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samedi 2 janvier 2016

Les voeux pieux de Hollande signent son "entêtement" et son "absence de cap"

Sa crédibilité contestée à gauche comme à droite 

Le président de la République échoue à convaincre

Plus il se gonfle,
plus l'enflure le discrédite
François Hollande s'est avant tout posé en président protecteur face au terrorisme, mais a aussi promis d'agir contre "l'état d'urgence économique et social". A-t-il été plus convaincant sur l'urgence sociale, après bientôt quatre années, que sur l'urgence sécuritaire, après douze mois ? Sa parole est tellement dévaluée que le moins que l'on puisse dire, après sa série d'hésitations, de rebuffades du Conseil constitutionnel  comme du Conseil d'Etat, et de rétropédalages en reculades, c'est qu'il peine à se faire entendre.
Le président a néanmoins annoncé une formation pour "500.000" demandeurs d'emploi supplémentaires, "un programme de grands travaux" pour la "croissance verte" et de nouvelles aides à l'embauche dans les PME. 

Centrés sur la lutte contre le terrorisme et le chômage, ces voeux-là non plus n'apportent rien de neuf, dénonce l'opposition.
 
A droite, les critiques ont nécessairement fusé
Christian Estrosi: "Un président sans cap"  
"Si le premier devoir de François Hollande est de nous protéger, il est alors urgent d'agir", a taclé Christian Estrosi, président (Les Républicains) de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. 
Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes (LR) voit, lui, "des voeux sans inspiration d'un président sans cap qui tente de se poser en père de la Nation". "François Hollande se refuse ainsi toujours à qualifier la menace et le terrorisme par le mot 'islamiste'. La réalité et la métaphore de l'état d'urgence ne font pas une politique efficace."
Guillaume Larrivé: "Promettre, promettre et toujours promettre." "La marque de François Hollande, c'est la propagande. Puisqu'il n'a que de mauvais résultats et aucun projet concret, il fait ce qu'il sait faire: promettre, promettre, promettre et toujours promettre", fustige le député de l'Yonne dans un communiqué.
Hervé Mariton, député LR de la Drôme a déploré le manque d'audace des annonces du chef de l'Etat : rien "hélas qui puisse nourrir l'espérance en économie. Rien qui réconforte dans une analyse défaillante des enjeux de sécurité", a-t-il déclaré. 
De son côté, Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, estime qu'avec François Hollande, le problème, "ce ne sont jamais les voeux, mais les actes qui ne suivent pas".  
Frédéric Lefebvre (LR), après avoir rappelé sur i-télé que "ce quinquennat", c'était "700.000 chômeurs de plus", a appelé gauche et droite à "s'additionner" pour "inventer de nouvelles choses" dans la lutte contre le chômage, au lieu de s'en "renvoyer la responsabilité". 
Marine Le Pen rappelle que "la situation économique de la France ne s'améliore pas. "Tant que des décisions courageuses concernant la liberté économique du pays n'auront pas été prises, et notamment l'affranchissement de tutelles européennes qui étouffent et ruinent la France, il sera impossible de redresser la courbe de l'emploi et celle du pouvoir d'achat," écrit-elle sur sa page Facebook. 


La gauche est encore plus incisive.
Impasse du Parti socialiste sur le social: les attentats islamistes seraient-ils un aubaine pour le parti présidentiel ? Par communiqué, le thuriféraire Pruneau Le Roux, président du groupe des godillots socialistes à l'Assemblée émet en effet des voeux quelque peu désespérés: "Je souhaite que l'appel du Président de la République à faire vivre l'unité nationale soit entendu de tous. Il est primordial, comme il l'a rappelé ce soir, de ne pas dilapider cette force qui nous a permis de faire face aux terribles épreuves de cette année 2015. Tout ce que nous faisons, tout ce que nous proposons pour vaincre la menace terroriste est puisé dans nos valeurs républicaines et n'a qu'un but, sécuriser, rassembler et unir les Français."


Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) estime en revanche que
le président "continue ce qui ne marche pas." 

EELV: "Un mandat sans vision pour le pays."
Le porte-parole des écologistes radicaux d'Europe Écologie-Les Verts, Julien Bayou, regrette "des voeux pour rien". "François Hollande nous a offert un nouveau discours du 31 sans annonce concrète si ce n'est l'entêtement sur la déchéance de nationalité. Des voeux qui signent un mandat déjà fini, un mandat sans vision pour le pays, un mandat pour rien", assure-t-il dans un communiqué. 

