POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est marchés financiers. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est marchés financiers. Afficher tous les articles

samedi 16 mai 2015

Après l'embellie économique actuelle, un krach financier à l'automne 2015 ?

"Krach de 2015 : le jour d'après..." selon Marc Touati 

Les perspectives d'activité sont déjà à la baisse. Un krach pourrait se produire en 2015
, met en garde l'économiste.

Les révisions en hausse de la croissance européenne ne doivent pas masquer les incertitudes qui planent. En cas de krach, les autorités publiques (gouvernements et banques centrales) ont déjà brûlé leurs cartouches. L’économie mondiale s’effondrera, prédit l’économiste Marc Touati (cabinet ACDEFI).

Pour le moment, tout va bien ! Tout va même de mieux en mieux, à en croire certains. Et pour cause : après le FMI, la BCE et de nombreux instituts de conjoncture, la commission européenne a relevé ses prévisions de croissance pour la zone euro et pour la France en 2015. Magnifique !
Seulement voilà, comme nous l’avons souvent démontré, le consensus a très souvent tort. Autrement dit, c’est lorsque tout le monde pense la même chose qu’il faut commencer à s’inquiéter. Et ce, en particulier lorsque les prévisions du FMI, de la BCE et de la Commission européenne convergent. Il serait par exemple utile de rappeler qu’en 2007 et jusqu’au début 2008, ces trois institutions soulignaient que l’économie eurolandaise se portait à merveilles et lui prévoyaient une croissance soutenue pour 2008-2009, accompagnée d’une forte inflation. C’est d’ailleurs en partie à cause de ce dynamisme annoncé que la BCE a augmenté ses taux directeurs fin 2007 et jusqu’en juillet 2008. Mieux, dans la plupart de ses rapports depuis 2006, la Commission européenne et le FMI ne cessaient d’encenser la réussite économique de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce !

A l’évidence, il aurait été difficile de faire pire. C’est pourtant ce qui s’est produit lorsqu’en 2011 ces institutions annonçaient le fort redémarrage de la croissance dans la zone euro, la BCE joignant même le geste à la parole, en remontant par deux fois son taux refi. Si le passé est mort et s’il ne sert pas à grand-chose de remuer le couteau dans une plaie toujours ouverte, ces erreurs consensuelles de prévisions rappellent néanmoins qu’il faut prendre les dernières annonces du FMI, de la BCE et de la Commission européenne avec beaucoup de précaution.


N’ayons pas peur d’aller jusqu’au bout du raisonnement : la révision haussière des prévisions de ces trois institutions ou encore l’affirmation de Monsieur Draghi, selon laquelle il n’y aura absolument pas de bulle obligataire, constituent d’excellents indicateurs avancés de ce qui va se produire, mais en sens inverse.

Les perspectives d’activité sont déjà à la baisse

Les dernières données d’enquêtes sont d’ailleurs formelles, notamment celles des directeurs d’achat, de l’institut IFO, de l’INSEE, mais aussi de la Commission européenne. Dès lors, après un premier trimestre 2015 de croissance appréciable, une nette décélération, voire une baisse, du PIB devrait se produire dans la zone euro et en particulier en France, dès le deuxième trimestre.

Mais ce n’est pas tout, car si les investisseurs et le monde économico-financier dans son ensemble sont habitués à la mollesse économique de la zone euro, ils restent apeurés par le ralentissement qui se dessine aux Etats-Unis et en Chine. Dans ce cadre, et comme cela a déjà commencé depuis une dizaine de jours, les marchés financiers pourraient connaître de multiples tempêtes, préfigurant un krach qui se déclencherait d’ici l’automne prochain.

Au-delà de dégonfler les bulles obligataires et boursières qui se sont formées ces derniers mois, ce krach clôturerait un nouveau cycle de sept ans, comme cela s’observe depuis 1973 (cf. 'Notre Economie' dans Stratégie du 13/04/15). Après le premier choc pétrolier de 1973 qui marquait la fin des "Trente glorieuses", le second choc pétrolier et la récession mondiale de 1980, le krach d’octobre 1987, le krach obligataire et l’effet Tequila de 1994, le 11 septembre 2001, et enfin la faillite de Lehman Brothers et la crise mondiale de 2008, le krach de 2015 pourrait ainsi constituer la septième crise, ou encore le "big one " tant redouté sur les marchés.

