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vendredi 27 novembre 2015

Le prix des carburants montera malgré les promesses gouvernementales

Le prix de l'essence ne baissera pas en 2016, en dépit des promesses

Les députés sont tombés sur une surprise à l'ouverture du projet de loi de Finances
 


Le texte gouvernemental prévoit désormais de supprimer une partie de la baisse prévue des taxes sur l'essence.

En clair, le pouvoir socialiste va nous pomper notre argent à la pompe !

La taxation sur l'essence et le gazole devrait continuer à augmenter en 2016.

"En matière de fiscalité, il est parfois difficile de suivre à la lettre [et au centimes près] les promesses," commente L'Expansion (groupe L'Express), propriété de l'homme d'affaires à crédit, Patrick Drahi, également co-propriétaire de Libération et de SFR-Numéricable, outre quelques filiales diverses dans des paradis fiscaux comme le Luxembourg, la Suisse ou le Panama, mais qui continue à lorgner sur d'autres sans troubler les consciences socialistes de l'Etat-PS. Et surtout pas celles de Joffrin et bientôt Alain Weill (NextRadioTV, groupe actionnaire majoritaire de RMC, BFM Business, BFM TV).

Son petit journaliste indépendant "ovalise les angles"
En octobre dernier, se souvient Sébastien Pommier, le gouvernement avait décidé de commencer dès 2016 à supprimer une partie de l'avantage fiscal dont bénéficie historiquement le gazole pour rapprocher à terme son prix de celui de l'essence: rapprocher le prix de l'essence de celui du gazole n'a pas effleuré l'esprit unique sous les crânes d'oeufs de Bercy ? Il doit y avoir une raison hautement éthique à cela...

Mais, pépin, le Pommier omet de revenir aux racines de l'entourloupe 
Annoncée par Ségolène Royal, la ministre de l’Ecologie qui parle plus vite qu'elle ne pense, la baisse des taxes sur l’essence n’aura pas lieu en 2016. Contrairement à ce qui avait été prévu, la taxe sur le litre de sans-plomb 95 (SP95) devrait même augmenter de 2 centimes l’an prochain, tandis que la taxe sur le litre de gazole subira une hausse de 3,5 centimes. Seul le SP-E10, un carburant qui contient entre 5 % et 10 % de bioéthanol, devrait baisser  voir sa taxation rester... stable en 2016.
La mémoire de la presse indépendante est librement sélective

Mais passons sur ces trous de mémoire de la presse décrypteuse et donneuse de leçons, puisque seuls les blogueurs et réseaux sociaux ne sont pas fiables...

Donc, dans le projet de loi de Finances rectificative dont les députés viennent de commencer la lecture silencieuse et bienveillante,
le texte prévoit de revenir en partie sur la baisse de 1 centime des taxes sur l'essence. En clair, à nouveau, Sapin a ajouter dans le réservoir du sucre fiscal que ses services vont distiller...

Voyons donc quel éthique sociale y voit le Pommier de L'Expansion.

On a entendu S. Royal, pour combler l'écart entre les deux énergies, le gouvernement souhaitait "jouer" sur la fiscalité. La promesse du moment était de taxer un peu moins l'essence, un peu plus le gazole afin de parvenir "à un rapprochement en cinq ans." Manuel Valls avait validé les propos de sa ministre de l'Ecologie et de l'Energie: le premier ministre donnait des garanties que Royal ne divaguait pas et les vigilants pouvaient dormir tranquilles sur la banquette arrière et derrière leurs vitres encore teintées ! 
Au lieu de cela, à partir du 1er janvier prochain, ce sera +3,5 centimes par litre sur le gazole et +2 centimes par litre sur le SP95, "selon les calculs [au plus justes] du ministère des Finances. On rapproche certes les deux prix, mais plutôt vers le haut... C'est socialiste, donc c'est social, et même que c'est juste et équitable, surtout pour les chercheurs actifs d'emploi en nombre d'ailleurs bondissant dès octobre dernier. Pour ça, Hollande et el Khomri n'ont pas attendu.

La "taxe carbone" atteint son rythme de croisière: elle plafonne !

Les bénéficiaires ne rempliraient pas le Bataclan. La seule baisse prévue actuellement dans le collectif budgétaire ne concerne que quelques bobos nantis car, bien que progressivement distribué dans les stations-service depuis le 1er avril 2009, la part de marché du SP-E10, l'essence contenant près de 10% de bioéthanol, a augmenté de 3 points à 32 % (à partir de 0...) des essences (elles-mêmes minoritaires sur le diesel). 
Moins cher que le SP95 -mais cela varie selon les stations - ce carburant vert ne devrait pas voir sa taxation relevée comme les deux autres. L'écart de prix devrait donc se creuser davantage avec le gazole et le SP95, qui sont appelés à disparaître. Si le gap   la différence (Pommier a vraiment tout pour plaire, mais peut-être produit-il des "grannies", vous savez, ces pommes vertes acidulées?) s'annonce importante, c'est 'en partie', avoue-t-il, à cause de la mise sur orbite de la "contribution climat énergie" (autre nom de la "taxe carbone" et caution éthique des nouveaux socialistes écolos), "introduite à partir de 2014", précise le ver du fruit, peu soucieux, parfois, de remonter dans le temps jusqu'avant 2012. En 2009, des pays nordiques appliquaient déjà une forme de taxe carbone et à cette date le gouvernement français avait prévu de la mettre en œuvre en 2010, mais les exonérations, sous forme de crédits d’impôts aux entreprises les plus polluantes qui auraient participé à l'effort, avaient été jugées non conforme à la Constitution, et le projet fut enterré. A L'Expansion, cette décision à l'encontre du réformisme d'avant garde de la droite a dû en faire tomber quelques-uns dans les pommes.
On ré-écoute les Royal et Sapin ?... 


L'application de la "contribution climat énergie" est "évolutive dans le temps et devait augmenter chaque année jusqu'en 2016."  "On y est, le rythme de croisière va être atteint", assure Pommier, homme de foi. Entre 2013 et 2016, la "taxe intérieure de consommation" (TIC) devait donc augmenter de 9,3% sur le gazole et de 5,7% sur l'essence. Où en est-on, monsieur l'économiste ? Toutes les régions ont opté pour la fiscalité maximale, sauf la Corse et la région Poitou-Charente, où S. Royal reste inaudible), qui ont renoncé à la part régionale et à la majoration. Finalement, en 2014 la TICPE totale s'établit donc à 41,69 centimes par litre pour le gazole et 58,92 centimes par litre pour l'essence dans ces deux régions, et à 44,19 et 61,42 centimes par litre dans les autres régions.

Le carburant E10 (ou SP95-E10) est une absurdité économique
Composé à 90% d'essence et à 10% d'éthanol de betterave ou de blé, il va bel et bien nous être imposé dans les stations-service à la place du SP 95, au grand bonheur muet des producteurs de betterave. 
C'est très préjudiciable, pour deux raisons. La première, c'est que 40 % du parc automobile roulant à l'essence risque d'être endommagé par l'utilisation de cet agrocarburant, notamment les véhicules produits avant 2009 qui vont devoir passer au SP 98, un carburant plus onéreux qui s'apparente d'ailleurs à une spécificité franco-française: on ne le trouve guère hors des frontières. Quant à l'E10, s'il est vendu au prix du SP 95 à ses débuts, le coût de revient d'un carburant produit à partir de betterave ou de blé est nettement supérieur à celui de l'essence: il faudra bien relever le prix à la pompe.
Et comme un malheur socialiste peut en cacher un autre,
l'automobiliste qui au départ paiera ce carburant un peu plus cher à la pompe, à l'arrivée, aura parcouru un peu moins de kilomètres avec un plein, du fait que son pouvoir de combustion est inférieur à celui de l'essence. Quant à l'intérêt environnemental de l'opération, il reste évidemment à démontrer, la polémique sur l'impact des agrocarburants étant toujours aussi vive. Conclusion : tant qu'il restera des pompes SP 95, mieux vaut éviter de faire son plein en E10.

