi.
Cette annonce survient au lendemain de la diffusion d'une vidéo de violences policières contre un manifestant.

L'opposition égyptienne a donc intensifié sa pression samedi en déclarant s'associer aux appels au départ du président Mohamed Morsi, également mis en difficulté par la diffusion d'images de brutalités policières contre un manifestant dénudé.

Le Front du salut national (FSN) a affirmé "se ranger totalement au côté des appels du peuple égyptien et de ses forces vives à une chute du régime de la tyrannie et (à la fin de) l'hégémonie des Frères musulmans", dont est issu M. Morsi.

Cette déclaration a été publiée au terme d'une réunion du FSN, après une nuit de violences devant le palais présidentiel, au cours de laquelle une personne a été tuée et des dizaines d'autres blessées.


L'opposition a aussi réclamé une "enquête indépendante" sur les "crimes" des forces de l'ordre dans les manifestations qui ont fait près de 60 morts depuis un peu plus d'une semaine, afin que le chef de l'Etat et son ministre de l'Intérieur, Mohamed Ibrahim, soient poursuivis en justice.

Le FSN a également appelé à poursuivre la vague de manifestations contre le pouvoir.
Jusqu'à présent, les revendications de l'opposition portaient sur la formation d'un "gouvernement de salut national" ou encore des amendements à la Constitution adoptée en décembre. Le FSN n'abandonne pas ces revendications ni un possible débat avec le pouvoir, mais son communiqué exclut de "discuter de la question du dialogue" (...): l'arrêt de l'effusion du sang est un préalable au dialogue, comme l'est que ses responsables rendent des comptes et que les revendications (de l'opposition) soient satisfaites".

Les manifestants qui défilent dans les rues du pays depuis plus d'une semaine scandent souvent des slogans similaires à ceux de la révolte qui a provoqué la chute de l'ancien président Hosni Moubarak en février 2011, comme "Dégage".

L'opposition accuse Morsi et les Frères musulmans de chercher à monopoliser le pouvoir et à établir un régime autoritaire et religieux. Mais les partisans du président rappellent qu'il a été démocratiquement élu.

La présidence clame dans un communiqué son attachement "à protéger la liberté d'expression et de rassemblement" et sa volonté de mener à bien "l'évolution démocratique" du pays.

"Images choquantes"


Des images de brutalités policières lors d'une manifestation vendredi soir ont fini de décrédibiliser les propos du pouvoir.

La vidéo montre des policiers anti-émeutes battre un homme avec des matraques, le bousculer et lui retirer ses vêtements, avant de le traîner nu sur le sol, puis l'embarquer dans un fourgon blindé posté près du palais du chef de l'Etat.
La présidence s'est déclarée "attristée par les images choquantes de certains policiers traitant un manifestant d'une manière qui n'est pas conforme à la dignité humaine et aux droits de l'Homme". L'opposition évoqué des "images horribles" rappelant l'ère Moubarak.

Le ministère de l'Intérieur a présenté des excuses, évoqué un "acte isolé" et annoncé l'ouverture d'une enquête. Le ministre s'est dit "prêt à démissionner si cela arrange le peuple".
Le Parquet assure que l'homme avait été appréhendé en possession de cocktails Mololov et de bidons d'essence. L'homme, Hamadah Saber Mohamed Ali, un ouvrier de 50 ans, a affirmé à la télévision avoir été "malmené" et déshabillé par des manifestants, puis avoir résisté aux policiers, avant de comprendre "qu'ils essayaient de (le) sauver"...
Deux de ses proches ont ensuite déclaré à la télévision qu'il mentait car il faisait "l'objet de beaucoup de pressions" et qu'il avait peur.

Samedi dans la matinée, des manifestants ont jeté des pierres et des bouteilles contre le convoi du Premier ministre Hicham Qandil sur la place Tahrir, selon une télévision locale. Le bureau du chef du gouvernement a indiqué que M. Qandil avait "fait face à des jeunes et des agitateurs".
Autour du palais présidentiel, dont le mur d'enceinte était couvert de graffitis anti-Morsi, le calme revenu dans la journée a fait place samedi soir à un nouveau rassemblement.
Plusieurs centaines de manifestants, jeunes pour la plupart, ont jeté des pierres, des cocktails Molotov et des feux d'artifice en criant "Dégage". Les seules forces de sécurité présentes se trouvaient à l'intérieur de l'enceinte et ont tiré en l'air.


