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mardi 17 septembre 2019

Plan anti-stups: Macron ne veut voir qu'une seule tête

Création de l'Ofast, chef de file unique contre les trafics de drogue

Le nouvel office, baptisé "Ofast", sera chef de file de la lutte contre les trafics de drogue 

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Castaner en a annoncé la création dans le cadre d'un énième plan anti-stupéfiants et l'a présenté à Marseille avec trois autres membres du gouvernement, mardi 17 septembre. La cité portuaire a été choisie et présentée comme un cadre emblématique, avec ses règlements de compte incessants et son trafic à ciel ouvert, incarnant l’ampleur du problème, au même titre pourtant que la Seine-Saint-Denis que le pouvoir tient à ménager.
Cette nouvelle structure remplace l'Office central pour la répression du trafic illégal de stupéfiants (Ocrtis, créé en1953) dont la réputation a été entachée par des scandales. En 2001, les unités opérationnelles de l'Ocrtis sont confiées à François Thierry. Ce commissaire de l'Ocrtis recruta le baron du trafic de hachisch, Sofiane Hambli, qu'il fut soupçonné d'avoir couvert dans l’importation de dizaines de tonnes de cannabis. Son avocate, Anne-Claire Viethel, la compagne de François Thierry, qualifie la peine de "sévère" lorsque son client est condamné à 13 ans de prison. Placé en garde à vue, le commissaire En 2016, François Thierry est muté à la sous-direction anti-terroriste (SDAT).

Résultat de recherche d'images pour "OFAST plan antistupefiants castaner a marseille"L'Ofast "coordonnera l'action de tous les acteurs dans la lutte anti-stupéfiants au niveau local et national", selon Castaner, et il associera pour la première fois dans sa gouvernance, police, gendarmerie, douanes et magistrats.

L'Ofast, pour Office antistupéfiants, sera dirigée par Stéphanie Charbonnier, actuelle conseillère "justice" du directeur général de la police nationale (DGPN). Elle sera secondée par le procureur de Bayonne, Samuel Vuelta-Simon. L'Ofast disposera de 150 enquêteurs. 

Le nouveau plan du gouvernement contre le trafic de stupéfiants contient 55 mesures

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et le secrétaire d’Etat Laurent Nuñez, le 21 mars à Paris.
En préparation depuis plus d'un an, ce plan a été dévoilé en grandes pompes à l'hôtel de police de Marseille par quatre membres du gouvernement, Christophe Castaner et son secrétaire d'Etat Laurent Nuñez, mais aussi la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, et le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, dont dépendent les Douanes. 

Cette batterie de mesures comporte notamment l'expérimentation d'une plateforme d'appel dédiée et anonyme pour signaler les points de vente ou le lancement d'une vaste campagne de prévention portant sur les risques sanitaires et les risques pénaux.

Initialement annoncé pour l'été 2018 par le président Emmanuel Macron lors de la présentation de mesures en faveur des banlieues, la gestation de ce plan "anti-stups" a pris de plein fouet les embruns politiques et sociaux qui  secouent l'exécutif depuis plus d'un an, entre affaire Benalla, démission fracassante de Gérard Collomb ou encore crise des Gilets jaunes ou des exploitants agricoles en revolte contre le CETA, et ont retardé son lancement, lequel intervient en pleine semaine de manifestations - au nombre de quatre - contre la réforme des retraites des avocats, des médecins et infirmiers, des pilotes et hôtesses ou stewards, etc... après celle des cheminots.

Plusieurs sources proches du pouvoir ont également fait valoir que ce plan a fait l'objet d'âpres discussions entre ministères et administrations, notamment sur le projet très sensible de réorganisation de l'office "anti-stups".

Urgence d'un ren
forcement du renseignement

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En lien avec ce nouveau dispositif national, le plan Stups reposera localement sur le déploiement de cellules de renseignement opérationnel sur les stupéfiants, dont la mission sera de croiser, analyser et partager les renseignements recueillis par l’ensemble des services de police, afin d’enrichir les enquêtes en cours ou d’en ouvrir de nouvelles. 

Inspiré de la stratégie mise en place à Marseille à partir de 2015, puis étendue en 2018 dans le cadre de la mise en place de la Police de sécurité du quotidien, le dispositif vise principalement les Quartiers de reconquête républicaine fortement touchés par le trafic. Les polices municipales, les bailleurs sociaux et les sociétés de transports urbains seront invités à participer à ce "pilotage renforcé", en transmettant des renseignements sur les trafics. Afin d’associer la population, une plateforme nationale de signalement doit également voir le jour.

Dans ces zones sensibles où fleurit à ciel ouvert cette "économie souterraine", des cellules de lutte contre les trafics, présidées par le préfet et le procureur, en lien avec les services de police, de douanes et de gendarmerie, seront chargées de définir des stratégies d’actions et d’établir une cartographie des réseaux de criminalités, en identifiant des "cibles d’intérêt prioritaire". Ce dispositif visera à mieux partager l’information entre les multiples entités chargées de la lutte contre les trafics (Office central, directions régionales de police judiciaire, sûretés départementales, douanes, sections et brigades de recherche de gendarmerie), peu enclines naturellement à communiquer entre elles.

Reste le grand absent du nouveau plan stups : les informateurs. 
Au cœur de la plupart des scandales qui ont secoué ces dernières années les services antidrogue, leur gestion reste l’objet de nombreuses controverses entre magistrats et enquêteurs, les premiers reprochant aux seconds de leur dissimuler le véritable rôle de leurs sources dans les affaires.
"Le recours aux informateurs doit être connu des magistrats lorsque nous leur présentons des dossiers", tranche le ministère de l'Intérieur, où on rappelle qu’une nouvelle charte de gestion des sources a été récemment adoptée par la Direction centrale de la police judiciaire, avec un "formalisme extrêmement lourd". "Sans indics, pas de démantèlement de trafic, insiste un haut responsable policier. Mais il est inenvisageable que ces indics soient des trafiquants plus gros que ceux qu’ils permettent de démanteler"...

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