Ainsi, en avril 2015, les prix à la pompe avaient déjà augmenté de 2,9 centimes par litre sur le gazole et de 2,6 centimes par litre sur l'essence. Mais, si "globalement l'automobiliste ne sent pas trop la différence à la caisse", dixit L'Expansion en faveur de l'éthanol de betterave, n'en déplaise à Pommier. c'est parce que le cours du baril de pétrole s'est effondré depuis juin 2014, passant de plus de 100 dollars à 43 dollars ce jeudi matin. Après avoir longtemps fleureté avec la barre de 1,5 euro, l'essence tourne aujourd'hui autour de 1,20 et 1,40 euro/litre et le gazole oscille entre 1,0 et 1,20 euro/litre. Alors, que les taxes continuent d'augmenter, les prix eux ne baissent pas autant qu'ils devraient.

Et ne sont pas près de baisser:
après avoir voulu sanctionner Poutine sur la Crimée, Hollande est partisan du boycottage du pétrole brut syrien qui remplit les caisses des islamistes de l'Etat islamique. Le chef de guerre n'a-t-il pas trouvé d'autre moyen de pression que d'ajouter de l'austérité à l'austérité des Français ?

jeudi 1 octobre 2015

L'Express soumis à dégraissage depuis son rachat par Drahi

Plan de "sauvegarde de l'emploi" au Groupe Altice Média

R
acheteur de L'Express et Libération, Drahi doit maintenant payer ses dettes

Quelque 134 suppressions de postes sur 630 et une filialisation partielle
C'est la proposition de plan de sauvegarde de l'emploi que la direction du groupe Altice Media, créé en 2015 par Patrick Drahi, co-propriétaire du groupe (ci-dessus), avec Marc Laufer, homme d'affaires spécialisé dans le secteur des media (ci-dessous), directeur de L'Express, a présenté ce lundi  aux élus du comité d'entreprise 

"Révoltés", "en colère", très émus... 
Laufer, patron de L'Express et de Libération
Ce lundi après-midi, les représentants du personnel du Groupe Altice Media, propriété de Patrick Drahi, propriétaire de l'hebdomadaire L'Express et de L'Expansion, mais aussi du quotidien Libération, en plus de L'Etudiant, des magazines Côté Maison, de Studio Ciné-Live, de Lire ou de Classica, présentaient aux employés du groupe, réunis en assemblée générale, la proposition de plan de sauvegarde de l'emploi dont ils avaient discuté quelques heures plus tôt, en comité d'entreprise, avec la direction, en particulier représentée par le président directeur général, Marc Laufer, et le directeur général délégué, Christophe Barbier. 

125 suppressions de postes 

Selon cette proposition, seraient supprimés 125 postes, 133 avec les pigistes, et les activités de L'Etudiant et de la régie publicitaire seraient filialisés, à hauteur de 222 postes. 

Ces mesures s'ajouteraient aux conséquences de la clause de cession, ouverte aux titulaires d'une carte de presse lors du changement d'actionnaire, au printemps. Quelque 115 journalistes en avaient alors bénéficié, sur les 630 salariés du groupe.
Principalement touchés par ce plan, les "services support", direction générale, direction financière et des ressources humaines, informatique, services généraux, diffusion, fabrication et studio de création. Le service documentation, qui compte 6 journalistes, est amené à disparaître.
L'Express pourrait perdre jusqu'à 24 salariés, dont 21 journalistes, L'Expansion 4, Lire 1, les "pôles déco" 6. 

Un délai d'une semaine 

Ce PSE devait initialement prendre effet ce lundi, à l'issue du Comité d'entreprise, mais l'intersyndicale a obtenu de la direction du groupe un délai, qui devrait être employé à négocier les différents points du plan, jusqu'à vendredi prochain. 
Au centre des négociations, le nombre de licenciements et la revalorisation des mesures d'accompagnement, d'aide à la reconversion en particulier. 

Selon les représentants du personnel, la direction du Groupe Altice Media a en revanche présenté comme "intangibles" la redéfinition de la convention collective de L'Etudiant et de la régie publicitaire et l'externalisation d'une grande partie des services transverses. 

Ce week-end, la Société des journalistes de L'Express a lancé différentes initiatives pour mobiliser ses soutiens, à travers une pétition en ligne, une page Facebook et un compte Twitter.

samedi 8 septembre 2012

BCE: hostilité au plan anti-crise Draghi-Hollande de la planche à billets

Le plan anti-crise de la Banque Centrale Européenne est mal accueilli


L’idée de Mario Draghi, président de la BCE - soutenue par François Hollande - de racheter la dette des pays en difficulté dans la zone euro est très mal accueilli.


L'Expansion écrivait pourtant que " le gros des acteurs des milieux financiers et bancaires ont salué la mise en place de ce " pare-feu illimité ", c'est-à-dire l'annonce de l'achat par la BCE de dettes publiques des pays européens en difficulté et ce, sous conditions, mais sans limitation de volume." 

Ce magazine économique du groupe L'Express accusait même les conservateurs d'opposition à la politique de la planche à billets ! Il rapportait ainsi que seul le président de la Bundesbank s'est insurgé contre la décision. Il pointait aussi le président des Caisses d'épargne Georg Fahrenschon, "probablement l'un des seuls banquiers déçus du pays" qui déclara : " L'achat d'obligations est la mauvaise voie, car il sape la motivation des pays fortement endettés de faire des économies et d'assainir leur budget. La BCE ne doit pas jouer le rôle d'un ersatz de gouvernement ". 
Mais il notait enfin que, "de son côté, un groupe de députés du parti libéral a publié un texte contre cette voie qui mène vers " une union européenne de l'inflation et l'emploi de la planche à billet pour le financement des Etats "".

Il faut pourtant bien réaliser que M. Draghi prend le risque de faire marcher la planche à billets
Les paniers percés de l'Europe - dont François Hollande - applaudissent, mais adoucir la situation budgétaire des pays les plus mal en point doit-il être l'objectif premier de la BCE ? De facto, elle va créer un droit des pays en difficulté à recevoir une aide illimitée de l'Union européenne, un chèque en blanc. 
Ce faisant, le banquier central italien rend la politique monétaire européenne dépendante de la politique budgétaire des Etats. Ce qui ouvre la voie à la création d'un gouffre financier sans fin et à l'inflation, un phénomène que les Allemands craignent plus que tout. Angela Merkel doit faire face à une opinion publique majoritairement hostile à tout effort financier supplémentaire et à tout transfert supplémentaire de prérogatives nationales au niveau européen.

Les états demandent à voir !

En Espagne, on indique que la décision de demander cette aide ou non dépendra des conditions de la BCE.
La BCE a fait exactement ce qu’il fallait, estime Daniel Gros, du Centre d’Etude de Politique Européenne. Elle a dit que la responsabilité d’aider un pays ou pas était celle des ministres des Finances, c’est à dire du futur Mécanisme Européen de Stabilité. Si les ministres européens des Finances décident d’aider un pays, laBCE sera là pour le faire avec des liquidités. C’est exactement son rôle. Ni plus ni moins”.

En Allemagne, Angela Merkel en campagne a dû défendre toute la journée le plan de laBCE face à une classe politique allemande et une presse déchaînées et qui parlent déjà de “chèque en blanc”.