Les "black bloc", ces nouveaux révolutionnaires égyptiens prêts à employer la force


Tout le monde en parle en Égypte mais personne ne sait encore vraiment qui ils sont. Les Black bloc, nouveaux opposants très actifs contre le régime de Morsi, défendent  les manifestants, par la force si nécessaire. Et en Lybie ?

Bien connus dans les démocraties molles, ils s’habillent en noir et sont cagoulés. C'est ainsi qu'en avril 2009, les habitants de Strasbourg les ont découvert à la faveur du Sommet de l'OTAN (lien PaSiDupes). 
Depuis moins d’une semaine, en Egypte, un groupe mystérieux se présentant comme le “Black bloc” (bloc noir) a fait une apparition remarquée dans les rues et sur les réseaux sociaux. Opposés au régime du président Mohamed Morsi, ses membres disent vouloir défendre, par tous les moyens, les manifestants face aux islamistes et aux forces de l’ordre.
Le 24 janvier, veille du deuxième anniversaire du début de la révolte contre l’ex-président Hosni Moubarak, ce mouvement, inspiré des mouvements libertaires occidentaux des années 1980, a annoncé sa création officielle dans une vidéo postée sur YouTube. Le clip, tourné de nuit à Alexandrie, montre des jeunes masqués dont la mission, disent-ils, est de lutter “contre le régime tyrannique fasciste [des Frères musulmans] et leur bras armé”.
Cagoulés afin de ne pas être identifiés par les forces de l’ordre, ces groupuscules éphémères se sont joints aux manifestations qui secouent plusieurs villes égyptiennes comme le Caire, Alexandrie ou Mansoura depuis près d’une semaine. En France, alors que Nicolas Sarkozy voulait interdir le port de la cagoule et des foulards, la gauche avait pris leur parti - Lien PaSiDupes : " La cagoule interdite aux manifestants en France, comme en Allemagne : le décret "anti-cagoules" est applicable "
“Nous sommes là pour vous protéger. Nous ne voulons attaquer personne”, ont affirmé certains d’entre eux lors d’un rassemblement place Tahrir vendredi dernier, en prétendant n’appartenir à aucun groupe ou parti politique.
LE CLIP OFFICIEL DES BLACK BLOC SUR YOUTUBE

Une réaction des civils révoltés par la violence



Pour Sarah Othman, activiste égyptienne, leur apparition constitue une réaction des civils dépassés par la violence dont ils sont victimes, notamment après l’attaque subie par des manifestants pacifiques pendant le siège du palais présidentiel début décembre. Sept personnes avaient alors été tuées par des “gros bras” envoyés par la Confrérie pour chasser les opposants.



Le pouvoir n’a procédé à aucune arrestation dans les rangs islamistes, alors que des factions issues des Frères musulmans ou des salafistes ont participé à plusieurs incidents violents. Ils ont notamment assiégé Media City et incendié le siège du parti d’opposition al-Wafd au Caire.

Les anciens slogans “Selmia, Selmia” (pacifique, pacifique) scandés dans les manifestations qui ont fait chuter le régime de Moubarak semblent s’éloigner. De plus en plus de manifestants commencent à douter de l’efficacité d’une opposition pacifique. “Ils ne veulent plus rester les bras croisés”, explique Sarah Othman.



De plus, malgré la chute de Moubarak, la police est toujours accusée de violations systématiques des droits de l’Homme, alimentant l’hostilité de la population à son égard. Amnesty International, s'appuyant sur des témoignages, a condamné en début de semaine " l'usage par les services de sécurité d'une force létale [...] y compris contre des manifestants qui ne représentaient pas de menace imminente".