Car si un krach se produit cette année, la croissance mondiale s’effondrera. Or, les autorités monétaires et budgétaires internationales ont déjà utilisé toutes leurs cartouches pour tenter de relancer la machine. 

D’où une question simple : que se passera-t-il le jour d’après ?

Dans une de ses recommandations de 2013, le FMI a déjà annoncé la couleur : taxer les dépôts bancaires et l’épargne sur livret au sens large, à hauteur de 10 % au-delà d’un certain seuil, par exemple 100.000 euros. Autrement dit, tous les ménages et les entreprises disposant de plus de 100.000 sur n’importe quel type de comptes bancaires se verraient ponctionner 10 % de leur "surplus". Et ce "overnight", c’est-à-dire du jour au lendemain et sans sommation.
Cela ramènerait par exemple plus de 700 milliards d’euros dans les caisses de l’Etat français. A l’évidence, la tentation est forte. Et lorsqu’on entend certains hommes politiques ou économistes proches du gouvernement ou de certains partis politiques souligner à répétition que les Français sont riches, que leur patrimoine dépasse les 12.000 milliards d’euros, on comprend que cette mesure d’urgence est déjà dans les tuyaux et qu’elle se produira immanquablement lors de la prochaine grave crise.

D’où trois grands enseignements. 
Primo, la mise en pratique de ce bazooka ne pourra se faire qu’une fois. Elle engendrera effectivement un fort mouvement de fuite de capitaux vers des pays moins confiscatoires et finira par affaiblir les autres.
D’où notre secundo, à savoir : rien ne prouve que cette ponction permettra de relancer durablement la croissance et de réduire durablement les déficits publics. Bien au contraire, puisqu’elle pourrait aggraver encore la récession dans les pays ayant fait ce triste choix. Il s’agira donc d’un fusil à un coup particulièrement inefficace.
Tertio, mieux vaut prévenir que guérir. Autrement dit, pour ceux qui le peuvent, il serait plus prudent de limiter les dépôts sur comptes, sur livrets et sur tous types d’épargne à 100.000 euros, quitte à en multiplier le nombre. Nous sommes prévenus, il ne faudra pas nous plaindre le jour d’après…

Marc Touati

samedi 6 avril 2013

J. Cahuzac, fraudeur fiscal et ...faussaire ?

Le socialiste aurait menti à une banque suisse


L'ancien ministre français du Budget a fourni un "certificat fiscal falsifié"
à la banque suisse Julius Baer*
Il refuse de renoncer à ses indemnités parlementaires
C'est une révélation du quotidien zurichois Tages Anzeiger, citant  samedi ses propres sources.

Le journal français Le Monde avait fourni mercredi une version allégée de l'exil des 600.000 euros que le journal socialiste qualifie d' "odyséee" (sic), que Jérôme Cahuzac a dissimulés au fisc et qui sont restés longtemps en Suisse.
En 1992, Philippe Péninque, un ami de longue date de Jérôme Cahuzac a ouvert pour lui, sous son nom, ce compte à l'UBS Genève.

Quelques mois plus tard, le "responsable" socialiste s'est rendu lui-même à Genève et le compte a été transféré à son nom.

En 2000, la petite société financière Reyl & Cie est entrée dans le circuit 

A l'époque, 
établie à Genève, elle n'avait pourtant pas de licence bancaire, mais travaillait comme une société de Bourse. A ce titre, elle relevait de la surveillance de la FINMA, l'autorité suisse de surveillance des marchés financiers.

En tant qu'intermédiaire financier, Reyl & Cie n'était pas soumise aux mêmes règles que les banques et ne devait pas fournir de renseignements sur les détenteurs de ses comptes.

Reyl & Cie a ouvert auprès de l'UBS un compte "omnibus", soit un compte comprenant les fonds de plusieurs clients - seulement connus de la banque... -, et parmi lesquels figurait Jérôme Cahuzac, dont l'argent est resté de facto à l'UBS.

Jérôme Cahuzac a estimé que la situation devenait trop dangereuse à Genève

En 2009, la Suisse s'est en effet déclarée prête à accorder l'aide judiciaire en cas d'évasion fiscale et a demandé à Reyl & Cie de transférer les fonds sur un compte omnibus à Singapour, auprès de la filiale de la banque Julius Baer .

La banque Julius Baer a réagi avec prudence, écrit le journal. Elle a réclamé à Reyl & Cie, bien que rien ne l'y obligeait, un formulaire appelé "formulaire A", qui fait apparaître le nom du détenteur des fonds.