Le président de l’Union européenne Herman Van Rompuy a, lui, estimé que la BCE avait offert une réponse “efficace” à la crise de l’Euro.
En fait la Banque Centrale européenne n’a pas pris de nouvelle décision, selon Daniel Gros. Elle a juste précisé et renforcé ce que Mario Draghi avait déjà dit. Nous voyons que cet ensemble est un projet plutôt convaincant et je pense que c’est pourquoi les marchés ont réagi positivement”.

Les marchés financiers européens s'alarment

L’euphorie qui a suivi immédiatement l’annonce du plan de laBCE est quelque peu retombée ce vendredi… Les bourses de la zone euro ont quand-même terminé la semaine sur une nouvelle séance de hausse.

mercredi 5 janvier 2011

35 heures: l'amère Royal ne sait plus ce qu'elle dit (2006-2011)

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis...
Tous accablés par l'amère Royal

05/06/2006: 'Ségolène Royal brise un nouveau tabou à gauche', titrait L'Expansion

"Sur son site web, la candidate à l'investiture socialiste pour la présidentielle critique vivement la mesure phare du gouvernement Jospin.
Après ses propos sur la sécurité, qui ont provoqué la semaine dernière une vive polémique au sein de la gauche, Ségolène Royal a choisi de donner un nouveau coup de pied dans la fourmilière, en s'attaquant aux 35 heures.
Sur son site Désirs d'avenir, elle détaille, dans ce qui est le deuxième chapitre de son futur livre-programme, sa vision de la situation sociale de la France, et se livre à une analyse critique de la mesure phare du gouvernement Jospin, auquel elle avait d'ailleurs appartenu. La candidate à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle y décrit ainsi le « résultat non voulu » de la réduction du temps de travail : « une dégradation de la situation des plus fragiles, notamment les femmes ayant des emplois peu qualifiés, pour lesquelles la flexibilité s'est traduite par un empiètement accru sur leur vie personnelle ». Et Ségolène Royal de conclure : « la répartition de l'effort et des avantages a été fortement inégalitaire ». De quoi provoquer la colère de ses coreligionnaires du PS, d'autant que le projet du parti, qui doit être finalisé mardi avant d'être soumis aux militants, prévoit la « généralisaiton des 35 heures ». Ainsi, Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn, a déploré « l'assassinat des 35 heures ». Et Benoît Hamon, porte-parole du courant NPS, a demandé à Ségolène Royal d'« arrêter de jeter des bombes car il risque d'y avoir beaucoup de dégâts ».

En revanche, elle ne propose pour le moment aucune mesure pour remédier aux inégalités qui auraient été engendrées par les 35 heures, même si l'idée du « travailler plus pour gagner plus » chère à la droite ne la choque pas. Elle avait ainsi confié le 9 mars dernier à l'Humanité Dimanche que « si des salariés veulent travailler plus, ils doivent pouvoir le faire dans le cadre d'un accord avec les partenaires sociaux ». Le ministre délégué à l'emploi, Gérard Larcher, a d'ailleurs raillé Ségolène Royal[e], qui « redécouvre l'évidence » et a rappelé que les assouplissements Fillon, votés en 2003, ainsi que la proposition de loi sur le compte épargne-temps, avaient justement pour but de corriger les défauts pointés par la présidente de la région Poitou-Charentes. Une étude publiée par l'Insee en février dernier révélait pourtant que 15% seulement des Français estimaient que la loi sur les 35 heures avait dégradé leurs conditions de travail, alors que 50% les trouvaient améliorées."


VOIR et ENTENDRE
la candidate de la gauche en juin 2006
:

2007 - La présidente de Poitou-Charentes avait exprimé des réserves sur les 35 heures, estimant que la réduction du temps de travail était un "progrès social important" mais qu'elle avait "aussi créé un certain nombre de problèmes".
Devoir de mémoire: en campagne présidentielle, elle n'avait en revanche aucune réserve pour mettre les professeurs 35h en présence des élèves...
Lien video de sa déclaration sournoise devant des militants socialistes


Janvier 2011 - Manuel Valls, candidat aux primaires présidentielles socialistes, s'est attiré dimanche les foudres de la plupart des dirigeants du PS en suggérant de "déverrouiller" les 35 heures.
Ce socialiste s'en est pris à l'un des héritages du PS, et de sa patronne Martine Aubry : pour le candidat aux primaires du PS pour la présidentielle de 2012, le système actuel des 35 heures est dépassé.
« Est-ce que, dans le monde tel qu'il est aujourd'hui - avec la concurrence que nous connaissons -, pouvons-nous nous permettre d'être sur des idées des années 1970, 1980, 1990 ? Non. Il faut dépasser la question des 35 heures », a-t-il martelé lors du Grand Rendez-vous Europe 1 - Le Parisien-Aujourd'hui en France. Au nom « d'une augmentation du pouvoir d'achat », le député-maire d'Evry (Essonne) estime que dans le monde en 2011, « il faut travailler plus ».

VOIR et ENTENDRE Valls s'exprimer sur Europe 1 dimanche:


"Il faut dépasser les 35 heures" envoyé par Europe1fr.
05 janvier 2011 - "Ségolène Royal ne veut plus qu'on touche aux 35 heures" (Le Point)

"Ségolène Royal s'est opposée mercredi à une éventuelle remise en cause des 35 heures, mesure emblématique du gouvernement de Lionel Jospin.[...]
"Je n'accepte pas que l'on remette en cause la protection sociale", a déclaré Désirdavenir Royal en banlieue parisienne.
"Il n'est pour moi pas question d'accepter la remise en cause de la durée légale du travail", a insisté l'ancienne candidate socialiste à l'Elysée en 2007, selon plusieurs media. "D'ailleurs, je n'ai jamais rencontré un chef d'entreprise qui m'a demandé de remettre en cause la durée légale du travail." Mais s'en serait-elle mieux souvenue que de sa position de 2006 ?
VOIR et ENTENDRE Sa Cynique Majesté Royal pour tenter de repérer la subtilité qui lui permettra de soutenir qu'elle ne désavoue pas sa camarade Premier secrétaire, Martine Aubry:

En 2007, déjà très flexible, elle ne se sentait pas engagée par ses déclarations. Comment l'être dans ce flot ?

Elle avait alors expliqué qu'elle ne s'interdisait "rien" dans ce domaine si elle était élue présidente de la République.
" Ce n'est pas se désavouer que de réajuster certaines réformes pour gommer leurs effets négatifs. C'est cela aussi la rénovation de la politique ", avait souligné cette 'rénovatrice' qui ne mérite décidement pas d'être qualifiée d'imbécile !.
..

samedi 8 mai 2010

Les media créent une psychose sur le 'forfait social'

Eric Woerth doit démentir les ragots politiciens

La presse des racontars

L'opposition travaille l'opinion au portefeuille
Ainsi, L'Expansion annonce comme une certitude un projet de nouvelles taxes imaginé en salle de rédaction. Sur la base de théories en cours au 20e siècle et sous la pression de la situation critique de la Grèce, des journalistes supputent en effet ce que pourraient être les conséquences d'une crise économique et financière et élaborent des articles alarmistes. Leur crédibilité se fonde, plutôt que sur des fuites ou confidences autorisées, sur la croyance que le pire peut toujours arriver et l'anxiété générale qu'ils entretiennent savamment au fil des semaines. La presse qui se plait à « décrypter pour vous » a la tête enflée et ne prend plus même la peine de s'entourer des précautions d'usage.