Sur le front syndical,
le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly estime que la formation de 500.000 chômeurs supplémentaires ne suffira pas face au "problème de la création d'emplois". "J'ai cru comprendre que l'Etat était prêt à enfin mettre un peu d'argent dans la formation des demandeurs d'emploi, ce qui est une nécessité", mais, a-t-il fait valoir, "ce n'est pas parce qu'on les forme qu'il y a du travail derrière".

Quant à la CGT, elle soulignait le 24 décembre que la montée du chômage et de l'austérité accroissent la précarité. 
Avec FO et Solidaires de la Fonction publique, elle a lancé un appel à la grève le 26 janvier "pour un service public de qualité et une nette augmentation du pouvoir d'achat".

Lors de ses voeux, son acolyte de Matignon n'était pas indispensable, mais on ne l'a plus vu, ni entendu depuis dix jours.
Il se dit ici et là qu'il soigne sa danse de Saint-Guy, une maladie nerveuse touchant les adultes, comme les enfants, et qui se manifeste par des mouvements désordonnés (de la main gauche, chez le Catalan) et de désordres incontrôlables de la face (son oeil droit se fige), comme des membres. Au Moyen-Âge, les malades étaient souvent considérés comme possédés par le démon et brûlés vifs.

vendredi 7 août 2015

Egypte: la com' de Hollande surfe sur le canal de Suez


En mettant Hollande en vedette, notre presse tente d'éclipser l'inauguration en grande pompe de l'élargissement du canal de Suez

Au côté du maréchal-président, 
Hollande, présenté comme l'invité d'honneur, malgré plusieurs homologues
On aperçoit Hollande au fond, troisième à partir de la gauche
Le président Abdel Fattah al-Sissi, qui dirige l'Égypte d'une main de fer, a inauguré ce jeudi le doublement du canal de Suez, à la tête d'une fastueuse parade navale et en présence de nombreux chefs d'État, parmi lesquels le Français François Hollande, parmi plusieurs présidents africains. Joseph Kabila (république démocratique du Congo), Teodoro Obiang Nguema (République de Guinée équatoriale), le Béninois Boni Yayi ou encore le Soudanais Omar el-Béchir qui fait l’objet de deux mandats d’arrêt de la CPI étaient de la partie. A ceux là s’ajoutent l’émir du Koweït, le président palestinien Mahmoud Abbas, le roi Abdallah II de Jordanie et le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, exilé depuis plusieurs mois en Arabie Saoudite.

Les festivités visaient à relancer une économie à genoux. La cérémonie a cependant été ternie par la menace d'une nouvelle atrocité du groupe djihadiste État islamique (EI), dont la branche égyptienne menace d'exécuter un jeune otage croate travaillant pour une compagnie française. 
Ex-chef de l'armée qui a destitué en 2013 l'islamiste Mohamed Morsi, le maréchal réprime implacablement toute opposition eveut rassurer touristes et investisseurs étrangers en proclamant qu'il a restauré la sécurité.

Ouvert en 1869, le canal de Suez relie la mer Rouge et la mer Méditerranée. C'est l'une des routes essentielles du commerce mondial et une source précieuse de devises pour l'Égypte, qui cherche à relancer une économie en crise depuis le "printemps arabe" de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir.

Défilé militaire de Rafale français et de F16 américains

Al-Sissi, en grand uniforme de maréchal à la retraite, a conduit la parade à bord du yacht qui avait transporté l'impératrice française Eugénie, l'épouse de Napoléon III, lors de l'inauguration du canal en 1869. Il était suivi de la frégate multi-mission Fremm franco-italienne achetée à la France, tandis qu'un grand défilé aérien a mis à l'honneur les trois premiers Rafale, avions de combat français  commandés à Paris et huit F16 récemment livrés par le grand allié américain.
 