Lorsque les banquiers de Julius Baer ont vu qu'il s'agissait d'un homme politique, ils ont demandé un document certifiant que les fonds avaient bien été déclarés au fisc compétent.

Selon des recherches effectuées par le Tages Anzeiger, Jérôme Cahuzac "a présenté un certificat fiscal falsifié". 
Il a également assuré que ces 600.000 euros provenaient de son activité de chirurgien esthétique, ajoute le journal. En conséquence, Julius Baer a autorisé l'opération de transfert de fonds.

samedi 8 septembre 2012

BCE: hostilité au plan anti-crise Draghi-Hollande de la planche à billets

Le plan anti-crise de la Banque Centrale Européenne est mal accueilli


L’idée de Mario Draghi, président de la BCE - soutenue par François Hollande - de racheter la dette des pays en difficulté dans la zone euro est très mal accueilli.


L'Expansion écrivait pourtant que " le gros des acteurs des milieux financiers et bancaires ont salué la mise en place de ce " pare-feu illimité ", c'est-à-dire l'annonce de l'achat par la BCE de dettes publiques des pays européens en difficulté et ce, sous conditions, mais sans limitation de volume." 

Ce magazine économique du groupe L'Express accusait même les conservateurs d'opposition à la politique de la planche à billets ! Il rapportait ainsi que seul le président de la Bundesbank s'est insurgé contre la décision. Il pointait aussi le président des Caisses d'épargne Georg Fahrenschon, "probablement l'un des seuls banquiers déçus du pays" qui déclara : " L'achat d'obligations est la mauvaise voie, car il sape la motivation des pays fortement endettés de faire des économies et d'assainir leur budget. La BCE ne doit pas jouer le rôle d'un ersatz de gouvernement ". 
Mais il notait enfin que, "de son côté, un groupe de députés du parti libéral a publié un texte contre cette voie qui mène vers " une union européenne de l'inflation et l'emploi de la planche à billet pour le financement des Etats "".

Il faut pourtant bien réaliser que M. Draghi prend le risque de faire marcher la planche à billets
Les paniers percés de l'Europe - dont François Hollande - applaudissent, mais adoucir la situation budgétaire des pays les plus mal en point doit-il être l'objectif premier de la BCE ? De facto, elle va créer un droit des pays en difficulté à recevoir une aide illimitée de l'Union européenne, un chèque en blanc. 
Ce faisant, le banquier central italien rend la politique monétaire européenne dépendante de la politique budgétaire des Etats. Ce qui ouvre la voie à la création d'un gouffre financier sans fin et à l'inflation, un phénomène que les Allemands craignent plus que tout. Angela Merkel doit faire face à une opinion publique majoritairement hostile à tout effort financier supplémentaire et à tout transfert supplémentaire de prérogatives nationales au niveau européen.

Les états demandent à voir !

En Espagne, on indique que la décision de demander cette aide ou non dépendra des conditions de la BCE.
La BCE a fait exactement ce qu’il fallait, estime Daniel Gros, du Centre d’Etude de Politique Européenne. Elle a dit que la responsabilité d’aider un pays ou pas était celle des ministres des Finances, c’est à dire du futur Mécanisme Européen de Stabilité. Si les ministres européens des Finances décident d’aider un pays, laBCE sera là pour le faire avec des liquidités. C’est exactement son rôle. Ni plus ni moins”.

En Allemagne, Angela Merkel en campagne a dû défendre toute la journée le plan de laBCE face à une classe politique allemande et une presse déchaînées et qui parlent déjà de “chèque en blanc”.


Le président de l’Union européenne Herman Van Rompuy a, lui, estimé que la BCE avait offert une réponse “efficace” à la crise de l’Euro.
En fait la Banque Centrale européenne n’a pas pris de nouvelle décision, selon Daniel Gros. Elle a juste précisé et renforcé ce que Mario Draghi avait déjà dit. Nous voyons que cet ensemble est un projet plutôt convaincant et je pense que c’est pourquoi les marchés ont réagi positivement”.

Les marchés financiers européens s'alarment

L’euphorie qui a suivi immédiatement l’annonce du plan de laBCE est quelque peu retombée ce vendredi… Les bourses de la zone euro ont quand-même terminé la semaine sur une nouvelle séance de hausse.