Lorsque le clone économique du Nouvel Observateur titre « Bercy envisage de taxer les tickets restau et les chèques vacances » (03/05/2010), il ne recourt pas au conditionnel et se contente d'affirmer que le ministère de l'Economie en « étudie la possibilité ». La nuance conserverait toute sa portée si le poids des mots ne venait ensuite la réduire à néant: cette étude sur les tickets resto et les chèques vacances envisage la possibilité d' « imposer le "forfait social", une taxe de 4% à la charge des employeurs. Une mesure très controversée. » Que du lourd !
Pour Les Echos, "le sujet est [seulement] très sensible" et il l'est d'ailleurs plus «politiquement » que socialement... Tout est enfin dit.

A preuve que cette simple étude, si jamais elle existe réellement, participe de l'opération politique de désinformation générale, L'Expansion brandit ses cautions 'vertueuses' et s'appesantit sur les réactions -au quart de tour- des syndicats.
La CFTC demande au gouvernement d'aller voir "ailleurs que dans les poches des salariés" pour chercher des financements et FO dénonce une "incongruité". "Ce qui est gênant c'est que le gouvernement ne travaille que sur les niches fiscales liées au travail, sans toucher au bouclier fiscal et à l'imposition des dividendes", a critiqué Gaby Bonnand (CFDT). "Si demain, le chèque-vacances est fiscalisé, c'est pas sûr que les comités d'entreprise continuent d'en proposer", a prévenu Gilles Pinato (CGT). Lire PaSiDupes
Bref, l'opposition s'emballe et gonfle une nouvelle baudruche: la rumeur est plus mobilisatrice qu'un slogan du 1er Mai.

Les tickets restaurant ne seront pas taxés, promet Eric Woerth

L'agence R****** n'accorde que trois lignes au démenti...
Les tickets restaurant ou chèques vacances, avantages distribués aux salariés français par les entreprises, ne seront pas taxés comme le laissaient penser des informations de presse, déclare le ministre du Travail Eric Woerth.
On notera au passage l'édifiant « comme le laissaient penser des informations [ça c'est de l'information !] de presse » !

R****** relance
« Le gouvernement français vient d'annoncer un plan d'austérité financière avec un blocage des dépenses et une réduction des exemptions fiscales.
"J'ai fermé la porte à cela quand j'étais ministre du Budget. J'ai vu ça récemment dans un journal, ce sont des marronniers de la vie politique. Nous n'allons pas taxer les chèques restaurant ou les chèques vacances", a déclaré Eric Woerth sur RMC."»

=> Mais qu'en est-il du forfait social de la CESU ?

Qu'est-ce qu'un marronnier ?
En journalisme, c'est un article d'information de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible. Ex: le classement des hôpitaux, le beaujolais nouveau, les rémunérations des élus ou les « ménages » de Marie-sEGOlène Royal pour Paris Match ! Lien PaSiDupes
La presse aime prendre des marrons et en redemande.

mercredi 3 mars 2010

Le PS lorrain refuse le droit d'ingérence à ses voisins européens

Masseret, président socialiste sortant se fâche contre ses voisins étrangers
Le PS ne reconnaît pas le droit d'ingérence aux autres

=> "On aura une explication", a menacé Jean-Pierre Masseret (PS)

Le président sortant de Lorraine n'a pas supporté la présence Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois, et Peter Müller, Ministre-président allemand de Sarre, au meeting -ci-dessus)de soutien à Laurent Hénart (ci-contre avec Laurent Wauquiez, 1968, IEP, ex-UDF, radical associé à l'UMP) lundi dernier à Metz. "Le Premier ministre luxembourgeois et le président de Sarre sont assez grands pour savoir ce qu'ils ont à faire. Mais si je conserve la présidence de la région, c'est sûr, on aura une explication", a déclaré l'ex-inspecteur principal des impôts (1944).

=> Masseret, européen, mais point trop...

Candidat fébrile à sa propre succession aux élections régionales de mars prochain, le président sortant du Conseil Régional de Lorraine s'en est pris aux deux hommes politiques européens dont il dénie le droit d'ingérence dans la campagne locale.
Le socialiste français a également précisé qu'"avec le Luxembourg et la Sarre, nous sommes des partenaires, nous travaillons bien, j'apprécie les relations que nous avons, mais nous ne sommes pas un seul pays".

L'UMP s'indigne de l'hostilité socialiste envers de partenaires européens

De son côté, l'UMP dénonce les menaces du président PS et les qualifie de "dérapage inacceptable qui mérite des excuses".
L'intolérance xénophobe de Masseret fait ainsi monter d'un cran la tension entre la droite et la gauche en Lorraine.


En savoir plus sur Masseret

=> secrétaire d'État aux Anciens combattants auprès du ministre de la Défense, dans le gouvernement Lionel Jospin, de 1997 à 2001, mais n'est pas visiblement favorable à la réconciliation franco-allemande.

=> Le sortant ne peut nier son appartenance à la franc-maçonnerie: il a été président de la Fraternelle parlementaire, qui réunit les francs-maçons de l'Assemblée nationale, du Sénat et du Conseil économique, social et environnemental.

=> Partisan du « non » au Référendum français sur la constitution européenne, cet élu socialiste s'est mis en marge de la majorité du PS formée au congrès de Dijon et a signé la contribution Pour une alternative socialiste avec Henri Emmanuelli, mentor de Benoît Hamon, à la gauche du PS.

=> En avril 2004, le socialiste Masseret, ancien maire d'Hayange, fut élu président du Conseil Régional de Lorraine à la faveur d'une triangulaire, avec 48,41% des suffrages dont les voix du FN.

=> Le 24 février 2010, L'Expansion publie le classement des présidents de Conseils Régionaux selon la qualité de leur gestion : Jean-Pierre Masseret figure en 20e position sur 21.
Le magazine économique pointe la Lorraine: « la deuxième région la moins bien gérée de France est pénalisée par le poids de sa dette et la faiblesse de ses investissements », alors qu'elle était 12e au début de son mandat, en 2004. Masseret fut pourtant inspecteur principal des impôts...


Avis aux électeurs lorrains amateurs !

dimanche 28 juin 2009

Appel des 111 people amateurs de stupéfiants

Soixante-huitards allumés. 1976 - 1998

L'appel des 111, initié par Act Up! pour promouvoir la dépénalisation de la consommtion de stupéfiants, obtint la signature de personnalités des milieux intellectuels, artistiques et politiques reconnaissant avoir consommé "à un moment ou un autre" de leur vie "des produits stupéfiants", parmi lesquelles:
Patrice Chéreau, André Téchiné, Stanislas Nordey, Jean-Luc Godard, Romain Goupil, Pascale Ferran, Jacques Bonnafé, Marina Vlady, Dan Franck, Lydie Salvayre, Daniel Cohn-Bendit, Etienne Balibar, Léon Schwartzenberg, Alain Lipietz, etc

La résistance citoyenne

La génération de mai 68 fait de la résistance depuis un moment.

Autour d'une vieille garde constituée des signataires de l' " Appel du 18 joint 1976 ", on retrouve l'ACCS, ACT UP, AIDES, ASUD, Chiche, le CIRC de Jean-Pierre Galland, Combat face au sida, CORA, l'Eléphant rose, le MLC de Francis Caballero, le Réseau Voltaire, Techno Plus.

Au PS
- Le CIRC reçut le soutien d'une dizaine de députés de la gauche plurielle, dont Jean Glavany, alors vice-président du P.S. à l'Assemblée nationale et ministre de l'agriculture. (L'Express, 26/03/98)

- Jack Lang apporta son soutien au président d'Act Up, Philippe Mangeot, en précisant qu' " en transformant en délit l'aveu de la consommation de drogues, notre société étouffe la liberté d'opinion et surtout empêche tout débat sur un sujet si grave qui ruine la santé de nombreux citoyens ". ( Revue Politis du 5/03/98 )

- Razzye Hammadi, alors président du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) et aujourd'hui sans mandat électif, puisque son parachute s'est écrasé aux dernières municipales à Orly, est secrétaire national du PS au service public par la volonté du prince-secrétaire national, Martine Aubry, depuis novembre 2008:
"Nous avons signé parce que la prévention sanitaire, la sécurité au sens large nécessite la révision de la loi de 1970 et la légalisation. D'ailleurs, le projet des socialistes reprend cette exigence sanitaire en prônant la révision de la loi ainsi qu'une régulation publique."