La France qui avait condamné le coup d'État contre le président Morsi en 2013 ne boude plus l'Égypte.
"Invité d'honneur" de la cérémonie et flanqué de son flamboyant ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, Hollande - seul  président européen présent - a pris place au côté d'al-Sissi, qui avait revêtu un costume civil pour recevoir ses homologues étrangers. Les 6 milliards dépensés par le président Abdel Fattah al-Sissi pour acheter 24 rafales et un navire de combat ont largement contribué au réchauffement des relations même si l'annonce de François Hollande en février dernier n'avait pas été vraiment à la hauteur, lorsque le président s'était emmêlé les pinceaux et avait parlé d'une transaction avec l'Inde avant de se corriger et de mentionner l'Égypte...
VOIR et ENTENDRE le bouffon du maréchal se mélanger plusieurs fois les crayons lors de sa conférence de presse à Bruxelles au sommet européen, jeudi 12 février dernier:

"En un an, les Égyptiens ont produit un très grand effort pour offrir un cadeau au monde", s'est ému al-Sissi. Le chef de l'État a été interrompu par les sirènes de deux gigantesques portes-conteneurs, premiers navires à emprunter la nouvelle voie du canal sous les applaudissements des invités. 
L'élargissement du canal représente l'un des travaux phares de l'Egypte, qui avait lancé en grande pompe ce projet comprenant l'ouverture d'une nouvelle voie doublant, sur 35 km, le célèbre canal long de 193 km et l'élargissement et l'approfondissement d'un tronçon sur 37 autres kilomètres. Le président égyptien avait donné un an pour réaliser ce projet. Pari tenu, grâce à une souscription de quelque neuf milliards de dollars qui a attiré de nombreux Égyptiens.


La nouvelle voie doit permettre de doubler le trafic à l'horizon 2023, assure Le Caire, promettant quelque 97 navires par jour sur le canal contre 49 actuellement. La nouvelle artère permettra la circulation dans les deux sens, réduisant de 18 à 11 heures l'attente des bateaux, et doit faire passer les revenus du canal de 5,3 milliards de dollars (environ 4,7 milliards d'euros) attendus en 2015 à 13,2 milliards de dollars (11,7 milliards d'euros) en 2023, selon les autorités.

Mais, pour des experts du commerce international, c'est un très coûteux "voeu pieux", voire un gaspillage, que Hollande "honore" de sa présence, au moment où la croissance du commerce mondial marque sensiblement le pas, notamment les ventes du pétrole du Moyen-Orient. "La priorité pour les armateurs, c'est de réduire les coûts du transport, pas d'accroître sa vitesse", commente Ralph Leszczynski, directeur des recherches de la compagnie de courtage maritime italienne Branchero Costa. "La tendance récente est de réduire la vitesse des navires pour réduire la consommation de carburants", explique-t-il, concluant : "Au bout du compte, tout le monde est content de faire la queue" pour passer le canal de Suez, "pourvu que l'on paye moins cher".

Un Croate menacé d'exécution

Pour le maréchal, toujours avide d'une reconnaissance occidentale depuis qu'il a destitué l'islamiste Morsi, ce "nouveau canal" vise aussi à asseoir sa légitimité sur la scène internationale. Sa popularité est très grande au sein d'une population égyptienne lassée par quatre années de chaos. Mais, élu présidentielle (28 mai 2014) avec 96,1 % des suffrages et bien qu'il ait à juguler l'opposition islamiste, les organisations internationales de défense des droits de l'homme le stigmatisent, jugeant son régime plus autoritaire que celui de Moubarak.

En représailles, l'Égypte est le théâtre de nombreux attentats perpétrés par des groupes djihadistes en lutte pour la prise du pouvoir, dont la branche locale de l'EI, "province du Sinaï". Ces djihadistes ont ainsi menacé mercredi d'exécuter dans les 48 heures un Croate de 30 ans, Tomislav Salopek, enlevé près du Caire en juillet, si le gouvernement ne libère pas "les femmes musulmanes" emprisonnées. L'exécution de ce père de deux enfants travaillant pour la compagnie française d'exploration pétrolière CGG changerait la donne pour al-Sissi en effrayant les touristes, déjà moins nombreux, et les nombreuses entreprises étrangères présentes en Égypte.