L’émergence soudaine des Black bloc n’est donc "pas bizarre”, selon Nagad el-Borai, un avocat et activiste politique. Interrogé sur la chaîne de télévision privée CBC, il affirme que leur motivation est née de la déception face au régime actuel, qui est devenu un “régime dictatorial religieux” qui “raisonne de la même façon que l’ancien régime de Moubarak”.



Un avis que ne partage pas Samir Shehata, professeur de sciences politiques arabes à l’université de Georgetown. Cet observateur de la vie politique égyptienne depuis une dizaine d’années avoue avoir été surpris par l’apparition des Black Bloc. Ces jeunes sont avant tout les éléments les plus radicaux parmi les jeunes révolutionnaires, estime-t-il.



Ces jeunes en noir n’ont pas investi que la rue égyptienne. 
Alors qu’ils se défendent d’être sur les réseaux sociaux, le Black bloc a au moins deux pages Facebook qui les tolère (et ne les bloque pas comme des comptes de petits blogs français !). En quelques jours, chacune a déjà rassemblé plus de 30 000 fans. Derrière le slogan “chaos contre l’injustice”, des messages appelant la population à les soutenir sont postés régulièrement.
Sur Twitter, tel compte , très actif et suivi par 20 000 personnes, donne des nouvelles en direct des manifestations en cours dans le pays.

De nombreuses images et vidéos ont aussi commencé rapidement à circuler : on voit des groupes de jeunes hommes défendre à plusieurs reprises des manifestants mais aussi s’opposer violemment aux forces de police.

TOUS LES PARTIS S'ACCORDENT SUR LA NÉCESSITÉ D'UN DIALOGUE NATIONAL
Par Sonia DRIDI, correspondante FRANCE 24 au Caire
Premières arrestations


Face à ces protestataires d’un genre nouveau,
la réaction ne s’est pas fait attendre du côté du pouvoir : des officiels des Frères musulmans, ainsi que les media du pouvoir les accusent -non sans raison- d’être des anarchistes responsables de nombreuses violences et destructions. Ils auraient notamment tenté d’incendier le palais présidentiel et auraient attaqué plusieurs QG des Frères.


Selon Said Al-Lawindi, expert au centre d’études stratégiques d’Al-Ahram interrogé par FRANCE 24, ce groupe est “une conséquence de l’absence de conscience politique en Égypte, en particulier des jeunes”. On disait exactement le contraire il y a deux ans, lors du "printemps arabe"... Il redoute que les violences dont ils sont responsables ne bloquent la possibilité d’un dialogue national aujourd’hui essentiel.


Face à la tension croissante, le procureur général d’Égypte a ordonné mardi "l'arrestation de toute personne suspectée d'appartenir à ce groupe". Il a accusé l’organisation de constituer ”un groupe organisé qui mène des actions terroristes”.

170 manifestants habillés en noir ont déjà été arrêtés depuis samedi, même s’il n’est pas certain qu’ils appartiennent tous au Black bloc. Le 30 janvier, au moins quatre militants présumés ont été arrêtés, alors qu’ils tentaient de manifester devant les bureaux du procureur général dans le centre du Caire.



Cependant, certains craignent que les agissements de ces électrons libres ne puissent accentuer la spirale de la violence en Égypte. 

Plusieurs pages de groupes révolutionnaires sur Facebook ont ainsi mis en garde face à ces Black bloc et encouragé leurs partisans à ne surtout pas les rejoindre. D’après eux, ils seraient issus des Frères musulmans et tenteraient uniquement de saboter le mouvement de protestation. “Il ne faut pas commencer à utiliser la violence, il faut trouver comment en sortir”, prévient Sarah Othman.



Pour le blogeur Mahmoud Salem (alias @sandmonkey), ces groupuscules représentent “un ennemi idéal pour le régime et délégitimisent tous les manifestants pacifiques”.


Samir Shehata se dit quant à lui inquiet d’un tel phénomène, “dans la mesure où il peut être utilisé par le pouvoir pour discréditer les manifestants et leurs demandes qui sont pourtant tout à fait légitimes”.

Sans risque de se tromper beaucoup, on peut l'appeler indifféremment totalitarisme ou fascisme.