  • Sergio Coronado, porte-parole des Verts et proche aujourd'hui du PS eet actuellement responsable de la commission transnationale des Verts, il est actuellement adjoint au maire du XIVe de Paris et responsable de la commission transnationale des Verts de Cohn-Bendit.
    "Cet appel bénéficie d'un soutien sans faille des Verts. Nous sommes favorables à la dépénalisation des drogues et à la mise en place d'une politique nationale de réduction des risques, par la mise en place de programmes de substitution, de distribution de drogue dans des lieux spécialisés, de cannabistrots...Nous souhaitons dans le cas précis du cannabis un contrôle par l'Etat de la distribution et de la commercialisation. Enfin, nous réclamons la réforme de la loi de 1970, qui transforme l'usager en délinquant et permet que l'ouverture d'un quelconque débat sur le sujet soit passible d'un passage devant les tribunaux, une mésaventure qui est arrivée au député vert européen Jean-Luc Bennhamias."
  • Guizmo, membre du groupe Tryo :
    "J'ai signé parce que je suis un consommateur occasionnel et que je pense que le tout répressif n'est pas une solution. Le but de cet Appel est avant tout d'ouvrir un débat, un débat que les hommes politiques n'ont jamais ouvert. Je suis également un père de famille et j'aimerais que mes enfants bénéficient d'une vraie prévention, que l'on arrête de faire croire des horreurs sur le cannabis, tout en continuant à baptiser les enfants avec du vin."
  • LCR et NPA
    Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR :
    "La répression n’est pas la bonne méthode pour aborder la question du cannabis. Je constate que sa consommation s’est largement répandue dans la jeunesse et au-delà, pour des raisons diverses, et nous sommes en présence d’un phénomène culturel qu’il faut traiter comme tel. D’ailleurs quand son usage relève de conduites addictives c’est un problème de santé publique qui implique un accompagnement, un suivi et non de la répression. Répression qui frappe les petits consommateurs et non les grands réseaux de trafiquants. En soi, le cannabis n’est pas plus nocif que d’autres produits qui sont légalisés et en vente libre comme le tabac et l’alcool. Mais, en l’occurrence, les intérêts économiques en jeu ne sont pas les mêmes. Comme la période de la prohibition l’a montré en son temps aux Etats-Unis, l’interdiction ne supprime pas le phénomène. Bien au contraire, il crée un appel d’air pour une économie parallèle qui mobilise beaucoup d’argent, met les consommateurs sous la pression de prix qui augmentent sans cesse, génère de la délinquance pour s’approprier des marchés, se procurer de l’argent. Il faut sortir de la spirale interdiction-répression. C’est pourquoi je suis favorable à la légalisation du cannabis. C’est le sens de ma signature."
  • Léon Mercadet (1950 et râtelier neuf et baveux), journaliste (au journal de la Ligue Communiste Rouge , qui a travaillé pour Actuel dès 1972) aujourd'hui à Canal+):
    "Parce que j'en ai ras-le-bol de cette hypocrisie. Cela fait 35 ans que ça dure et on n'a aujourd'hui, légalement, même pas le droit d'en parler. Je voudrais déjà qu'on puisse en discuter, comme on parle du tabac et de l'alcool qui sont des drogues plus dangereuses et plus addictives que le cannabis. Que l'on arrête de diaboliser ce produit. Par exemple, concernant les pertes de mémoires, j'ai 56 ans et je peux vous citer tous les buteurs de la Coupe du monde de Montevideo de 1930 sans problème ! Que l'on mette les choses à plat, qu'on se penche sur les études scientifiques sérieuses et qu'on ouvre un vrai débat national sur le sujet. J'ai honte quand je me rends en Belgique ou Allemagne de passer pour un plouc de l'Europe, où la plupart des pays ont ouvert ce débat et dépénalisé l'usage. Il faut arrêter de se voiler la face : on fume partout, même à Neuilly, la ville de Nicolas Sarkozy. Mais ceux qu'on arrête, ce ne sont pas les acheteurs des beaux quartiers mais bien ceux des banlieues. Ces arrestations au faciès qui créent de graves injustices dans notre pays. Personnellement j'ai arrêté de fumer parce que, effectivement, ce n'est pas l'idéal pour se bouger quand on a beaucoup de travail. J'ai également un gosse de 15 ans et il est hors de question qu'il fume. Mais aujourd'hui, sur ce point, la première leçon d'instruction civique qu'il reçoit, c'est que la loi n'est pas appliquée. Pour un ados d'aujourd'hui, l'attitude des pouvoirs publics est totalement indéchiffrable. Le cannabis doit être réservé aux personnes majeurs. Mais après 18 ans, il faut ficher la paix aux gens. Nicolas Sarkozy a demandé à ce qu'on s'occupe pas de sa vie privée. Qu'il en fasse de même avec nous…"
    Son pseudonyme est l'association du prénom de Léon Trotsky et du patronyme francisé de son assassin, Ramón Mercader...
  • Karl Zéro (1961), de son vrai nom Marc Tellenne et frère de Basile de Koch, journaliste (Nulle part ailleurs et le Vrai Journal sur Canal+):
    "Parce que, quand on fait un album avec les Wailers, c'est un peu comme si on était devenus un des évêques de la Sainte Ganja. Plus sérieusement, je pense que l'hypocrisie de nos chers gouvernants concernant la cannabis a assez duré et qu'à l'occasion de l'élection présidentielle de 2007, il faut exiger d'eux non seulement la dépénalisation mais également l'introduction sur le marché de chanvre à rouler dans les bureaux de tabac. A moins que l'économie parallèle ne servent à financer leurs campagnes?"
    -> Une méchante rumeur lancée par L'événement du Jeudi (JDD) de Jean-François Kahn (selon l'ex-punk Karl Zéro) prétend qu’il aurait suivi son frère Bruno à la fin des années 1970 et au début des années 1980 et aurait sympathisé avec le GUD (syndicat étudiant d’extrême droite), pour lequel il publiait des dessins faisant référence au IIIème Reich. Karl Zéro nia totalement, affirmant que le journal avait d’ailleurs été condamné pour diffamation.
  • Les relais

  • Soutenus par une presse souvent complaisante à leur égard, les partisans de la dépénalisation bénéficient de tribunes régulières dans le Monde et Libération. Ainsi en mai 1998, le Monde médiatise "l'appel des 111" au droit de se droguer et ignore la réponse du CNID intitulée " Drogue, nous ne capitulerons pas " forte de 700 000 signatures.
    L'Expansion, le périodique économique (groupe Nouvel Observateur), est un instrument de cette propagande anti-prohibionniste. Pour lui, la dépénalisation serait essentiellement dirigée contre les trafiquants comme le montre un article intitulé " Et si on légalisait le cannabis " (n°577)
  • Sur Internet, la majeure partie des sites consacrés à la drogue présente son usage sous un jour favorable. Sur l''Internet qui échappe aux règles du droit commun est un lieu privilégié de propagande, on peut trouver des adresses pour acheter des graines, cultiver et préparer des recettes à base de cannabis. Il existe au moins un moteur de recherche exclusivement consacré au cannabis ...
  • Des maisons d'édition assurent la publication et le commerce d'ouvrages relatifs aux drogues. En France, rien que trois appartiennent alors à Michel Sitbon, " l'empereur français du porno ", par ailleurs trésorier du Réseau Voltaire. Elles entendent offrir " une information qui rompe avec l'hystérie et le dogmatisme ambiants ". Ils tentent d'apporter " un éclairage original, que ce soit d'un point de vue botanique, scientifique, historique, politique, sociologique ou ludique... " Loin d'une timide et discrète diffusion sous le manteau, leurs livres bénéficient de nombreux points de vente dont fait partie la FNAC, " agitateur public n°1 ".