Cette cérémonie était donc l’occasion de rappeler le combat de l'Egypte contre le terrorisme. Si les groupes djihadistes "ne font que détruire, nous bâtissons," a lancé le maréchal. "Notre combat continue et nous allons vaincre le terrorisme", a affirmé le chef de l’État en rendant également hommage aux forces de l’ordre.

vendredi 20 juin 2014

Des bâtons d'encens pour créer "500.000 emplois" dans le tourisme

Fleur Pellerin mise sur les touristes étrangers pour créer des emplois
Le gouvernement a dévoilé son plan pour attirer davantage de touristes étrangers 

La secrétaire d'Etat chargée du Commerce extérieur et du tourisme reconnaît qu’il est "difficile de fixer des objectifs chiffrés", mais estime néanmoins que d’ici ...2030, "500.000 emplois en plus" pourraient être créés dans ce secteur. En effet, selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, en 2030, un milliard de pélerins  touristes de plus parcourront le monde et la France pourrait ainsi gagner des emplois en dormant.
Pellerin espère "récupérer 5% de cette population"
La mobilité internationale entraînerait ainsi d’importantes créations automatiques de postes. 
Toute ministre de plein exercice de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme qu'elle ait pu être pendant deux ans (2012-2014), Sylvia Pinel se fait sèchement tacler au passage. Fleur Pellerin estime en effet qu'avant son arrivée, le tourisme était "un bassin d’emploi qu’on a eu tendance à sous-estimer, qu’on a un peu méprisé". 
L'ex-Coréenne Fleur Pellerin se félicite en revanche que le président de la République ait parlé du tourisme comme d’une "priorité nationale". 

Le tourisme, "image de marque de la France", plutôt qu'Alstom 

Pour faire occulter le dépeçage d'Alstom, fleuron de notre industrie, le pouvoir socialiste compte faire du tourisme un des axes économiques principaux et redorer son image. Afin que la France conserve son "image de marque", les équipes du secrétariat d’Etat au tourisme ont vécu "l’expérience du tourisme" dans le but de "régler tous les irritants". De la demande de visa au retour au pays d’origine, tout ce qui "énerve, stresse, agace" le touriste sera corrigé. Fleur Pellerin cite notamment "le passage des douanes, l’attente trop long du RER" comme objectifs prioritaires. Aussi, afin d’éviter les interminables files d’attente à l’entrée des attractions touristiques principales, elle propose de "repenser la circulation et les méthodes de réservation pour les fluidifier". Le but affiché est simple : "que l’expérience du touriste soit agréable et qu’il ait envie de revenir".

De grands travaux en perspective, fleur au fusil
Tourisme à la coréenne en France
Fleur Pellerin évoque des "grands travaux" et "d’importants investissements" (privés?) pour la mise en place de ce plan. Il est en effet, selon elle, nécessaire de "mettre au niveau les infrastructures en qualité et en volume". Le nombre de lits par exemple est très insuffisant, selon elle, pour accueillir de nouveaux touristes, mais la poliique du logement menée par l'écologiste radicale Cécile Duflot, ne l'y aidera pas. Elle annonce aussi la création du "Charles-de-Gaulle express" qui reliera en 20 minutes l’aéroport à la capitale. "On va boucler le financement", annonce-t-elle.
"Les touristes ne comprennent pas pourquoi les magasins sont fermés le dimanche", observe la secrétaire d’Etat au tourisme. Elle espère donc entamer un "dialogue avec les partenaires sociaux" dans le but d’ouvrir les magasins dans les "zones touristiques" de la capitale, dont 60% de la clientèle est étrangère. Elle assure que cette question sera à l’ordre du jour de la grande conférence sociale organisée par François Rebsamen, ministre du Travail et du dialogue social.
Pellerin veut une France mercantile. Elle veut "développer d’autres parties du territoire", et travailler sur des "marques" géographiques, afin de promouvoir tous les territoires. "Les touristes veulent une expérience, pas seulement qu’on les trimballe en bus d’un monument à un autre", assure la secrétaire d’Etat. 
Mars 2013: le couple Pellerin visite
 la Corée mais ne réduit pas encore 
ses émissions de CO2
Aussi, elle compte créer des "pôles d’excellence", "thématiques", notamment en campagne en "donnant des choses à faire" aux touristes, afin qu’ils découvrent la France autrement. Elle cite notamment l’exemple du "slow tourism" avec le développement du transport fluvial. L'idée n'est pas nouvelle et à l'instar du mouvement "slow Food", s'organise autour de trois idées fondamentales: le respect de la culture locale et des spécificités, la réduction de l'impact environnemental et le retour au plaisir. 
Et le tout-anglais jusqu'au fin fond de nos campagnes.