    Pour eux, fumer du cannabis est un droit de l'homme

    Au nom de la liberté, ils se battent pour la dépénalisation de la consommation des drogues. C'est aussi une « aspiration écologique »...
  • vendredi 28 mars 2008

    La bataille fait rage entre la presse papier et la presse Web

    Témoignage d’un blog de qualité
    Versac a reçu ce mail et rapporte :
    20 mars 2008
    Tu veux des scoops, coco ?
    Bonjour,
    Nous avons le plaisir de vous proposer de faire partie de la nouvelle liste de diffusion privée de L'Express et de L'Expansion, s'adressant ponctuellement à certains bloggeurs et journalistes sélectionnés. Au programme, des contenus envoyés en exclusivité pour vous et votre blog
    http://vanb.typepad.com/versac/ : - des scoops en exclusivité - certains éléments du magazine papier en avant première- les endroits du web où L'Express et L'Expansion prennent la parole et créent l'évènement
    Les scoops de L'Express :Le patrimoine des candidat à la présidentielle, les tumultes du couple Cécilia-Nicolas Sarkozy, la première interview de Carla Bruni, Simone Veil s'indignant de la proposition de Nicolas Sarkozy pour la mémoire des enfants juifs, Xavier Bertrand reconnaissant son appartenance au Grand Orient de France, mais aussi des sondages, des interviews exclusives, des classements…
    Les scoops de L'Expansion :Au cours de ses quarante années d'existence, L'Expansion a souvent innové et créé l'actualité économique par la publication de classements originaux et d'informations exclusives : liste des restaurants les plus rentables, carte des suppressions d'emplois dans l'industrie automobile, liste des villes qui vont basculer lors des municipales etc...L'Expansion est le premier magazine à avoir mis en place un classement des patrons les mieux servis en stock-options, révélant ainsi au public ce système de rémunération et ses excès. Récemment, il a fait l'actualité en révélant les risques de santé publique liés aux importations alimentaires chinoises.
    La fréquence d'envoi sera maîtrisée, mais dépendra largement de l'actualité.
    Si vous souhaitez devenir membre de cette liste de diffusion, merci de nous le faire savoir en répondant "OK" à cet e-mail. Bien sûr, vous pourrez à chaque envoi décider de ne plus recevoir de mail de notre part.
    Christophe Barbier, Directeur de la Rédaction de L'ExpressAlain Louyot, Directeur de la Rédaction de L'Expansion
    Il semble que pas mal de blogueurs ont reçu la chose. l'objectif, pour L'express ? se connecter "à la blogosphère", et bénéficier de sa capacité d'amplification, d'attraction d'attention.
    Stratégiquement, ce n'est pas idiot. On balance les scoops en exclusivité, et on espère retirer "du buzz". On espère que l'attention de ces blogs se tournera un peu plus vers les sites du groupe, qui sont relativement peu cités dans ces sphères (hormis des moqueries du blog de Christophe Barbier).
    Pour ma part, je ne m'abonne pas. Le scoop m'intéresse peu. La promesse d'avoir en primeur de nouvelles révélations sur la vie de carla bruni ou la franc-maçonnerie d'untel ne m'allèche pas. Mais il y a de l'idée, c'est sûr. On pourrait demander à ces journaux de travailler de manière un peu plus approfondie l'interaction, l'insertion effective dans le "web social", par des démarches plus ouvertes...

    D’autres exemples encore, issus de Libération ou du Monde et du Nouvel Obs ou de Marianne ? Du Canard Enchaîné ou de Charlie Hebdo, aussi bien ? Et qui sait, des agences de presse ? Cà fait certes la différence avec Voici ou Gala !
    Que de la déontologie.

    dimanche 4 novembre 2007

    Depardieu se blanchit auprès des mal-logées africaines

    L’Expansion nous dresse un portrait ressemblant
    Arrivé tout droit de son château de Tigné (ci-contre),
    Gérard Depardieu nous a fait son cinéma Rue de la Banque en star invitée par le non moins sulfureux DAL et nous a sorti une tirade édifiante qui a ému le badaud.
    La vérité du personnage est très différente. Lisez plutôt l'article de Gilles Fontaine dans L'Expansion du 01/01/2003:

    Les sulfureux business de Gérard Depardieu

    D'Alger à La Havane, le richissime acteur cultive de troubles relations d'affaires. Voyage dans le sillage d'un businessman hors normes.
    Les Studios Eclair, à Epinay-sur-Seine, par un frais après-midi de novembre. Dans un coin du plateau, Gérard Depardieu, en tenue de taulard, est en grande discussion avec son ami le réalisateur Francis Veber. Un troisième homme en costume sombre les rejoint : Jacques Mollet, vice-président de Samsung-France. L'acteur lui a demandé de passer sur le tournage du film Les Tourtereaux pour faire la démonstration des nouveaux mobiles de la marque coréenne. Depardieu est un accro du téléphone portable. Sa manie en a exaspéré plus d'un, surtout lorsqu'il interrompt une prise pour répondre à un appel. La nouvelle gamme de Samsung, il l'a découverte depuis belle lurette. Il sert juste d'entremetteur, il fait le go-between, comme il dit. Après un moment, le comédien s'éclipse, l'air malicieux : « Francis, tu t'arranges avec Jacques, il te fera un bon prix. »
    Le comédien s'accorde une petite heure de pause, le temps d'un changement de décors. Teint halé, brushing impeccable, Gérard Depardieu nous reçoit dans sa loge aménagée dans un camping-car garé devant le studio. Agencement spartiate : un lit, deux chaises et une table, où sont posés un téléphone mobile ainsi qu'un lecteur de DVD portable avec écran incorporé. La voix est posée, le ton grave. Depardieu parle business. Il décrit ses investissements dans le vin et le pétrole, évoque ses relations d'affaires parfois sulfureuses, qui l'ont progressivement éloigné du monde du septième art. A 53 ans, la star porte un regard sévère sur ses pairs : « Le cinéma est une économie à part, où les gens ne sont pas tout à fait honnêtes, sous l'emprise hollywoodienne. C'est presque de la politique. Moi, je suis resté libre parce que je me garde toujours une sortie de secours... C'est mon côté délinquant. »
    Petits vins d'Anjou, grands crus du Bordelais, hydrocarbures cubains ou prospection d'affaires en Algérie, voilà les nouveaux terrains d'aventures, les nouvelles prises de risques - hors des plateaux et des lumières - d'un homme habité par la démesure. Mal-être existentiel, quête d'absolu... Joueur effréné, le comédien se cherche de nouvelles marottes, sans se soucier des règles, et encore moins du qu'en-dira-t-on. De Gérard Bourgoin - l'ancien roi du poulet fermier, mis en examen pour « abus de pouvoir » et « abus de biens sociaux », à la suite du dépôt de bilan de son groupe, BSA - à Rafik Khalifa, le très controversé businessman algérien, soupçonné par les services secrets français de blanchir l'argent des généraux d'Alger, les liaisons dangereuses de Depardieu dérangent.
    Les plus compréhensifs lui trouvent des circonstances atténuantes. « Il n'a jamais prétendu être militant. Il rêve d'être un homme d'affaires, un homme puissant », estime Jack Lang, qui s'avoue « parfois déconcerté par le personnage ». D'autres, peu nombreux, s'agacent publiquement de ses nouvelles amitiés algériennes. Noël Mamère figure parmi les plus remontés. Le maire de Bègles n'accepte pas de voir l'équipe de rugby locale - dont Depardieu est administrateur - sponsorisée à hauteur de 300 000 euros par le Groupe Khalifa et s'en prend violemment au comédien : « Je l'attends à mes côtés dans le combat pour la reconnaissance des sans-papiers ou pour que le droit d'asile soit accordé aux nombreux Algériens et Kabyles victimes du régime des généraux. »
    L'acteur assume totalement ses amitiés contestées. « C'est vrai, j'aime beaucoup les hommes de pouvoir : ils ne me fascinent pas, ils m'intéressent. Et je n'ai pas d'ambition pour moi-même. Je suis simple spectateur de gens qui ont certains talents. » A l'inverse, il parle avec une pointe de dédain de cette « nouvelle société d'hommes d'affaires venus avec l'émergence d'Internet ». Lui, l'ancienne petite frappe de Châteauroux qui traficotait avec les GI de la base américaine voisine, se sent plus proche de « gens déraisonnables » comme Michel Reybier, ex-empereur de la saucisse sèche (Cochonou, Justin Bridoux), Roger Zannier, leader mondial du vêtement pour enfants, avec la marque Z, ou encore Bernard Magrez, le patron du groupe de vins et spiritueux William Pitters, et principal actionnaire de l'équipe de rugby de Bègles. « Ce ne sont pas des Messier », tranche le comédien. Tous ces hommes ont joué un rôle dans l'éducation de Gérard Depardieu businessman, sans pour autant lui avoir appris à gagner de l'argent ! « Il a l'enthousiasme de l'entrepreneur, mais ce n'est certainement pas un manager », confirme Guido Barilla, PDG du groupe de pâtes italien, pour lequel le comédien a tourné plusieurs spots publicitaires.
    Car si l'acteur peut se permettre une vie d'aventurier des affaires, c'est surtout grâce à ses cachets record dans le cinéma. Le comédien français le mieux payé touche en moyenne 1,5 million d'euros par film, avec quelques exceptions : en 1998, il s'était contenté du smic pour un second rôle dans le film italien La Parola Amore Esiste. Ses apparitions dans les productions télé (Balzac, le Comte de Monte-Cristo...) lui rapportent de 700 000 à 1,3 million d'euros. Ajoutez quelques films publicitaires comme la campagne Barilla (760 000 euros), et vous obtenez le poids approximatif de la superstar : entre 4 et 5 millions d'euros par an. Bien sûr, une large part de cette somme part en impôts. Mais Depardieu a un truc : « Tout ce que je possède, je l'ai acheté 100 % à crédit », assure-t-il. Sa moto, son vieil avion Cessna, son appartement de 350 mètres carrés dans le XVIe arrondissement de Paris... Il n'a rien payé comptant. Parce que, « fiscalement, c'est plus intéressant ».
    L'icône Depardieu se vend sans doute très bien, mais l'homme n'est plus vraiment le même. D'après les gazettes, il a changé - il boit moins, relève son entourage. Disons qu'il se surveille depuis son quintuple pontage coronarien, en juillet 2000. Il s'habille chic et sport, « plus du tout le genre d'avant », s'étonne un ami. La métamorphose laisse perplexe le petit monde du septième art, qui préfère s'abstenir d'aborder le sujet. Et pour cause. Claude Davy, attaché de presse et gardien de l'image de la star, ne voulait pas d'un sujet Depardieu dans L'Expansion. Il avait prévenu : « Vous ne verrez personne dans le milieu du cinéma sans mon autorisation. » Quelques coups de fil de sa part ont suffi à verrouiller le microcosme en très peu de temps. Efficace. Certains passeront outre le diktat, tel Jean-Pierre Lavoignat, directeur de Studio Magazine. Cet ami de dix-huit ans tente d'expliquer la mutation de Depardieu : « Il n'a plus rien à prouver, le cinéma n'est plus sa préoccupation première. Gérard n'était pas à Cannes cette année, il n'est plus au carrefour des projets, comme il l'était encore il y a six ou sept ans. Le cinéma est devenu trop petit pour lui. »
    L'acteur Depardieu joue désormais les propriétaires terriens aux quatre coins du monde. Avec toujours le même alibi : le vin. La star a savamment cultivé son image de gentleman vigneron depuis l'acquisition de son premier pied de vigne en Anjou, avec l'achat en 1989 du château de Tigné. L'acteur aurait investi plus de 2 millions d'euros dans ce domaine de 80 hectares qui produit annuellement 450 000 bouteilles vendues entre 5 et 8 euros l'unité dans les hypermarchés. Depardieu affirme n'avoir jamais gagné un sou dans ce commerce. « Gérard ne fait pas ça pour l'argent ; il n'a pas besoin d'investir. Vous lui donnez une bouteille de vin, une bonne assiette, et il rayonne », s'exclame son ami, le restaurateur Jean Bardet, propriétaire du Parc Belmont, à Tours.
    Amoureux de la bonne chère et des terroirs, Depardieu sait aussi apprécier une bonne affaire lorsqu'elle se présente. Son petit business du vin a pris une autre dimension depuis sa rencontre avec Bernard Magrez, modeste affûteur-scieur, aujourd'hui à la tête d'une affaire de 190 millions d'euros de chiffre d'affaires. C'était le 5 octobre 2001. Le patron de William Pitters cherchait des parrains prestigieux pour la première récolte de son château-pape- clément, entièrement égrenée à la main. Depardieu a répondu présent, de même que sa compagne, Carole Bouquet. Les deux hommes se sont plu au premier regard. « Notre amitié n'a jamais connu de faille. Nous nous parlons au moins tous les deux jours au téléphone », assure Magrez. Depardieu lui rappelle un autre de ses amis et associée, décédé en 1987 : Jean-Baptiste Doumeng, l'homme d'affaires proche du Parti communiste, spécialisé dans le commerce de produits agroalimentaires avec les pays de l'Est, surnommé « le milliardaire rouge ».
    « C'est le même genre de type, il avance, quoi qu'il advienne », confie Magrez. Le businessman bordelais a pu juger de la puissance marketing de son acolyte. Peu après leur rencontre, il lui a proposé de l'aider à exporter son vin en Russie, où William Pitters possède une importante société de commerce. Tope là ! Depardieu s'est fendu d'un voyage éclair à Moscou pour promouvoir ses cuvées spéciales. Dans la foulée, fin 2001, les deux hommes ont fondé une société commune, baptisée La clé du terroir, dans laquelle ils ont injecté 380 000 euros chacun. Objectif : la production de « crus de garage », des vins haut de gamme - ainsi désignés parce que l'inventeur du procédé a produit ses premières bouteilles dans son garage. Principales caractéristiques : les vignes sont cultivées sur des parcelles restreintes et la vinification s'opère dans de petites cuves en bois. Production maximale : 4 000 bouteilles, vendues à près de 80 euros pièce. Cette fois, cet investissement devrait se révéler rentable ! A ce prix-là, on comprend que Depardieu n'apprécie guère l'expression « cru de garage ». Il préfère une désignation plus noble, du genre « vin de prestige ». Mais ses débuts dans l'univers des grands vins ne se font pas sans heurt. Début décembre, Depardieu et Magrez se sont vu refuser leur admission au Cercle rive droite des grands vins de Bordeaux, un club très prisé regroupant une centaine de châteaux parmi les plus renommés. La réputation tumultueuse des deux associés dérange les membres du cercle, explique l'un d'entre eux. Cela n'a pas empêché l'acteur de s'engager sans compter dans sa nouvelle toquade. Via leur société commune, la paire d'entrepreneurs vignerons a déjà investi dans quatre parcelles rares en France, dont un vignoble bordelais, Château Lussac Saint-Emilion, acquis en partenariat avec Carole Bouquet. Ils ont également mis la main sur des terres au Maroc, en Espagne, en Argentine ainsi qu'en Algérie, où les deux hommes sont en affaires, sur les terres de Tlemcen, avec Rafik Khalifa et l'Etat algérien.
    Entre Magrez et Depardieu, les rôles sont clairement définis. Le patron de William Pitters se charge des négociations et des techniques de vinification. L'acteur offre d'abord sa réputation de star. Au Maroc, par exemple, leur vin portera sa marque : Gérard Depardieu, vigneron à Meknès. Mais il apporte aussi son bagou et son don d'entremetteur. L'acteur peut remuer ciel et terre pour s'emparer de quelques hectares de vigne. Manuel Diaz, maire communiste de la petite commune d'Aniane, dans l'Hérault, peut en témoigner. Un soir du mois d'août dernier, en rentrant chez lui, il trouve un message sur son répondeur. « Bonjour, c'est Gérard Depardieu. » L'acteur est de passage dans la région pour un festival de théâtre à Montpellier.
    On lui a raconté l'histoire de ce petit village de viticulteurs qui avait refusé de s'offrir à Mondavi, le géant du vin californien, lequel convoitait alors quelque 80 hectares sur la commune. La star parle de son projet de vin de garage, laisse un numéro de portable. Les deux hommes se retrouvent quelques jours plus tard pour un gueuleton à la Maison de la Lozère, l'une des meilleures tables de Montpellier. Et le comédien sort le grand jeu : « Il m'a parlé de sa passion pour les vins, de l'histoire de notre région, de son admiration pour notre résistance face à Mondavi », se souvient le maire. L'acteur ose même la comparaison : « Vous êtes Astérix, je suis Obélix. » La clé du terroir est aujourd'hui propriétaire de 7 hectares sur les collines d'Aniane.
    « Nous avons fait en un an ce que Magrez aurait mis vingt ans à construire avec Doumeng », lance Depardieu, qui s'agite soudainement sur son siège. Un téléphone sonne. Non, pas celui posé sur la petite table, un autre, planqué dans l'une des poches de sa gabardine. L'acteur finit par débusquer le portable et décroche : « Salut, mon Yann ! » C'est Yann, de Dakar, un copain qui fait dans le négoce de céréales. Gérard lui a demandé d'organiser un petit séjour au soleil, cet hiver, pour son vieux pote, Gérard Bourgoin. On disait les deux hommes fâchés. En 1996, l'homme d'affaire avait convaincu quelques amis d'investir dans Pebercan, société de droit canadien engagée dans l'exploration pétrolière à Cuba. Parmi eux : Depardieu avec ses amis Michel Reybier et Roger Zanier, mais aussi Céline Dion et son mari, René. Six ans plus tard, l'acteur sait qu'il ne reverra probablement jamais son investissement de 1 million d'euros. Certes, les puits cubains produisent quelque 20 000 barils d'or noir par jour, mais l'accumulation de difficultés durant les quatre premières années d'exploitation a fait fondre la valeur de ses parts dans l'affaire. Depardieu ne fait aucun reproche à Bourgoin. Et lorsqu'on l'interroge sur les déboires judiciaires de son ami, l'acteur tranche net : « C'est un homme honnête. » Bien sûr, leurs rencontres se sont espacées. Ils se retrouvent parfois l'été, en famille, sur un bateau de location. Bourgoin, pilote émérite, a dû se séparer de son avion Falcon, mais il lui arrive de louer un jet, et Gérard lui sert de copilote, comme au bon vieux temps. « Je suis pauvre aujourd'hui, mais ça n'a pas modifié son regard sur moi », confie l'homme d'affaires, qui continue d'assurer la direction opérationnelle de Pebercan, après avoir cédé toutes ses parts, dans des conditions jugées « suspectes » par la justice. Le comédien, quant à lui, demeure un actionnaire actif. Cinq ou six fois par an, il retourne à Cuba pour visiter les derricks et discuter le bout de gras avec les ouvriers. A l'occasion, il retrouve Fidel Castro, avec lequel il aime discuter. « On me dit que je pourrais lui parler des droits de l'homme, mais c'est pas mon rayon, soupire Depardieu. Je connais Fidel depuis dix ans, et je lui parle avant tout de culture. » Récemment, il a convaincu le Líder Maximo de créer à La Havane « une espèce de villa Médicis, à mi-chemin entre l'Ancien et le Nouveau Monde ».
    Pour le comédien, la culture est un sésame, une passerelle vers de nouvelles sphères de pouvoir. Un alibi, sans doute aussi. Ses amitiés récentes avec le pouvoir politique et les milieux d'affaires algériens, il les doit à saint Augustin, l'ancien évêque d'Hippone - située aujourd'hui en Algérie orientale. Depardieu s'est découvert une passion pour le théologien depuis sa rencontre avec le pape Jean-Paul II, il y a deux ans. Le cardinal Paul Poupard, ministre de la Culture du Vatican, lui a confié une mission spirituelle et culturelle l'amenant à faire des lectures publiques du saint homme, notamment en Algérie. « C'est comme ça que j'ai rencontré Khalifa », explique l'acteur (voir interview, page 63). Il dément s'être fait payer pour apparaître aux côtés du jeune milliardaire. Simple échange de bons procédés : « On se rend des services. » Lorsque, début octobre, Depardieu s'envole pour son vignoble de Tlemcen, en Algérie, au lendemain de sa joute verbale avec Mamère, c'est dans un avion de la flotte de Khalifa Airways, spécialement affrété. Très important, l'avion. « Pour lui, c'est une part de la manifestation du pouvoir, qui donne une forme de liberté physique », estime Jack Lang. « C'est probablement ce qui le fascine chez Khalifa, c'était pareil avec Bourgoin. »
    Depardieu sait lui aussi comment faire plaisir à son ami. Quand l'homme d'affaires organise une grande fête dans sa villa de Cannes, le 3 septembre dernier, pour le lancement de sa chaîne de télé, KTV, le comédien est aux premières loges. Au milieu d'un parterre de stars - Sting, Deneuve, Cheb Mami... -, « c'est lui qui animait la soirée », témoigne l'une des personnalités présentes. Et lorsque, le 3 décembre, après moult péripéties, Khalifa obtient l'autorisation d'émettre du CSA pour sa chaîne de télé destinée à la communauté algérienne, Depardieu achète une pleine page de pub dans Libération pour se féliciter de l'événement.
    Mais l'univers télévisuel a déçu l'artiste Depardieu. Il avait joué les précurseurs, au milieu des années 90, dans l'adaptation de grandes fresques pour le petit écran ; il fustige désormais les patrons de chaîne, Silvio Berlusconi et Patrick Le Lay. « Ils sont prêts à dépenser 400 millions d'euros pour le foot et veulent Le Bossu de Notre-Dame pour 5 millions. Ils veulent le beurre, l'argent du beurre et tout le reste », s'emporte l'acteur. Il évoque même son « retour au cinéma »... mais son téléphone se met de nouveau à sonner. Cette fois, c'est Dimitri, le fils de Carole, qui prépare son voyage à New York. Oui, Gérard peut lui obtenir des prix pour L'Essex House, un palace donnant sur Central Park : « C'est l'ancien hôtel de Milos Forman. Un bon cinq-étoiles repris par des Japonais. Je peux t'avoir 25 %. » Toujours l'art consommé du go-between.
    Pour en savoir plus sur le sujet: L'Expansion (biographie et le fameux '« J'ai été fasciné par Rafik Khalifa »